CATALOGNE : LES LIBERTÉS POLITIQUES MISES À MAL

Communiqué de la LDH

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a pris connaissance du verdict du Tribunal Suprême prononcé, ce jour, à Madrid à l’encontre des douze membres du gouvernement catalan et présidents d’associations accusés de rébellion, sédition et malversation.

Ce verdict est malheureusement dans le droit fil de ce que pointe le rapport de la FIDH et de EuroMed Droits à la suite des observations faites par Dominique Noguères, vice-présidente de la LDH, et Alexandre Faro, avocat à la cour d’appel de Paris.

Dans ce rapport, de nombreuses irrégularités ont été pointées par les observateurs laissant craindre les condamnations qui viennent de tomber.

La LDH exprime sa préoccupation devant ce qui aura été, du début à la fin, un procès politique. La lourdeur des peines, privatrices de liberté pour la plupart, est d’autant moins acceptable que celles-ci sanctionnent la liberté d’expression, de réunion et de session à des parlementaires européens démocratiquement élus. La LDH rappelle enfin que, face à des problèmes qui relèvent par nature du débat démocratique, l’instrumentalisation du judiciaire est toujours une impasse.

Paris, le 14 octobre 2019

Perpignan : 500 personnes ont manifesté leur soutien aux indépendantistes catalans, condamnés en Espagne

Publié sur france3-regions.francetvinfo.fr

Par C.Alazet avec C.Lambrich à Perpignan et AFP à BarcelonePublié le 15/10/2019

500 personnes, élus de tous bords politiques et citoyens, se sont réunies lundi 14 octobre place de la Catalogne à Perpignan pour protester contre les peines de 9 à 13 ans de prison infligées en Espagne aux élus indépendantistes catalans après la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

Des centaines de citoyens sont venus dénoncer le verdict de la cour suprême espagnole.

Parmi eux, des élus de droite et de gauche : la plupart connaissent les politiques catalans emprisonnés. Dans la foule rassemblée place de la Catalogne à Perpignan, l’indignation et l’incompréhension dominent, face aux années de prison ferme infligées aux leaders indépendantistes pour la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

Nombreux sont ceux qui craignent désormais que cette crise catalane ne bascule dans la violence.

Manifestations monstres à Barcelone et Gérone

De l’autre côté de la frontière, à peine connues les peines infligées, des milliers d’indépendantistes catalans en colère sont descendus dans les rues lundi 14 octobre.

Dès l’annonce des peines allant de 9 à 13 ans de prison, des rassemblements spontanés ont eu lieu à Barcelone avant que les militants ne rejoignent, à l’appel d’un mouvement anonyme baptisé « Tsunami démocratique », l’aéroport pour le bloquer.

La police anti-émeutes a chargé à plusieurs reprises des centaines de militants tentant de pénétrer dans le terminal et jetant pierres et poubelles, a constaté l’AFP.

« C’est une honte« , a réagi une manifestante, venue tout spécialement de Mirepoix dans l’Aude à Perpignan pour le rassemblement de soutien aux indépendantistes catalans.

La police a arrêté un manifestant, et 75 personnes ont été blessées, selon les services d’urgence de l’aéroport, qui n’ont pas précisé la gravité de ces blessures.

110 vols ont été annulés, selon le gestionnaire aéroportuaire Aena, tandis que des voyageurs ont été contraints de quitter leurs véhicules sur l’autoroute pour rejoindre le terminal à pied avec leurs valises.

A travers la région, dont le gouvernement est toujours contrôlé par les indépendantistes, des militants ont coupé des routes et des voies de chemin de fer.

Dans la soirée, des milliers de militants se sont rassemblés dans le centre de Barcelone pour une manifestation prévue depuis plusieurs jours, criant « les rues seront toujours à nous ».

Sur twitter, le « Tsunami démocratique », a annoncé de nouvelles actions pour mardi 15 octobre.

Des marches sont prévues à travers la région à partir du mercredi 16 octobre avant une grève générale convoquée pour vendredi 18 octobre.

Dans une région que le séparatisme maintient en ébullition depuis près de dix ans, ces condamnations relancent des tensions qui vont dominer les élections législatives du 10 novembre, les quatrièmes en quatre ans.

