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Figaro du 16/09/2017 : le procureur, le réfugié et son duvet.

Le Figaro  titre à la une de  son édition du samedi 16/09/2017 : « Les tribunaux débordés par l’afflux de clandestins », les pages 2 et 3 du quotidien sont entièrement consacrées à la question  des « clandestins », avec, entre autres, un article spécifique sur les mineurs isolés.

Bien entendu, dans le titre n’apparaît jamais  « réfugié » ou  « demandeur d’asile« , mais tous les mots clef anxiogènes figurent bien dans l’article à la une : débordésclandestins, afflux, SDF,  délinquance, gangsEurope de l’Est, Afrique du Nord, le tout, bien entendu, sous le chapeau global de « Tribunaux ». A ce tableau dantesque, on juxtapose le cas des mineurs isolés. En matière d’amalgame, c’est un modèle du genre à enseigner en école de journalisme.

On se gardera d’ironiser sur les estimations en matière de passeurs : 183 passeurs interpellés depuis le début de l’année sur Nice, cela fait une moyenne de 5 par semaine, aussitôt traduite par « entre 4 et 10 déferrements par semaine », ce qui aurait pour effet de provoquer « un retard de 8 mois à un an des audiences correctionnelles ». Sachant qu’une comparution immédiate ne dure pas plus de 30 mn (dans le meilleur des cas !), à qui  veut-on faire croire que sont les « clandestins » qui engorgent les tribunaux ? C’est une très mauvaise plaisanterie.

Figaro du 16/092017, la une :

 

 

Même technique d’amalgame en ce qui concerne l’article consacré aux  mineurs isolés en page 3 (voir article en pj) , article parsemé des mots clefs  « bombe » « cauchemar » « délinquance » « tous ne sont pas mineurs » « infractions » « passeurs » etc.  Nous devons prévenir les journalistes du figaro : aucun mineur isolé n’est en situation illégale sur le territoire national et c’est donc inutile de les faire passer pour des clandestins.

M. le procureur de Nice apporte son obole à l’article (selon le Figaro) : « beaucoup sont munis d’un duvet et d’un téléphone portable, pour entrer ou retrouver leurs proches sur le territoire ».  Monsieur le procureur est capable de dire que « beaucoup » de mineurs entrent en France munis d’un duvet et d’un téléphone : il en tient une comptabilité ? c’est au doigt mouillé ? Les associations qui viennent en aide aux réfugiés à la frontière (puisque l’Etat ne le fait pas) seront sans doute ravies d’apprendre qu’elles donnent  des duvets en double aux mineurs. Désormais, dans les contrées lointaines, le mot d’ordre sera : tu veux passer la frontière ? pas de problème, prends un duvet et un téléphone et c’est comme si c’était fait, c’est le procureur de Nice qui le dit.

« 90% des mineurs accueillis repartent sur les routes »  indique le procureur, mais sans le début d’un questionnement sur cet état de fait. Mais pourquoi donc repartent-ils ? Serait-il qu’ils ne sont pas ou mal accueillis par le conseil départemental des Alpes-Maritimes, que tout est mis en oeuvre pour les dissuader de rester dans le département ? Serait-il parce que le pouvoir judiciaire n’est pas capable d’empêcher des reconduites illégales de mineurs à la frontière ? (1)   Ce qui est effarant dans cet article sur les mineurs, c’est qu’à aucun moment il n’y a le moindre signe de compassion ou d’empathie envers des mineurs qui ont souvent traversé des épreuves terribles ; pas plus qu’il n’est fait mention, même pour mémoire, du dispositif juridique et conventionnel d’accueil inconditionnel censé protéger les mineurs qui viennent à se trouver sur le territoire national et qui s’impose à tous. Inutile de dire qu’on n’y trouve aucune information à propos des pratiques illégales de la police aux frontières et des deux condamnations du préfet par le tribunal administratif pour obstacle au droit d’asile.

En page 2, un autre article évoque le coût des MIE pour les collectivités et, citant Dominique Bussereau, président LR de l’assemblée des départements de France, titre « Ces mineurs coûtent 1 milliard d’euros par an aux départements » (2) propre à effrayer le bourgeois.

