Manifestation pour la paix du 18 avril 2026

Prise de paroles de Philippe Pineau président de la section de Châtellerault

Longtemps la vie des hommes a été rythmée par la périodicité plus ou moins rapprochée des guerres menées entre puissances, entre maisons royales, entre États, pour des intérêts matériels et des valeurs martiales très éloignés du bien public, du bonheur commun, de la liberté chérie. Les gens ne mourraient pas tous, mais beaucoup étaient frappés par les engins de mort dans ces guerres menées contre leur gré.
Le XXe siècle que beaucoup de nous aujourd’hui présents ont connu a certainement été le siècle le plus épouvantable, le plus dévastateur, le plus horrible de l’humanité. Et puis le désir de vie a pris le pas sur la programmation de mort. Timidement après la Première Guerre mondiale, car les Empires continuaient à rivaliser au mépris des peuples colonisés asservis ; plus sérieusement après la Seconde Guerre mondiale avec l’Accord de Londres, dit Statut de Nuremberg, en 1945 pour les tribunaux de Nuremberg et de Tokyo. Ils étaient des tribunaux militaires, et les gens du peuple ont mille raisons de se méfier des tribunaux militaires. Mais le combat victorieux contre le fascisme et le nazisme a permis d’asseoir des concepts aussi lumineux et éclairants que le « crime contre la paix et la sécurité de l’humanité ». Pour autant, des guerres coloniales ont continué à entretenir un climat d’horreur, de terreur et de misère dont les principales victimes, comme toujours, ont été les populations civiles, et parmi elles, les enfants, l’avenir du genre humain. Alors il fallait combattre pour ne pas vivre à genou. Et la liberté était souvent au bout du fusil, tant il est vrai que la résistance à l’oppression est un des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme (Art. 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).
Au XXIe siècle, le « crime contre la paix et la sécurité de l’humanité », « crime international suprême », disait-on à Nuremberg, car il contient tous les crimes de guerre, change de nom avec la création du Statut de Rome de la Cour pénale internationale pour devenir « crime d’agression », notion qui existait avant la Seconde Guerre mondiale. En droit international, le concept reste le même. Il est peut-être plus parlant. Par exemple, lorsque la Russie attaque l’Ukraine ; lorsque Israël envahit l’État de Palestine et le Liban ; lorsque les États-Unis agressent l’Iran ou menacent le Groenland, ou la Chine Taïwan. Le concept est moins parlant lorsque les populations sont ravagées par des guerres civiles, comme au Soudan. Gardons en tête que le crime d’agression, crime imprescriptible, est le crime contre la paix et la sécurité de l’humanité. Un crime contre le désir de vie, et qu’il est naturel pour nous, citoyennes et citoyens, de hurler pour que les hommes ne soient jamais en servitude, mais libres et égaux en dignité et en droits, partout. Ne pas consentir au crime, c’est aimer la douceur de la paix.

Rapport annuel 2025 de « l’Observatoire Poitou Charentes des Libertés publiques »

Menace sur la santé humaine

En 2024, le lien a été établi entre l’épidémie du cancer et les taux de pollution de l’eau contaminée par les pesticides et les PFAS, les « polluants éternels ». Pourtant le 13 novembre 2025 le parlement européen a adopté une décision visant à vider de sa substance la directive sur le devoir de vigilance sociale et environnementale des grandes entreprises (agricoles et industrielles). Le 1erdécembre 2025 la Direction Générale de la Santé de la commission européenne a proposé une directive d’autorisation illimitée de la plupart des pesticides, soit une régression de 30 ans de la réglementation. Le 11 décembre 2025 des agriculteurs de la FNSEA et de la Coordination Rurale ont bloqué la tenue d’une réunion à Châteaubourg de validation du Schémas d’Aménagement et de gestion de l’eau de 6 départements qui prévoyait l’interdiction des herbicides du maïs dans les zones de captage d’eau potable. Le 13 décembre un collectif de 114 organisations de protection des droits et de l’environnement dont la LDH ont demandé le retrait de la décision du 13 novembre d’autoriser des pesticides. Par ces exemples se dessine, en violation de la Charte de l’environnement de 2004, une alliance mortifère pour la santé humaine entre grandes entreprises, les syndicats agricoles productivistes et partis réactionnaires pour lever les protections de qualité sanitaire de l’eau potable.

Olivier Rüe
membre du bureau de la section LDH de Châtellerault
Article du Châtellerault Libertés n°43

Bascule de l’évolution des droits ?

L’évolution des conditions de vie a été, dans l’histoire, un moteur essentiel de l’évolution des droits. Cette relation a été constructive depuis le « siècle des lumières », mais plus encore depuis la grande accélération de la croissance économique après la seconde guerre mondiale et s’est traduit par un bond en avant des droits individuels, sociaux et collectifs, par une reconnaissance de la dignité humaine et une réduction progressive des inégalités sociales. Mais depuis les années 1990 on assiste à l’évolution concomitante de phénomènes sociaux et naturels planétaires de régression : le dérèglement climatique, la brutale extinction de la biodiversité, l’atteinte des limites des ressources fossiles, une renaissance de formes violentes de précarité, d’exclusion, de maladies chroniques, de stress psychologique, de racisme, de suprématisme, sous toutes les latitudes. Autant de facteurs de l’évolution des conditions de vie, générateurs de dislocation des solidarités sociales et de l’édifice juridique patiemment construit depuis Montesquieu. Tout se passe comme si l’évolution paroxysmique de l’amélioration des conditions de vie conduisaient aujourd’hui à la destruction progressive des droits. Néanmoins cette bascule historique est peut-être l’électrochoc nécessaire au réveil des consciences humaines.

Olivier Rüe
membre du bureau de la section LDH de Châtellerault
Article du Châtellerault Libertés n°44

Table-ronde : