Cercle de silence à Saint Malo, 6 février 2018, 17h30 (Porte Saint Vincent)

Agir pour les migrants

En 2011, devant la porte St Vincent, à St Malo

En un an, le nombre de migrants passés par les Centres de rétention administrative (CRA) de France a doublé ! Dans une majorité de cas, pour rien.

Depuis dix ans, les « Cercles de silence » réclament la fermeture de ces CRA ou leur transformation en Centres d’accueil et d’orientation (CAO).

Plusieurs organismes brétilliens (ACAT, Accueillir et Partager, Amitié entre les religions, Bienvenue !, CCFD, Cimade, Citoyens et chrétiens 35, Coexister 35, Les Amitiés franciscaines, Ligue des droits de l’homme, Mouvement de la Paix, Secours catholique, Service civil international, Vie nouvelle) appellent ainsi à se rassembler.

Venez nous rejoindre

A Saint-Malo, tous les premiers mardi, de 17h30 à 18h30, près de la Porte Saint-Vincent ;

 

L’humanité de demain se construit par l’accueil des migrants d’aujourd’hui

La situation des migrants en France

Le gouvernement accroît depuis plusieurs mois la dureté d’une politique migratoire déjà peu respectueuse des droits et libertés des personnes migrantes. La LDH et d’autres associations contestent  cette vision. Elles restent « fermement décidées à promouvoir un changement radical qui mette un terme à ces politiques migratoires aux conséquences humaines dramatiques ».

Vous trouverez ici une série de textes pour comprendre les enjeux et les menaces sur le sort des migrants.

Que faire à St Malo et dans sa région ?

La section de St Malo consacrera sa réunion du lundi 16 février 2018 à ce thème. Elle invitera des  responsables associatifs engagés dans l’aide et l’assistance aux migrants. Ensemble, nous verrons quelles actions concrètes peuvent être menées.

Un événement public est déjà en préparation pour mars 2018.  En parallèle d’actions plus directes, il sensibilisera plus largement la  population pour renforcer la mobilisation.

Film & Débat « Democracy » de David Bernet

La LDH St Malo et ATTAC St Malo / Jersey vous invitent à une projection-débat de

« DEMOCRACY, » un documentaire  de David Bernet

Le film sera suivi d’un débat animé par Maryse ARTIGUELONG (LdH) Vice-présidente de la FIDH, co-animatrice de l’Observatoire des libertés et du numérique et un représentant de ATTAC

Les données personnelles sont devenues une source de profit incommensurable. A l’heure où l’Europe et son fonctionnement sont si décriés, le film retrace deux années de lutte politique, semées d’obstacles, pour l’adoption d’une nouvelle législation afin de garantir les libertés et la protection des citoyens européens dans le futur numérique.

Mardi 14 novembre 2017, 20h00

Cinéma Le Vauban 1 (Bd de la Tour d’Auvergne. St Malo.)
Entrée : 5 €

La bande-annonce du film

De l’Etat de droit à l’état de surveillance

Mireille Delmas-Marty « Nous sommes passés de l’état de droit à l’état de surveillance »

L’accumulation de textes sur la sécurité inquiète la juriste Mireille Delmas-Marty. ­ Elle dénonce une quasi-fusion entre le droit d’exception et le droit commun

Propos recueillis par Anne Chemin et Jean-Baptiste Jacquin. (Source : Le Monde 10.11. 2017 https://goo.gl/PxAf1a )

Mireille Delmas-Marty est juriste, professeure émérite au Collège de France. Elle a notamment publié Aux quatre vents du monde. Petit guide de navigation sur l’océan de la mondialisation (Seuil, 2016). A l’occasion du projet de loi antiterroriste, qui a été adopté à l’Assemblée nationale mercredi 11 octobre, elle analyse, ici, les dérives sécuritaires depuis le 11 septembre 2001.

Quel regard portez-vous sur les lois ­antiterroristes adoptées en France ­ces dernières années?

Quand on compare le débat sur la loi Sécurité et liberté présentée par Alain Peyrefitte, au ­début des années 1980, à ce qui s’est passé ­depuis une quinzaine d’années, on a l’impression d’avoir changé d’univers : à partir des ­années 1970, la montée en puissance des droits de l’homme semblait irréversible et l’Etat de droit un dogme inébranlable. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, un repli ­sécuritaire et souverainiste semble avoir levé un tabou : il légitime jusqu’à la torture aux Etats-Unis et déclenche un peu partout une spirale répressive qui semble accompagner une dérive sans fin de l’Etat de droit.

Peut-on reconstituer la généalogie de ce changement de monde?

L’Etat de droit a commencé sa dérive avec le Patriot Act, qui a été adopté aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001. L’exemple américain a encouragé d’autres pays démocratiques, y compris en Europe, à faire de même : en ce début du XXIe siècle, des pays comme l’Allemagne ou la France ont abandonné peu à peu des garanties qui paraissaient pourtant définitivement acquises. En Allemagne, la Cour de Karlsruhe a ainsi ­accepté en 2004 la réactivation d’une loi nazie de 1933 sur les internements de sûreté qui n’avait pas été abrogée mais qui était longtemps restée inactive.

En France, une loi de 2008 a introduit une ­rétention de sûreté conçue sur le modèle allemand de 1933. La dérive s’est ensuite accélérée après les attentats de Paris commis en 2015. Il était légitime de proclamer l’état d’urgence mais les prolongations qui ont suivi ne s’imposaient pas. D’autant que, simultanément, la France a adopté plusieurs lois sur la sécurité, dont la loi sur le renseignement de juillet 2015 qui légalise des pratiques restées en marge de la légalité. Cette accumulation n’a pas de précédent dans l’histoire du droit pénal français.

Décèle-t-on, dans les années qui ­précèdent, les germes de ce mouvement de dérive de l’Etat de droit?

En France, ce mouvement est tangible dès la loi sur la rétention de sûreté de 2008, qui ne ­concerne pas le terrorisme mais la criminalité à caractère sexuel. C’est à cette époque que l’on voit naître l’idée d’une dangerosité détachée de toute culpabilité. En vertu de ce texte, un simple avis de dangerosité émis par une commission interdisciplinaire suffit pour que le juge pénal ordonne la rétention d’une personne ayant déjà exécuté sa peine, et ce pour une ­période d’un an renouvelable indéfiniment.

Depuis 2007, les discours politiques sur la ­récidive suggéraient de transposer le principe de précaution, jusqu’alors réservé aux produits dangereux. Cette démarche repose sur une vision anthropologique nouvelle. Auparavant, la justice s’inspirait de la philosophie des Lumières, qui est fondée sur le libre arbitre et la responsabilité. Avec le principe de précaution, on entre dans une philosophie déterministe : la personne étiquetée dangereuse est comme prédéterminée à commettre le crime. C’est une forme de déshumanisation qui me semble très dangereuse.

Cette loi de 2008 a-t-elle inspiré les lois ­antiterroristes?

La notion de dangerosité est en effet très présente dans les textes de ces dernières années. En matière de terrorisme, la police administrative ne connaît qu’une seule limite : une formule standard qui prévoit que l’autorité administrative peut agir si elle a des « raisons sérieuses de penser » qu’une personne constitue une menace pour l’ordre public. Cette formule magique est beaucoup trop vague : ­répétée de loi en loi, elle dispense de démontrer en quoi le comportement de l’intéressé constitue une menace.

Pourtant, c’est précisément la notion de ­limite qui caractérise l’Etat de droit dans une démocratie. La justice pénale est ainsi limitée par le principe de la légalité des délits et des peines et par la présomption d’innocence, qui impose de prouver la culpabilité avant de prononcer une peine. Avec la notion de dangerosité, on entre dans une logique d’anticipation qui, par définition, n’a pas de limites. Comment savoir où commence et où se termine la dangerosité? Comment une personne peut-elle démontrer qu’elle ne passera jamais à l’acte? Il ne peut pas y avoir de « présomption d’innocuité » car nous sommes tous potentiellement dangereux : nous sommes donc tous des suspects en puissance.

Diriez-vous que les lois antiterroristes ­menacent fortement l’Etat de droit?

C’est tout l’ensemble qu’il faut considérer pour mesurer à quel point les garanties se sont affaiblies : en quelques années, nous sommes passés de l’Etat de droit à un Etat de surveillance, voire à une surveillance sans Etat au niveau ­international. Il faut nuancer, bien sûr : après 2015, la France n’a pas instauré la torture, ni ­remis en cause l’indépendance de la justice – nous ne sommes ni en Turquie ni en Pologne.

L’Etat de droit, au confluent de la séparation des pouvoirs et du respect des droits de l’homme, est d’ailleurs un horizon que l’on n’atteint jamais complètement, comme la ­démocratie. Mais cette avalanche sécuritaire nous en éloigne et l’on peut craindre que le mouvement continue. Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a précisé que le projet en discussion « est loin d’épuiser le sujet .

Alors que la loi sur le renseignement de 2015 restreint déjà fortement le droit au respect de la vie privée, certains de ses dispositifs réservent encore des surprises, notamment les ­fameux algorithmes de détection des profils suspects, qui n’ont pas encore été expérimentés en France. Avec ces algorithmes, la surveillance ciblée sur les individus risque de basculer vers une surveillance de masse. Le tri des suspects potentiels pourrait se faire par une sorte de « pêche au chalut » à partir d’une masse de données indifférenciées, les big data, que des logiciels automatiques auraient la possibilité d’interpréter.

Plus largement, les lois antiterroristes instituent une confusion générale des pouvoirs alors que l’Etat de droit repose, au contraire, sur la séparation des pouvoirs. En matière de terrorisme, la police administrative, qui est traditionnellement préventive, devient ­répressive : le ministre de l’intérieur ou le préfet peuvent ainsi imposer des assignations à résidence qui ressemblent à une peine, le suivi sociojudiciaire. A l’inverse, la justice ­pénale, qui est traditionnellement répressive, devient préventive, puis prédictive, voire divinatoire : en invoquant la notion de dangerosité, on remonte à des intentions qui n’ont aucun commencement d’exécution.

Les lois antiterroristes du gouvernement font entrer certaines des dispositions de l’état d’urgence dans le droit commun. Craignez-vous un phénomène de ­contamination?

On est au-delà de la contamination, il y a presque fusion entre le droit d’exception et le droit commun : on ne voit plus très bien ce qui les distingue! Le rapporteur de l’Assemblée nationale a d’ailleurs expliqué que les nouveaux pouvoirs de l’autorité administrative étaient « inspirés » par l’état d’urgence. Et le projet durcit le droit commun en étendant les ­contrôles de police dits « aux frontières » par un amalgame douteux entre terrorisme et migrations irrégulières.