Les coûts son importants, qui pourrait le nier, surtout en contexte budgétaire contraint, mais rapportés au budget global des conseils départementaux, il est est marginal ; des associatifs de l’Isère ont calculé qu’en 2016, ce coût représentait 0,8 du budget du CD.

A plusieurs reprises nous avons sollicité les collectivités territoriales afin de connaitre les modalités précises de calcul de ces coûts. Nous n’avons jamais eu de réponse. Si, comme il est dit dans l’article, il y a 18.000 MIE en France, le coût unitaire annuel serait donc de 55.555 €/an, soit 152 €/jour.  A l’aide d’informations que nous avons pu collecter, Nous avons calculé le coût d’hébergement et d’encadrement des 53 MIE qui étaient accueillis au CIV en juin 2017, coût comprenant les salaires des 15 salariés chargés de les encadrer, les repas et les nuitées (3) (4). Le coût annuel estimé est légèrement supérieur à l million d’euros, pour un coût journalier de 53 €.  Certes, d’un lieu à un autre ou d’un département à l’autre, les coûts peuvent varier, mais nous sommes dans un rapport de 1 à 3, sans compter qu’un nombre significatif de MIE, comptabilisés à un moment donnée, ne sont plus pris en charge par les collectivités, comme l’a si bien expliqué le procureur de Nice dans l’article du Figaro.

 

 

(1) ces pratiques illégales ont été mises en évidence, à plusieurs reprises, par la Cimade, Amnesty, l’Anafé et Roya Citoyenne .

(2) on notera que Mme Agnès Verndier-Molinié, directrice du think tank ultra libéral IFRAP, elle, annonce 1,9 milliard d’euros ! faisant ainsi passer les journalistes du Figaro pour de dangereux gauchistes.

(3)La convention de restauration avec le CIV figure page 231 du bulletin des actes administratifs du CD06 N°3/2016

(4) selon nos informations, le coût des 2 formateurs est pris en charge par l’Education Nationale

Solidarité dans la vallée de la Roya : le syndicat de la magistrature interpelle le procureur

Quand le syndicat de la magistrature interpelle le procureur de la république de Nice :

http://www.syndicat-magistrature.org/Solidarite-dans-la-vallee-de-la.html

 

Lettre au conseil départemental des Alpes-Maritimes – Quel est le coût des mineurs isolés ?

Nice, le 15 février 2017

La Ligue des Droits de l’Homme – section de Nice – Maison des associations – 12ter Pl Garibaldi 06300 Nice

à

Monsieur le directeur général des services du Conseil Départemental des Alpes-Maritimes

Secrétariat du DGS – Centre Administratif Départemental – 147 Bd du Mercantour BP 3007 –  06201 Nice cedex 3

Objet : tribune libre – Nice Matin du 9 février 2017.

Monsieur,

la veille du délibéré concernant M. Cédric Herrou , vous avez publié dans le quotidien Nice Matin une tribune libre sous le titre : « Oui, le conseil départemental remplit sa mission en faveur des mineurs étrangers ».

Nous observons tout d’abord que vous sous-entendez que M. Hérrou dénigrerait le travail des salariés du CD, ce que, pour notre part, nous n’avons jamais lu ou entendu.

Plusieurs affirmations de votre tribune libre sont contestables. En particulier, il est surprenant que vous laissiez entendre que la voie d’entrée normale dans le dispositif de protection de l’enfance est de s’adresser en priorité aux services de police ou de gendarmerie, alors même que, en application de la loi du 14 mars 2016 sur la protection de l’enfant et son décret d’application du 24 juin 2016 (article R 221-11 CASF), c’est précisément la mission du CD d’organiser l’accueil et l’évaluation des mineurs non accompagnés.