Des peines de 9 à 13 ans de prison prononcées contre les élus indépendantistes catalans :

L’ancien vice-président régional catalan Oriol Junqueras s’est vu infliger la plus lourde peine avec 13 ans de prison pour sédition et détournement de fonds publics.

Des peines de neuf à 12 de prison pour sédition, et détournements dans certains cas, ont frappé par ailleurs l’ancienne présidente du parlement catalan Carme Forcadell, condamnée à 11 ans et demi, les dirigeants des puissantes associations indépendantistes ANC et Omnium Cultural, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart condamnés à 9 ans et cinq anciens ministres régionaux condamnés à des peines entre 10 ans et demi et 12 ans.

Les juges ont écarté le chef d’accusation plus grave de rébellion invoqué par le parquet qui avait requis jusqu’à 25 ans de prison pour Oriol Junqueras.

Trois autres anciens membres du gouvernement catalan, qui étaient en liberté conditionnelle,
ont eux été condamnés à des amendes de quelque 60.000 euros chacun pour désobéissance.

« Je ressens de la rage, de l’impuissance. Ils sont condamnés pour une idéologie qui est la mienne« , a lancé Joan Guich, un étudiant de 19 ans manifestant à Barcelone.

Ces douze indépendantistes étaient jugés pour avoir organisé le 1er octobre 2017, en dépit de l’interdiction de la justice, un référendum d’autodétermination, émaillé de violences policières, suivi de la proclamation le 27 du même mois d’une vaine déclaration d’indépendance par le parlement catalan.

Cette tentative de sécession avait été la pire crise politique qu’ait connue le pays depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

« Ce n’est pas la justice, c’est une vengeance« , ont dénoncé, dans un communiqué commun, les neuf indépendantistes condamnés.

« Nous reviendrons encore plus forts (…) et nous gagnerons« , avait réagi plus tôt Oriol Junqueras, principal accusé du procès, en l’absence de l’ex-président catalan Carles Puigdemont qui a fui en 2017 en Belgique pour échapper aux poursuites et à l’encontre duquel la justice espagnole a lancé lundi 14 octobre un nouveau mandat d’arrêt international.

Dans une allocution solennelle, en espagnol et en anglais, Pedro Sanchez, chef socialiste du gouvernement espagnol, a appelé pour sa part à une « nouvelle étape » en Catalogne basée sur le « dialogue », tout en rappelant que « personne n’est au-dessus de la loi« .

Hongkong/Droits humains : plus de répression, plus de frustration, plus de révolte…

Dossier Hongkong : plus de répression, plus de frustration…

Publié par Alencontre le 30 – juillet – 2019

Par Lily Kuo (Hongkong)

Hongkong a connu sa troisième journée consécutive de mobilisation de masse avec des affrontements – dans plusieurs endroits de la ville – entre manifestants et policiers anti-émeutes qui ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

Des dizaines de milliers de manifestants, vêtus de noir et «armés» de parapluies et de casques, ont défié les ordres de la police de limiter le rassemblement de dimanche 28 juillet à un parc du centre de Hongkong. Ils se sont dispersés dans toute la ville en début de soirée. Ils évoluaient d’ouest en est, occupant les routes principales, érigeant des barricades et chantant: «Reconquérir Hongkong!»

Alors que la ville a enduré un calme tendu lundi, tous les regards étaient tournés vers Pékin, où l’on s’attendait à ce que le Bureau des affaires de Hongkong et de Macao – le plus haut organe chinois de l’ancienne colonie britannique – tienne une conférence de presse à 15 heures, heure locale (7 heures GMT).

Il semble que c’est la première fois que cette instance tient une conférence de presse depuis que Hongkong a été remis à Pékin en 1997 et que la région se trouve au milieu d’une vague de condamnation des protestations par les médias d’Etat chinois.

Dans sa dernière série d’éditoriaux, China Dailya affirmé que des «forces extérieures» et des «ingérences extérieures» étaient à l’origine des troubles.

Cela vient après que les manifestants eurent de nouveau fait du Bureau de représentation de Pékin à Hongkong une cible de leur colère exprimée dimanche.