Comment caractériseriez-vous la période que nous vivons?

Je parlerais à la fois de confusion et de fusion. Confusion entre terroristes et étrangers, ­entre mesures administratives et mesures pénales, entre droit commun et droit d’exception. Mais aussi fusion entre paix et guerre. George W. Bush, après les attentats du 11 septembre, a proclamé l’ « état de guerre », mais il n’y avait pas d’autre moyen, aux Etats-Unis, pour transférer des pouvoirs à l’exécutif : la Constitution américaine ne prévoit pas d’état d’exception.

En 2015, la France était en revanche dans une autre situation : il n’était pas nécessaire de ­déclarer la guerre pour appliquer la loi de 1955 sur l’état d’urgence, et pourtant, les discours officiels ont usé et abusé de l’expression « guerre contre le terrorisme », et pas seulement comme un argument rhétorique ou une simple métaphore. La France a mené des opérations militaires dans plusieurs pays étrangers et elle y a ajouté des opérations de police, puis des « attentats ciblés » et autres « exécutions extrajudiciaires » qui marquent une nouvelle confusion des rôles : le chef d’Etat déclare la culpabilité, prononce la peine et la fait exécuter.

Comment résister à cet affaiblissement de l’Etat de droit?

Ce qui m’inquiète le plus, c’est la résignation apparente d’une grande partie de la société qui s’est habituée aux dérives de l’Etat de droit. La France semble atteinte d’une espèce d’anesthésie générale, un assujettissement consenti. Suivra-t- elle la voie américaine du repli souverainiste qui conduit au populisme? Je crains en tout cas de voir un jour l’avènement de ce que Tocqueville [1805-1859] appelait le « despotisme doux » : il fixe, écrivait-il, « les humains dans l’enfance et réduit chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux dont le gouvernement est le berger . Il est vrai que les dernières élections ont prouvé que l’espérance pouvait aussi changer la donne, y compris sur le destin de l’Europe. Ma réponse à votre question est peut-être de garder l’esprit critique et de refuser d’être gouvernés par la peur. Puisque le Parlement est décidé à voter le texte, prenons ses promesses au sérieux et interprétons les ambiguïtés de la nouvelle loi comme un tremplin pour résister aux dérives sécuritaires

Et si c’était le bon moment pour rejoindre la ligue des droits de l’Homme ?

Vous y avez pensé ? Face aux injustices, aux discriminations, aux atteintes aux droits, vous voulez agir ? Vous faire entendre ?

La Ligue des droits de l’Homme vous en dit un peu plus sur elle, ses combats et ses adhérent-e-s.

Avec l’aide de STORYCIRCUS, nous vous proposons d’apprendre à nous connaitre à travers cette vidéo qui retrace l’histoire de notre association plus que centenaire, au gré des évolutions et des révolutions de notre société.

Découvrez nos combats quotidiens, les initiatives en faveur des libertés et des droits fondamentaux, que nous portons avec l’aide de nos 10 000 adhérent-e-s, et notre actualité.

Pour défendre les droits et les libertés partout et pour toutes et tous, nous avons toujours besoin de votre aide !

Je veux adhérer

Communiqué : le combat d’Anne Bert pour le droit à mourir sereinement

Anne Bert, écrivaine, est décédée le 2 Octobre 2017 en Belgique, apaisée et entourée des siens comme elle l’avait souhaité.

Souffrant de la maladie de Charcot, elle avait largement médiatisé son combat pour que chacun sache que la loi française sur les conditions de la fin de vie conduit chaque année au suicide solitaire et violent des centaines de malades désespérés qui ne souhaitent pas impliquer leurs proches dans cette démarche car ils seraient passibles d’une condamnation pour non assistance à personne en danger.

Certains, mieux informés, peuvent bénéficier de la loi belge qui dépénalise l’aide à mourir, ou s’exilent en Suisse, moyennant finances, pour bénéficier d’une mort douce, et dans les deux cas, en présence de leurs proches.

Le livre d’Anne Bert sortira le 3 Octobre en librairie. Nul doute qu’il nous éclairera sur les profondes convictions et motivations qui l’ont amenée à choisir le moment et la manière de quitter une vie qui la condamnait à brève échéance à une complète dépendance.

Le groupe santé de la Ligue des Droits de l’Homme de Saint-Malo exprime sa profonde sympathie à tous ses proches et souhaite que cette démarche courageuse fasse avancer nos droits à mourir sereinement.

 

Soirée débat « La démocratie au XXie siècle »

Ligue des droits de l’Homme Section de Saint-Malo vous invite à la réunion débat :

La démocratie au XXIème siècle. Vers un nouveau contrat social ?

…EN DÉBATTRE avec
Alain COURBOULÈS, professeur de philosophie
Daniel GADBIN,  professeur émérite de droit public – Université Rennes 1

JEUDI 8 JUIN 2017 – 18h00
Grande Passerelle – 4ème lieu.

Entrée libre et gratuite.

