{"id":5363,"date":"2020-10-16T18:27:56","date_gmt":"2020-10-16T16:27:56","guid":{"rendered":"http:\/\/site.ldh-france.org\/ldh66\/?p=5363"},"modified":"2020-11-21T20:10:20","modified_gmt":"2020-11-21T19:10:20","slug":"5363-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/site.ldh-france.org\/ldh66\/5363-2\/","title":{"rendered":"Crimes environnementaux en Amazonie"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Br\u00e9sil: l&rsquo;orpaillage ill\u00e9gal, venu du Suriname, menace des villages indig\u00e8nes du Par\u00e1<\/h3>\n\n\n\n<p>Publi\u00e9 sur <strong><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/pindoramabahiaflaneur\/blog\/111020\/bresil-lorpaillage-illegal-venu-du-suriname-menace-des-villages-indigenes-du-para\">blogs.mediapart.fr<\/a><\/strong> 13 OCT. 2020PAR PINDORAMABAHIAFLANEUR<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans les recul\u00e9es terres indig\u00e8nes Tumucumaque, dans l&rsquo;est du Par\u00e1, l&rsquo;orpaillage ill\u00e9gal est d\u00e9j\u00e0 une menace. Une large zone d&rsquo;exploitation a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte il y a quelques semaines et s\u00e8me la panique parmi les communaut\u00e9s habitu\u00e9es \u00e0 suivre \u00e0 distance l&rsquo;avanc\u00e9e des crimes environnementaux, ailleurs au Br\u00e9sil. Traduction, manuelle, d&rsquo;un reportage de The Intercept Brasil (TIB).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\n\nUn territoire isol\u00e9&nbsp;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame nord du Br\u00e9sil, o\u00f9 se trouve une base militaire et n&rsquo;est accessible que par avion affr\u00e9t\u00e9. M\u00eame l\u00e0-bas, sur les terres indig\u00e8nes de Tumucumaque, au Par\u00e1, l&rsquo;extraction de l&rsquo;or est d\u00e9j\u00e0 une menace. La zone mini\u00e8re ill\u00e9gale, qui exploite l&rsquo;or, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte il y a quelques semaines au Suriname et s\u00e8me la panique dans une communaut\u00e9 habitu\u00e9e \u00e0 suivre \u00e0 distance la progression des crimes environnementaux dans d&rsquo;autres r\u00e9gions du pays.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"661\" height=\"467\" src=\"http:\/\/site.ldh-france.org\/ldh66\/files\/2020\/10\/suriname.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5364\" srcset=\"https:\/\/site.ldh-france.org\/ldh66\/files\/2020\/10\/suriname.png 661w, https:\/\/site.ldh-france.org\/ldh66\/files\/2020\/10\/suriname-300x212.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 984px) 61vw, (max-width: 1362px) 45vw, 600px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00ab Nous pensions que&nbsp;[l&rsquo;orpaillage ill\u00e9gal] n&rsquo;arriverait&nbsp;pas jusqu&rsquo;ici et nous constatons que cela arrive et que cela affecte des proches tant ici au Br\u00e9sil qu&rsquo;au Suriname. Ils pratiquent l&rsquo;orpaillage, et nous pensons que c&rsquo;est ill\u00e9gal, parce que la rivi\u00e8re est sale et que les gens sont arm\u00e9s, ils se cachent et maintenant ils ont apport\u00e9 des&nbsp;<em>quad<\/em>s et des tron\u00e7onneuses \u00bb, m&rsquo;a dit Mitore Cristiana Tiriy\u00f3 Kaxuyana. Elle vit dans la mission Tiriy\u00f3, le plus grand village sur la terre indig\u00e8ne, avec 3 millions d&rsquo;hectares occup\u00e9s par environ 1.700 personnes des ethnies Tiriy\u00f3, Katxuyana et Txikyana.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit d&rsquo;\u00eatre dans le pays voisin, l&rsquo;exploitation mini\u00e8re est tr\u00e8s proche de la fronti\u00e8re et dans une zone centrale des communaut\u00e9s. Sur les&nbsp;trente-quatre villages, install\u00e9s sur les marges des rivi\u00e8res Paru de Oeste et Marapi,&nbsp;vingt-trois sont dans un rayon allant jusqu&rsquo;\u00e0&nbsp;quarante kilom\u00e8tres des zones ill\u00e9gales d&rsquo;extraction mini\u00e8re. Pour aggraver les choses, les&nbsp;<em>garimpeiros<\/em>&nbsp;envahissent fr\u00e9quemment le territoire br\u00e9silien pour chasser, selon les peuples autochtones.