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Notre Démocratie est mal en point. Les Droits de l’Homme sont bafoués par nos gouvernants à nos frontières et sur le territoire national.

Des hommes, des femmes, des enfants sont battus, abandonnés, tués, emprisonnés, menacés, ou se noient devant nos yeux. Qu’ils soient pauvres, sans papiers, réfugiés, ou simplement qu’ils aspirent à une vie digne, ils sont poursuivis ou laissés pour compte par nos forces de l’ordre ou celles financées au nom des Français.

Cela fait plus de 120 ans que la Ligue des Droits de l’Homme se bat pour faire respecter les droits de tous, sans distinction de sexe, de genre, nationalité, d’origine, de religion.

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PRATIQUES POLICIERES ABUSIVES ET RACISME


IL FAUT QUE CELA CESSE

Mardi 9 juin, George Floyd sera inhumé à Houston, au Texas.

La mort dramatique de cet Afro-Américain tué par des policiers à Minneapolis, aux Etats-Unis d’Amérique, est insupportable et symbolique. Elle suscite une légitime émotion partout dans le monde tant elle réveille des ressentiments profonds d’injustice et d’impunité face à des pratiques policières violentes ou discriminatoires.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) est engagée contre les pratiques policières abusives et contre le racisme.
Elle soutient toutes les initiatives d’hommage et de solidarité qui seront organisées, ce mardi 9 juin 2020 en France, contre les violences et discriminations venant d’institutions chargées au contraire de les prévenir.

Nous n’oublions pas
Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005, en tentant d’échapper à la police
Lamine Dieng, d’origine sénégalaise, 25 ans mort le 17 juin 2007 suite à un plaquage ventral lors de son arrestation
Remi Fraisse, miliant pour l’écologie, 21 ans, tué le 26 octobre 2014 à Sievens par une grenade offensive lancée par un gendarme
Amadou Koumé, 33 ans, mort le 6 mars 2015 après avoir été étranglé par un des policiers venus l’arrêter à Paris
Adama Traoré, 24 ans, mort asphyxié après son arrestation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise le 19 juillet 2016
Blessing Matthew, nigériane, retrouvée noyée le 9 mai 2018 dans la Durance après avoir été poursuivie par les forces de l’ordre
Zineb Redouane, algérienne, 80 ans, morte le 2 décembre 2018, après avoir reçu une grenade lacrymogène au visage pendant qu’elle fermait sa fenêtre à Marseille
Geneviève Legay, militante pacifiste, gravement blessée par la police à 73 ans lors d’une manifestation à Nice le 23 mars 2019
Steve Maia Caniço, 24 ans, tombé et noyé dans la Loire le 22 juin 2019 pendant une charge policière lors de la Fête de la Musique
Cédric Chouviat, 42 ans, mort le 5 janvier 2020, suite à un étranglement par les policiers lors d’un contrôle routier
Irène, syndicaliste pacifique, matraquée et blessée lors d’une manifestation par un policier le 9 janvier 2020 à Paris
Gabriel, 14 ans, gravement blessé lors d’une interpellation à Bondy le 25 mai 2020

et tous les autres,

des dizaines de morts et de blessés lors d’interpellations (liste non exhaustive sur http://www.urgence-notre-police-assassine.fr)

et les milliers de blessés par les forces de l’ordre dont des dizaines gravement lors de manifestations depuis l’été 2018.

Comment la démocratie coréenne a-t-elle dompté Covid-19 – Résumé

Le Professeur François AMBLARD vient de publier un document

Comment la démocratie coréenne a-t-elle dompté Covid-19 ?

Partie I. Traçage, isolement, consensus thérapeutique, et déconfinement

Nous publions ici avec son accord un résumé de son travail :

La Corée du Sud a endigué Covid-19 en plaçant son Korean Center for Disease Control (KCDC) au cœur de la réponse sanitaire de crise. Par la loi, le KCDC reçoit la mission de diriger la totalité des opérations sanitaires, et jouit pour cela de pouvoirs exécutifs d’exception, avec autorité sur la police et la justice pour les besoins de sa mission. L’ensemble des actions contre la pandémie (dépistage, traçage, isolement sanitaire hospitalisation, autorisations et agréments d’urgence…), mais aussi tous les outils administratifs et juridiques nécessaires, sont ainsi placés sous une direction unique.

Cette remarquable cohésion a permis une réponse très rapide et vigoureuse. Enfin, placé actuellement sous la direction d’une professeure de médecine forte d’avoir lutté contre l’épidémie précédente, le KCDC jouit d’une autorité respectée de tous, car fondée sur la connaissance scientifique, expérience professionnelle, des actions et une communication quotidienne transparente. Etant perçu comme un organe politiquement indépendant, son action est restée hors du champ d’une critique politique et partisane vivace. La mise en œuvre, aussi rapide que massive, de la doctrine désormais bien connue de dépistage-traçage-isolement a été rendue possible par ce contexte juridique et politique original, sans oublier la mobilisation des industriels de la santé pour la conception des tests, approuvés sur le marché le 4 février, soit 14 jours avant l’explosion coréenne de Covid-19.

Le traçage des personnes ne concerne que les individus avérés porteurs ; il est
strictement rétrospectif et ne concerne que les deux semaines précédant le test. En dehors du suivi sanitaire téléphonique biquotidien, sans GPS, de toute personne positive pendant deux semaines d’isolement, il n’existe aucune procédure de traçage, ni particulière, ni générale. La base de données, hébergée en dehors du gouvernement, est soumise à un stricte contrôle d’accès ; toute demande d’information est enregistrée et elle sera détruite à la fin de la crise Covid-19. Ce 15 avril 2020, jour d’élections législatives sous haute protection sanitaire, aucune levée des mesures en vigueur n’a été annoncée.
Le système scolaire est fermé en totalité, et les cours passent graduellement en ligne ou la télévision. Aucune ré-ouverture d’école n’est à l’ordre du jour, et des dizaines de milliers de tablettes numériques ont été données aux enfants de familles n’ayant pas d’accès à internet. Aussi longtemps que nous n’aurons ni vaccin ni thérapie, le KCDC conservera son rôle de pilote et ses pouvoirs d’exception. Pour préparer cette période d’attente, le gouvernement coréen collabore avec la société civile et le monde de l’éducation afin d’imaginer un modus vivendi consensuel temporaire plus acceptable, mais sans compromis avec la doctrine anti-Covid-19.

Le texte du Pr Amblard est le récit du vécu de l’épidémie en Corée du Sud.

À partir de documents de première main et de témoignages recueillis sur place, il propose une analyse approfondie des aspects épidémiologiques, juridiques et médicaux de lutte contre Covid-19, ainsi que des perspectives de « sortie ». L’auteur est un chercheur français physicien et biologiste qui, après ses travaux à l’Institut Curie (Paris), poursuit ses recherches depuis près de cinq ans dans une université publique coréenne.

Le rapport intégral est accessible sur

https://fr.scribd.com/document/459970862/Comment-la-democratie-coreenne-a-t-elle-dompte-Covid-19-Rapport-de-Francois-Amblard

Nous nous sommes permis de relever les données qui nous ont interpellées dans l’article

Comment la démocratie coréenne a-t-elle dompté Covid-19 – faits marquants

 

François Amblard est depuis 2015 Distinguished Professor dans le département de Physique et celui des Sciences de la vie à l’UNIST (Ulsan National Institute of Science & Technology, Corée du Sud), en détachement du CNRS. Ancien élève de l’École Polytechnique (1982), il fut successivement Directeur de Recherche au CNRS, comme chef d’équipe dans le Département de Physique de l’Institut Curie (1998-2015); Chargé de recherche au Laboratoire de Physique Théorique, puis de Physiologie à l’École Supérieure de Physique et Chimie Industrielle de Paris (ESPCI) de 1995 à 1998 ; Chercheur post-doctoral à l’Université de Princeton (États-Unis) de 1993 à 1995). Également Directeur Scientifique d’une start-up : instrumentation et diagnostic par cytogénétique moléculaire (1992-93), Pasteur-Weizmann Fellow et chercheur post-doctoral en immunogénétique à l’Institut Pasteur  (1991-92), après un doctorat en immunologie. Il anime, depuis sa fondation en 2003, le programme MD-PhD  » Inserm-Bettencourt », en tant que professeur de physique et membre fondateur de l’Association Médecine-Pharmacie-Sciences des étudiants chercheurs-médecins (AMPS).

Comment la démocratie coréenne a-t-elle dompté Covid-19 – faits marquants

Plus d’informations sur le rapport du Pr François AMBLARD

Comment la démocratie coréenne a-t-elle dompté Covid-19 – Résumé

 

Les questions  abordées dans le rapport du Pr Amblard :

Beaucoup d’idées fausses sur la Corée, mêlées a un complexe de supériorité alimente par l’ignorance, conduisent certains à penser que les solutions coréennes ne peuvent pas s’appliquer chez nous du fait de trop grandes différences entre les deux pays.

– Comment briser les chaines de contamination par le traçage rigoureux des contacts contaminants ?

– Quelles garanties juridiques face à l’intrusion dans la vie privée, et comment utiliser les données récoltées ?

– Comment soigner dans l’urgence, sans certitude scientifiquement établie sur les outils thérapeutiques ?

– Comment élaborer au plus vite un consensus thérapeutique acceptable ?

– Comment « sortir » du confinement avec une sécurité sanitaire maximale ?

– Comment rendre cette sortie consensuelle ?

 

Le plan du rapport (partie 1)  

Sommaire

Introduction

  1. Traçage rétrospectif et isolement des porteurs de virus

1.1 Dispositif d’enquête individuelle

1.2 Stockage des données et garanties juridiques

1.3 Mesures découlant du traçage

1.4 Diffusion des données de traçage

1.5 Résistances et adhésion

  1. Réponse médicale : isoler, protéger, et soigner

2.1 Stades cliniques : définition et orientation initiale

2.2 Recommandations thérapeutiques, chloroquinine, essais informels

2.3 Une hôtellerie d’isolement pour contenir Covid-19

2.4 Prise en charge et obligations des contacts du patient Covid+

2.5 Isolement systématique de tout voyageur entrant dans le territoire

2.6 Critères de sortie ou de levée d’isolement, règles ultérieures

2.7 Protection des personnes âgées

2.8 Y a-t-il eu saturation des hôpitaux, manque de tests ou de masques ?

  1. Essais thérapeutiques en cours

3.1 Essai formel hydroxychloroquinine

3.2 L’Institut Pasteur de Séoul : ‘drug repositionning’ avec le ciclesonide (Alvesco)

3.3 Autres essais cliniques

  1. Que faire une fois la courbe infléchie ?

4.1 Le bilan de Covid-19 en Corée du Sud

4.2 La vie quotidienne aujourd’hui : liberté et veille

4.3 Élaboration consensuelle d’un modus vivendi durable

Conclusion

 

EXTRAITS DU RAPPORT

 Organisation générale de la réponse coréenne

La réponse nationale coréenne est organisée par le Korean Center for Disease Control (KCDC) qui jouit d’une autorité respectée de tous, car fondée sur la connaissance scientifique, l’expérience professionnelle, des actions et une communication quotidienne transparente. Etant perçu comme un organe politiquement indépendant, son action est restée hors du champ d’une critique politique et partisane vivace.

La population coréenne  n’a fait l’objet d’aucune mesure collective de confinement, ni d’aucune obligation générale de port du masque, pas plus que de restriction de déplacement. Même au pic épidémique, la ville de Daegu épicentre de la maladie, n’a pas été confinée. En revanche, toutes les personnes testées positives, sont soumises sans exception à des mesures d’isolement, et hospitalisées dès l’apparition des premiers symptômes.

Sans rien mettre entre parenthèses du jeu démocratique, sans rien limiter des libertés individuelles pour 99,98% de la population, sans jamais fermer les frontières, le gouvernement et les 51 millions de Coréens ont réussi en quatre semaines à dompter le flux quotidien de personnes nouvellement infectées. Le nombre des victimes de Covid-19 déplorées chaque jour n’a jamais dépassé la dizaine. Le contraste saisissant avec les ravages de la pandémie dans la plupart des pays riches en Occident devrait inspirer à la France, une sincère et profonde humilité politique, mais surtout réveiller impérieusement en nous une curiosité indispensable. 

Surveillance épidémiologique et vie privée

En Corée, la surveillance épidémiologique rapide et rigoureuse  repose sans ambiguïté sur une intrusion dans la vie privée des individus positifs. La base légale de cette intrusion dans la vie privée repose sur la loi qui, en situation de grave crise sanitaire, donne au KCDC des pouvoirs de justice et de police lui permettant de déclencher les enquêtes de traçage sans la nécessite d’une autorisation de justice. Le ministre de la Santé dispose également de ce pouvoir d’exception

La sensibilité des Coréens à la protection de la vie privée a conduit le législateur à organiser la collecte des informations de façon très artisanale, par appels téléphoniques et emails, pour éviter la suspicion créée par les algorithmes automatiques et autres boites noires ou systèmes d’écoutes incontrôlés.

Le premier stade d’enquête automatique permet de retracer un itinéraire assez grossier, mais pas d’identifier précisément les contacts. C’est dans une seconde étape, avec l’officier épidémiologique traitant, que l’enquête se précise. Celui-ci reçoit via le KCDC l’itinéraire établi par les algorithmes de la base de données, et demande au sujet positif de confirmer son itinéraire, de chercher dans ses souvenirs pour le préciser, et surtout d’identifier autant que possible les personnes rencontrées. A ce stade, les enregistrements des caméras de surveillance peuvent être mobilisés. Le refus de coopérer expose le contrevenant a une sanction maximale d’un an de prison assortie d’une amende de 150.000 euros.

Par la crainte de voir le gouvernement utiliser les données pour des motifs politiques, ou sans contrôle démocratique, la loi dispose que toutes les données personnelles collectées par le KCDC soient regroupées dans une grande base de données temporaire hébergée par un organisme extérieur à l’Etat, et même extérieur au KCDC, avec un contrôle et un traçage des accès. Tout citoyen peut contester les faits enregistrés dans la base de données et diffusés aux autorités, et le ministère de la Santé a l’obligation de les corriger, le cas échéant.

La loi inclut des dispositions pour interdire le détournement des données personnelles. Toutes les administrations ayant reçu des informations de la base de données, sont tenues de les détruire, une fois la mission pertinente accomplie.

Une obligation de transparence et de publicité a aussi été inscrite dans la loi, pour que le public dans son ensemble puisse suivre l’évolution de l’épidémie. Cette stratégie de publication est à double tranchant, car il peut provoquer l’anxiété ou entretenir la peur. La transparence a été choisie, bien que la peur engendrée puisse être mauvaise conseillère. L’expérience a prouvé le contraire, et personne ne m’a rapporté le moindre mouvement de panique. Le conditionnement entretenu par ces informations, contribue au contraire à rendre visible une menace dont la nature invisible explique peut-être en partie les conséquences catastrophiques du virus en Occident.

Le traçage

Le traçage est strictement rétrospectif, avec destruction des données.

Les mots sont ambigus, et leurs traductions rendent la chose plus confuse encore : traçage, pistage, tracking, tracing. Aucun de ces mots ne fait sens s’il n’est pas précisé.

Rien n’est plus faux que de dire que les Coréens ont accepté d’être « suivis », par leur GPS, leur téléphone ou leurs factures bancaires.

La seule chose à laquelle ils ont démocratiquement consenti, est une enquête « rétrospective », portant sur leurs déplacements passés pendant les deux semaines précédant la découverte de leur statut de porteur.

Prise en charge des patients

La Corée a créé deux groupes d’hôpitaux : 69 hôpitaux  accueillant les malades suspectés d’être infectés Covid et 337 hôpitaux Covid-free (à la date du 27 mars 2020). Dès les premiers symptômes, tous les patients sont pris en charge dans l’un des 69 hôpitaux désignés Covid+.

La maladie étant encore très mal connue, sans traitement dument reconnu par un processus  de médecine fondée sur les preuves, la pratique thérapeutique actuelle repose en Corée sur un consensus qui s’élabore librement au fil de l’accumulation graduelle des données scientifiques et thérapeutiques. L’attitude des autorités de santé coréennes repose sur la confiance envers les prescripteurs. Aucune polémique ne s’est développée en Corée sur le sujet, et chacun est à l’œuvre, du bas vers le haut, des praticiens vers les autorités, pour trouver au plus vite un consensus thérapeutique face à la maladie.

