{"id":280,"date":"2020-01-13T11:18:05","date_gmt":"2020-01-13T10:18:05","guid":{"rendered":"http:\/\/site.ldh-france.org\/nanterre\/?p=280"},"modified":"2020-01-13T11:18:05","modified_gmt":"2020-01-13T10:18:05","slug":"retour-grenelle-violences-conjugales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/site.ldh-france.org\/nanterre\/retour-grenelle-violences-conjugales\/","title":{"rendered":"Retour sur le Grenelle des violences conjugales"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center\">En 2019, <strong>plus de 150 femmes<\/strong> sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, victimes de violences conjugales.<\/p>\n<p>Afin de lutter contre cette forme particuli\u00e8re de violence, le gouvernement a lanc\u00e9 le 3 septembre dernier un Grenelle des violences conjugales.<\/p>\n<p>Le 25 novembre dernier, le Premier Ministre, Edouard Philippe, a annonc\u00e9 la cl\u00f4ture du Grenelle et 30 mesures pour lutter contre les violences conjugales.<\/p>\n<p>Si cette d\u00e9marche est louable et a permis de sensibiliser l&rsquo;opinion publique sur la r\u00e9alit\u00e9 de ces violences et le nombre de femmes victimes, ces mesures restent largement insuffisantes.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-288 aligncenter\" src=\"http:\/\/site.ldh-france.org\/nanterre\/files\/2019\/12\/t\u00e9l\u00e9chargement-1.jpg\" alt=\"\" width=\"275\" height=\"183\" \/><\/p>\n<p>Il convient de revenir sur les principales mesures annonc\u00e9es par le gouvernement:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center\">Sur les aspects de protections des femmes victimes de violences<\/h3>\n<p>Le gouvernement promet une batterie de mesures visant \u00e0 prot\u00e9ger les femmes victimes de violence.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Une lib\u00e9ration de la parole et une meilleure prise en charge des plaintes<\/h4>\n<p>Le gouvernement pr\u00e9voit la diffusion d&rsquo;information \u00e0 propos du num\u00e9ro d&rsquo;urgence 39\/19 et l&rsquo;ouverture d&rsquo;ici 2021 de 80 postes suppl\u00e9mentaires d&rsquo;intervenants sociaux dans les commissariats et gendarmeries, une prise en charge m\u00e9dico-sociale renforc\u00e9e, une meilleure prise en charge des enfants t\u00e9moins de ces violences quotidiennes.<\/p>\n<p>Si cette d\u00e9marche est louable, les moyens financiers sont insuffisants pour mettre en oeuvre une telle politique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Le 29 juillet dernier, le gouvernement annon\u00e7ait la cr\u00e9ation du \u00ab\u00a0Fonds Catherine\u00a0\u00bb d&rsquo;un million d&rsquo;euros uniquement destin\u00e9 aux associations locales de lutte contre ces violences.<\/p>\n<p>Un budget qualifi\u00e9 \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9norme\u00a0\u00bb par la secr\u00e9taire d&rsquo;Etat, mais qui reste cependant insuffisant selon certaines associations, comme le collectif de lutte contre les violences faites aux femmes #NousToutes qui r\u00e9clame 1 milliard d&rsquo;euros pour obtenir une r\u00e9ponse suffisante contre ces violences.<\/p>\n<p>Selon le Haut Conseil \u00e0 l&rsquo;Egalit\u00e9, le budget actuel consacr\u00e9 aux violences conjugales atteindrait 79 millions d&rsquo;euros.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Source: blog de M\u00e9diapart :<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">\u00ab\u00a0Grenelle des violences conjugales, retour sur la premi\u00e8re rencontre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">du 29 octobre 2019<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n<h4 style=\"text-align: center\">Le bracelet anti-rapprochement<\/h4>\n<p>Ce dispositif, qui permet de g\u00e9olocaliser et maintenir \u00e0 distance les conjoints et ex-conjoints violents par le d\u00e9clenchement d&rsquo;un signal en cas de franchissement du p\u00e9rim\u00e8tre pr\u00e9vu, a fait consensus au sein de l&rsquo;h\u00e9micycle.