Nous avons aussi relevé que vous évaluez le coût de la gestion des mineurs étrangers isolés à 10 millions d’euros par an. Ce montant est avancé depuis plusieurs années par le CD06, sans que l’on ait pu obtenir d’éclaircissements. Dans un article (non signé) intitulé sans aucune ambiguïté : « Le coup de gueule d’Eric Ciotti face à l’afflux de mineurs étrangers », paru le 23/01/2016 dans le quotidien Nice Matin, il était déjà fait allusion à ce montant de 10 M€/an. Nous avions sollicité la rédaction de Nice Matin afin qu’elle obtienne des précisions (mail du 25/01/201), démarche restée sans réponse. Nous observons que ce montant de 10 M€ est avancé aussi bien pour l’accueil de 1.265 MEI en 2015 (NM 23/01/2016) que pour celui de 213 mineurs début 2017 (votre tribune libre). Aussi, nous souhaiterions savoir sur la base de quels éléments comptables vérifiables, extraits soit de votre système de comptabilité analytique, soit d’une éventuelle comptabilité par activité qui aurait isolé les coûts imputables aux mineurs étrangers, vous fondez cette affirmation. L’observation du fonctionnement du centre d’accueil de MNA ouvert au CIV montre que celui-ci fonctionne avec un sous effectif d’encadrement évident, des activités en principe obligatoires d’animation, d’enseignement, de soutien psychologique et d’évaluation sont malheureusement réduites à leur plus simple expression, faute de moyens humains. Il serait donc erroné de raisonner à partir de coûts standard qui incluraient ces prestations qui ne sont que très partiellement servies aux MNA placés sous votre responsabilité.

Dans l’attente, nous vous prions d’agréer, monsieur le directeur général, l’expression de notre considération distinguée.

Swanie Potot

Présidente de la section de Nice

Roya’s borders park – Un parc à thème dans la vallée de la Roya ?

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Roya’s borders park – Un parc à thème dans la vallée de la Roya ?

« Au Parque EcoAlberto dans l’État mexicain d’Hidalgo, les visiteurs peuvent franchir de façon fictive la frontière avec les Etats-Unis. La visite dure 3 heures durant lesquelles ils marchent et courent dans une ambiance faite d’aboiements rauques, de menaces de gardes-frontières et autres éléments marquants vécus par les émigrés clandestins » (1)  – Philosophie Magazine, Sven Ortoli « Les lois des parcs d’attraction » Novembre 2016.

Le conseil départemental des Alpes-Maritimes, qui vient de créer un parc à thème « Vésubia Mountain park » dans la vallée de la Vésubie, (2) pourrait aussi créer un parc à thème « Roya’s borders park » .

En s’inspirant du modèle mexicain (1), la brochure publicitaire de Roya’s borders park pourrait proposer à l’intention des comités d’entreprises l’attraction suivante :  « Dans la peau d’un érythréen »

« Faites vivre à vos salariés une soirée inoubliable dans la vallée de la Roya. En partant de la frontière italienne, nos passeurs leur feront vivre un palpitant simulacre de franchissement de la frontière en empruntant la voie de chemin de fer sur cinq kilomètres ; au passage du TER, ils devront bien se plaquer contre les parois du tunnel et à la sortie les gendarmes tenteront de les appréhender. Mission de vos salariés : ramper dans la boue sur 100 mètres, puis courir le long du ravin sur 500 mètres, afin de se cacher sous un talus prévu à cet effet. Si les gendarmes les interpellent, ils les reconduiront aussitôt à leur point de départ (principe du jeu de l’oie). Chaque salarié qui aura échappé aux gendarmes se verra attribuer un certificat de passage de la frontière qui le distinguera de ses collègues moins astucieux. Toutefois, l’objectif de la randonnée est d’améliorer l’esprit d’équipe et d’entraide au sein de votre entreprise, tout en permettant à vos salariés de passer une soirée agréable dans un cadre champêtre enchanteur.

Bien entendu, tout est factice : les passeurs sont salariés du parc, le tunnel est en carton, le train en contreplaqué, les gendarmes sont des figurants ; vous le savez bien, on n’a jamais vu l’hombre d’un d’un érythréen  la vallée de la Roya, ce merveilleux havre de paix, particulièrement adapté aux randonnées entre amis et où il fait bon vivre.

A la fin du périple, un chocolat chaud est servi à tous les participants. Groupes de 15 personnes maximum. Prix : 35 € par personne»

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(1) Ce n’est pas un article du Gorafi !