La médecine coréenne se livre là à des essais cliniques grandeur nature, sous haute surveillance collective. Pour atteindre le but le plus rapidement possible, aucune molécule n’est interdite, et toutes les restrictions sont levées sur les remboursements des médicaments. Cette situation d’exception est à l’opposé de la pratique habituelle, qui repose sur un encadrement extrêmement strict du volume des prescriptions, et des prix conclus avec les sociétés pharmaceutiques.

Une hôtellerie d’isolement pour contenir Covid-19

Les « living treatment centers» sont des installations temporaires gérées par l’Etat. Il s’agit de divers types de lieux (hôtels, résidences…) dont la destination usuelle est le logement, ou de tout lieu que l’Etat réquisitionne (immeuble, logement inoccupé, bureau, salle de conférences publique ou privée) pour le rendre « habitable  ». Certains lieux sont désignés à l’avance dans les plans d’urgence que le KCDC a la charge d’établir et de tenir à jour.

Ces centres d’isolement n’accueillent que des patients pauci- ou asymptomatiques, pour une surveillance simple, mais aucun traitement médical n’y est délivré. Ils visent à désengorger l’hôpital des patients nécessitant un isolement sans soins médicaux.

Obligation de dépistage

Toute personne sachant avoir eu un contact avec une personne diagnostiquée  Covid+ (cas contact) doit se soumettre à un dépistage PCR. Cette même obligation  est automatiquement notifiée à toute personne identifiée comme cible d’un contact potentiellement contaminant, par la base de données alimentée par les enquêtes approfondies du KCDC décrites plus haut.

Si le résultat est négatif, le cas contact est néanmoins dans l’obligation de s’isoler à domicile avec la totalité de la maisonnée, avec une surveillance active pendant quatorze jours. Ce confinement est levé au lendemain du quatorzième jour sous condition de test négatif.

Y a-t-il eu saturation des hôpitaux, manque de tests ou de masques ?

Au pic de l’épidémie pendant la première semaine de mars, et même si le nombre de décès quotidiens n’a jamais excédé dix, il y a eu brièvement une surcharge du système hospitalier, et cela d’autant plus que la quasi-totalité des cas était concentrée sur une seule ville.

Il y a eu temporairement une pénurie de masques de protection, mais elle n’a affecté que le public, pas le système sanitaire. Pour cette pénurie, le président Moon, au pouvoir depuis mai 2017, a présenté ses excuses à la nation.

Le bilan de Covid-19 en Corée du Sud

La Corée du Sud compte 51 millions d’habitants

Au 15 avril (date du rapport)  225 personnes sont décédées, 534 552 personnes testées dont 7114 dans les dernières 24 heures.

(Au 6 mai en Corée : 255 morts au total avec un cumul de 10 800 cas reconnus dont 9 330 déclarés guéris. Par comparaison à la même date du 6 mai la France déplore 25 530 décès, 170 550 cas dont 52 730 guéris)

Seulement 1,98% des personnes testées étaient positives ; ce qui représente 10 591 personnes atteintes, qui ont été mises en isolement strict, ou hospitalisées au moindre symptôme.

La guérison, qu’elle intervienne après isolement ou hospitalisation, est déclarée sur la base de deux tests PCR obligatoires négatifs. Avec ce critère, 7 616 personnes sont guéries, tandis que 2 975 cas sont encore actifs, alimentant un nombre de décès quotidiens très faible mentionne plus haut.

La mortalité cumulée est de 2,12%, et le nombre de décès quotidiens, même au plus fort de la crise, n’a jamais excédé une dizaine (en France, on a compté 762 décès dus au Covid pour la seule journée du 13 avril)

En Corée, une seule personne est décédée dans le personnel de santé, pour 120 contaminées.

Anticipation

Dès le 10 janvier, jour de la publication non-officielle du génome viral par le Shanghai Public Heath Clinicat Center, la société Kogene s’est engagée de sa propre initiative dans la conception d’un test RT-PCR pour détecter le virus SARS-CoV2.

Le 16 janvier, jour de la validation du test PCR développé à Berlin par le Pr Torsten, la société Seegen se lance à la suite de sa concurrente. Grace à un protocole d’agrément accéléré prévu par la loi, les deux sociétés reçoivent le 4 février, du KCDC et du ministère de la Santé, l’autorisation de commercialiser leur test. Tout est donc prêt pour une réponse massive

Plus de 100.000 personnes ont été testées dans les deux premières semaines en Corée.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens a atteint un pic de 1000 individus, deux semaines seulement après la naissance du plus important cluster, très rapidement maitrisé et redescendu moins de deux semaines plus tard vers un plateau d’environ 100 cas par jour.

Impact sur la vie quotidienne

L’effort national a permis de fortement circonscrire le virus à la ville de Daegu, sans mettre la cité en quarantaine ni confiner ses habitants, comme ce fut le cas à Wuhan, et aujourd’hui dans  beaucoup de pays d’Europe.

Malgré ce succès apparent, le dispositif d’exception du KCDC n’a pas encore baissé la garde, et il considère ne pas être sorti de la crise, car la menace reste bien présente. Les données montrent en effet un nombre résiduel de décès quotidiens de l’ordre de trois à quatre personnes, et un nombre de nouveaux cas quotidiens qui est resté pendant deux ou trois semaines au niveau de cent personnes par jour, pour tomber récemment au niveau d’une cinquantaine.

Pour l’immense majorité des Coréens, la vie quotidienne est presque normale : aucune entrave à la circulation, des transports en communs actifs, la plupart des entreprises et des administrations au travail, restaurants et magasins ouverts.

Mais les établissements d’enseignement restent fermés et les consignes mises en place dès le début de l’épidémie n’ont pas changé : les gestes barrières, la « distanciation sociale » de deux mètres. Plusieurs dispositifs ont été installés, comme la protection des boutons d’ascenseur, l’habillage des poignées de portes d’usage collectif par des tissus de protection, ou encore un agent posté à l’entrée des supermarchés, pour désinfecter les mains des clients et la poignée de leur caddie.

Le port du masque n’a jamais fait l’objet d’une obligation dans l’espace public, mais seulement en milieu professionnel, et c’est une simple recommandation en situation de contacts denses.

Sortie de crise

Les autorités coréennes considèrent que le danger ne sera écarté qu’avec l’arrivée d’un vaccin, ou d’un traitement ayant fait ses preuves. D’ici là, un mode de vie socialement acceptable et accepté doit être élaboré. La notion de sortie de crise est donc impropre, car il s’agit d’une transition vers un mode de vie temporaire. Le contexte est fondamentalement différent de la France, dont le problème principal est de lever un confinement qui n’a pas eu lieu en Corée, sauf pour 0,006% de la population à ce jour.

La question du système scolaire et universitaire est aussi au cœur de la réponse coréenne. La  totalité du système éducatif est fermée depuis les jours qui ont suivi la contamination massive de Daegu, et il est hors de question pour le gouvernent coréen de faire revenir en classe qui que ce soit avant l’été ou le mois de septembre.

 

 

Application StopCovid : une application dangereuse

Les 28 avril et 29 avril les députés puis les sénateurs seront appelés à un débat suivi d’un vote sur l’éventuelle mise en œuvre de l’application StopCovid, destinée à lutter contre la pandémie Covid-19 et présentée comme une application de déconfinement.

Une application simple, banale et utile ?

Installée sur les smartphones, cette application serait capable d’alerter son propriétaire s’il approche une personne atteinte de la maladie afin de prendre les précautions d’usage pour d’arrêter la propagation de la maladie. Un service d’attribution de pseudonymes permettrait à StopCovid de ne pas révéler l’identité de la personne infectée croisée, et le Bluetooth ne permettrait pas la géolocalisation.

Annoncée comme conforme aux principes du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), elle respecterait la vie privée dans la mesure où l’anonymat des alertes serait garanti, et où l’utilisation du Bluetooth ne permettrait pas de géolocaliser les personnes. Elle ne serait installée que sur la base du volontariat.

Des problèmes technologiques et éthiques

Présentée comme étant d’une grande simplicité, StopCovid comporte pourtant de nombreux paramètres qui posent problème, qu’ils soient d’ordre technologiques, médicaux, scientifiques ou éthiques.