Dans la limite des places disponibles.
Informations : 06 72 51 07 39

Flyer

Journée de Formation

Lutter contre la pauvreté

 

Cette journée de formation-action s’adresse aux citoyens, militants et adhérents des associations de lutte contre la pauvreté et de défense des droits. L’objectif : se rassembler et se former pour élaborer des actions communes.

Ouvert à tous, inscription recommandée sur saintmalo@ldh-france.org.

Samedi 23 Novembre 2019, 9h-17h
A l’Espace Bouvet, Place Bouvet, St Malo (Salle Surcouf)

Adresse : 2 place Bouvet, Saint Malo (ou sur GoogleMaps(c) )

Télécharger le Tract

Programme de la journée

MATIN : 9H-9H30 : accueil-ouverture – Café de bienvenue

9H30-10H15 : « Les idées fausses sur la pauvreté ? Quelles images en avons-nous? »  Intervention de Hugues FELTESSE,   Collectif Alerte

10H15-10H45 : « Comment rendre visibles les invisibles ? » : deux témoignages des associations de solidarité :  Olivier BLEUZE, Directeur de l’Association « le Goéland » de Saint Malo ; Dominique BRUNEL, LDH Quimper Délégué Régional, à propos du « Livre blanc de la lutte contre les précarités ».

10H45-12H30 : débat

12H30-13h45 : Déjeuner partagé (mieux se connaitre-échanges).Chacun apporte son en-cas . Café et gâteaux offerts.

APRES-MIDI

13H45-16H30 : « Place et limites des actions des associations ? » :

14h00-15H30 : constitution de groupes de réflexion autour des thématiques de la lutte contre la pauvreté à St Malo, forces et faiblesses,   opportunités et menaces.

15H30-16hOO : synthèse de chaque groupe à tous les participant.e.s

16h00-16H3O : débat « On fait quoi ? Quelle coopération ?

16h30-17H00 : Pot convivial de clôture

17H00 : Fin

Inscriptions et information auprès de la LDH Saint Malo : 06 31 41 13 11 / saintmalo@ldh-france.org

La LDH vous aide dans vos démarches

Permanence d’aide à Saint-Malo

Nous reprenons à partir du 6 septembre 2019 notre permanence d’accueil et d’aide juridique aux étrangers, le 1er et 3e vendredi du mois, de 12 à 14h.

Ouvert à tous, de préférence sur rendez-vous pour préparer l’accueil. Lieu  : Maison de quartier de la Madeleine (rue des Comptoirs à St Malo – derrière le marchand de cycle A. Hinault, à proximité du Centre commercial ).

Prochaines permanences : 8 novembre, 22 novembre, 6 décembre, 20 décembre 2019

Merci de nous contacter pour nous avertir de votre venue et nous indiquer vos besoins :  saintmalo@ldh-france.org ou 06 31 41 13 11

ADHESION ET SOUTIEN

AIDEZ LA LIGUE A DEFENDRE VOS DROITS ET CEUX DE TOUS

Créée en 1898 pour défendre un innocent, le capitaine Dreyfus, la Ligue des droits de l’Homme est de tous les combats pour la justice, les libertés, les droits civiques et politiques, les droits économiques, sociaux et culturels, contre le racisme et l’antisémitisme depuis plus de 120 ans.

Parce qu’il n’y a pas de citoyenneté sans citoyens et citoyennes, la LDH ne se conçoit pas sans l’engagement de celles et ceux qui la rejoignent.

Association loi de 1901, elle vit essentiellement grâce au dévouement de ses adhérents et adhérentes. La LDH intervient sur l’ensemble du territoire à travers ses sections locales et sur une multitude de sujets.

Je suis prêt-e, j’adhère en cliquant ici !

Don et adhésion directe par internet

Etonnant Voyage 2019 : venez participer le 8 juin à St Malo

Un étonnant voyage soutenu par la LDH de Rennes à Saint-Malo

« Etonnant Voyage »  est né de la rencontre entre des migrants et des habitants du quartier populaire rennais de Maurepas. Il s’agit, par cette marche au-delà des catégories nationales et sociales qui nous sont souvent imposées, d’affirmer notre solidarité, notre refus commun de la précarité et de l’indignité et notre volonté partagée de respect des droits humains fondamentaux.

Une manière de faire ensemble un pas de côté pour apprendre à échanger, à se comprendre, que l’on soit français ou non, précaire ou non.

Une manière de montrer qu’un autre monde fait de fraternités est possible

Pour dire non à la précarité et à l’indignité une manifestation aura lieu le 1er juin à partir de 10h00 à Rennes. Elle marquera le lancement d’une marche de Rennes à Saint-Malo le long du canal d’Ille-et-Rance entre le 1er et le 8 juin.

L’arrivée à Saint-Malo se fera le samedi 8 juin en bateau, manière de rappeler l’urgence du sauvetage en Méditerranée. À 19h00 le festival littéraire « Étonnants Voyageurs » assurera à l’Étonnant Voyage un accueil officiel : occasion de faire un rassemblement à la fois revendicatif et festif.

Des animations auront lieu dans les villes qui nous accueilleront à chaque halte durant la semaine : concerts, cinéma, débats, théâtre, contes…

Ce voyage est avant tout affaire de rencontres : donner la parole à ceux que l’on n’écoute jamais, ou si peu. C’est un voyage qui nécessite aussi de se libérer de toute forme estampillée, conventionnée, formatée d’expression en interrogeant entre autres la question de la culture. Depuis plusieurs mois, des ateliers d’écriture poétique et de photo réunissent des personnes en situation de grande précarité : l’objectif est la production d’un petit recueil, objet symbolique qui sera amené au festival littéraire « Étonnants Voyageurs ».

