Les violations de l’embargo sur les armes s’amplifient en Libye, selon l’ONU

Publié le 3 septembre 2020 sur lemonde.fr avec AFP

Depuis début juillet, 70 avions-cargos ont atterri dans les aéroports de l’est libyen et une trentaine dans l’ouest.

L’émissaire par intérim de l’ONU en Libye, Stephanie Williams, a déploré, mercredi 2 septembre, devant le Conseil de sécurité la poursuite de violations de l’embargo sur les armes imposé en 2011 à ce pays, alors qu’un récent rapport onusien incrimine à nouveau la société militaire privée russe Wagner.

Depuis la dernière présentation de la situation le 8 juillet, « environ 70 avions ont atterri dans les aéroports de l’est en soutien » à l’armée du maréchal Khalifa Haftar, « pendant qu’une trentaine d’appareils ont été envoyés dans des aéroports de l’ouest de la Libye » en appui au gouvernement d’union GNA, a-t-elle déclaré. « Neuf cargos se sont amarrés dans des ports de l’ouest en soutien au GNA pendant que trois navires sont venus bénéficier » aux forces pro-Haftar, a ajouté la responsable, sans donner d’indications sur le contenu des cargaisons.

« Les soutiens étrangers renforcent leurs capacités dans les principales bases aériennes libyennes à l’est et à l’ouest », a résumé Stephanie Williams, en dénonçant une atteinte à la souveraineté de la Libye et « une violation flagrante » de l’embargo de l’ONU sur les armes. La mission de l’ONU en Libye, dont le mandat doit être renouvelé à la mi-septembre, « continue de recevoir des informations sur une présence à grande échelle de mercenaires et d’agents étrangers, ce qui complique (…) les chances d’un règlement futur » du conflit, a-t-elle précisé.

Le GNA, reconnu par l’ONU, est soutenu par la Turquie tandis que le camp Haftar est appuyé par les Emirats arabes unis, la Russie et l’Egypte. Dans un récent rapport intermédiaire des experts de l’ONU chargés du contrôle de l’embargo, le groupe russe Wagner est à nouveau dénoncé comme violant l’embargo sur les armes. « Les activités de mercenaires continuent et, dans le cas du groupe Wagner, augmentent », indique ce document, selon un diplomate s’exprimant sous couvert d’anonymat.

« Totalement inefficace »

Les forces rivales de Haftar et du GNA « reçoivent un soutien de plus en plus important d’acteurs étatiques et non étatiques, ce qui augmente le risque de transition vers un conflit armé international », souligne le préambule du rapport auquel l’AFP a eu accès. « L’embargo sur les armes reste totalement inefficace. Dans le cas des Etats membres soutenant directement les parties au conflit, les violations sont étendues, flagrantes et sans aucun égard pour d’éventuelles sanctions », insiste le document.

Le rapport confirme différentes violations de l’embargo sur les armes commises par « les Emirats, la Turquie, la Jordanie, l’Egypte, la Syrie et la Russie », a-t-on ajouté de source diplomatique.Lire aussi  A Tripoli, des centaines de manifestants dénoncent la corruption en Libye

Lors de la session publique du Conseil de sécurité, l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a rejeté les accusations d’interférences russes. « Il n’y a pas un seul Russe en uniforme en Libye », a-t-il assuré. Son homologue américaine, Kelly Craft, a au contraire évoqué la présence de mercenaires russes liés au gouvernement russe. « Il n’y a pas lieu d’avoir des mercenaires étrangers en Libye, dont le groupe Wagner affilié au ministère russe de la défense qui combat aux côtés des forces pro-Haftar », a-t-elle dit.

L’ambassadeur français, Nicolas de Rivière, a appelé à un renforcement de la mission de l’ONU à l’occasion de son renouvellement afin qu’elle puisse accompagner un possible cessez-le-feu et faire mieux respecter l’embargo sur les armes. Plusieurs membres du Conseil ont réclamé la nomination au plus vite d’un émissaire de l’ONU. En raison de divergences entre les Etats-Unis et leurs partenaires sur la définition du poste, aucun successeur n’a encore été nommé à Ghassan Salamé, démissionnaire en mars pour raisons de santé.

