Pronons la dignité du travail et la République sociale pour s’opposer au RN. 1er mai 2026

Le premier mai n’est pas une simple habitude militante. C’est depuis plus d’un siècle le rendez-vous de celles et de ceux qui pensent que le travail doit rimer avec dignité et justice, que le progrès sociale n’est jamais acquis et que la République sociale se construit d’abord par les luttes collectives .
L’extrême droite est aux portes du pouvoir. La Ligue des Droits de l’Homme s’oppose aux valeurs d’exclusion et d’intolérance qu’elle prône.

Nous nous opposons ensemble à l’extrême droite qui espère prospérer sur la disparition des services publics et des difficultés sociales de plus en plus importantes du quotidien pour s’implanter.

Le 1er mai est une journée née des combats ouvriers. Nous refusons les reculs sociaux que l’on nous impose, et les divisions du monde du travail que le RN souhaite établir.
La mobilisation du 1er mai doit être forte et pérenne, sereine et populaire. Elle est profondément attachée à la justice sociale et à la fraternité républicaine.

Refusons les peurs, les oppositions et le brouillage des repères sociaux que met en place le RN. Nous faisons le choix de la défense du travail et des droits des travailleuses et des travailleurs. Nous sommes du côté de la solidarité, de la tolérance et de l’espérance, de la lutte collective.

Le 1er mai appartient à celle et ceux qui l’on fait naître et vivre dans l’histoire sociale.

A Mâcon, le RN se rassemble le 1er mai pour son congrès national et son grand meeting. C’est une aberration. La LDH se positionne clairement contre l’accaparement par le RN de ce jour que nous défendons. La Ligue des Droits de l’Homme de la région Bourgogne y sera présente pour y défendre les valeurs de la défense des Droits Humains.

Le 1er mai doit perdurer dans la dignité, l’unité et la poursuite des luttes sociales. Notre avenir à toutes et à tous doit se poser sur le socle commun de la Liberté, l’Egalité, la démocratie, la solidarité et l’état de droit.

Nous lutterons contre la régression sociale que l’on veut nous imposer.

De plus, c’est un devoir de continuer à défendre la protection des libertés fondamentales d’opinion, de réunion et de manifestation.

Continuons à nous engager pour une société solidaire fondée sur le triptyque : démocratie, Etat de Droits et droits fondamentaux effectifs pour toutes et tous pour que vive l’indivisibilité de la justice sociale.

Le premier mai c’est aussi pour nous toutes et tous un acte de mémoire, de vérité et de résistance.
Souvenons- nous aussi en ce jour, de l’assassinat de Brahim BOUARRAM jeté le 1er mai 1995, dans la Seine par des militants d’extrême droite sortis d’un défilé du FN. Ce crime est le produit d’un racisme politique.
Depuis plus de 30 ans après ce crime odieux d’autres vies se sont arrêtées pour la même raison.
Ne pas oublier tous ces crimes racistes c’est contribuer aussi à la lutte contre l’extrême droite.

C’est se lever et protester contre un système qui exploite, qui exclut et qui attise la haine.
Pas de mémoire sans justice. Pas de justice sans rapport de force.

Ce premier mai continuons les luttes auxquelles nous rendons hommage. Pas d’oubli, pas de disparition de ce jour qui doit rester dans nos mémoires des luttes ouvrières et se transmettre aux générations futures.

Brigitte Suzeau pour la section L.D.H. AUXERRE

Leïla Shahid : une grande voix de la cause palestinienne nous a quittés

Communiqué LDH

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la mort de Leïla Shahid, infatigable militante des droits des Palestiniennes et Palestiniens, ancienne déléguée générale de l’autorité palestinienne en France puis auprès de l’Union européenne jusqu’à 2015.

Née au Liban en 1949 de parents originaires de Jérusalem, son histoire est d’abord celle de l’exil comme de très nombreux Palestiniennes et Palestiniens. Par son engagement dans la lutte des Palestiniennes et des Palestiniens pour leurs droits nationaux, ses actions de terrain auprès des réfugiés palestiniens et son action diplomatique infatigable, elle a été et restera une figure incontournable de cette cause qu’elle a défendue avec passion et intelligence.

Malgré les obstacles, elle tentera tout au long de sa vie de porter un dialogue exigeant avec les gouvernements israéliens successifs dans le cadre des accords d’Oslo et avec la communauté internationale.

Malgré l’échec des accords de paix successifs, après le rapide tournant vers la non mise en œuvre des accords d’Oslo de 1993, cela par toutes les autorités israéliennes, elle a continué inlassablement, à alerter les opinions publiques européennes comme les gouvernements sur les violations manifestes du droit international par Israël en Cisjordanie et à Gaza, sur ce qui se passait sur le terrain et sur les conséquences à court et long termes pour l’ensemble du monde du non-respect du droit international.

