Conférence en ligne le vendredi 5 mars à 20 heures avec Arié Alimi

La section de Laval-Mayenne organise une conférence Zoom avec Arié Alimi, avocat pénaliste, membre de la direction nationale de la Ligue des droits de l’Homme.

pour voir ou revoir conférence : revoir ici

présentation du Livre d’Arié Alimi :

Le coup d’État d’urgence – Surveillance, Répression et Libertés

Printemps 2020. Pour faire face au Covid-19, le premier état d’urgence sanitaire de l’histoire de France est instauré, s’inspirant de l’état d’urgence décrété pendant la guerre d’Algérie. Du jour au lendemain, l’intégralité de la population française se retrouve assignée à résidence, privée de sa liberté d’aller et de venir, de son droit à la vie privée et, selon les cas, de son droit au travail ou à la liberté d’entreprendre.
Parallèlement, un mécanisme de surveillance généralisée est mis en place, avec quadrillage policier du territoire et usage de drones. Désormais, chaque citoyen est considéré comme un danger potentiel. Il n’est plus un sujet de droit mais un  » sujet virus « .
Alors que l’état d’exception contamine peu à peu le droit commun à la manière d’une tache d’huile, les catégories de personnes et les champs touchés par les réductions de libertés ne cessent de s’étendre. Quelles conséquences, dans ces conditions, pour les libertés publiques ? Quels contre-pouvoirs mobiliser face à l’arbitraire de l’exécutif ? Faut-il apprendre à vivre avec ce nouveau paradigme, ou, position défendue par l’auteur, ne pas s’y résigner ?
L’expertise d’Arié Alimi est précieuse et permet de poser un regard sans concession sur la question des libertés publiques et des dérives policières, au cœur de l’actualité. Face à ce  » coup d’état d’urgence « , il est encore temps de réagir.

11 novembre 2019 devant l’arbre de la liberté, Jardin de la Perrine, Laval.

Au nom de la section de Laval et de la Mayenne de la Ligue des droits de l’Homme, je tiens à remercier la Libre Pensée 53 de nous permettre de nous retrouver chaque année autour de l’arbre de la liberté, dans ce jardin magnifique par tous les temps, pour dire notre refus commun de la guerre, de toute guerre.
En premier lieu, c’est l’occasion de réaffirmer ensemble l’engagement de nos organisations pour obtenir enfin, comme le disait le communiqué de la Ligue des droits de l’Homme de 2017 à l’adresse d’Emmanuel Macron:
« un acte fort vis à vis de tous ceux qui n’ont pas encore été réhabilités, qui ont été victimes d’ordres arbitraires et injustes alors qu’ils voulaient, comme l’avait demandé Jaurès, être traités comme des citoyens sous l’uniforme. Leurs noms doivent être tous transcrits sur les monuments aux morts, leurs sépultures doivent être identifiées et dignement traitées, le transfert de leurs restes dans les communes dont ils étaient originaires doit contribuer à leur rendre justice ».
L' »acte fort » nous l’attendions l’an passé. Nous l’attendons encore. Nous ne lâcherons pas.
Comment définir la guerre si ce n’est comme le contraire de la paix? Excusez ce truisme…
Rêvons alors un instant sur la Charte de Nations Unies adoptée en 1945 au sortir de l’effroyable 2ème guerre mondiale. Elle déclare en ouverture « nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre…. ».
Le générations futures, nous y sommes, et l’hydre de la guerre est partout à l’oeuvre, sous les formes les plus diverses… il s’agit toujours de réguler des tensions et des drames par la violence, par la seule violence et par des armes de plus en plus exterminatrices et perverses. Nous savons tous que cette violence ne fait qu’aggraver ces tensions et ces drames, depuis les violences policières avec des forces de l’ordre équipées et intervenant comme si elles étaient en guerre, jusqu’à la tragique guerre du Yémen où les bourreaux des populations font feu d’armements produits par des usines françaises.
On peut penser bien des choses des Nations Unies, il n’en reste pas moins que c’est l’instance qui fait et peut faire exister un droit international.
Droit international fragile car bafoué sans vergogne par ceux qui devraient donner l’exemple:
–les Etats Unis, plus que d’autres, peut-être, mais plus cyniquement que d’autres, certainement, au sujet du climat par exemple, qui est et sera chaque jour davantage la cause de drames et de conflits majeurs dégénérant en guerres, dopées par une mécanique financière
folle où la cupidité de quelques uns le dispute à l’impuissance quand ce n’est pas
l’aveuglement intéressé des politiques, c’est à dire, en quelque sorte, de chacun de nous.
–et la France, l’un des principaux exportateurs d’armements de la planète, peine à simplement
rendre compte des licences d’exportation qu’elle délivre et du contrôle de l’usage qui est fait de ce qu’elle exporte, y compris à ses parlementaires.
Des résolutions et déclarations des Nations Unies devaient préciser un peu plus tard: « la
culture de la paix est un ensemble de valeurs, attitudes, comportements et modes de vie qui
rejettent la violence et préviennent les conflits en s’attaquant à leurs racines par le dialogue
et la négociation entre les individus, les groupes et les états ».

Nous savons bien ce que cela implique en matière d’éducation, de réduction des inégalités, de justice sociale, de modes de production et de consommation respectueux de notre bien
commun, la planète, de promotion des droits fondamentaux de chaque personne quels que
soient son statut, ses origines, ses croyances ou convictions, son orientation sexuelle, d’égalité entre les femmes et les hommes.
Nous savons ce que cela implique en matière de défense des libertés individuelles dont la
laïcité est une condition essentielle, de pratiques démocratiques effectives et transparentes
dans tous les secteurs, de lutte contre les trafics criminels et les groupes armés à commencer
par ceux organisés ou soutenus par les états au mépris du droit international.
La guerre, protéiforme, ne cesse pas de surgir. Elle ne cessera jamais de resurgir. Seul le
combat, tout aussi incessant, pour la justice la fera reculer.
« La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique », disait Pascal.
Oui, la justice, comme la démocratie, pour être respectée doit être forte. D’une force qu’il ne
faut pas confondre avec la violence, une force qui ne doit pas dégénérer en empruntant les
méthodes et les moyens de la guerre.