La Libye est en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Le Monde avec AFP

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Nous ne laisserons pas la Palestine disparaître de la carte ! (Pétition initiée par l’AFPS)

 La LDH soutient la lutte du peuple palestinien à son droit à l’autodétermination. Aujourd’hui le plan Trump soutient l’annexion de toutes les colonies en Palestine occupée et viole ouvertement toutes les résolutions de l’ONU. C’est un déni total du droit à l’autodétermination du peuple palestinien.
AFPS FRANCE-PALESTINE a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

Trump vient de rendre public son « plan » qui soutient l’annexion par Israël de Jérusalem-Est, du Golan, de la vallée du Jourdain et de toutes les colonies israéliennes en Palestine occupée. Tout ceci est absolument contraire aux résolutions de l’ONU !

En saluant cette initiative, le gouvernement français se déshonore.

La France doit se rappeler qu’elle est la patrie des droits de l’Homme et cesser immédiatement de se rendre complice des violations du droit par Trump et Netanyahou.

La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, doit prendre des initiatives pour la mise en oeuvre des droits du peuple palestinien et non être complice du plan qui entend les enterrer.

Appel de plus de 60 médecins : Nous redoutons que Julian Assange puisse mourir en prison

Publié sur lemonde.fr  avec AFP

« Nous redoutons que Julian Assange puisse mourir en prison », alertent plus de 60 médecins

Les professionnels de santé demandent que des soins soient prodigués au fondateur de WikiLeaks, actuellement détenu à Londres, dans un hôpital.

Les alertes sur la santé de Julian Assange se multiplient. Plus de 60 médecins se sont inquiétés de l’état de santé du fondateur de WikiLeaks, détenu à Londres et menacé d’extradition vers les Etats-Unis qui l’accusent d’espionnage, dans une lettre ouverte publiée lundi 25 novembre. Leur missive est destinée à la ministre de l’intérieur britannique, Priti Patel, et à Diane Abbott, chargée des mêmes sujets au sein du Labour Party, principal parti d’opposition.

S’appuyant sur plusieurs rapports, dont celui du rapporteur de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur la torture, Nils Melzer, qui a affirmé au début de novembre que la vie de Julian Assange était « désormais en danger », les signataires souhaitent exprimer leur « sérieuse inquiétude collective et attirer l’attention de l’opinion publique et du monde sur cette situation grave ».

« Nous sommes d’avis que M. Assange a besoin d’urgence d’une évaluation médicale de son état de santé physique et psychologique », écrivent les médecins qui exercent dans différents pays : Etats-Unis, Australie, Royaume-Uni ou encore Suède. Ils demandent que des soins lui soient prodigués dans un hôpital doté de personnel qualifié. Faute de quoi, « nous redoutons vraiment, sur la base des éléments actuellement disponibles, que M. Assange puisse mourir en prison », avertissent-ils.

Julian Assange risque 175 ans de prison

Au début de novembre, le rapporteur de l’ONU sur la torture avait précisé à l’Agence France-Presse que son inquiétude actuelle était liée à de « nouvelles informations médicales transmises par plusieurs sources fiables affirmant que la santé de M. Assange est entrée dans un cercle vicieux d’anxiété, de stress et d’impuissance, typique des personnes exposées à un isolement prolongé et à un arbitraire constant ».

Détenu à la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans le sud de Londres, Julian Assange est sous la menace d’une extradition vers les Etats-Unis où il encourt une peine allant jusqu’à cent soixante-quinze ans d’emprisonnement pour espionnage. Les autorités américaines lui reprochent d’avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la publication en 2010 de 250 000 câbles diplomatiques et d’environ 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan.

Le 21 octobre, l’Australien de 48 ans est apparu désorienté au cours de sa première apparition en public en six mois, bredouillant pendant une audience à Londres et semblant avoir des difficultés à se rappeler sa date de naissance. A la fin de l’audience, il avait déclaré ne pas avoir compris ce qui s’était passé et s’était plaint de ses conditions de détention à Belmarsh. L’audience sur la demande d’extradition doit se tenir en février.