Demandeurs d’asile, sans domicile, sans abri : face à la crise sanitaire, les institutions ont la responsabilité de protéger toutes ces personnes!

Lettre collective d’associations dont la LDH est membre

Salubrité publique en période d’épidémie :
une urgence humaine et sanitaire !

– Plus de 3500 personnes sont aujourd’hui à la rue, en demande d’asile ou non, en région Îlede-France, sans accès à l’hébergement ni à un accompagnement médico-social.

– 500 personnes, sur la commune d’Aubervilliers, sont dans un campement de tentes dans un état d’insalubrité contraire à la simple dignité humaine, sans accès à l’eau et sans prise en charge des déchets. Des dizaines d’autres camps existent en Île-de-France sans aucune aide publique et des dizaines de familles avec enfants n’ont pas de solutions et dorment aux portes de Paris.

– Nous rappelons que les personnes sans-abri sont d’autant plus fragiles qu’elles font face à une absence de prise en charge médicale, renforcée par les mesures récentes gouvernementales concernant l’aide médicale d’État et le délai de carence pour les demandeurs d’asile.

Depuis plusieurs années, associations et collectifs alertent les institutions sur la situation des personnes à la rue à Paris et dans sa proche périphérie qui ne fait que s’aggraver. Rien n’a bougé depuis, pire la situation n’a cessé de se dégrader.

Aujourd’hui, cette population doit faire face non seulement à une présence policière accrue, des
dispersions, des contrôles, des évacuations, une absence de prise en charge juridique et sociale, mais aussi désormais à l’épidémie de Covid-19. Des personnes, étrangères ou françaises, sans domicile, sont ainsi contraintes de rester dehors, dans des campements insalubres, malgré les mesures de confinement décidées !

Aujourd’hui, nous constatons qu’aucune mesure n’a été prise depuis une semaine pour mettre à l’abri les personnes les plus vulnérables

Face à la crise sanitaire, les institutions ont la responsabilité de protéger toutes ces personnes. C’est pourquoi, associations et collectifs, nous demandons :

– La réquisition des centres culturels, des bâtiments scolaires vides et de tout autre lieu
permettant un hébergement et la mise en place des mesures de précaution, afin de mettre à
l’abri toutes les personnes qui dorment dehors en Île-de-France et de permettre la mise en
place des mesures sanitaires et d’hygiène nécessaires pour faire face au virus

– La mise en place de distributions alimentaires organisées par les pouvoirs publics pour pallier
le fait que les associations ne peuvent plus poursuivre leur action dans ce domaine.

– L’installation ou la réouverture de points d’eau les plus nombreux et les plus accessibles
possibles, et la mise à disposition de savon et de gel hydro-alcoolique, de manière à ce que
les personnes à la rue puissent appliquer les recommandations faites par les autorités de
santé publique.

– L’accès pour tout demandeur d’asile aux conditions matérielles d’accueil par l’OFII afin de
permettre à toutes et tous de disposer d’un minimum de ressources financières pour pouvoir
faire face aux mesures de confinement demandé.

– L’interdiction des expulsions visant les personnes hébergées dans les structures d’urgence
Paris, le 17 mars 2020

Associations signataires : Acat ; Actions traitements ; ADSF ; Amnesty International France – Région Paris ; Antanak ; Cèdre ; Comède ; Dom’Asile ; Emmaüs France ; Gisti ; La Gamelle de Jaurès ; L’Assiette migrante ; La Cimade Ile-de-France ; LDH ; Mrap Paris ; Paris d’exil ; P’tits dej’s solidaires ; Première urgence internationale ; RESF ; Secours Catholique – Délégation de Paris ; Serve the city ; Solidarité migrants Wilson ; Utopia 56 ; Watizat

Fermez les centres de rétention, Monsieur le Président! – Pétition

 Cercle des Voisins du Centre de Rétention de                                                                     Cornebarrieu

Cornebarrieu, le 14/03/2020

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

Monsieur le Président,

Nous affrontons solidairement un risque pandémique avec les toutes les mobilisations, logistiques, scientifiques, économiques, envisageables de la part d’un grand pays. La population s’applique à respecter les préconisations arbitrant les déplacements et les confinements. Les rassemblements sont reportés sine die dans toutes les activités jusqu’aux écoles.

Monsieur le président, la France, depuis des décennies, a mis en place un système de rétention administrative pour les personnes étrangères en situation irrégulière.

Le code qui régit ce système stipule que la rétention doit se limiter au temps strictement nécessaire pour éloigner les sans-papiers en situation irrégulière sur notre territoire.

Or, aujourd’hui, avec la pandémie en cours, de communiqués en communiqués, nous observons que de plus en plus pays adoptent des mesures de protection. Les frontières se ferment et il n’existe donc plus cette perspective de renvoi. Nous comprenons que chaque pays cherche aujourd’hui à se protéger de ce virus dont les conséquences tant humaines qu’économiques s’avèrent catastrophiques.

La rétention ne se justifie plus, Monsieur le Président.

La planète souffre de tant de maux que de rajouter ceux de l’humiliation et de la privation de liberté de citoyens du monde ne peuvent plus se comprendre.

Il faut dès à présent mettre un terme aux arrestations de sans-papiers qui sans perspective de renvoi, engorgeraient inutilement les centres de rétention et mettraient en danger tant les personnes enfermées que le personnel des centres. Vous devez, Monsieur le Président mettre un terme à l’application aveugle du dispositif régional du règlement Dublin. L’Italie, la Tchéquie, l’Espagne, le Danemark, la Pologne…. ont signalé ou ont émis leur intention de refuser tout transfert venant de notre pays et cela à court et moyen terme.

Monsieur le Président, les personnes placées en centres de rétention ne sont ni des voyous, ni de monstrueux criminels, ce ne sont que des humains dont le seul tort est d’être en défaut des papiers administratifs nécessaires à leur droit au séjour, ce qui n’est pas un délit. La grandeur de notre pays a toujours été dans les moments difficiles d’être solidaire envers les plus humbles et les plus démunis.

Fermez les centres de rétention, Monsieur le Président !

Libérez ces femmes et ces hommes avant que la justice ne le fasse par le simple constat que les perspectives d’éloignement deviennent nulles.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en nos respectueuses salutations

Premiers signataires :

Le Cercle des Voisins du Centre du Rétention de Cornebarrieu
Réseau Soutien Migrants de l’Yonne
Collectif réfugiés du Vaucluse

–> Signer la pétition

Association déclarée à la préfecture de la Haute Garonne sous le n° W313020156
Contact : Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu, 9 Avenue de Versailles , 31700 Cornebarrieu

contact@cercledesvoisins.org                 Site internetwww.cercledesvoisins.org

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier

Liste des associations qui soutiennent la pétition

Le Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu

contact@cercledesvoisins.org

Réseau Soutien Migrants de l’Yonne

contact@rsm89.org

Collectif réfugiés du Vaucluse

collectifrefugiescomtat@gmail.com

Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants

vmenet@gmail.com

MRAP de Vaucluse

mrapvaucluse@orange.fr

RESF Vaucluse

resf84@no-log.org

CENT POUR UN APT

centpourunapt@gmail.com

Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau

contact@observatoire-cra-palaiseau.org

MRAP31

GISTI groupe d’Information et de Soutien des Immigrés

ATTAC Toulouse

Association des Avocats pour la défense du Droit des Étrangers Toulouse

Association des Avocats pour la défense du Droit des Étrangers Paris

RUSF51

Bilan de la marche des solidarités le mercredi 18 décembre à Perpignan : Egaux-Egales, pas de trêve!

Publié sur blogs.mediapart.fr

18 décembre – Pas de trêve: on est là!

PerpignanPerpignan

 

Un 18 décembre festif et combatif à Perpignan

A l’appel de 27 organisations, associations, syndicats, la manifestation a rassemblé plus de 300 personnes (plus que l’an dernier, à la frontière franco-catalane du Perthus).

Au début du rassemblement, des « castellers » (tradition catalane de pyramide humaine) qui ont intégré dans leur groupe trois mineurs étrangers isolés africains ont fait une démonstration au son de la musique catalane. Après la lecture de l’appel à la manifestation, un réfugié afghan a récité un poème sur l’exil, nos amis guinéens ont interprété un chant improvisé et enfin les manifestantEs se sont recueilliEs pour une minute de silence en mémoire des mortEs en Méditerranée et des emprisonnéEs en centres de rétention.

La manifestation s’est ensuite élancée dans les rues de la ville. Flambeaux et couvertures de survie dorée illuminaient un cortège très combatif auquel de nombreux/ses réfugiéEs ont participé. Accompagnés de musique catalane et d’une batucada, les mots d’ordre scandés

« Régularisation de tous les sans-papiers », « De l’air, ouvrez les frontières » ont bien résonné sous les fenêtres de la Préfecture. Après une tour dans le centre ville toujours rythmés par de nombreux slogans, un arrêt devant la mairie (bien de droite  – et que convoite le RN Aliot!) a permis aux manifestantEs d’apprécier une chorale militante puis une merveilleuse chanteuse arménienne. Et, enfin ,la manifestation s’est terminée sur une autre place de la ville où attendait une xicolatada (chocolat chaud – autre spécialité catalane !) Une mobilisation festive et combative réussie qui a donné chaud au cœur !

PerpignanPerpignan