<\/p>\n\n\n\n<p>Le&nbsp;r\u00e9cit figure dans&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.documentcloud.org\/documents\/7223157-Carta-CCLTKT-GARIMPO.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">une lettre<\/a>&nbsp;du Conseil des chefs et dirigeants autochtones Tiriy\u00f3, Kaxuyana et Txikuyana (CCLTKT), dat\u00e9e du 1er octobre 2020. Dans le document, des images a\u00e9riennes enregistr\u00e9es par des peuples autochtones du Suriname le 30 septembre 2020 \u00e9taient jointes. Les photos montrent le camp de mineurs \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une piste d&rsquo;atterrissage. Il est \u00e9galement possible de voir le lit de la rivi\u00e8re en cours d&rsquo;exploration, teint\u00e9 d&rsquo;une couleur sombre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les villages les plus proches, \u00e0 seulement&nbsp;huit kilom\u00e8tres de la mine, sont ceux de Turunkane et de Mesepituru, o\u00f9 vivent une dizaine de familles. Selon le chef (\u00a0\u00bb cacique \u00ab\u00a0) du village de Mesepituru, Zaqueu Tiriy\u00f3, les avions survolent fr\u00e9quemment la r\u00e9gion. \u00ab De votre village, vous pouvez m\u00eame voir l&rsquo;\u00e9clairage la nuit. Ils ont vu des structures de tentes, des moteurs, des d\u00e9broussailleuses, de l&rsquo;eau, dans le camp install\u00e9 pr\u00e8s de la piste d&rsquo;atterrissage \u00bb, a not\u00e9 le&nbsp;CCLTKT dans la lettre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mardi 6 octobre 2020, l&rsquo;Organisation autochtone du Suriname, l&rsquo;<a href=\"https:\/\/coica.org.ec\/ois\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>OIS<\/strong><\/a>, a accompagn\u00e9 une d\u00e9l\u00e9gation du gouvernement surinamais sur le site. Selon l&rsquo;OIS, deux hommes ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s et emmen\u00e9s dans la capitale Paramaribo pour faire leurs d\u00e9positions. La d\u00e9l\u00e9gation est rest\u00e9e un peu plus d&rsquo;une heure sur le site et n&rsquo;a trouv\u00e9 aucune preuve d&rsquo;activit\u00e9 mini\u00e8re aurif\u00e8re. L&rsquo;arm\u00e9e br\u00e9silienne, en revanche, dit qu&rsquo;elle s&rsquo;est rendue sur le site et n&rsquo;a trouv\u00e9 aucun envahisseur, tandis que la&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fondation_nationale_de_l%27Indien\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Funai<\/a>&nbsp;[dont le dernier pr\u00e9sident a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 par Bolsonaro] n&rsquo;a pas r\u00e9pondu \u00e0 notre \u00e9quipe de reportage.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour Rodrigo Cambar\u00e1, un fonctionnaire de l&rsquo;Institut Chico Mendes pour la conservation de la biodiversit\u00e9, l&rsquo;<a href=\"https:\/\/diplomatique.org.br\/o-retorno-dos-militares-ao-meio-ambiente\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ICMBio,<\/a>&nbsp;avec une exp\u00e9rience dans la lutte contre l&rsquo;exploitation mini\u00e8re en Amazonie, il ne fait aucun doute que quelqu&rsquo;un extrait du minerai sur le site. \u00ab Cette couleur de l&rsquo;eau du fleuve est typique de l&rsquo;exploitation mini\u00e8re alluviale, o\u00f9 l&rsquo;or est m\u00e9lang\u00e9 dans la zone, dans le sable au bord du fleuve \u00bb, garantit Cambar\u00e1, qui a d\u00e9j\u00e0 coordonn\u00e9 l&rsquo;une des unit\u00e9s de conservation les plus probl\u00e9matiques du pays, la for\u00eat nationale de Jamanxim, dans l&rsquo;Etat du Par\u00e1.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour lui, les machines doivent \u00eatre cach\u00e9es quelque part plus haut sur la rivi\u00e8re, et les arrestations ne signifient pas que le probl\u00e8me est r\u00e9solu. \u00ab Ces gars-l\u00e0 ne font pas un point sans un n\u0153ud. Nous arrivons souvent \u00e0 ces endroits et n&rsquo;avons que deux ou trois personnes, les autres ont fui. Ces deux ou trois sont l\u00e0 pour nous faire penser que l&rsquo;op\u00e9ration a r\u00e9ussi et&nbsp;nous l\u00e2chent \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Mitore Kaxuyana, la plus grande crainte est la contamination de l&rsquo;eau des villages par le mercure. \u00ab Cette rivi\u00e8re arrive sur notre territoire et peut contaminer la rivi\u00e8re Paru do Oeste, infectant nos proches qui sont plus au sud \u00bb, m&rsquo;a-t-il dit. La rivi\u00e8re qui appara\u00eet sur les photos est la Mamia, qui&nbsp;na\u00eet sur la montagne du m\u00eame nom, selon Aventino Nakai Kaxuyana Tiriy\u00f3, pr\u00e9sident de l&rsquo;Association des peuples autochtones de Tiriy\u00f3, Kaxuyana et Txikuyana. \u00ab C&rsquo;est la montagne qu&rsquo;ils explorent et elle se trouve juste \u00e0 la fronti\u00e8re des deux pays. Certainement, apr\u00e8s avoir&nbsp;exploit\u00e9 tout l&rsquo;or de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, ils voudront exploiter ce c\u00f4t\u00e9-ci \u00bb, poursuit-il.<br><br><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La base militaire doit prot\u00e9ger la fronti\u00e8re<\/strong><br>\u00c0 moins de 2 km en ligne droite de la \u00a0\u00bb mission \u00a0\u00bb Tiriy\u00f3, o\u00f9 r\u00e9side Mitore Kaxuyana, se trouvent une base de l&rsquo;arm\u00e9e de l&rsquo;air br\u00e9silienne (avec une piste d&rsquo;atterrissage) et le&nbsp;<em>Pelot\u00e3o Especial de Fronteira<\/em>&nbsp;(1\u00b0 PEF) compos\u00e9 de 50 hommes. Le 1er PEF est \u00e0 30 km au nord-est de l&rsquo;exploitation mini\u00e8re. Dans la lettre adress\u00e9e aux autorit\u00e9s br\u00e9siliennes, les chefs demandent \u00ab l&rsquo;envoi d&rsquo;urgence de personnel militaire dans cette zone frontali\u00e8re, avec la cr\u00e9ation d&rsquo;un camp militaire pour le soutien et la protection des familles indig\u00e8nes du village de Mesepituru \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/www.cmn.eb.mil.br\/\" target=\"_blank\">Commandement militaire du Nord<\/a>&nbsp;(CMN) a indiqu\u00e9 que \u00ab l&rsquo;arm\u00e9e avec des troupes du PEF a r\u00e9cemment patrouill\u00e9 sur le site et qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque la pr\u00e9sence d&rsquo;\u00e9trangers illicites et d&rsquo;orpailleurs n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e \u00bb, notant que \u00ab la zone est enti\u00e8rement situ\u00e9e sur le territoire du Suriname, ce qui rend plus difficile l\u2019obtention de donn\u00e9es plus pr\u00e9cises \u00bb. Toujours selon le CMN, il y aura une augmentation du nombre de militaires et \u00ab des&nbsp;liens seront \u00e9tablis avec les agences f\u00e9d\u00e9rales du pays voisin pour renforcer la s\u00e9curit\u00e9 dans la r\u00e9gion \u00bb. L&rsquo;ambassade du Suriname au Br\u00e9sil n&rsquo;a pas r\u00e9pondu \u00e0 notre questionnement.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Angela Kaxuyana, de la Coordination des organisations autochtones de l&rsquo;Amazonie br\u00e9silienne <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/coiab.org.br\/\" target=\"_blank\">(COAIB),<\/a>&nbsp;l&rsquo;arm\u00e9e met trop de temps \u00e0 agir. \u00ab Ce qui nous rend le plus perplexe, c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un territoire situ\u00e9 dans une zone frontali\u00e8re, o\u00f9 il y a la pr\u00e9sence d&rsquo;un peloton de militaires, ce qui devrait au moins \u00eatre un facteur intimidant pour les illicites dans la r\u00e9gion. Mais \u00e7a n&rsquo;en a pas l&rsquo;air \u00bb, se plaint-il.