Participer

Par solidarité la gratuité de participation est totale pour les précaires. On peut participer à toute la marche, ne faire qu’une journée ou une demi-journée, ou encore venir nous rejoindre le soir. On peut aider à la préparation de la marche. On peut aussi faire un don.

Tout sur le site de Etonnant Voyage

Collectif pour Bourama

Un banquet pour aider le comité de soutien

Dimanche 11 novembre à partir de 17 heures

Manoir de la Bégaudière (Mont Dol)

Animation musicale solidaire:
Alee – LM Duo – Grand Ben – Fred Ka – Manivel’Swing
Tam Tam de l’Ouest et Enadonké Combourg

Libre participation pour l’entrée.

Pour le repas, réservation vivement conseillée avant samedi soir
Réservation sur: 17septembre2018@gmail.com ou 06 08 43 98 36
Mafé 7,5€ Dessert 1€ (Boissons non comprises).

Soutenons Bourama : réunion publique le 8 novembre 2018, Dol de Bretagne

Réunion publique de soutien

Le 8 novembre 2018, à Dol, salle municipale, 9 rue Eleonor Daubré, le collectif de soutien à Bourama – jeune dolois menacé d’expulsion – vous convie à une réunion publique, en présence d’élus et de personnalités.

La LDH St Malo soutient cette action et vous invite à venir nombreux.

 

Qui est Bourama ?

Bourama, jeune guinéen, âgé de 20 ans, est depuis le 15 septembre 2018, sous le coup d’une décision de la préfecture d’Ille-et-Vilaine de refus de séjour assorti d’une obligation de sortie du territoire français.

Arrivé seul en France, il y a 5 ans, à l’âge de 15 ans, il a été pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (gérée par le Conseil Départemental) et a pu poursuivre sa scolarité à Rennes puis à Tinténiac où il a obtenu son baccalauréat professionnel de logistique et transport (diplôme d’Etat).

Il a résidé 2 ans à Miniac Morvan et, suite à un CDD concluant, il a obtenu un CDI à un poste correspondant à sa formation dans une entreprise à Dol-de-Bretagne où il réside maintenant.

Il est parfaitement intégré à la vie sociale et culturelle de la ville et s’est lié d’amitié avec des habitants de tous âges et de tous horizons.

Nous, ses amis, nous opposons formellement à cette décision injuste.

Nous, ses amis, appelons à une résistance citoyenne au nom de la tradition d’accueil de notre pays.

Nous, ses amis, appelons à signer cette pétition afin que Bourama puisse poursuivre, ici, en France, la vie qu’il est en train de se construire.

Seule une mobilisation d’envergure permettra de faire annuler cette décision contestable (à noter un acharnement particulier sur son cas) et ainsi permettre à Bourama de rester parmi nous

Comment agir ?

Un collectif se mobilise, nos coordonnées : 17septembre2018@gmail.com

Signez la pétition: 10000 personnes déjà, objectif 15 000 !

La presse en parle

Un article « Dol de Bretagne . Ils soutiennent Bourama en situation précaire » dans Ouest France

 

Ciné Débat : « Un jour ça ira », 12 octobre 2018, St Malo Vauban 1, 20h15

Vendredi 12 octobre 2018 – 20h15

Lieu : Cinéma le Vauban 1, Rocabey,, 10 rue de la Tour d’auvergne, St Malo

Projection suivie d’un débat avec le réalisateur Edouard Zambeaux et Julie de Clausade ex-animatrice à l’Archipel.

Entrée : 5 euros

 

Djibi et Ange, deux adolescents à la rue, arrivent à l’Archipel, un centre d’hébergement d’urgence au coeur de Paris, qui propose une façon innovante d’accueillir des familles à la rue.
Ils y affrontent des vents mauvais, des vents contraires, mais ils cherchent sans relâche le souffle d’air qui les emmènera ailleurs.
Et c’est avec l’écriture et le chant qu’ils s’envolent…
Djibi s’est inscrit à l’atelier d’écriture. Ses écrits, qu’il espère voir publiés, lui permettent de se délivrer d’un passé trop lourd.
Ange, la timide, se réfugie et s’affirme dans le chant… Un documentaire rempli de poésie et d’optimisme qui laisse l’espoir « qu’un jour ça ira ».

La bande-annonce 

La critique de Télérama

«Un jour ça ira, avec sa forme entièrement tendue vers l’émotion et l’empathie s’adresse (aussi) à de jeunes spectateurs »… Libération

« Un documentaire pudique, bouleversant, nécessaire » L’Express

Pétition : Manifeste pour l’accueil des migrants

Signez la pétition 

Partout en Europe, l’extrême droite progresse. La passion de l’égalité est supplantée par l’obsession de l’identité. La peur de ne plus être chez soi l’emporte sur la possibilité de vivre ensemble. L’ordre et l’autorité écrasent la responsabilité et le partage. Le chacun pour soi prime sur l’esprit public.

Le temps des boucs émissaires est de retour. Oubliées au point d’être invisibles, la frénésie de la financiarisation, la ronde incessante des marchandises, la spirale des inégalités, des discriminations et de la précarité. En dépit des chiffres réels, la cause de nos malheurs serait, nous affirme-t-on, dans la « pression migratoire ». De là à dire que, pour éradiquer le mal-être, il suffit de tarir les flux migratoires, le chemin n’est pas long et beaucoup trop s’y engagent.

Nous ne l’acceptons pas. Les racines des maux contemporains ne sont pas dans le déplacement des êtres humains, mais dans le règne illimité de la concurrence et de la gouvernance, dans le primat de la finance et dans la surdité des technocraties. Ce n’est pas la main-d’œuvre immigrée qui pèse sur la masse salariale, mais la règle de plus en plus universelle de la compétitivité, de la rentabilité, de la précarité.

Il est illusoire de penser que l’on va pouvoir contenir et a fortiori interrompre les flux migratoires. À vouloir le faire, on finit toujours par être contraint au pire. La régulation devient contrôle policier accru, la frontière se fait mur. Or la clôture produit, inéluctablement, de la violence… et l’inflation de clandestins démunis et corvéables à merci. Dans la mondialisation telle qu’elle se fait, les capitaux et les marchandises se déplacent sans contrôle et sans contrainte ; les êtres humains ne le peuvent pas. Le libre mouvement des hommes n’est pas le credo du capital, ancien comme moderne.

Dans les décennies qui viennent, les migrations s’étendront, volontaires ou contraintes. Elles toucheront nos rivages et notre propre pays, comme aujourd’hui, aura ses expatriés. Les réfugiés poussés par les guerres et les catastrophes climatiques seront plus nombreux. Que va-t-on faire ? Continuer de fermer les frontières et laisser les plus pauvres accueillir les très pauvres ? C’est indigne moralement et stupide rationnellement. Politique de l’autruche… Après nous le déluge ? Mais le déluge sera bien pour nous tous !

Il ne faut faire aucune concession à ces idées, que l’extrême droite a imposées, que la droite a trop souvent ralliées et qui tentent même une partie de la gauche. Nous, intellectuels, créateurs, militants associatifs, syndicalistes et citoyens avant tout, affirmons que nous ne courberons pas la tête. Nous ne composerons pas avec le fonds de commerce de l’extrême droite. La migration n’est un mal que dans les sociétés qui tournent le dos au partage. La liberté de circulation et l’égalité des droits sociaux pour les immigrés présents dans les pays d’accueil sont des droits fondamentaux de l’humanité.

Nous ne ferons pas à l’extrême droite le cadeau de laisser croire qu’elle pose de bonnes questions. Nous rejetons ses questions, en même temps que ses réponses.

Personnalités signataires :