Pour accéder site mexicain « El Ecolaberto » , cliquez ici :  http://www.ecoalberto.com.mx/atracciones.php

Voir « l’attraction » « caminata nocturna »

Traduction de l’espagnol :

« La randonnée nocturne est un concept totalement différent et unique qui inclut un simulacre de franchissement de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. El Alberto était jusqu’à il y a peu de temps une communauté oubliée, avec beaucoup d’analphabètes et c’est pour cette raison que plus de 70 % de la population émigrait aux Etats-Unis à la recherche d’un futur meilleur. A l’origine, le concept de randonnée nocturne a été créé pour les jeunes paysans de la communauté, afin qu’ils ne risquent pas leurs vies en cherchant « une vie meilleure dans un autre pays » (vivre le fameux rêve américain) en leur suggérant des perspectives et en les motivant afin qu’ils envisagent de nouveaux projets productifs.

Le périple démarre au niveau de l’église catholique de la communauté ou le groupe participe à une séance de motivation, en mettant l’accent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un simple entraînement, mais d’une activité dont l’objectif est de conscientiser la population et de procurer des emplois à nos villageois. Pendant le parcours, on met en exergue les valeurs d’unité, de solidarité, de confiance en soi, en éliminant tout biais qui pourrait être un obstacle pour atteindre l’objectif que chaque participant s’est fixé.

La tombée du jour entraîne une plénitude bienveillante grâce au contact avec la flore et la faune. A la fin de la traversée, une grande surprise les attend en l’honneur de nos ancêtres et des membres de la communauté lesquels, en cherchant ce rêve américain, ont pris de l’avance dans leur chemin vers la vie éternelle. »

« NB : la randonnée et la retraite au flambeau ont lieu seulement les samedis et pour un groupe d’au moins 25 personnes (prix 250 pesos par personne ) »

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(2) avec un plan d’investissement de 65 millions d’euros, alors que, paraît-il, il n’y a plus un euro pour accueillir, dans le département des Alpes-Maritimes, les mineurs isolés étrangers.

Mineurs à la frontière italienne : l’Unicef prend clairement position

Communiqué de l’Unicef :

« INFORMATION PRESSE
Enfants non accompagnés : la protection de l’enfance doit s’exercer aussi à la frontière franco-italienne
Paris, le 13 décembre 2016 –

Soucieux de la situation des mineurs tentant de passer la frontière franco-italienne chaque nuit, l’UNICEF France a rencontré les acteurs associatifs, les autorités locales et les représentants de l’Etat les 24 et 25 novembre dernier.
Cette mission a fait émerger une forte inquiétude à propos des mineurs non accompagnés (MNA) traversant la frontière et particulièrement exposés aux risques de violences, d’exploitation et de traite sur leur parcours. Ils sont renvoyés en Italie par la Police aux Frontières au même titre que les adultes, sans que leur statut d’enfant à protéger soit pris en considération.
L’UNICEF France rappelle que les obligations contenues dans la Convention relative aux droits de l’enfant prévalent sur toute autre considération, accord bilatéral et dans toutes les situations. La frontière franco-italienne ne peut faire exception. L’intérêt supérieur de l’enfant doit être le principe directeur de toutes les décisions et actions entreprises par les autorités françaises.
L’UNICEF dénonce le refoulement systématique des MNA à la frontière par les autorités françaises, qui les exposent à de nombreux dangers et à des risques accrus de violences, au mépris des engagements internationaux ratifiés par la France, alors que la priorité absolue devrait être de les protéger.
L’UNICEF interpelle les autorités françaises, locales et nationales, sur cette situation qui expose les mineurs au même traitement que les majeurs et les éloigne de toute protection. Or comme le rappelle le Comité des droits de l’enfant (Observation Générale – 2005), « les obligations qui incombent à un État en vertu de la Convention s’appliquent à l’intérieur de ses frontières, y compris à l’égard des enfants qui passent sous sa juridiction en
tentant de pénétrer sur son territoire ».
Les situations auxquelles sont confrontés les enfants non accompagnés arrivant en France depuis l’Italie mais aussi sur tout le parcours de Nice à Paris et Calais montrent bien la nécessité d’inscrire cette réalité à l’échelle nationale. La réponse globale doit être coordonnée dans le cadre de la Protection de l’enfance, impliquer l’ensemble des parties prenantes et se baser sur l’anticipation du flux. Il s’agit du seul moyen de sortir de la logique d’urgence locale qui ne peut déboucher sur des solutions satisfaisantes. »