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sence des forces arm\u00e9es \u00e0 Tumucumaque est ancienne : elle remonte aux ann\u00e9es 1960, lorsque les premiers contacts ont \u00e9t\u00e9&nbsp;\u00e9tablis avec les peuples de la r\u00e9gion. La dictature voulait \u00ab civiliser \u00bb les indig\u00e8nes &#8211; ce qui serait fait par les pr\u00eatres franciscains, toujours pr\u00e9sents dans la mission &#8211; et les pr\u00e9parer \u00e0 \u00ab s&rsquo;int\u00e9grer dans la soci\u00e9t\u00e9 br\u00e9silienne \u00bb. L&rsquo;int\u00e9gration se ferait via la&nbsp; route BR-163, qui traverserait le nord du Par\u00e1 jusqu&rsquo;au Suriname. Les travaux ont cependant \u00e9t\u00e9 stopp\u00e9s \u00e0 la hauteur de Santar\u00e9m, sur les rives du fleuve Amazone.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2019, le projet de construction de la route a \u00e9t\u00e9 relanc\u00e9 par le gouvernement de Jair Bolsonaro, afin de contenir une s\u00e9rie de \u00ab menaces \u00bb, comme une invasion improbable des Chinois par le Suriname. Aucune de ces menaces pr\u00e9vues, cependant, n&rsquo;\u00e9tait celle de l&rsquo;exploitation mini\u00e8re &#8211; la plus r\u00e9elle de toutes, comme cela a maintenant \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9.<br><br>La parano\u00efa des invasions&nbsp;par le nord&nbsp;s&rsquo;exprimait par la voix du g\u00e9n\u00e9ral Maynard Marques de Santa Rosa, alors secr\u00e9taire sp\u00e9cial aux affaires strat\u00e9giques de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Lors d&rsquo;une r\u00e9union tenue en avril 2019 au si\u00e8ge de la&nbsp;<a href=\"http:\/\/sistemafaepa.com.br\/faepa\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">F\u00e9d\u00e9ration de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;\u00e9levage du Par\u00e1,<\/a>&nbsp;\u00e0 Bel\u00e9m, Maynard Marques de Santa Rosa a accus\u00e9 la Chine de promouvoir une politique d&rsquo;immigration de masse vers le pays voisin,&nbsp;comme forme d&rsquo;occupation de la fronti\u00e8re avec le Br\u00e9sil. Une autre justification de la construction de la route serait la pr\u00e9tendue campagne mondialiste des ONG internationales pour l&rsquo;occupation de l&rsquo;Amazonie.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;extension de la route fait partie d&rsquo;un projet plus large, le \u00ab Bar\u00e3o de Rio Branco \u00bb, qui comprend&nbsp;aussi la construction d&rsquo;une centrale hydro\u00e9lectrique \u00e0 Oriximin\u00e1 et d&rsquo;un pont sur le fleuve Amazonas dans la ville d&rsquo;\u00d3bidos. Le&nbsp;chantier de tous ces travaux serait le nord du Par\u00e1, une superficie de 28 millions d&rsquo;hectares de for\u00eat pratiquement intacte, de la taille du Royaume-Uni, qui a 80% de son territoire prot\u00e9g\u00e9 par des unit\u00e9s de conservation, des terres indig\u00e8nes et des&nbsp;<em>quilombolas.<\/em>&nbsp;Le trac\u00e9 pr\u00e9vu pour l&rsquo;extension de la route BR-163 couperait quatre unit\u00e9s de conservation, six&nbsp;zones de quilombolas et deux terres indig\u00e8nes &#8211; parmi lesquelles Tumutumaque. La route traverserait \u00e9galement la&nbsp;<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/perso\/contributions\/blog\/billets\/913516\/Reserva%20Nacional%20de%20Cobre%20e%20Associados\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">R\u00e9serve Nationale de Cuivre et associ\u00e9s<\/a>, de 46.450 km2, riche en min\u00e9raux.