L’évolution des conditions de vie a été, dans l’histoire, un moteur essentiel de l’évolution des droits. Cette relation a été constructive depuis le « siècle des lumières », mais plus encore depuis la grande accélération de la croissance économique après la seconde guerre mondiale et s’est traduit par un bond en avant des droits individuels, sociaux et collectifs, par une reconnaissance de la dignité humaine et une réduction progressive des inégalités sociales. Mais depuis les années 1990 on assiste à l’évolution concomitante de phénomènes sociaux et naturels planétaires de régression : le dérèglement climatique, la brutale extinction de la biodiversité, l’atteinte des limites des ressources fossiles, une renaissance de formes violentes de précarité, d’exclusion, de maladies chroniques, de stress psychologique, de racisme, de suprématisme, sous toutes les latitudes. Autant de facteurs de l’évolution des conditions de vie, générateurs de dislocation des solidarités sociales et de l’édifice juridique patiemment construit depuis Montesquieu. Tout se passe comme si l’évolution paroxysmique de l’amélioration des conditions de vie conduisaient aujourd’hui à la destruction progressive des droits. Néanmoins cette bascule historique est peut-être l’électrochoc nécessaire au réveil des consciences humaines.
Olivier Rüe
membre du bureau de la section LDH de Châtellerault
Article du Châtellerault Libertés n°44