Christophe AGUITON sociologue, Christophe ALEVEQUE humoriste et auteur, Pouria AMIRSHAHI directeur de Politis, Ariane ASCARIDE comédienne, Jean-Christophe ATTIAS universitaire, Geneviève AZAM économiste, Bertrand BADIE politiste, Sébastien BAILLEUL DG du CRID, Josiane BALASKO comédienne, Étienne BALIBAR philosophe, Ludivine BANTIGNY historienne, Pierre-Emmanuel BARRE auteur, humoriste, Lauren BASTIDE journaliste, féministe, Christian BAUDELOT sociologue, Edmond BAUDOIN auteur, dessinateur de BD, Alex BEAUPAIN auteur, compositeur, interprète, François BEGAUDEAU écrivain, Yassine BELATTAR humoriste, Hourya BENTOUHAMI philosophe, Alain BERTHO anthropologue, Pascal BLANCHARD historien, Romane BOHRINGER comédienne, Benoît BORRITS chercheur militant, Patrick BOUCHAIN architecte, Alima BOUMEDIENE-THIERY avocate, Rony BRAUMAN médecin, cofondateur de MSF, Michel BROUE mathématicien, Valérie CABANES juriste internationale, Hélène CABIOC’H présidente de l’Ipam, Julia CAGE économiste, Robin CAMPILLO réalisateur, Aymeric CARON écrivain, journaliste François CHAIGNAUD chorégraphe, Patrick CHAMOISEAU écrivan, Paul CHEMETOV architecte, Monique CHEMILLIER-GENDREAU juriste, Mouhieddine CHERBIB Respect des libertés, Jean-Louis COHEN historien, Cristel CORNIL enseignante-chercheuse, Marie COSNAY écrivaine, Annick COUPE syndicaliste Alexis CUKIER philosophe Jocelyne DAKHLIA historienne Jean-Michel DAQUIN architecte Françoise DAVISSE réalisatrice, Philippe DE BOTTON président de Médecins du monde, Laurence DE COCK historienne, Fondation Copernic, Catherine DE WENDEN politologue, Christine DELPHY féministe, Christophe DELTOMBE président de la Cimade, Rokhaya DIALLO journaliste, écrivaine, Georges DIDI-HUBERMAN philosophe, Bernard DREANO président du Cedetim Michel DRU anesthésiste réanimateur Françoise DUMONT présidente d’honneur de la LDH Annie ERNAUX écrivaine, Éric FASSIN sociologue, anthropologue, Corentin FILA comédien, Geneviève FRAISSE philosophe, Bernard FRIOT économiste, philosophe, Isabelle GARO philosophe, Amandine GAY réalisatrice, Raphaël GLUCKSMANN essayiste, Yann GONZALEZ réalisateur, Robert GUEDIGUIAN réalisateur, Nacira GUENIF sociologue, anthropologue, Janette HABEL politologue, Jean-Marie HARRIBEY économiste, Serge HEFEZ psychanalyste, Cédric HERROU militant, associatif Christophe HONORE réalisateur, Eva HUSSON réalisatrice, Thierry ILLOUZ auteur, avocat pénaliste, Pierre JACQUEMAIN rédacteur en chef de Regards, Geneviève JACQUES militante associative, Chantal JAQUET philosophe, JULIETTE chanteuse, parolière, compositrice, Gaël KAMILINDI pensionnaire de la Comédie-Française, Pierre KHALFA syndicaliste, coprésident de la Fondation Copernic, Cloé KORMAN écrivaine, Bernard LAHIRE professeur de sociologie à l’ENS de Lyon, Nicole LAPIERRE anthropologue et sociologue, Mathilde LARRERE historienne, Henri LECLERC président d’honneur de la LDH, Raphaël LIOGIER sociologue, philosophe, Isabelle LORAND chirurgienne, Germain LOUVET danseur étoile de l’Opéra de Paris, Gilles MANCERON historien, LDH, Philippe MANGEOT enseignant, Patrice MANIGLIER philosophe, Philippe MARLIERE politologue, Roger MARTELLI historien, directeur de la publication de Regards, Christiane MARTY ingénieure-chercheuse, Fondation Copernic, Corinne MASIERO comédienne, Gustave MASSIAH altermondialiste, Nicolas MAURY comédien, Marion MAZAURIC éditrice, Caroline MECARY avocate, Philippe MEIRIEU pédagogue, Phia MENARD jongleuse, performeuse, metteur en scène, Céline MERESSE présidente du CICP, Guillaume MEURICE auteur, humoriste, Pierre MICHELETTI médecin, écrivain, Jean-François MIGNARD secrétaire général de la LDH, Véronique NAHOUM-GRAPPE anthropologue, Stanislas NORDEY directeur du Théâtre national de Strasbourg, Ludmila PAGLIERO danseuse étoile à l’Opéra de Paris, Willy PELLETIER sociologue, Fondation Copernic, Nora PHILIPPE auteure, réalisatrice Thomas PIKETTY économiste, Edwy PLENEL journaliste, président et cofondateur de Mediapart, Emmanuel POILANE président du CRID, Thomas PORCHER économiste, Didier PORTE humoriste, Mathieu POTTE-BONNEVILLE philosophe, Olivier PY auteur, metteur en scène et directeur du Festival d’Avignon, Bernard RAVENEL historien, Éric REINHARDT écrivain, Prudence RIFF co-présidente du FASTI, Michèle RIOT-SARCEY historienne, Vanina ROCHICCIOLI présidente du Gisti Paul RODIN directeur délégué du festival d’Avignon, Marguerite ROLLINDE politologue spécialiste du Maghreb, Alexandre ROMANES cirque Romanès, Délia ROMANES cirque Romanès, Paul RONDIN directeur délégué du Festival d’Avignon, Alain RUSCIO historien, Malik SALEMKOUR président de la LDH, Sarah SALESSE avocate, Christian SALMON écrivain, Odile SCHWERTZ-FAVRAT ex-présidente de la Fasti, Denis SIEFFERT président de la SAS Politis, Catherine SINET directrice de la rédaction de Siné Mensuel, Evelyne SIRE-MARIN magistrat, Romain SLITINE enseignant à Sciences Po, Pierre TARTAKOWSKY président d’honneur de la LDH, Lilian THURAM fondation Lilian Thuram-Éducation contre le racisme, Sylvie TISSOT sociologue, Michel TOESCA acteur, réalisateur, Marie TOUSSAINT militante associative, présidente de Notre affaire à tous, Assa TRAORE comité Adama, Enzo TRAVERSO historien, Catherine TRICOT architecte-urbaniste, Aurélie TROUVE altermondialiste, agronome, Fabien TRUONG sociologue, Michel TUBIANA président d’honneur de la LDH, Dominique VIDAL-SEPHIHA journaliste, Jean VIGREUX historien, Thierry VILA écrivain, Arnaud VIVIANT écrivain, critique littéraire, Sophie WAHNICH historienne, Jacques WEBER comédien, Serge WOLIKOW historien.

Associations signataires :

Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (ACORT), Auberge des migrants, Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants (BAAM), CCFD – Terre solidaire 93, Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM), Centre international de culture populaire (CICP), Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM), Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Coordination 75 des sans-papiers, Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers, CSP92, DIEL, Fédération des associations de solidarité avec tous·te·s les immigré·e·s (Fasti), Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Gisti, Initiatives pour un autre monde (IPAM), La Cimade, Ligue des droits de l’homme, Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie, Roya citoyenne, Syndicat des avocats de France (SAF), Union juive française pour la paix (UJFP), Utopia 56.

SÉNATRICES ET SÉNATEURS, AGISSEZ POUR METTRE FIN À L’ENFERMEMENT DES ENFANTS !


À la veille du débat en plénière au Sénat sur la loi Asile et Immigration, 15 associations appellent les sénatrices et sénateurs à mettre fin définitivement à la rétention administrative d’enfants en l’inscrivant dans la loi. Plusieurs amendements ont été présentés en ce sens.