 

Voir lettre interassociative adressée à l’Unicef le 30 septembre 2016     [ ICI ]

Un préfet de la « République issue du CNR » en vallée de la Roya

Ligue des droits de l’Homme – Section de Nice

Ligue des droits de l’Homme – Section de Cannes-Grasse

Ligue des droits de l’Homme –  Comité régional PACA

CIMADE06

COMITE DE VIGILANCE ALPES-MARITIMES (COVIAM)

 

COMMUNIQUE

Un préfet de la « République issue du CNR » en vallée de la Roya

Le 29 novembre 2016, Yvan Gastaut, historien de l’université de Nice, publiait dans le quotidien local un log article dans lequel il retraçait l’histoire des flux migratoires dans les vallées frontalières depuis le rattachement de Nice à la France en 1860. Cet article se terminait par une brève évocation très nuancée des problèmes actuels et de l’attitude de nombreux habitants de ces vallées : « Cette désobéissance n’est pas sans rappeler celle, organisée dans l’autre sens en 1943, par les habitants de St-Marin-Vésubie qui ont caché des juifs et aidé certains d’entre eux à fuir la répression nazie »

Sitôt arrivé dans le Département des Alpes-Maritimes, le nouveau préfet publie un libelle dans lequel il s’attaque d’abord à l’historien en utilisant des termes outranciers tels que « imposture » « injures », puis à sa véritable cible : les habitants de vallées, bénévoles et solidaires des réfugiés.

Le nouveau préfet entend donc dicter aux historiens le sens de leurs analyses, refusant de tirer les enseignements des heures sombres de notre Histoire. Il assène : « La République issue du Conseil National de la Résistance n’est pas Vichy » ; certes, mais cette République a aussi été capable de commettre les pires exactions.

Plutôt qu’une polémique indigne, nous attendions du représentant de l’Etat une réponse aux associations qui lui ont écrit le 18 novembre 2016 pour lui rappeler ses obligations découlant de l’ instruction ministérielle du 28/10/2015 qui lui enjoint de « détecter, prévenir et limiter les effets sanitaires et sociaux liés aux températures de l’hiver » .

Nous attendions aussi qu’il oppose de vrais arguments à la plainte déposée par plus de 250 citoyens, devant le tribunal de grande instance de Nice et qui vise le Conseil départemental 06, le Conseil Régional PACA, l’Aide Sociale à l’Enfance et le Préfet des Alpes-Maritimes pour leurs manquements concernant les mineurs isolés.

Aujourd’hui, à la frontière italienne, « La république issue du CNR » de M. le préfet abandonne sans sourciller les réfugiés égarés sur les routes de montagne, mineurs isolés compris.

Aujourd’hui, à la frontière, « La république issue du CNR » ce n’est pas M. le préfet des Alpes-Maritimes qui la représente, mais les dizaines de bénévoles qui se substituent aux services préfectoraux et départementaux pour les accueillir et leur apporter un peu d’humanité, de solidarité et de fraternité.

Vallée de la Roya : le corps médical alerte les autorités

                                                                                                                                   Vendredi 25 Novembre 2016

à
Mmes , Mrs les Maires et conseillers(ers) municipaux de :
Breil sur Roya – Fontan – Saorge – La Brigue – Tende /St Dalmas
Mmes et Mrs les conseillers départementaux des Alpes Maritimes 
M. Le président du conseil départemental des Alpes Maritimes 
M. Le préfet des Alpes Maritimes
M.le Directeur de l’ Agence Régionale de Santé de Provence Alpes Côte d’ Azur
M. le président de la communauté d’agglomération de la Riviera française.