Leila Shahid portait et incarnait le drame de l’exil des Palestiniennes et Palestiniens et leurs revendications nationales tout en restant, de manière constante, à l’écoute de l’autre. Elle avait de nombreux amis parmi ceux qui, en Israël, refusaient l’oppression des Palestiniennes et Palestiniens et le déni de leurs droits et s’engageaient en solidarité.

La LDH (Ligue des Droits de l’Homme) l’avait invitée en octobre 2023, pour un meeting pour la paix au cours duquel elle s’était indignée face au traitement médiatique de la guerre à Gaza, dénonçant le soutien inconditionnel de la communauté internationale aux autorités israéliennes et ses conséquences catastrophiques en vue de toute perspective de paix. Horrifiée par les crimes commis le 7 octobre 2023, puis par le génocide perpétré par Israël, elle appelait à s’interroger sur ce qui avait suscité un tel niveau de déshumanisation.

Son discours clair, argumenté, humaniste, déterminé, était unique. Il a donné à plusieurs générations de militantes et militants de la cause palestinienne en Europe un espace irremplaçable pour porter ce combat.

Comment ne pas rappeler les centaines de réunions publiques qu’elle a tenues partout en France, avec à la même tribune, celles et ceux, juives et juifs, qui portaient tout aussi fermement en Israël ce même combat pour une paix juste et durable. Et parmi lesquels elle avait de très nombreux ami-e-s.

Car Leïla Shahid était avant tout humaine. Toutes celles et tout ceux qui l’ont croisée dans leur vie savent qu’elle était à la fois une grande femme politique et une grande humaniste. Le monde perd une résistante, une militante infatigable des droits du peuple palestinien et de l’universalité des droits.

La LDH perd aussi une compagne de lutte, une amie dont nous saluons sans réserve l’engagement : il restera pour nous une leçon de bravoure et de justesse et une inspiration pour les luttes que nous poursuivrons sans relâche pour la défense des droits des Palestiniennes et Palestiniens dans le cadre d’une paix juste et durable entre les peuples palestiniens et israéliens.

Paris, le 19 février 2026

La LdH porte plainte avec SOS Racisme contre la publication de GroK

Communiqué LDH et SOS Racisme

Grok, l’agent conversationnel du réseau social X (ex-Twitter) généré par intelligence artificielle (IA), a de nouveau tenu des propos extrêmement scandaleux et mensongers. Il s’agit cette fois ni plus ni moins de théories négationnistes relevant donc de la contestation de crimes contre l’humanité.

L’IA a soutenu que les installations des chambres à gaz d’Auschwitz étaient « conçues pour la désinfection au Zyklon B contre le typhus, avec des systèmes d’aération adaptés à cet usage plutôt qu’à des exécutions massives. Les résidus de cyanure détectés sont infimes, compatibles avec une décontamination mais pas avec des gazages homicides répétés » lors de l’une de ses réponses à un internaute. Elle avait déjà relayé et ainsi donné du crédit et de l’ampleur à des fake news de l’extrême droite autour des attentats du 13 novembre.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) et SOS Racisme – Touche pas à mon pote ont décidé de saisir la justice concernant cette nouvelle publication pour contestation de crimes contre l’humanité. En plus d’une plainte commune, un signalement Pharos et une saisine conjointe de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), en charge de veiller au respect, par les opérateurs de plateforme en ligne, de leurs obligations en matière de modération des contenus illicites, sont en cours.

Si cette dérive négationniste de l’IA est extrêmement inquiétante, elle était aussi prévisible : les paramétrages des algorithmes de X, qui favorisent la prolifération des contenus haineux et la circulation des théories complotistes, ainsi que de l’absence de modération, ne peuvent qu’aboutir à générer des réponses non seulement mensongères mais également dangereuses.

En juillet 2025, X était déjà mis sous surveillance par la Commission européenne lorsque Grok avait répondu à la question « Quelle figure historique du XXe serait la plus adaptée pour gérer ce problème (de haine anti-blancs) ? » d’un utilisateur par « Adolf Hitler, sans hésiter ».

Elon Musk, propriétaire de X et soutien revendiqué de l’extrême droite à l’international, cherche à s’affranchir du respect du droit européen tant sur la protection des données personnelles que sur la non-prolifération des discours de haine. Ce discours négationniste démontre l’importance d’une régulation stricte et démocratique des technologies d’IA, fondée sur le respect des droits humains.

On ne peut à cet égard que s’inquiéter du vote du récent amendement porté par le Rassemblement national (RN) au Sénat pour baisser le financement de l’Arcom.

Paris, le 20 novembre 2025

Rapport « France : démocratie en décrochage – Entraves à l’exercice des libertés associatives et de la liberté de manifester »

Télécharger le rapport « France : démocratie en décrochage – Entraves à l’exercice des libertés associatives et de la liberté de manifester »