<\/p>\n\n\n\n<p>Jair Bolsonaro, qui s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 qualifi\u00e9&nbsp;<a href=\"https:\/\/theintercept.com\/2018\/11\/05\/passado-garimpeiro-bolsonaro\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">d&rsquo; \u00ab&nbsp;orpailleur&nbsp;dans l&rsquo;\u00e2me \u00bb,<\/a>&nbsp;a encourag\u00e9 les activit\u00e9s ill\u00e9gales en Amazonie. En novembre de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, il a re\u00e7u un groupe de prospecteurs devant le palais de Planalto et a promis qu&rsquo;il interdirait&nbsp;<a href=\"https:\/\/theintercept.com\/2020\/04\/27\/bolsonaro-destruicao-maquinas-crimes-meio-ambiente\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l&rsquo;incendie des machines saisies<\/a>&nbsp;lors de l&rsquo;inspection de l&rsquo;Ibama. En f\u00e9vrier de cette ann\u00e9e, le pr\u00e9sident a envoy\u00e9 au Congr\u00e8s un&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.camara.leg.br\/proposicoesWeb\/fichadetramitacao?idProposicao=2236765\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">projet de loi<\/a>&nbsp;autorisant l&rsquo;exploitation mini\u00e8re sur les terres autochtones. Deux mois plus tard, trois fonctionnaires de l&rsquo;Ibama &#8211; dont le coordinateur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Inspection de l&rsquo;environnement, Ren\u00ea Luiz de Oliveira &#8211; ont \u00e9t\u00e9 disculp\u00e9s apr\u00e8s une op\u00e9ration de l&rsquo;agence contre les mineurs prospecteurs sur les terres indig\u00e8nes du sud du Par\u00e1.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nouvelle ru\u00e9e vers l&rsquo;or<\/strong><br>L&rsquo;orpaillage est une activit\u00e9 r\u00e9pandue au Suriname. Les estimations indiquent environ&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.documentcloud.org\/documents\/7223156-Artigo-Rafael-Da-Silva-Oliveira.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">quatre mille champs miniers&nbsp;<\/a>dans le pays, qui est l\u00e9g\u00e8rement plus grand que l&rsquo;Etat du Cear\u00e1. Historiquement, cependant, les&nbsp;<em>garimpos<\/em>&nbsp;sont situ\u00e9s dans la r\u00e9gion orientale, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re avec la Guyane fran\u00e7aise. Il y a deux raisons \u00e0 cela. La premi\u00e8re est qu&rsquo;il y a la&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.minasjr.com.br\/os-greenstone-belts-e-a-mineracao\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Greenstone Belt&nbsp;<\/a>(ceinture de Pierre Verte), une formation g\u00e9ologique particuli\u00e8rement favorable \u00e0 la formation de l&rsquo;or. Deuxi\u00e8mement, cette partie du pays est plus facile d&rsquo;acc\u00e8s, car elle poss\u00e8de des routes.<\/p>\n\n\n\n<p>La partie sud, qui&nbsp;a une fronti\u00e8re avec&nbsp;le Br\u00e9sil, n&rsquo;est accessible que par avion via la piste d&rsquo;atterrissage qui appara\u00eet sur l&rsquo;image a\u00e9rienne captur\u00e9e par les peuples autochtones &#8211; et qui a \u00e9t\u00e9 ouverte par le gouvernement du Suriname dans les ann\u00e9es 1960. L&rsquo;exploitation mini\u00e8re qui y est ouverte est ill\u00e9gale, car elle se trouve \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la r\u00e9serve naturelle de Sipaliwini,&nbsp;et \u00e9tait d\u00e9sactiv\u00e9e pendant environ quarante ans. C&rsquo;est pourquoi, selon l&rsquo;Organisation autochtone du Suriname&nbsp;<a href=\"https:\/\/coica.org.ec\/ois\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">(OIS),<\/a>&nbsp;les peuples autochtones du pays voisin sont aussi surpris que les Br\u00e9siliens.<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re la r\u00e9activation de l&rsquo;exploitation aurif\u00e8re se cache la hausse du prix de l&rsquo;or, qui rend \u00e0 nouveau rentables les hauts lieux logistiques. \u00ab C&rsquo;est une r\u00e9gion beaucoup plus ch\u00e8re \u00e0 explorer, car l&rsquo;acc\u00e8s est tr\u00e8s difficile, mais le prix \u00e9lev\u00e9 de l&rsquo;or conduit \u00e0 une reprise de zones qui n&rsquo;\u00e9taient auparavant pas consid\u00e9r\u00e9es comme int\u00e9ressantes \u00bb, explique Gustavo Geiser, un expert de la police f\u00e9d\u00e9rale \u00e0 Santar\u00e9m, qui lutte contre les d\u00e9lits environnementaux dans le nord du Par\u00e1.