Mesdames , Messieurs,
A ce jour la situation sanitaire créée par l’ arrivée de migrants dans la vallée de la Roya nous contraint de vous alerter:
Nous sommes 5 infirmières et 2 médecins pour l’ instant; d’ autres soignants vont se joindre à nous pour la partie haute de la vallée.
Nous sommes tous bénévoles et avons répondu présents sans aucune hésitation face aux besoins sanitaires nouveaux générés par l’arrivée de ces populations . Nos interventions se font chez des habitants de la vallée qui ont ouvert leurs portes, à ces femmes, hommes et enfants quémandant un abri et de la nourriture souvent après plusieurs heures de marche dans la nuit.
Les populations rencontrées sont en majorité des mineurs , provenant pour beaucoup d’ Érythrée et du Soudan.
Nos soins sont essentiellement liés aux conséquences de la vie sur les routes et les mers de ces jeunes depuis de longs mois . Donc beaucoup de plaies aux pieds souvent surinfectées ,d’entorses de cheville, de douleurs musculaires liées à la marche , de refroidissement et ses conséquences , de pathologies cutanées telle que la gale ,l’eczéma et les mycoses. D’autres pathologies sont également rencontrées telles que paludisme, asthme,rhumatisme articulaire et insuffisance cardiaque.
A l’ heure d’ aujourd’hui , nous sommes fin novembre, la saison d’hiver arrive, il n’ est pas difficile d’imaginer les conditions « complexes » à la fois de survie de ces populations et celles des gens qui les accueillent comme ils peuvent , sans confort pour beaucoup , démunis eux aussi mais ne pouvant refuser la demande d’ aide.
Il est donc de notre devoir , nous soignants bénévoles , témoins professionnels au plus près de la situation sanitaire actuelle , de faire connaître l’urgence des besoins à savoir essentiellement la mise en place de structures d’accueil sur place digne de ce nom avant l’arrivée de l’hiver afin de tenter d’éviter l’apparition de nouveaux drames dans notre vallée.
En vous remerciant – Bien cordialement .
Dr Legurun Dominique, Dr Dumontet Bernard, Mme Godart Corinne, infirmière Mme Solet Marie laure infirmière, Mme Leonardi Isabelle infirmière, Mme Perne Florence infirmière, Mme Cadoret Patricia infirmière.

 

Voir aussi lettre inter-associative au préfet des Alpes-Maritimes : [ ICI ]

Bénévoles à la frontière – Appel à dons

Bénévoles à la frontière italienne- Appel à dons.

Les humanitaires bénévoles poursuivis en justice pour avoir aidé des réfugiés venant la zone frontalière avec l’Italie ont à leur tour besoin de votre aide !

 fraternel-coupable

Plusieurs humanitaires bénévoles, avec ou sans affiliation à l’une des associations signataires de cet appel, sont actuellement poursuivis pour avoir porté secours ou aidé des réfugiés venant de la frontière italienne, y compris de nombreux mineurs isolés étrangers.

Les bénévoles poursuivis doivent faire face à des frais de justice, d’avocat et subissent souvent de lourdes contraintes personnelles ou professionnelles : saisies de véhicule, interdictions de séjour, etc. Toutefois, la collecte est destinée uniquement à couvrir tout ou partie des frais de justice et d’avocats.

Les associations signataires de cet appel se proposent, sous leur responsabilité, de collecter et de repartir les sommes ainsi perçues en faveur les bénévoles poursuivis.

  • Pour faire un don par carte bleue, cliquez :  [ ICI ]

  • Pour faire un don par chèque, envoyer à : Ligue des droits de l’Homme – section de Nice, Maison des associations – 12 ter Pl Garibaldi 06300 Nice en précisant au dos du chèque : « pour les bénévoles poursuivis »

MERCI

Association pour la démocratie à Nice (ADN).

Cimade 06.

Habitat et citoyenneté

Ligue des droits de l’Homme 06 et Comité régional PACA

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP ). Comité Nice – Grasse

Réseau éducation sans frontières (RESF) 06.

Roya Citoyenne

 

M. le préfet des Alpes-Maritimes : la seule solution est d’ouvrir un ou plusieurs centres d’accueil pour les réfugiés

Nice, le 24 novembre 2016

Les associations signataires

c/o La Ligue des droits de l’Homme – Section de Nice – Maison des associations – 12 ter Pl Garibaldi – 06300 Nice

à

Monsieur le Préfet des Alpes-Maritimes – Cabinet du Préfet – 147, Bd du Mercantour – 06200 Nice

lettre rar

Objet : situation des réfugiés à la frontière italienne et dans le Département Alpes-Maritimes

Monsieur le préfet, nous avons lu avec grande attention les 64 pages de l’instruction ministérielle DGS/DUS [ …]/2015/319/du 28 octobre 2015 telle que publiée à ce jour sur le site le ministère des affaires sociales et de la santé (mis à jour au 30-06-2016).

Le directeur général de la santé vous donne ses instructions, à travers le « Guide national relatif à la prévention et à la gestion des impacts sanitaires et sociaux liés aux vagues de froid 2015/2016 » , lequel « a pour objectifs de définir les actions à mettre en œuvre au niveau local et national pour détecter prévenir et limiter les effets sanitaires et sociaux liés aux températures de l’hiver et ses aspects collatéraux en portant une attention particulière aux populations vulnérables »

Vos instructions sont donc de détecter, prévenir et limiter.

Or, il se trouve que des bénévoles humanitaires de la Vallée de la Roya ont tenté, à leur façon, de prévenir et de limiter les effets de l’hiver en ouvrant un refuge pour les réfugiés en transit à St-Dalmas-de-Tende, jeudi 21 octobre et la seule réponse que vous leur avez apporté en liaison avec le Parquet, est : évacuation, fermeture et inculpations.

Dès lors, nous vous alertons solennellement sur les dangers imminents encourus dans l’ensemble du Département des Alpes-Maritimes et plus particulièrement dans les vallées frontalières, par les réfugiés qui s’y trouvent, parmi lesquels bon nombre de mineurs non accompagnés.

Monsieur le Préfet, nous sommes en mesure de répondre par anticipation aux remontées d’informations que sollicite l’administration centrale :

Fiche n° 6 – I remontées des informations sur les places disponibles : vous pouvez dès à présent indiquer à Mme la ministre : très largement insuffisantes.

Depuis plus de cinq ans, les associations locales impliquées dans l’accueil et l’aide aux sans abri vous ont informé à maintes reprises de cette situation critique ; elle s’est aggravée depuis la crise migratoire qui impacte fortement notre Département.

Fiche n° 6- II remontées des informations sur les décès.

Tout dépendra des mesures que vous allez prendre pour protéger la population en état de fragilité, donc, aussi, les réfugiés, mineurs ou pas et quel que soit leur statut juridique, car leur humanité prime sur la catégorie administrative dans laquelle vous pourriez les ranger.

A l’évidence, la seule action préventive qu’il vous appartient de mener, est d’ouvrir un ou plusieurs centres d’accueil des réfugiés, « population vulnérable » s’il en est.

Vous le savez, dans les vallées frontalières, dès le mois de novembre, le froid peut être mortel.

Dans l’attente d’une réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet à notre considération distinguée.

Signataires :

Association pour la démocratie à Nice (ADN) ; Cimade 06 ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) Sections des Alpes-Maritimes et Comité régional PACA ; Médecins du Monde (MdM) ; Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP ). Comité Nice – Grasse ; Réseau éducation sans frontières (RESF) 06.