Le Bluetooth ne permet pas de géolocaliser les personnes mais ne permet pas non plus d’évaluer avec précision la distance entre celles-ci.  Comme il permet d’accéder aux données du téléphone, y compris contre la volonté de son propriétaire, son activation est généralement déconseillée et il peut être désactivé par certaines fonctions du téléphone, comme la lecture de sa messagerie ou autre, ce qui rendra StopCovid inopérant. Le secrétaire d’Etat au numérique a demandé à Apple de modifier la désactivation du Bluetooth par défaut, allant ainsi à l’encontre des principes du RGPD alors qu’il devrait en être l’un des garants.

Entre les deux principaux systèmes opérationnels sur les smartphones, (Ios d’Apple et Android de Google), les connexions Bluetooth passent mal, c’est pourquoi les deux entreprises proposent exceptionnellement un protocole de communication entre leurs deux systèmes, protocole dont on peut craindre qu’il permette aux deux « géants » d’avoir accès à quelques données du téléphone.

Par ailleurs quelles que soient les promesses d’anonymat, il n’est techniquement pas possible de le garantir, même si l’on nous affirme qu’un serveur central qui distribuerait des pseudonymes sera « honnête et sécurisé ».

Une efficacité douteuse et une application dangereuse

Se déclarer atteint du Covid-19 (ou être déclaré par une autorité non encore définie) nécessite d’avoir été testé, or les tests manquent et sont fort peu pratiqués. Les connaissances scientifiques sont encore incertaines sur les modes de transmission du virus, sur l’immunité acquise des personnes exposées et sur la non-contagion des personnes dites guéries. Il n’y a pas à notre connaissance de consensus sur la possibilité que le coronavirus reste tapi ou non dans l’organisme un peu comme celui de l’herpès ou le VIH.

Le choix d’utiliser les smartphones est un facteur de discrimination qui mettra toute une partie de la population à l’écart. En effet moins de la moitié des seniors possèdent un téléphone portable et nombre de citoyens ne sont pas à l’aise avec les manipulations comme l’activation du Bluetooth ou l’installation d’une application. Les problèmes techniques relevés pourraient, a contrario, mettre en danger les individus trop confiants dans l’application qui ne pourra pas signaler qu’une personne contagieuse asymptomatique qu’ils n’ont jamais croisé a touché la même poignée de porte qu’eux.

Une population sous constante surveillance

L’installation de StopCovid sur la base du volontariat traduirait le consentement des individus, mais le caractère libre et éclairé de celui-ci n’est pas avéré. En effet la pression sociale et patronale, l’éventuel refus d’accès à certains services, la stigmatisation des « réfractaires » risque d’obliger un grand nombre de personnes à l’installer.

Pire, la solution technologique que l’on vous propose de voter pour mettre fin à la pandémie porte en elle le risque d’une habituation à une surveillance généralisée, banalisée et pérenne. La fin de la pandémie étant tout à fait incertaine, la suppression de l’application, que l’on nous promet à la fin de la crise sanitaire, risque de ne jamais intervenir, d’autant plus qu’elle pourrait bien servir à d’autre fin.

Les risques d’atteinte au respect de la vie privée et au secret médical, les risques de surveillance généralisée au regard d’une efficacité totalement incertaine conduisent la Ligue des droits de l’Homme (LDH) à vous demander instamment de vous opposer au projet StopCovid.

Victime de violences conjugales : que faire

URGENCE :

Si votre conjoint ou compagnon vous fait subir des actes de violences conjugales ou menace de le faire, vous pouvez alerter la police ou la gendarmerie en composant le 17

Pour des soins d’urgences, les pompiers en composant le 18.

Pour une urgence, si vous avez des difficultés à entendre ou parler, vous pouvez aussi envoyer un SMS au 114. Vous communiquerez alors par écrit avec votre correspondant.

Si ce n’est pas une urgence : vous pouvez appeler directement  les gendarmeries de  Pertuis au 04 90 77 98 00, de Cadenet au 04 90 68 00 17,  de Beaumont de Pertuis au 04 90 08 00 17, de Peyrolles au 04 42 57 80 09, ou de Venelles  au 04 42 54 25 70.

Se faire aider – NE RESTEZ PAS ISOLEE

Le numéro national Violences Femmes Info : 39 19  est gratuit, ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 19h00. L’appel est anonyme et ne figure pas sur les factures de téléphone.

Localement, vous pouvez contacter :

Quitter son domicile

L’auteur de violences conjugales peut être contraint, par les autorités, de quitter le domicile. La loi permet en effet l’éviction du conjoint ou concubin violent.

Mais la victime peut aussi, si elle le souhaite, quitter le domicile. Pour éviter que ce départ ne vous soit reproché, vous pouvez déposer une main courante au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie. Le fait de subir des violences conjugales peut justifier le départ du domicile.

Faire constater ses blessures

Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez vous rendre à l’hôpital, chez un médecin ou une sage-femme. Les constatations médicales seront utiles lorsqu’il s’agira de juger l’auteur des violences. Le professionnel de santé est soumis au secret médical.

Porter plainte

Pour que l’auteur des violences conjugales que vous avez subies soit poursuivi en justice, et qu’il soit condamné pour son acte, vous devez porter plainte dans un délai de 6 ANS.

Par courrier, écrire directement au procureur de la République et envoyer la lettre au tribunal du lieu de l’infraction ou du domicile de l’auteur de l’infraction. La lettre doit préciser les éléments suivants

  • État civil et coordonnées complètes (adresse et numéro de téléphone) du plaignant
  • Récit détaillé des faits, la date et le lieu
  • Nom de l’auteur  et noms et adresses des éventuels témoins,
  • Documents de preuve : certificats médicaux constatant les blessures, arrêts de travail, etc..

Vous pouvez également si vous le préférer vous adresser à une brigade de gendarmerie de votre choix. La réception de la plainte ne peut pas vous être refusée. La plainte est ensuite transmise au procureur de la République par la gendarmerie.

Tribunal d’Instance de PERTUIS Place du 4 Septembre, 84120 Pertuis04 90 79 21 16
Tribunal de Grande Instance d’Avignon : 2 Boulevard Limbert, 84078 Avignon – 04 32 74 74 00
Tribunal de Grande Instance d’Aix en Provence : 40 Boulevard Carnot, 13100 Aix-en-Provence04 42 33 83 00

Éloignement du conjoint violent

Si vous êtes victime de violences au sein de votre couple, vous pouvez déposer auprès du juge aux affaires familiales une requête en vue de la délivrance d’une ordonnance de protection. Vous pouvez faire cette démarche même si vous ne vivez pas en cohabitation avec l’auteur des violences.

En cas de danger pour vous ou vos enfants, ce juge peut en effet vous délivrer en urgence une ordonnance de protection, même si vous n’avez pas encore déposé plainte devant la justice pénale. Il doit statuer dans un délai maximum de 6 jours à compter de la fixation de la date d’audience, après avoir recueilli les observations de chaque partie.

Le juge aux affaires familiales compétent est celui de votre domicile. Vous pouvez lui présenter toutes les preuves de violence : certificats médicaux, photo des blessures, témoignages…

  • Avignon : 2 Boulevard Limbert, 84078 Avignon – 04 32 74 74 00
  • Aix en Provence : Impasse des Frères Pratesi, 13090 Aix-en-Provence04 42 33 83 00

 

 

Etat d’urgence et Démocratie

Etat d’urgence et démocratie

 

LA DEMOCRATIE

On a souvent entendu que la démocratie, c’était le suffrage universel. Mais non, pas seulement. La démocratie, c’est le suffrage universel ET des droits fondamentaux pour tous, appelés les Droits de l’Homme.

Pas de suffrage universel et pas de droits de l’homme : pas de démocratie, les exemples de la Chine ou de l’Arabie Saoudite sont là pour nous le rappeler.

En Chine comme en Arabie Saoudite, des opposants sommairement exécutés ou torturés. Dans un cas, c’est l’horrible situation des minorités Ouïghours et Tibétaines, dans l’autre, l’absence de droits et de liberté pour la moitié de la population : les femmes.

Même avec un suffrage universel, si les droits de l’Homme ne sont pas respectés, on ne peut pas parler de démocratie au sens occidental du terme, car les minorités peuvent être opprimées avec l’assentiment de la majorité plus ou moins silencieuse.