Plus de 105 000 signataires au 18 juin 2018 soutiennent cette demande. Signez vous aussi

La France a été condamnée six fois par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour pratiques « inhumaines et dégradantes » à l’encontre d’enfants enfermés en rétention. L’Etat feint d’ignorer ces condamnations : au 15 mai 2018, 37 familles dont 77 enfants ont déjà été placées dans des centres de rétention administrative, notamment par les préfectures de police de Paris, de Moselle et du Doubs.

Pourtant, l’enfermement, même de courte durée, a des conséquences très graves sur la santé physique et psychique d’enfants très jeunes – parfois des nourrissons – ou d’adolescents qui se trouvent privés de liberté, surveillés par des policiers, enfermés derrière un grillage, et ceci uniquement en raison du statut migratoire de leurs parents.

Une pétition a déjà recueilli plus de 100 000 signatures pour demander la fin de l’enfermement d’enfants dans les centres de rétention. Cette pratique contraire aux engagements internationaux de la France a été plusieurs fois dénoncée par la CEDH, mais également par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies, le Défenseur des droits ou encore le Contrôleur général des lieux de privation de liberté dans son avis publié le 14 juin 2018.

Interpellé par certaines de nos organisations, le président de la République n’a pas souhaité nous répondre sur le fond. Toutefois, le Premier ministre Édouard Philippe a récemment répondu à notre courrier en arguant que l’enfermement de ces enfants intervient en « ultime recours ». Nos organisations le contestent fermement : dans la majorité des cas de placement en rétention, il s’agit uniquement de faciliter l’organisation administrative et policière la veille d’une expulsion. Il existe pourtant des mesures alternatives qui sont déjà pratiquées par certaines préfectures et par d’autres pays européens.

Nos organisations rappellent que cette demande est fondée sur l’impératif de faire primer l’intérêt supérieur de l’enfant, aujourd’hui négligé par le gouvernement français au profit de sa politique d’expulsion des personnes migrantes.

Paris, le 18 juin 2018

VOUS AUSSI, SIGNEZ LA PÉTITION !

Communiqué commun : La Cimade, Réseau Education sans frontières (RESF), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Anafé, Mrap, Syndicat des avocats de France (Saf), France terre d’asile, Clowns sans frontières, Syndicat national des médecins de PMI (SNMPMI), Centre Primo Lévi, Elena, Acat, Assfam-Groupe SOS solidarités, Amnesty international France et Unicef France

Festival « Etonnants Voyageurs » : pour un principe d’hospitalité

Etonnants voyageurs 2018

« L’appel de Saint-Malo » par les écrivains, réalisateurs et artistes présents au festival de 2018 des « Etonnants voyageurs »

« L’urgence de construire un principe d’hospitalité opposable aux États »

« Face au désastre humanitaire qui accompagne des migrations d’une ampleur sans précédent, les surenchères répressives qui tiennent lieu de politique des migrations sont un déni de réalité. Les écrivains, artistes et réalisateurs réunis à Saint-Malo appellent la Communauté internationale à mettre en place une gouvernance mondiale nourrie de nos traditions multiséculaires et de nos imaginaires. L’urgence est à la construction d’un principe d’hospitalité qui deviendrait opposable aux États.

Le point de départ est le constat d’interdépendance. Comme l’a reconnu l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2016 « aucun État ne peut à lui seul « gérer des déplacements massifs de réfugiés et de migrants ». Les conséquences, qu’elles soient « politiques, économiques, sociales, développementales ou humanitaires » atteignent non seulement les personnes concernées et les pays d’origine mais les pays voisins et ceux de transit, ainsi que les pays d’accueil.

Comme pour le climat, l’interdépendance appelle un devoir de solidarité qui mobilise de multiples acteurs bien au-delà du dialogue interétatique. Des scientifiques (les climatologues sont remplacés par démographes et anthropologues) deviennent lanceurs d’alerte et veilleurs. Des collectivités territoriales (États fédérés et grandes villes) s’engagent. Des partenariats s’organisent avec les migrants et les diasporas et plus largement avec la société civile dans sa diversité : ONG et syndicats, citoyens spontanément solidaires malgré les risques de poursuite pénale.

Il reste à mettre en œuvre les responsabilités « communes et différenciées » des États. Communes parce que les objectifs sont les mêmes : des migrations « sûres, ordonnées et régulières ». Différenciées parce qu’elles varient nécessairement d’un pays à l’autre selon des critères à définir : quantitatifs, comme la population, le PIB, le nombre moyen de demandes, ou le taux de chômage ; qualitatifs comme le passé historique ou la situation socio-économique.

La force, et la faiblesse, de ce modèle de gouvernance mondiale est qu’il repose essentiellement sur la bonne volonté des acteurs. Pour être efficace, il doit être pleinement reconnu en termes de légitimité. La célébration des 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, en décembre 2018, est l’occasion de cette reconnaissance. À l’image du développement durable qui a permis de pondérer innovation et conservation, le principe d’hospitalité, régulateur des mobilités humaines, permettrait de pondérer exclusion et intégration et d’équilibrer les droits et devoirs respectifs des habitants humains de la Maison commune.

Les écrivains, réalisateurs et artistes présents au festival

|1| |2|