La police anti-émeute a bloqué un groupe de manifestants sur le chemin de ce bâtiment et, à mesure que la foule grandissait, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Les manifestants ont réagi en lançant des parapluies, des pierres, des œufs et des bouteilles sur les policiers. Les manifestants ont créé une sorte de porte tambour à l’aide de panneaux de signalisation et de barrières de circulation alors qu’ils tentaient de tenir leur position.

«Ça a duré une minute entière. Il y a eu au moins 10 assauts», a dit Long, un volontaire médical de 25 ans qui a affirmé qu’il avait aidé à retirer les manifestants de la ligne de front quand ils trébuchaient et ne pouvaient pas voir.

Au cours des trois derniers jours, les manifestants se sont rassemblés pour condamner l’attaque perpétrée le week-end dernier contre des utilisateurs du métro par des présumés gangs des triades, un incident qui a conduit à des accusations de collusion gouvernementale, démenties par les autorités de Hongkong.

Samedi, une marche pacifique dans la ville de Yuen Long [district situé à l’ouest des Nouveaux Territoires de Hongkong] a tourné au chaos lorsque la police a tiré des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des grenades-éponges [armes anti-émeutes normalement non létales mais infligeant des traumatismes contondants], et a chargé des manifestants dans une gare ferroviaire. Des milliers de manifestants se sont joints aux travailleurs de l’aviation à l’aéroport durant un sit-in de 11 heures vendredi 26 juillet.

L’ancienne colonie britannique est confrontée à sa crise politique la plus grave depuis son retour sous contrôle chinois en 1997. Aux termes de cet accord, la région semi-autonome devait maintenir un «haut degré d’autonomie» grâce à un système judiciaire indépendant, une presse libre et une économie de marché ouverte, un cadre appelé «Un pays, deux systèmes».

Les manifestations de dimanche ont marqué le huitième week-end consécutif durant lequel les Hongkongais sont descendus dans la rue pour protester contre un projet de loi d’extradition qui aurait permis d’envoyer des suspects recherchés en Chine continentale.

Alors que la police tirait continuellement des grenades lacrymogènes sur les foules dimanche 28, certains manifestants sont tombés à terre, s’étouffant. Un groupe s’est réfugié dans un immeuble d’habitation voisin lorsque des résidents ont ouvert la porte et les ont fait entrer. Les manifestants se sont effondrés dans la cage d’escalier, certains d’entre eux pleurant.

«Même si les manifestants sont pacifiques, les policiers continuent à tirer des gaz lacrymogènes. Je ne sais pas pourquoi ils continuent à le faire», a dit Hinton, 16 ans, qui avait les larmes aux yeux après avoir été gazé.

La police a déclaré avoir utilisé des gaz lacrymogènes afin de disperser les manifestants qui leur lançaient des briques, mais les manifestants ont insisté sur le fait que la police a tiré en premier. «Nous essayons de protéger notre propre liberté. Nous faisons cela pour ce lieu, notre lieu. Je vais être honnête, j’ai jeté des choses parce que je suis très en colère», a déclaré un manifestant, Angus, 24 ans.

Les manifestants ont ensuite été repoussés sur des routes plus petites à Sheung Wan, un quartier normalement très fréquenté qui s’est transformé en ville fantôme après la fermeture des magasins et l’avertissement donné aux résidents de rester chez eux. Les touristes et les résidents ont fui la scène en courant, se protégeant les yeux et la bouche.

Avant minuit, la police avait encerclé les manifestants qui se protégeaient avec des planches de bois et des panneaux de signalisation. Des gaz lacrymogènes ont été lancés sur les manifestants depuis toutes les directions, encerclant la route et forçant les manifestants à entrer dans une station de métro et de partir.

Certains manifestants ont déclaré que la police semblait intensifier ses attaques. Les policiers tiraient plus tôt et plus fréquemment sur les manifestants. «Je ne peux même pas compter combien de grenades lacrymogènes ils ont utilisées», dit Roy Chan, 39 ans.

Dans un communiqué, le gouvernement a déclaré que les manifestants avaient poussé un chariot de carton en flammes contre la police, «menaçant la sécurité des policiers et des membres du public». Le gouvernement a déclaré qu’il continuerait à «appuyer pleinement la police pour qu’elle applique strictement la loi afin de mettre fin à tous les comportements violents».