<\/p>\n\n\n\n<p>La hausse du prix de l&rsquo;or est le reflet de la pand\u00e9mie. L&rsquo;instabilit\u00e9 des march\u00e9s financiers conduit les investisseurs \u00e0 rechercher des actifs plus s\u00fbrs &#8211; l&rsquo;or en fait partie. \u00c0 mesure que la demande augmentait, le prix augmentait. En douze mois, le prix a augment\u00e9 de plus de 25% et, en juillet, a battu&nbsp;<a href=\"https:\/\/www1.folha.uol.com.br\/mercado\/2020\/07\/ouro-bate-recorde-e-se-aproxima-de-us-2-mil-a-onca-troy.shtml#:~:text=O%20pre%C3%A7o%20do%20ouro%20em,a%20US%24%201.945%2C72.\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">un record<\/a>&nbsp;: 10.000 R$ (1.900 US$) les 31 grammes. Selon&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.escolhas.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/TD_04_GARIMPO_A-NOVA-CORRIDA-DO-OURO-NA-AMAZONIA_maio_2020.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">une \u00e9tude de l&rsquo;Institut Escolhas,&nbsp;<\/a>au cours des quatre premiers mois de 2020, la valeur des exportations br\u00e9siliennes d&rsquo;or a augment\u00e9 de 14,9% par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode en 2019 &#8211; sans parler de l&rsquo;exploitation ill\u00e9gale, que personne ne peut estimer. Au cours de la m\u00eame p\u00e9riode, la d\u00e9forestation r\u00e9sultant de l&rsquo;extraction de l&rsquo;or a augment\u00e9 de 13,4 % sur les terres autochtones de l&rsquo;Amazonie br\u00e9silienne, par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re.&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.greenpeace.org\/brasil\/press\/garimpo-aumenta-em-terras-indigenas-e-unidades-de-conservacao-durante-a-pandemia-da-covid-19\/#:~:text=Nos%20quatro%20primeiros%20meses%20de,434%2C9%20hectares%20em%202020.\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">L&rsquo;enqu\u00eate<\/a>&nbsp;est de l&rsquo;ONG Greenpeace, bas\u00e9e sur les donn\u00e9es de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.inpe.br\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l&rsquo;Institut national de recherche spatiale<\/a>&nbsp;(INPE).<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que le crime environnemental se d\u00e9roule de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.oeco.org.br\/colunas\/gustavo-geiser\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Gustavo Geiser&nbsp;<\/a>dit que la police f\u00e9d\u00e9rale ne peut rien faire. Pour lui, c&rsquo;est au gouvernement du Suriname de d\u00e9truire l&rsquo;exploitation mini\u00e8re, ce qui doit \u00eatre fait le plus t\u00f4t possible. \u00ab Le co\u00fbt initial de la recherche du filon d&rsquo;or et de l&rsquo;ouverture de l&rsquo;exploitation aurif\u00e8re est \u00e9lev\u00e9, mais une fois \u00e9tabli, la tendance est de faciliter la t\u00e2che des criminels, de voir plus de monde, la logistique est structur\u00e9e et de l\u00e0 il est de plus en plus difficile de s&rsquo;en sortir \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bilan est le m\u00eame que celui de D\u00e9cio Yokota, coordinateur ex\u00e9cutif adjoint d&rsquo;<a href=\"https:\/\/institutoiepe.org.br\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Iep\u00e9,<\/a>&nbsp;une ONG qui travaille avec les autochtones de Tumucumaque depuis plus de vingt ans. Il explique que l&rsquo;extraction de l&rsquo;or comporte g\u00e9n\u00e9ralement deux phases. La premi\u00e8re est la recherche, lorsque les prospecteurs v\u00e9rifient la quantit\u00e9 d&rsquo;or qui peut se trouver \u00e0 cet endroit. Si la mine est prometteuse, de plus en plus de gens viennent. \u00ab L&rsquo;espoir est qu&rsquo;ils partiront tout de suite, car ils ont d\u00e9couvert que cela n&rsquo;en valait pas la peine. Mais, si cela commence \u00e0 rapporter de l&rsquo;argent, nous verrons rapidement cette affaire&nbsp;tourner \u00bb, pr\u00e9vient-il.<\/p>\n\n\n\n<p>La perspective est un cauchemar dans une r\u00e9gion o\u00f9 la fronti\u00e8re est purement imaginaire. Les peuples autochtones, par exemple, voyagent continuellement entre les deux pays pour rendre visite \u00e0 leurs proches, car les m\u00eames ethnies vivent des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La fronti\u00e8re ne fait aucune diff\u00e9rence, en particulier pour les peuples autochtones isol\u00e9s \u00bb, explique Geiser, se r\u00e9f\u00e9rant aux peuples autochtones qui avaient peu ou pas de contact avec l&rsquo;homme blanc. Selon les donn\u00e9es de la Funai, il existe&nbsp;treize&nbsp; enregistrements de ces peuples dans le nord du Par\u00e1, mais un seul d&rsquo;entre eux a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 et a son territoire d\u00e9limit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Leonardo Lenin, de&nbsp;<a href=\"https:\/\/povosisolados.com\/sobre-2\/#:~:text=O%20Observat%C3%B3rio%20dos%20Direitos%20Humanos,de%20recente%20contato%20no%20Brasil.\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l&rsquo;Observatoire des droits de l&rsquo;homme des peuples autochtones isol\u00e9s et de contact r\u00e9cent (OPI),<\/a>&nbsp;ces groupes sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables, soit en raison de leur sensibilit\u00e9 aux maladies, comme le covid-19, soit en raison de leur d\u00e9pendance totale \u00e0 la nature. Il craint que ces peuples ne soient d\u00e9vast\u00e9s par des projets comme le \u00ab Bar\u00e3o de Rio Branco \u00bb. Et Leonardo d&rsquo;ajouter : \u00ab il y a un nouveau processus d&rsquo;occupation de l&rsquo;Amazonie et des personnes isol\u00e9es sont sur&nbsp;les trac\u00e9s en pr\u00e9vision. Comme c&rsquo;est une r\u00e9gion o\u00f9 les enregistrements de groupes isol\u00e9s ne sont pas confirm\u00e9s, la crainte est grande&nbsp;qu&rsquo;ils soient ignor\u00e9s par ces projets de d\u00e9veloppement \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\"><strong>Fernanda Wenzel<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Br\u00e9sil: l&rsquo;orpaillage ill\u00e9gal, venu du Suriname, menace des villages indig\u00e8nes du Par\u00e1 Publi\u00e9 sur blogs.mediapart.fr 13 OCT. 2020PAR PINDORAMABAHIAFLANEUR Dans les recul\u00e9es terres indig\u00e8nes Tumucumaque, dans l&rsquo;est du Par\u00e1, l&rsquo;orpaillage ill\u00e9gal est d\u00e9j\u00e0 une menace. Une large zone d&rsquo;exploitation a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte il y a quelques semaines et s\u00e8me la panique parmi les communaut\u00e9s habitu\u00e9es &hellip; <a href=\"https:\/\/site.ldh-france.org\/ldh66\/5363-2\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Crimes environnementaux en Amazonie&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":115,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_eb_attr":"","footnotes":""},"categories":[60],"tags":[],"class_list":["post-5363","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ldh"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.8 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Crimes environnementaux en Amazonie -<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/site.ldh-france.org\/ldh66\/5363-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Crimes environnementaux en Amazonie -\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Br\u00e9sil: l&rsquo;orpaillage ill\u00e9gal, venu du Suriname, menace des villages indig\u00e8nes du Par\u00e1 Publi\u00e9 sur blogs.mediapart.fr 13 OCT. 2020PAR PINDORAMABAHIAFLANEUR Dans les recul\u00e9es terres indig\u00e8nes Tumucumaque, dans l&rsquo;est du Par\u00e1, l&rsquo;orpaillage ill\u00e9gal est d\u00e9j\u00e0 une menace. 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