Exemple la Russie, avec un suffrage universel, qui a perpétré un abominable massacre des Tchétchènes, où, on accepte que les femmes soient battues ou tuées par leur conjoint parce que ‘ça a toujours été comme ça’ et où des LGBT sont poursuivis pour leur genre ou leur orientation sexuelle.

Autre exemple Israël, avec un suffrage universel, mais dans un pays où seuls les gens de confession israélite ont le droit d’être citoyen et de voter. On y connaît les meurtres d’état quotidiens et une partie de la population sans droit et réduite à la misère ou à l’aumône.

A contrario, dès lors qu’un état avec un système de suffrage universel respecte les Droits de l’Homme, il est souvent doté de contre-pouvoirs institutionnels et d’une liberté d’expression qui permet à la presse d’informer librement la population. Dans ce cas, nous sommes dans une réelle démocratie.

Que dans un état démocratique, les élections deviennent biaisées ou que les contre-pouvoirs ne fonctionnent plus, c’est la dérive vers une autocratie voire une dictature. C’est pourquoi lorsque quelques centaines d’élus décident de lois rejetées par une grande majorité de la population, lorsque la violence policière est là pour empêcher la population de montrer son exaspération, lorsque les journalistes sont empêchés de travailler ou que la diffusion d’images publiques devient interdite, il y a atteinte à la démocratie. C’est également une grave atteinte à la démocratie lorsqu’une partie de la population se trouve privée de droits et de moyens, comme par exemple les ‘sans-papiers’, les ‘sans-toit’ ou me ceux qui sont si pauvres qu’ils ne peuvent plus vivre décemment..

 

C’est pourquoi il est si important de toujours veiller à un système électoral juste et libre et aux droits fondamentaux.

En France aujourd’hui, le système électoral qui découle de la réforme constitutionnelle de 2000 montre ses faiblesses et ses dangers : on élit comme président le candidat qui a recueilli le plus de voix au premier tour et qui se retrouve opposé à l’extrême droite mais assurément ce n’est pas le candidat favori d’une majorité de français. Et le système fait qu’il se retrouve avec une majorité à l’Assemblée Nationale, inamovible et souvent servile, déconnectée des aspirations populaires, plus enclinte à valider toutes les décisions présidentielles qu’à faire respecter les droits de l’Homme.

Pour ce qui est des Droits de l’Homme, regardons les faits : D’un côté des violences policières en constante augmentation dont le but avoué est de dissuader l’expression populaire. De l’autre les droits et les conditions des pauvres, sans toit et sans papiers qui manquent de tout : droits élémentaires, logement, travail correctement rémunéré. Pire, ils sont souvent menacés voire expulsés par les agents de l’Etat alors qu’ils devraient être secourus et protégés.

Notre démocratie française est en danger.

 

DE DANGEREUX MALFAITEURS

Qualifier nos dirigeants de dangereux malfaiteurs, est-ce exagéré ?

Le terme malfaiteur s’oppose ici au terme bienfaiteur. Peut-on dire que depuis une vingtaine d’années, nos dirigeants ont fait des bienfaits. Pour le peuple, non sûrement pas, à une exception près, l’accès à la couverture maladie universelle. Et encore, cette couverture maladie n’est pas effective pour les personnes à la rue et de plus en difficile à être efficace quand certains médecins pratiquent une discrimination à la prise de rendez-vous pour les bénéficiaires de la CMU ou quand tout simplement l’hôpital public n’est plus en mesure d’accueillir et de soigner es patients.

Hors du domaine de la santé, c’est aussi la catastrophe : les pauvres plus pauvres, les discriminés es quartiers dits populaires de moins en moins intégrés, des prisons surpeuplées, des migrants pourchassés, un peuple qui gronde et qui craint pour son avenir, des jeunes désabusés qui voient que leurs conditions de vie seront plus difficiles que leurs aînés, une population exposée à des risques environnementaux et industriels croissants. Le nombre des dépressions explose, les suicides de travailleurs, des agriculteurs au enseignants, des facteurs aux policiers augmentent.

Seuls les gros actionnaires peuvent voir du « bien fait » dans les deux dernières décennies.

Il n’ y a pas eu de « bienfait » pour la population depuis vingt ans. Il n’ y a pas eu de bienfaiteur parmi nos dirigeants, seulement des malfaiteurs. Et nous ne parlons pas ici des ex présidents poursuivis par la Justice, des ex ministres condamnés, des politiciens hauts-placés qui ont profité de leurs fonctions pour des avantages personnels indus. Mais de l’ensemble de nos dirigeants des dernières années : il n’ont pas fait de bien à la population, mais ils lui ont fait du mal. Ce sont des malfaiteurs.

 

Dangereux nos dirigeants ?

Sur le plan climatique et environnemental, assurément. Aucun principe de précaution. Aucune politique pour que les conditions climatiques ne continuent pas à se dégrader.

Sur le plan de la cohésion populaire ou de la montée de la haine, assurément. Le communautarisme augmente, les haines s’exacerbent, on montre du doigt telle ou telle religion ( l’islam ), ou tel ou tel courant de pensée ( les féministes qui réclament l’égalité de droit et condition entre les genres ), ceux qui proposent un autre modèle de société ( les opposants au capitalisme sont traités d’irresponsables, même quand leur travaux sont largement étayés ). Nos dirigeants ont réussi à faire craindre et peut-être même haïr les forces de l’ordre, ce qui fait que la population ne reconnait pas les valeurs qu’elles expriment et n’a plus confiance en elles .

Sur le plan la paix dans le monde, nos dirigeants ont soutenu diverses mouvances au Moyen Orient ou en Afrique puis ont renversé les alliances. Les opérations de guerre au Moyen-Orient et en Afrique ne cessent pas et notre pays alimente ces conflits en armes diverses, quelquefois sophistiquées. Nos dirigeants sont dangereux pour la planète.

Nous pouvions penser que l’Union Européenne, malgré son orientation ultra-libérale, était un rempart contre le nationalisme qui a conduit aux deux guerres mondiales. Qu’on fait nos dirigeants ?

Une fracture énorme : le Royaume-Uni est parti. La Grèce a été mise à genoux après avoir voté pour un premier ministre socialiste. Il n’ y a aucune politique commune.On laisse les pays frontaliers gérer comme ils peuvent les migrants qui débarquent, on finance contre ces mêmes migrants, des politiques qui ne respectent ni les droits de l’Homme ni le droit international. La libre circulation des personnes a été remise en cause et c’est maintenant le nationalisme à tout crin, chaque pays gérant la crise sanitaire comme il l’entend, sans coordination, sans entraide ; les frontières intra-européennes sont fermées et néanmoins poreuses. Un immense gâchis qui discrédite un projet de plus de 50 ans.

Là santé, là encore il y a danger. Car la santé publique ne semble plus gérée que au jour le jour et toujours pour favoriser des intérêts privés. Des obligations vaccinales qui n’ont pas profité à la population mais mettent en danger des milliers d’enfants. Une politique qui a détruit les capacités de l’hôpital public de manière inenvisageable à la fin du XXeme siècle. Une imprévoyance folle qui n’est pas nouvelle comme le montre la suppression des stocks stratégiques de masques en 2011, mais qui apparaît au grand jour avec l’absence de réaction ou de mesures préventives en début d’année alors que la menace de l’épidémie de Covid-19 était connue. Des décisions insensées avec l’envoi aux urnes publiques de vingt millions d’électeurs dont une bonne partie à risque ou agée, alors que l’évidence d’un confinement préventif était déjà largement comprise par toute la population.

Et politiquement, nos dirigeants des dernières années sont très dangereux. Se sont succédés des présidents de « droite » (Sarkozy), de « gauche» (Hollande), de « ni droite ni gauche » à moins que ce ne soit « opportuniste ultra-libéral » (Macron) qui ont tous, sans exception, monté l’opinion contre-eux et renforcé dans la population un sentiment de défiance envers les politiciens. Ces mêmes dirigeants ont établis des lois et des pratiques pour surveiller la population et autoriser des interventions liberticides « administratives », c’est-à-dire sans le contrôle d’un juge. Tous les ingrédients pour préparer ou favoriser la venue d’un régime d’extrême-droite sont en place !

 

Oui, malheureusement, en analysant les faits, on peut constater que nos dirigeants sont de dangereux malfaiteurs, quelque soient leurs déclarations et leurs intimes intentions.

 

 

L’ETAT D’URGENCE A REPETITION

 

Instaurer l’état d’urgence, quand il y a des attentats ou une crise sanitaire majeure , on pourrait penser que c’est raisonnable ou justifié, si c’était une situation isolée, non reproduite.

Mais il en va différemment : on a inventé vigie-pirate, puis quand est arrivé au rouge, on a inventé l’écarlate . Puis on a inscrit les mesures d’urgence dans la normalité . Puis on re-eu l’état d’urgence, fichés de dangereux terroristes en nombre si grand qu’on ne pouvait pas les suivre tous, incorporé parmi ces dangereux fichés S, des activistes environnementaux ou anti-capitalistes, réécrit des lois pour augmenter la surveillance, autoriser des détentions « administratives » « préventives », préparer la vidéo surveillance et la reconnaissance faciale.

Après avoir remis à l’ordre du jour le 49-3 à répétition, voici encore très récemment un projet de loi (n°376 au Sénat) pour donner un maximum de pouvoirs sans contre-pouvoir, accordés au premier ministre et au ministre de la santé. Alors que ces deux fonctions sont en ce moment même accusés de s’être « abstenus » de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie de Covid-19. Ces pouvoirs extra-ordinaires pourraient même être accordés après que l’urgence sanitaire soit éteinte !

 

Si nous avions des dirigeants bienveillants, en qui le peuple a confiance, et qui ont démontré leur capacité à prévoir et gérer intelligemment les crises, pourquoi pas ?

Si ces dirigeants avaient montré leur impartialité et leur absence d’esprit partisan une fois au pouvoir, s’ils avaient démontré leur scrupuleuse capacité à défendre les Droits de l’Homme et la Démocratie, pourquoi pas ?

 

Aujourd’hui, nous sommes loin d’être dans cette configuration.

On ne peut pas faire confiance à nos dirigeants.

Notre président déclare des politiques et fait le contraire quelques mois plus tard.

Quand les gilets jaunes représentant un expression populaire expriment leurs malaises, il envoie la police. Quand ça tourne vinaigre, il remplace le préfet de police qui a des scrupules à utiliser des armes dangereuses par un préfet connu pour sa brutalité et son cynisme.

Quand au début de l’année, il s’embourbe dans une réforme des retraites qu’il avait promis de ne pas faire, il mobilise alors toute l’énergie du gouvernement pour passer en force une réforme impopulaire destinée à paupériser les futurs retraités. Alors que l’épidémie de coronavirus a déjà débordé de Chine, le gouvernement ne prépare rien en France pour essayer de la contrôler ou même anticiper la gestion de la crise.

 

 

 

La démocratie , c’est le pouvoir du peuple, par le peuple. Pas la confiance aveugle en des gens qui voudraient faire croire au peuple qu’ils sont des élites, qu’eux seuls comprennent les vrais enjeux, détiennent les vraies solutions et que quiconque s’y oppose est un délinquant ou un court d’esprit.

Nous avons vu que nos dirigeants, ne sont pas plus bienveillants, plus compatissants, plus solidaires, plus intelligents ni plus prévoyants que des simples citoyens.

On ne doit pas accorder des blancs seings à des dirigeants qui leur permettre de nous emmener hors de la Démocratie, surtout quand ces dirigeants abusent de décisions autoritaires, de menaces, et vont à proclamer qu’il faudrait essayer la dictature pour mieux comprendre ce qui nous en sépare.

 

Nous avons besoin d’une population responsable et pour celà, il faut qu’elle soit informée, librement.

Qu’elle puisse décider, souverainement.

Qu’elle ne soit pas matraquée dès qu’elle n’est pas d’accord avec la politique du moment.

Qu’elle puisse exprimer la fameuse Fraternité affichée sur tous nos édifices publiques après Liberté et Egalité.

Nous, peuple de France, sommes à même de lutter solidairement pour le bien-être de tous, même les pauvres, même les vieux, même ceux qui sont à la rue. Nous, peuple de France, sommes les garants des Droits de l’Homme, bien mieux que nos dirigeants actuels. Ne les laissons pas nous confisquer la démocratie.

 

 

Le Bien Commun

Il y a quelques années, vous avez probablement entendu ce cri de protestation :
« Nos vies valent mieux que leurs profits »
A l’aune des événements actuels, la crise hospitalière en particulier, la dégradation des services publics ensuite, vous mesurerez combien ce cri était pertinent.
La gestion de l’Etat comme une  » start up  »  ça ne marche pas pour le bien commun.
Le  » Bien commun  » c’est un ensemble de contraintes librement consenties en période sereine pour faire face aux soubresauts de la vie publique, aux aléas de santé, aux pandémies comme celle qui sévit en ce moment : c’est accepter la charge de réserves de précautions pour faire face aux augmentations brutales de besoins, en fonction d’aléas imprévisibles comme une épidémie.
Le Bien commun ce sont des fonctionnaires dignement traités et en nombre suffisant pour satisfaire les besoins courants et aussi les pics d’activités liés à des périodes imprévues.
Le Bien commun ce sont des hôpitaux dans lesquels on entretient des lits vides au cas où le besoin se fasse sentir de les utiliser, où le personnel n’est pas surmené d’une manière chronique afin d’être capable d’un surcroît d’activité momentanée si les circonstances exceptionnelles l’exigent.  C’est la reconnaissance permanente de leurs activités et sûrement pas ce paternalisme verbal pour les encenser en cette période critique, après les avoirs maltraités administrativement, pendant le période précédente (salaires bloqués, lits d’hôpitaux fermés … )
Le Bien commun, ce sont des services publics partout,  répartis sur le territoire, sans zones désertifiées, sans opposition entre villes et campagnes..
Le Bien commun, c’est prévoir dans la gouvernance, pas courir après les événements parce qu’on est en « flux tendus en permanence » !
Le Bien commun est antinomique de la rentabilité ultra libérale.
Le Bien commun est généraliste, il n’a rien à voir avec les « premiers de cordées », tout au contraire il a le soucis « de la masse des citoyens ordinaires »  car nos valeurs intrinsèques sont « a priori » liées à notre condition d’humain, indépendante de notre cursus universitaire ou de l’épaisseur de notre compte en banque.  C’est tout le contraire de cette exaltation élitiste qui sévit actuellement, élitiste sur quelle échelle de valeurs :  l’abbé Pierre qui ne produisait que de l’amour des autres non commercialisable vaut largement les mérités des « premiers de cordées » inventeurs de biens et de services financiers chers à Mr. Emmanuel Macron.

Situation sanitaire – pandémie de Covid-19

15 mars 2020

Nous ne voulons pas être un vecteur de risque pour les personnes vulnérables. La moyenne d’âge de nos adhérents de la section est supérieure à la moyenne nationale.

Compte tenu de la situation sanitaire actuelle, le bureau de la section a décidé que la section LDH Pertuis-Sud Luberon

  • ne participerait à aucune réunion publique
  • privilégierait les échanges à distance
  • ne tiendrait pas de réunions interne sauf si indispensable, auquel cas la réunion se tiendrait en plein air en respectant des distance de sécurité adaptées.

Bien évidemment, nous continuer à travailler et à échanger via différents moyens de communication.

Ces restrictions pourront être levées dès lors que la situation sanitaire s’améliorera.

Merci de votre compréhension.

Nous en profitons pour vous rappeler des mesures de bon-sens qui sont connues de tous :

  • Éviter les marques d’affection ou les salutations rapprochées, comme les bises, les poignées de mains ou les embrassades
  • Se laver les mains régulièrement et soigneusement
  • Essayer de garder une distance de 2 mètres entre les personnes
  • Prendre l’air quand c’est possible et surtout si il y a du soleil
  • Nettoyer et si possible désinfecter les équipements partagés : tables, chaises, cuisines, salles de bain, télécommandes et toutes les surfaces qui sont touchées régulièrement
  • En cas de symptômes, ne pas prendre de médicament sans avis médical.

Il ne s’agit pas de créer une quelconque psychose mais simplement d’adopter des gestes et réflexes qui permettront, nous l’espérons, de combattre la dissémination rapide des virus.

Pour nous permettre de comprendre l’étendue de la pandémie en France,voici ci-dessous un diagramme du nombre de cas déclarés par la Santé Publique sur une échelle logarithmique. Ce qui permet de mieux anticiper que sur une échelle classique.

 

Violences Intra Familiales

Pourquoi publier http://site.ldh-france.org/pertuis/2020/03/08/droit-dans-les-yeux/

La section LDH de Pertuis travaille sur les Violences Intra Familiales depuis plusieurs années.

L’article « Droit dans les yeux » est paru récemment dans le journal Fakir (février 2020).

https://www.fakirpresse.info/

Nous avons décidé de le publier sur notre site, avec l’autorisation de l’auteur, parce que c’est un article emblématique sur les violences conjugales. Il permet avec une lecture accessible, de situer le problème, et de comprendre qu’il y a de multiples facettes souvent complexes.

Vous y verrez la difficulté pour une femme victime de violence conjugale, de porter plainte ou même simplement être entendue par la police, alors que les autorités assurent que tout est mis en place pour les accueillir.

Vous entendrez l’angoisse de la victime ainsi que son inquiétude pour ses enfants.

Vous entreverrez la spirale complexe qui est mise en place pour que la victime se sente responsable puis coupable des agressions qu’elle subit.

Vous vous étonnerez peut-être que l’agresseur n’a pas toujours conscience de la gravité de ce qu’il fait, et que trop souvent, il répond uniquement par la violence à des problèmes conjugaux.

Cet article illustre bien la complexité de ces dossiers, la difficulté pour une victime qui en réchappe de se reconstruire, mais aussi la difficulté pour la Justice à gérer au mieux ces affaires, à défaut de les prévenir.

Il n’y a pas de solution simple et unique à ces cas toujours particuliers, même si des comportements schématiques sont souvent reconnaissables. Souvent, la prévention progresse quand localement, un acteur institutionnel majeur (Commandant de gendarmerie, Procureur de la République,…) s’empare personnellement de ce sujet. Mais également, la prévention balbutie même avec des acteurs sociaux et des associations engagées, quand le sujet des violences intra familiales est traité avec un vieux relent de machisme et un soupçon de « elle l’a un peu cherché ».

C’est pourquoi, ce sujet terrible (plus d’une centaine de femmes assassinées par an et des dizaines ou centaine de milliers de cas moins dramatiques) ne doit plus être tabou, et qu’il faut ici aussi libérer la parole des victimes, en les écoutant et en les entendant.

DROIT DANS LES YEUX

DROIT DANS LES YEUX

149 femmes mortes sous les coups de leur conjoint en 2019.

Pour Mily, ce n’est pas passé loin : le pistolet sur la tempe …

un article de Cyril Pocréaux, avec son aimable autorisation

Paru dans le journal Fakir n°92 en février 2020

https://fakirpresse.info/droit-dans-les-yeux

pour commander le n°92 : http://bit.ly/fakir-en-kiosque

ou l’acheter chez votre kiosquier : http://bit.ly/fakir-kiosques

L’impression d’être une merde

Jeudi 10 octobre 2019, Assemblée Nationale

« Vous avez affirmé, Madame la Garde des Sceaux, que les policiers d’un commissariat ne pouvaient pas refuser une plainte. C’est sans doute vrai en théorie, mais en pratique, nous le déplorons chaque jour… »

C’était  mi-octobre, à l’Assemblée. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, ressassait que, pour les femmes battues, dans les commissariats, tout se passait bien. Circulez, y a pas grand-chose à voir, ni à dire, ni à changer, finalement.

Le matin même, Mily, une copine fakirienne de Montélimar, avait passé un coup de fil au rédac’chef – député, en urgence. Il était sorti de l’Hémicycle pour l’écouter. Elle chialait au bout du fil. Mily, notre exploitée du n°89. Mily, notre préfète fakirienne, qui se démène, mère célibataire avec trois enfants. Mily qui a toujours un sourire d’avance. Et là, en pleurs. C’est avec ce drame qu’il tentait de secouer le « Tout va très bien, Madame la Ministre » :

« Il m’avait fait promettre de ne pas porter plainte. Ça m’a ralentie dans le processus. Les faits se sont produits fin août; je n’ai déposé plainte qu’en avril. C’est une décision tellement difficile à prendre… On a besoin de soutien mais on est isolée, physiquement isolée, dans ces cas-là. Je suis allé dans un groupe de soutien, c’est là que j’ai trouvé la force d’aller au commissariat. Quand j’arrive là-bas, la porte est fermée et la sonnette cassée. Il fallait taper à la fenêtre pour qu’on vous voie. Un policier, derrière le guichet, me demande pourquoi je viens. ‘Violences conjugales par arme’. Et là, il se moque de moi. Il se marre. ‘Vous êtes sûre qu’elle était pas en plastique, l’arme ?’ Et il me fait répéter plus fort, devant tout le monde. ‘ Et pourquoi vous ne portez plainte que maintenant ?’ Ça m’énervait tellement… Là, j‘ai compris que ça serait très dur de porter plainte, alors que ma situation était déjà insupportable. Puis j’ai été reçue par une femme policier qui m’a dit qu’il fallait des preuves, des certificats, que sinon ça ne servait à rien, et elle m’a renvoyée. Je suis sortie en pleurant. Heureusement, je suis tout de suite allée voir le médecin, la psy, des personnes qui pouvaient témoigner.

Une heure après, j’étais de retour au commissariat. Et là, le dépôt de plainte, ça été l’horreur : ça l’a gonflée, que je revienne déterminée. Je suis reçue dans un bureau où une autre plainte est déposée en même temps. Pour une dégradation de portail. Pour ça, on répondait au plaignant : ’ah oui, c’est pas normal, vous en faites pas, on va regarder les caméras de vidéosurveillance.’ Avec moi, la policière levait les yeux au ciel, soufflait, c’était le pire, sans qu’on fasse une pause, sans un verre d’eau.’ Mais pourquoi vous avez accepté ça ?’, elle me disait.

Vous auriez dû partir avant… Mais non, ça s’est pas vrai, c’est pas possible.’ J’avais l’impression d’être une merde. D’avoir une double peine. J’ai vécu ça très violemment, aussi violemment que tout le reste. Je suis rentrée chez moi et j’ai pleuré pendant trois jours.’

Finalement, sa plainte fut bien enregistrée. Et le procureur ne l’a pas classée. Et l’affaire est passée au tribunal, après des années d’errance.

Le droit de vivre

Mardi 29 octobre. Tribunal de Carpentras. 11h00

« Au moins, je vais avoir le droit de parler publiquement, dire ce qu’il s’est passé. Pour l’instant, ça n’a pas été possible. »  Mily est nerveuse, ça se sent, entourée de ses deux parents, de ses soutiens et amis. Je le comprends vite : une affaire comme ça, ça vous embarque toute une famille. Le gars se pointe. Une masse, 1m85 peut-être, cent kilos, facile, barbe et crâne rasé. Face à Mily, toute menue, pas grande. Les yeux se croisent. ‘J’ai tenu son regard. Il m’a regardé, j’ai pas baissé les yeux’ se redresse-t-elle. Une peur se fait jour : qu’il ne soit pas condamné. Qu’il s’en sorte sans rien, ou avec une gentille tape sur les mains. Mily, ses gosses, ses proches auraient du mal à s’en remettre, je crois.

A la barre défile le catalogue de la misère et des coups tordus, l’un qui frappe son frère avec un couteau, un autre qui essaie d’échapper à la police pour la sixième fois, un troisième, un monsieur handicapé qui dit ne rien comprendre de ce qu’il fait ici. Au plafond, sur les fresques, Hercule se bat contre les monstres.

Mily trépigne sur son banc, en attendant. Ca approche, et elle part en sanglots. ‘Je faisais encore des cauchemars, y a pas longtemps, tu sais, des crises d’angoisse. Là, je sais que le dénouement est proche, et qu’après, j’aurais le droit de vivre. Et ça fait peur.’

Son affaire est appelée.