La police a déclaré que 49 personnes avaient été arrêtées dans le cadre de la manifestation de dimanche, pour rassemblement illégal présumé et possession d’armes offensives.

Les organisateurs de l’événement de dimanche avaient initialement prévu de marcher du centre de Hongkong à Sheung Wan afin de condamner la police pour avoir tiré des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des manifestants le week-end dernier. La police n’a pas accordé d’autorisation pour la marche – c’est la deuxième fois que les autorités ont rejeté une demande de protestation – suite à une interdiction de rassemblement le samedi à Yuen Long.

Les manifestants craignent que les autorités n’adoptent davantage cette orientation à l’avenir. Dimanche, l’un des organisateurs du rassemblement de Yuen Long, Max Chung, a été arrêté par la police, soupçonné d’incitation à une réunion illégale.

Certains disent que la situation risque de dégénérer en une spirale incontrôlable car une partie de la population doute de la capacité du gouvernement de Hongkong à gouverner et que Pékin est susceptible de faire pression sur les autorités de Hongkong pour qu’elles adoptent une position plus dure envers les manifestants. Alors que ces derniers continuent de se heurter à la police, les gens sont de plus en plus frustrés, ce qui alimente encore plus de réactions.

«Il y a beaucoup de colère dans l’opinion publique et je ne pense pas que cela va bientôt disparaître», a déclaré James Yip, 27 ans, membre du groupe de manifestants qui quittait Sheung Wan. «Je pense que tout le monde est épuisé des deux côtés, les pro-gouvernement et les pro-démocratie.»

L’épuisement des protestations semble également s’être installé. Amy Yeung, 26 ans, a assisté à autant de manifestations qu’elle le pouvait. «Je suis mentalement fatiguée. En regardant les nouvelles, on pleure», dit-elle. «Mais au moins, en restant ici, nous donnons le message que nous ne sommes pas seuls.»

Dimanche, les manifestants ont déclaré qu’ils étaient plus en colère qu’épuisés et qu’ils continueraient. Jonathan, 19 ans, qui se reposait sur un trottoir loin de la ligne de front entre deux tirs de gaz lacrymogènes, a dit: «Ils nous voient comme une menace parce que nous avons un impact.»

L’influence de Pékin sur Hongkong s’est accrue ces dernières années, car des militants ont été emprisonnés et des députés pro-démocratie ont été disqualifiés pour se présenter aux élections ou occuper un poste. Des libraires de livres critiques [études sur le régime chinois] avaient «disparu» de Hongkong, pour réapparaître en Chine continentale où ils ont fait face à des accusations graves. C’est ce que les critiques du projet de loi sur l’extradition font souvent valoir comme exemple.

«Il nous semble que c’est notre dernière chance. Si nous ne le faisons pas maintenant, nous ne pourrons pas le faire plus tard», a déclaré Eunice Chan, 55 ans, qui a grandi à Hongkong avant qu’elle retombe sous contrôle chinois en 1997. (Article publié dans The Guardian, le 29 juillet 2019; traduction rédaction A l’Encontre)

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Quand les porte-parole de Pékin affirment que «la loi c’est la loi»

Par Holms Chan

Le porte-parole Yang Guang

Le principal bureau chinois chargé des affaires de Hongkong a tenu une conférence de presse lundi 29 juillet à Pékin pour exprimer «sa position et ses vues sur la situation actuelle de Hongkong».

C’était la première fois que le Bureau des affaires de Hongkong et de Macao du Conseil d’Etat tenait un point de presse sur la ville depuis 1997.

Le porte-parole du bureau, Yang Guang, a condamné les actions des manifestants contre la loi sur l’extradition au cours des dernières semaines, affirmant qu’ils «ont dépassé les limites de la protestation acceptable».

Après une récapitulation des récents événements de protestation, Yang a fait trois suggestions: il a appelé tous les secteurs de la société de Hongkong à «s’opposer clairement à la violence», à «défendre fermement l’Etat de droit» et à sortir de l’impasse politique pour se concentrer plutôt sur les questions de développement et de conditions de vie.