<\/p>\n<p>Le gouvernement souhaite mettre en place ce dispositif d\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 2020, en s&rsquo;inspirant du mod\u00e8le espagnol notamment.<\/p>\n<p>Le projet de loi pr\u00e9voit la g\u00e9n\u00e9ralisation du dispositif pouvant \u00eatre d\u00e9cid\u00e9 tant par le juge p\u00e9nal que le juge civil, sous r\u00e9serve que le conjoint ou ex-conjoint violent y consente. En cas de refus, d&rsquo;autres mesures pourraient alors \u00eatre envisag\u00e9es (la d\u00e9tention provisoire, l&rsquo;absence d&rsquo;am\u00e9nagement de peine en cas de condamnation, avis imm\u00e9diat au Procureur de la R\u00e9publique si le refus est effectu\u00e9 devant le Juge aux Affaires Familiales etc).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">L&rsquo;ordonnance de protection et le t\u00e9l\u00e9phone grave danger, des mesures renforc\u00e9es<\/h4>\n<aside class=\"item_first\">\n<p class=\"link_eta\">\n<\/aside>\n<p>L&rsquo;ordonnance de protection est un instrument juridique introduit dans le code civil en 2010. Elle permet aux femmes victimes de violence d&rsquo;obtenir une protection judiciaire pour elles et leur enfant, d\u00e9livr\u00e9e par un Juge aux Affaires Familiales.<\/p>\n<p>L&rsquo;objectif affich\u00e9 par le gouvernement est de g\u00e9n\u00e9raliser l&rsquo;utilisation de l&rsquo;ordonnance de protection, ainsi que le t\u00e9l\u00e9phone grave danger, pour que ces dispositifs prot\u00e8gent plus de femmes victimes de violences.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Des centres d&rsquo;h\u00e9bergements non-mixtes<\/h4>\n<p>Une des questions fondamentales pos\u00e9es lors de ce Grenelle portait sur l&rsquo;accueil des femmes victimes de violences conjugales. Cet accueil se doit d&rsquo;\u00eatre effectu\u00e9 en priorit\u00e9 dans des centres sp\u00e9cialis\u00e9s. Des associations ont \u00e9mis l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;inscrire les femmes victimes de violences comme prioritaires dans leur demande de logement. Cette hypoth\u00e8se a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par le gouvernement.<\/p>\n<p>Toutefois, une avanc\u00e9e majeure est faite. Les femmes victimes de violences devront se rendre dans des centres sp\u00e9cialis\u00e9s, \u00e0 d\u00e9faut de places, elles pourront \u00eatre h\u00e9berg\u00e9es dans des centres g\u00e9n\u00e9ralistes non-mixtes afin d&rsquo;\u00e9viter de c\u00f4toyer des hommes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">La volont\u00e9 d&rsquo;une justice plus protectrice<\/h4>\n<p>Une des grandes mesures dont se f\u00e9licitent la plupart des associations est la fin de la m\u00e9diation p\u00e9nale comme alternative aux poursuites en cas de litige devant le juge aux affaires familiales.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres dispositions l\u00e9gislatives vont \u00e9galement \u00eatre modifi\u00e9es: les enfants n&rsquo;auront plus \u00e0 payer pour les besoins d&rsquo;un p\u00e8re qui aurait assassin\u00e9 leur m\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame sens, l&rsquo;autorit\u00e9 parentale sera retir\u00e9e syst\u00e9matiquement lorsque les violences commises par le mari ont entra\u00een\u00e9 le d\u00e9c\u00e8s de sa femme.<\/p>\n<p>La possibilit\u00e9 de d\u00e9roger au secret m\u00e9dical fait \u00e9galement partie des correctifs apport\u00e9s par le gouvernement. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, les m\u00e9decins qui d\u00e9non\u00e7aient aux autorit\u00e9s des faits de violences conjugales pouvaient se voir eux-m\u00eames mis en cause pour violation du secret m\u00e9dical. Dor\u00e9navant, sous une proc\u00e9dure strictement encadr\u00e9e juridiquement, les m\u00e9decins pourront d\u00e9roger au secret m\u00e9dical s&rsquo;ils estiment que la vie de la femme victime de violence est en danger imminent.<\/p>\n<p>Tous ces \u00e9l\u00e9ments apparaissent comme des correctifs de lois pr\u00e9existantes.<\/p>\n<p>La grande nouveaut\u00e9 annonc\u00e9e par Edouard Philippe tient aux aspects p\u00e9naux abord\u00e9s lors du Grenelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center\">La notion d&rsquo; \u00ab\u00a0emprise conjugale\u00a0\u00bb, une d\u00e9finition des violences psychologiques ?<\/h3>\n<p>Le Premier ministre annonc\u00e9 l&rsquo;inscription dans le code p\u00e9nal de la notion d&#8217;emprise conjugale comme \u00e9tant <em>\u00ab\u00a0la prise de possession d&rsquo;un membre du couple par l&rsquo;autre, de mani\u00e8re progressive et implacable, et qui s&rsquo;apparente \u00e0 un enfermement \u00e0 l&rsquo;air libre\u00a0\u00bb<\/em>. Edouard Philippe a ajout\u00e9 :<em>\u00ab\u00a0on va dire aux femmes qu&rsquo;elles ne sont pas \u00e0 l&rsquo;origine de ce qui leur arrive mais qu&rsquo;elles en sont victimes et on peut traiter les violences psychologiques comme les violences physiques\u00a0\u00bb.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Les violences psychologiques sont une notion non juridique encore mal encadr\u00e9 par le droit. Elles\u00a0 sont tr\u00e8s mal reconnues par la justice. En droit, les violences psychologiques au sein du couple sont reconnues comme un d\u00e9lit depuis 2010. Ce d\u00e9lit n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre renforc\u00e9 avec les modifications l\u00e9gislatives r\u00e9centes (pour l&rsquo;\u00e9tendre notamment aux faits commis en pr\u00e9sence de mineurs).<\/p>\n<blockquote><p>Au sens de l&rsquo;article 222-33-2-1 du code p\u00e9nal, le fait de \u00ab\u00a0harceler son conjoint, son partenaire li\u00e9 par un pacte civil de solidarit\u00e9 ou son concubin par des propos ou comportement r\u00e9p\u00e9t\u00e9s ayant pour objet ou effet une d\u00e9gradation de ses conditions de vie se traduisant par une alt\u00e9ration de sa sant\u00e9 physique ou mentale est puni:<\/p>\n<ul>\n<li>de 3 ans d&#8217;emprisonnement et 45 000 euros d&rsquo;amende lorsque ces faits\u00a0ont caus\u00e9 une incapacit\u00e9 totale de travail inf\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 huit jours ou n&rsquo;ont entra\u00een\u00e9 aucune incapacit\u00e9 de travail<\/li>\n<li>et de 5 ans et de 75 000 euros d&rsquo;amende lorsqu&rsquo;ils ont caus\u00e9 une incapacit\u00e9 totale de travail sup\u00e9rieur \u00e0 huit jours ou ont \u00e9t\u00e9 commis alors qu&rsquo;un mineur \u00e9tait pr\u00e9sent et y a assist\u00e9\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi, inscrire le terme d&rsquo; \u00ab\u00a0emprise conjugale\u00a0\u00bb dans le code p\u00e9nal appara\u00eet plus comme un symbole plus qu&rsquo;une n\u00e9cessit\u00e9 juridique, les faits entrant dans le champ d&rsquo;application de l&rsquo;article 222-33-2-1 du code p\u00e9nal. Des outils juridiques existent d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center\">Le \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb dans le code p\u00e9nal ?<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb est un terme apparu dans les ann\u00e9es 1970 sous l&rsquo;influence de la doctrine f\u00e9ministe anglo-saxonne. La notion est ensuite th\u00e9oris\u00e9e en 1992 et renvoie au latin\u00a0<em>cide<\/em> \u00ab\u00a0qui tue\u00a0\u00bb et\u00a0<em>femina\u00a0<\/em>\u00ab\u00a0femme\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Un terme politis\u00e9<\/h4>\n<p>La notion d\u00e9velopp\u00e9e par Russel et Radford va plus loin dans la notion de \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb. Le terme est employ\u00e9 pour mettre en avant l&rsquo;aspect patriarcal des rapports homme\/femme. Le \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb devient alors un outil de maintien et de domination masculine.<\/p>\n<p>Toutefois en son sens premier, le \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb renvoie au fait de tuer une femme parce qu&rsquo;elle est une femme. La tendance a faire diverger le sens premier du terme \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb est \u00e9minemment politique.<\/p>\n<p>Le terme \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb poss\u00e8de en lui-m\u00eame une part de partialit\u00e9 et une forme de jugement <em>a priori<\/em>. Il laisse supposer une forme de sexisme, voire de misogynie. La qualification de \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb repose sur une construction sociale qu&rsquo;il convient de d\u00e9construire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Un terme qui porte atteinte au principe d&rsquo;\u00e9galit\u00e9<\/h4>\n<p>Le \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb ne vise \u00e0 s&rsquo;appliquer qu&rsquo;en faveur des femmes. Une seule cat\u00e9gorie de population est donc vis\u00e9e par cette notion. Un traitement diff\u00e9rent sera donc appliqu\u00e9 entre les hommes victimes de violences conjugales et les femmes victimes des m\u00eames faits.<\/p>\n<p>Cela porte atteinte \u00e0 un certain nombre de droits et libert\u00e9s prot\u00e9g\u00e9s par la D\u00e9claration des Droits de l&rsquo;Homme et du Citoyen et par la Convention Europ\u00e9enne de Sauvegarde des Droits de l&rsquo;Homme et des Libert\u00e9s Fondamentales.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Une protection juridique suffisante<\/h4>\n<p>Juridiquement, le terme \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb n&rsquo;appara\u00eet pas dans le code p\u00e9nal . En effet, des dispositions p\u00e9nales actuelles permettent d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;appr\u00e9hender cette notion.<\/p>\n<blockquote><p>En ce sens, l&rsquo;article 222-4 du code p\u00e9nal dispose:<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb le meurtre est puni de la r\u00e9clusion criminelle \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 lorsqu&rsquo;il est commis par le conjoint ou le concubin de la victime ou le partenaire li\u00e9 \u00e0 la victime par un pacte civil de solidarit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;article 132-80 du code p\u00e9nal pr\u00e9voit \u00e9galement que:<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb dans les cas respectivement pr\u00e9vus par la loi ou le r\u00e8glement, les peines encourues pour un crime, un d\u00e9lit ou une contravention sont aggrav\u00e9es lorsque l&rsquo;infraction est commise par le conjoint, le concubin ou le partenaire li\u00e9 \u00e0 la victime, y compris lorsqu&rsquo;ils ne cohabitent pas.<\/p>\n<p>La circonstance aggravante pr\u00e9vue au premier alin\u00e9a est \u00e9galement constitu\u00e9e lorsque les faits sont commis par l&rsquo;ancien conjoint, le concubin ou le partenaire li\u00e9 \u00e0 la victime par un pacte civil de solidarit\u00e9. Les dispositions du pr\u00e9sent alin\u00e9a sont applicables d\u00e8s lors que l&rsquo;infraction est commise en raison des relations ayant exist\u00e9 entre l&rsquo;auteur des faits et la victime\u00a0\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les faits pour lesquels une femme est tu\u00e9e par son mari sont donc qualifi\u00e9s juridiquement d&rsquo;homicide volontaire avec circonstances aggravantes tenant \u00e0 la relation entre la victime et l&rsquo;auteur.<\/p>\n<p>Outre ces dispositions , le code p\u00e9nal pr\u00e9voit \u00e9galement une s\u00e9rie d&rsquo;incriminations visant \u00e0 sanctionner les comportements entra\u00eenant des faits de violences, notamment:<\/p>\n<blockquote>\n<ul>\n<li>les violences physiques (aux articles 222-8 et suivants du code p\u00e9nal)<\/li>\n<li>le harc\u00e8lement moral (\u00e0 l&rsquo;article 222-33-2-1 du code p\u00e9nal)<\/li>\n<li>les agressions sexuelles (\u00e0 l&rsquo;article 222-22 du code p\u00e9nal)<\/li>\n<li>le viol (\u00e0 l&rsquo;article 222-24 du code p\u00e9nal)<\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avec redondance, le gouvernement souhaite ajouter un arsenal r\u00e9pressif alors qu&rsquo;il existe un encadrement juridique appropri\u00e9 \u00e0 ce type de fait. Cette annonce d&rsquo;Edouard Philippe s&rsquo;apparente plus \u00e0 une volont\u00e9 de r\u00e9pondre aux nombreuses critiques de l&rsquo;opinion publique sur la probl\u00e9matique des violences faite aux femmes qu&rsquo;\u00e0 une r\u00e9elle r\u00e9ponse juridique pour faire cesser ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p>L\u2019adoption du terme f\u00e9minicide dans le code p\u00e9nal n\u2019apporte rien \u00e0 la lutte contre les violences faites aux femmes.<\/p>\n<blockquote><p>La Commission nationale consultative des droits de l\u2019homme (CNCDH) a r\u00e9cemment affirm\u00e9 que:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0l&rsquo;introduction du terme \u00ab\u00a0f\u00e9minicide\u00a0\u00bb dans le code p\u00e9nal ne semble pas opportun pour la CNCDH, dans la mesure o\u00f9 elle comporterait le risque de porter atteinte \u00e0 l&rsquo;universalisme du droit et pourrait m\u00e9conna\u00eetre le principe d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de tous devant la loi p\u00e9nale, d\u00e8s lors qu&rsquo;elle ne viserait que l&rsquo;identit\u00e9 f\u00e9minine de la victime\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Avis sur les violences contre les femmes et les f\u00e9minicides, 26 mai 2016<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center\">Le Grenelle sur les violences conjugales, un bilan en demie teinte<\/h3>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center\">Le succ\u00e8s historique de la manifestation du 23 novembre 2019 t\u00e9moigne du fait que les violences sexuelles et sexistes ont aujourd\u2019hui trouv\u00e9 un \u00e9cho in\u00e9dit dans l\u2019opinion publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Pour le gouvernement, le moment est donc venu de montrer qu\u2019il entend prendre en compte le niveau d\u2019exigence et de mobilisation qui s\u2019est ainsi exprim\u00e9 partout en France. Les annonces faites apr\u00e8s le Grenelle des violences conjugales auraient d\u00fb \u00eatre l\u2019occasion de montrer qu\u2019il s\u2019agit bien de faire de cette question \u00ab\u00a0une grande cause nationale\u00a0\u00bb, comme l\u2019avait annonc\u00e9 le candidat Macron.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Les propositions faites ce 25 novembre 2019 comportent certes des aspects positifs, mais elles restent tr\u00e8s insuffisantes. Centr\u00e9es sur un renforcement de l\u2019arsenal r\u00e9pressif et sur quelques modifications l\u00e9gislatives, elles reprennent parfois des mesures d\u00e9j\u00e0 existantes et, globalement, s\u2019apparentent davantage \u00e0 des corrections qu\u2019\u00e0 une r\u00e9volution en profondeur des institutions, alors m\u00eame qu\u2019un r\u00e9cent rapport a mis en lumi\u00e8re les s\u00e9rieux dysfonctionnements de la justice. On peut notamment regretter que ne soit pas \u00e9voqu\u00e9e la question des femmes d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re victimes de violences. Il est pourtant indispensable que soient mises en place des dispositions qui permettraient de mieux appr\u00e9hender toutes les situations