L’ancien conjoint s’approche, décline son identité, « Remy Canuti », sa fonction, « directeur général des services à la mairie d’Orange », tendance Front National. La magistrate, lisant le dossier : « Vous aviez une relation sentimentale depuis 2013… isolée de sa famille et de ses amis… giflée sur la joue gauche … vous lui sautez dessus et l’étranglez quand elle ne veut pas changer de vêtements… Un soir, suite à un désaccord sur une mutation, le ton monte. Vous la jetez par terre, la giflez, vous lui mettez un revolver sur la tempe, vous armez le chien, le doigt sur la détente… depuis, elle a été suivie pour choc post-traumatique, dans un contexte dépressif. »

Le colosse fait profil bas. Très bas, même. « Je suis choqué par ma propre violence… J’ai rendu mon revolver. Je reconnais l’intégralité des faits, et il n’y a pas d’explication à mon geste. Ca fait quatre ans que j’attends ce jugement, car je ne pourrais pas vivre sans être jugé et sanctionné pour ce que j’ai fait. »

Il ne peut pas vivre, mais juste assez quand même, pour continuer les avances et pressions sur les femmes qui passent dans ses services, à la mairie, sous ses ordres. Les témoignages, depuis la plainte de Mily, se multiplient.

Il reprend : « J’ai obtenu des justifications, en faisant un travail psychologique ; je suis d’une famille où tout le monde est allé en prison, avec un grand-père voyou. C’est une mauvaise image de l’homme. La scène du revolver, mon père l’avait vu sur sa propre mère. Ça ne justifie rien mais c’est une sorte d’héritage… »

La magistrate : « Donc c’est bien vrai ce qu’elle dit ? »

Canuti : « Oui, enfin, non, pas la tentative de noyade de son fils. »

Car il y a ça, aussi : le petit a été jeté dans une piscine, alors qu’il ne savait pas nager.

L’avocat de Mily : « Qu’est ce qui fait qu’à un moment, on va prendre une arme dans un coffre pour lui mettre sur la tempe ? Elle a peur. Il n’y a rien qui justifie ça… C’est pour l’impressionner, la punir ? »

Canuti : « Je voulais qu’on arrête de se disputer. »

L’avocat de Mily embraye : « C’est le genre de relation qu’on retrouve systématiquement dans ces affaires : on laisse penser que tout est de sa faute, à elle, puis il y a les petites humiliations quotidiennes, les violences, pas anodines, et une jeune femme qui entre dans une relation de dominant – dominée, coupée de son environnement. En termes de violences physiques et psychologiques, c’est abominable. Elle se sent coupable : qu’est ce qui va provoquer son courroux, sa colère ? Et peu à peu, ça vous ramollit. On ne se construit plus que dans le regard de l’autre. L’estime de soi passe par lui »

Mily, juste devant moi, ne pleure plus. Parce qu’elle a trop pleuré.

« Elle vit cette scène depuis cinq ans. Elle a pensé qu’elle allait mourir. Ses enfants étaient à côté. ‘Si moi j’y passe, pour mes enfants, qu’est ce qui va se passer ? Eux aussi ?’ Elle doit suivre une psychothérapie, 60, 80 euros la séance, mais elle n’a pas les moyens. Ça devrait être remboursé. Vous, vous les avez les moyens. On n’a pas à vous remercier de formuler des excuses. »

« Vous avez beaucoup de chance, monsieur »

Salle d’audience. 13h00

Le procureur Raffin (j’ai dû me faire répéter le nom) s’avance, un grand gars, droit : « C’est le dossier du jour pour moi. Malgré le poids de l’expérience, il me fait froid dans le dos. Mais une première remarque, d’abord. N’y a-t-il pas dans l’organisation de la justice un problème ? Les faits datent du 28 août 2014… On a des effectifs nettement sous-dimensionnés dans ce tribunal. Il y a eu des boulettes, par les gendarmes. Un jugement d’incompétence du tribunal de Valence ! De Valence ! »

Le procès aurait dû se tenir trois ans plus tôt à Valence, mais le dossier était sur la mauvaise pile. Mily me racontera : « Ils te font attendre deux heures, tu passes à la barre et là, ils te disent qu’ils sont incompétents, et renvoient ailleurs.» Et c’est reparti pour un tour.

Le procureur : « Vous attendiez ce moment, monsieur ? Moi aussi, je l’attendais… Maintenant, on va s’expliquer. Sachez que vous avez beaucoup de chance. Parce que sous d’autre cieux, vous ne comparaîtriez pas devant ce tribunal. Les circonstances sont aggravantes. J’ai requis aux Assises pour un monsieur, il avait commis un car-jacking, avec pistolet sur la tempe. Il a fait pareil que vous, monsieur. J’ai requis 18 ans. Il en a eu 23, 23 ans ! »

Il se tourne vers les juges, appuie bien les mots.

« Cette relation perverse, elle est ex-clu-si-ve-ment de son fait. Et ban, la gifle ! Et ban, le pistolet ! Et allez, on se rend au coffre, on sort le 357 Magnum. La pression de l’arme l’a balancée à terre, jetée sur le sol. Elle appelle au secours, deux fois. ‘Tu vas te taire !’ Il faut imaginer ses yeux exorbités, et au même moment, le bruit du chien sur le pistolet. Je comprends, qu’elle ait cru voir la mort dans une immédiateté… Une arme sur la tête ! »

Il reprend à peine son souffle.

« Il y a eu un étranglement complet ! Vous savez ce que c’est, la perte de connaissance initiale ? Parce qu’elle avait mis un short trop court ? Il humilie, avec intelligence, la met à genoux, insultes, chantage, quand vous balancez un enfant de quatre ans qui ne sait pas nager dans une piscine. Eh ! C’est cet homme-là que vous allez juger ! »

Mily se retourne vers moi, sourit doucement, souffle. Elle a compris.

« Il nous faudra encore beaucoup d’efforts pour trouver la faille en vous, poursuit le proc. Pour comprendre pourquoi vous êtes un pervers qui cherche la domination. Je demande deux ans avec un sursis simple, et cinq ans de période probatoire. Je demande une peine d’amende de 10 000 euros. Je pourrais demander la fin de l’autorité parentale, et du coup, il perdrait son emploi de fonctionnaire. Je pourrais requérir une interdiction de séjour. Il perdrait tout. Je ne vais pas requérir ça. J’espère ne pas me tromper. C’est de la justice intelligente que je demande. Pas pour les 124 meurtres de femmes et les 200 000 victimes depuis le début de l’année, mais pour la prévention de ce cas-là. »

Détourner le regard

Devant le tribunal. 14h00

« Pas de déclaration. Et vous ne parlez qu’à moi, pas à lui. »

L’avocat de Canuti fait barrage.

Il faudra se contenter des déclarations de son avocat, un peu plus tôt, dans la grande salle.

« Vous avez entendu sa voix ? Ce que vous devez juger, c’est l’homme de maintenant. Un homme sage. Quand il dit ‘je ne me reconnais pas’, c’est vrai. C’est l’histoire d’un couple passionnel, violent. Il y a eu une rencontre, et cette rencontre a été explosive ! »

Le juge a eu un regard sévère.

« 124 femmes sont mortes cette année sous les coups de leur conjoint. Il faut prévenir. Pas question que ça ne figure pas à votre casier. »

Verdict : deux ans avec sursis, quinze ans d’interdiction de port d’armes, inscription au casier judiciaire, 4000 euros d’amende.

Au-delà des attentes, finalement. Mais un étonnement tout de même : pour évoquer tout cela, Mily n’a pas pu parler, au fil de l’audience. Elle a été dite, interprétée, représentée, mais jamais elle n’aura pu s’exprimer directement, dire sa douleur et ses angoisses. D’autres l’ont fait à sa place, comme une nouvelle négation.

Mais depuis, au moins, Mily reçoit pleins de témoignages. La parole s’est libérée. Un gardien de la paix, ému : « Vous êtes une lumière pour les autres femmes. » Des femmes victimes, aussi, parfois directement concernées par l’affaire, qui se raccrochent à son cas comme à une bouée. Jacques Bompard, le maire d’Orange, a lui choisi de conserver son directeur général.

« Tu as vu… Quand il est sorti du tribunal, il a évité mon regard 

 – Tu te sens comment

Soulagée, fatiguée. D’un coup, au moment du verdict, j’avais plus peur. Je le sentais tout petit. C’est le début de ma vie à moi. La pause dans mon existence est finie. »

C’est marrant, presque : c’était son anniversaire, à Mily, ce 29 octobre.

Cyril Pocréaux

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