«Nous comprenons et comprenons tout particulièrement la pression énorme que subissent la police et leurs familles», a ajouté M. Yang, ajoutant que la Chine soutenait pleinement la police et les forces de l’ordre.

Il a affirmé que «certaines personnes et certains médias ayant des arrière-pensées» ont profité de la méconnaissance par le public du système juridique chinois pour s’opposer au projet de loi sur l’extradition proposé par le gouvernement.

«Si Hongkong continue d’être plongée dans le chaos, cela aura un coût pour la société», a-t-il dit.

Interrogé sur l’idée de désobéissance civile, Yang a rejeté l’idée: «La violence est violence, enfreindre la loi est enfreindre la loi.»

La porte-parole Xu Luying

Répondant aux questions de la presse, la porte-parole Xu Luying a déclaré que le gouvernement central «soutient pleinement» le travail accompli par la cheffe de l’exécutif Carrie Lam, et qu’il continuera à la soutenir, elle et son administration, pour gouverner Hongkong conformément à la loi.

«Nous avons vu que l’administration de Hongkong a opéré une réflexion sur son action» concernant l’affaire du projet de loi sur l’extradition, a-t-elle ajouté [Carrie Lam a déclaré le «projet de loi mort», mais ne l’a pas retiré].

Comme la conférence de presse se terminait, les journalistes ont adressé des questions avec force aux porte-parole du Bureau des affaires de Hongkong, y compris la question: «Pourquoi ne condamnez-vous pas la police pour avoir battu des gens et pourquoi Carrie Lam ne s’est-elle pas déjà retirée?»

La députée Starry Lee, qui dirige le parti pro-Pékin DAB [Democratic Alliance for the Betterment and Progress of Hong Kong, créé en 1992], s’est félicitée de la déclaration du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao. Elle a affirmé que les trois principaux points soulevés par le porte-parole – s’opposer à la violence, défendre l’Etat de droit, développer l’économie et améliorer les conditions de vie – représentent également les attentes de la population.

Elle a affirmé que le gouvernement central était très préoccupé et suivait de près la situation à Hongkong.

Lorsqu’on lui a demandé si, selon elle, le soutien de la Chine rendrait le gouvernement de Hongkong réticent à mener une enquête indépendante, Mme Lee a répondu qu’il y avait des difficultés à mettre sur pied une telle commission d’enquête.

Le chef du Parti démocrate Wu Chi-wai a déclaré que le gouvernement central avait mal jugé la situation et avait «coupé court aux voies possibles pour aller de l’avant». Le soutien de Pékin à Carrie Lam signifie qu’il y aura un recours croissant à la police comme solution, a-t-il ajouté. «Pékin estime que les manifestations contre l’extradition peuvent être violemment réprimées par la police, et n’a jamais envisagé de résoudre un problème politique par des moyens politiques», a-t-il dit. «Une fois que la police augmentera la force de leur répression, la résistance des Hongkongais s’intensifiera, créant un cercle vicieux.»

Claudia Mo, responsable du camp pro-démocratie [et membre du Conseil législatif], a qualifié de «décevante» la réponse de Pékin, ajoutant qu’elle n’était pas en phase avec les sentiments locaux. Le député Ray Chan a ajouté que Pékin aurait également dû condamner les attaques de Yuen Long par des voyous vêtus de blanc [une quarantaine de gangsters des triades qui ont attaqué brutalement les manifestants dans le métro].

Le projet de loi sur l’extradition permettrait à la ville de traiter au cas par cas le transfert de personnes dites recherchées vers des juridictions avec lesquelles n’existe aucun accord préalable, notamment la Chine. Selon certains critiques, les résidents de Hongkong risquent d’être extradés vers le continent, dans lequel les Droits de l’homme ne sont pas respectés. Depuis juin, des manifestations à grande échelle se sont transformées en manifestations de dissidence à propos de la diminution des libertés, de la démocratie, des brutalités policières alléguées et d’autres griefs de la communauté. Le 9 juillet, la directrice générale, Carrie Lam, a déclaré le projet de loi «mort», mais n’a adopté aucun mécanisme pour le retirer ou accepter de le retirer. (Article publié dans le Hong Kong Free Press,le 29 juillet 2019; traduction rédaction A l’Encontre)