labellisations « amis des enfants » pour en finir avec les faux semblants

LETTRE OUVERTE A UNICEF FRANCE
Pour en finir avec les faux semblants de la labellisation des collectivités « amies des enfants »
Les associations signataires Nice, le 30 septembre 2016
c/o : Ligue des droits de l’Homme – section de Nice – Maison des associations- 12 ter place Garibaldi- 06300 Nice
à
Unicef France- M. Jean-Marie Dru, Président- 3 rue Duguay-Trouin-75282 Paris cedex 06
Monsieur le président,
Depuis plus de deux ans, les associations signataires vous ont alerté à propos de la situation des mineurs isolés étrangers dans le Département des Alpes-Maritimes. Le 26 décembre 2014, les associations ont porté à votre connaissance le profond malaise qu’elles ressentaient en constatant que l’Unicef avait labellisé plusieurs collectivités territoriales du Département des Alpes-Maritimes « amie des enfants » alors même que nous constations, sur le terrain, que certaines d’entre elles menaient un politique ouvertement hostile envers certains mineurs et plus particulièrement les mineurs étrangers.
A titre d’exemple, nous vous indiquions que M. Ciotti, président du Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, avait annoncé dans tous les médias, le 18 mars 2013, sa décision de refuser l’admission au sein des services du CG 06 des «mineurs délinquants étrangers » à compter du mois de juillet 2013 (cf. par exemple, article du quotidien Nice Matin du 19 mars 2013). Or, la protection des mineurs étrangers non accompagnés constitue une obligation internationalement souscrite par la France, notamment en application des articles 3.1, 20 et 22 de la convention internationale des droits de l’enfant.
De même, le 8/01/2014, le président du CD 06 prenait un arrêté provisoire suspendant toute admission dans le Foyer Départemental de l’Enfance ; le motif réel était clairement affiché dans l’avant dernier considérant de l’arrêté : « Considérant que le Département des Alpes-Maritimes accueille actuellement au Foyer de l’enfance  73 mineurs isolés étrangers en accueil de longue durée, soit 40 % de la capacité maximale d’accueil du foyer ». Nous vous avons aussi, par lettre datée du 1er juin 2015, signalé par courrier toute une série d’actes, de déclarations ou de décisions prises par des collectivités locales, contraires aux intérêts de certaines catégories d’enfants.
Sans méconnaître la situation particulière qui est celle, par exemple, du Département des Alpes-Maritimes, Département frontalier et en particulier la charge financière qui pèse sur cette collectivité, nous constatons avec amertume que vous continuez d’accorder un label flatteur, malgré nos alertes, à certaines collectivités qui stigmatisent les mineurs isolés étrangers.
Nous avons étudié en détail les dossiers d’habilitation à la labellisation « ami des enfants » des collectivités territoriales, y compris dans leur toute nouvelle version postérieure aux élections municipales et communautaires de 2014 et alors que de très graves problèmes concernant les mineurs isolés étrangers se posaient déjà dans notre Département : à aucun moment, ces dossiers d’habilitation n’abordent la question des mineurs isolés étrangers, comme si les mineurs isolés étrangers constituaient une sous catégorie négligeable.
Les associations signataires n’ignorent pas que l’Unicef s’est intéressé, depuis peu, à la situation des mineurs non accompagnés, en particulier dans le nord de la France, en publiant au mois de juin 2016 une enquête sans complaisance intitulée : « Ni sains, ni saufs, une enquête sociologique sur les enfants non accompagnés sur le littoral du Nord et de la Manche ».
Les associations signataires saluent cette nouvelle orientation, mais elles vous invitent à mettre, enfin, vos actes en accord avec vos paroles et vos écrits.
Nos associations restent à votre disposition pour vous expliquer, sur place et dans le détail, la situation actuelle, dans notre Département, des mineurs isolés étrangers ; nous sommes déjà en contact avec les services du Défenseur des Droits, ainsi qu’avec le HCR. La situation est actuellement proprement catastrophique : une bonne partie d’entre eux est laissée à l’abandon et vit dans la rue, le droit de déposer une demande d’asile leur est dénié, ils sont refoulés vers la frontière italienne en dépit du droit et de toutes les convention internationales signées par la France.
La situation des mineurs isolés étrangers perdure sans que, à notre connaissance, aucune des six collectivités que vous avez labellisées « amies des enfants » s’en soient émues publiquement ou aient pris des initiatives pour leur venir en aide, alors même que, du fait de leur statut de mineurs, ils ont le droit de rester en France et d’y être protégés. Vous devez faire cesser les faux semblants.
Dans l’attente d’une réponse, veuillez agréer l’expression de nos salutations distinguées.
Contact : amnestyasile06@yahoo.fr
Plus d’informations : https://amidesenfants.wordpress.com/
Association pour la démocratie à Nice (ADN).
Amesty international – Relais réfugiés 06.
Comité inter-mouvements auprès des évacués 06 (Cimade).
Habitat et Citoyenneté.
Ligue des droits de l’Homme (LDH) Sections des Alpes-Maritimes.

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP ). Comité Nice – Grasse

Réseau éducation sans frontières (RESF) 06.