de pr\u00e9carit\u00e9 administratives auxquelles celles-ci sont encore confront\u00e9es et que l\u2019octroi de l\u2019asile leur soit facilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Une fois de plus, le gouvernement s\u2019est tourn\u00e9 vers un renforcement de la r\u00e9pression, en faisant peu de cas de la pr\u00e9vention avant que des violences ne soient commises. Sans tout un travail pluri-professionnel de pr\u00e9vention, le slogan \u00ab\u00a0Pas une de plus\u00a0\u00bb restera un v\u0153u pieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">La LDH demande que les moyens financiers n\u00e9cessaires soient effectivement mobilis\u00e9s pour former l\u2019\u00e9ventail des professionnels en contact avec les victimes, \u00e0 commencer dans la police et la gendarmerie pour le moment crucial de la plainte. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019attendre les r\u00e9sultats d\u2019un audit sur le sujet. De m\u00eame, les moyens financiers importants sont n\u00e9cessaires pour que la France tienne ses engagements au regard de la Convention d\u2019Istanbul, notamment en mati\u00e8re de cr\u00e9ation d\u2019h\u00e9bergements d\u00e9di\u00e9s aux femmes victimes de violences conjugales, de lutte contre les violences \u00e9conomiques ou pour rendre plus large et effectif le recours aux ordonnances de protection. Il convient \u00e9galement de prendre des mesures pour assurer la prise en charge des enfants t\u00e9moins d\u2019homicides conjugaux. Le soutien aux associations ne doit pas se faire en les mettant en concurrence, ni en leur donnant via l\u2019Etat ce qu\u2019on leur retire via les collectivit\u00e9s territoriales rendues exsangues. Enfin, la justice dans son ensemble doit avoir les moyens de fonctionner convenablement pour que les d\u00e9lais ne soient pas tellement longs qu\u2019ils en deviennent dissuasifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Avec les 360 millions de cr\u00e9dits annonc\u00e9s, on est loin d\u2019un budget de rupture et du milliard d\u2019euros demand\u00e9 par les associations f\u00e9ministes. S\u2019il y a, dans les annonces du gouvernement, un certain nombre de mesures int\u00e9ressantes et techniques, on attend encore un projet d\u2019ampleur et transversal, qui se donne les moyens humains et financiers de ses ambitions affich\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><a href=\"https:\/\/www.ldh-france.org\/une-somme-dannonces-techniques-et-repressives-ne-fait-pas-une-politique-ambitieuse-contre-les-violences-sexuelles-et-sexistes\/\">Communiqu\u00e9 du site national, 25 novembre 2019<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n<h4 style=\"text-align: center\">La section de Nanterre rappelle qu&rsquo;un<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span style=\"color: #ff0000\">Centre d&rsquo;Information du Droit des Femmes et des Familles\u00a0 (CIDFF)<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center\">a son si\u00e8ge \u00e0 Nanterre.<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center\">Cette association a pour objectif de sensibiliser sur les probl\u00e9matiques li\u00e9es aux violences faite aux femmes. Des juristes sont \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute et aident ces femmes \u00e0 sortir de ce syst\u00e8me de violence.<\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center\"><a href=\"http:\/\/hautsdeseine-nord.cidff.info\/\">Pour plus d&rsquo;informations, cliquer ici<\/a><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">R\u00e9dig\u00e9 par Cannelle LUJIEN<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2019, plus de 150 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, victimes de violences conjugales. 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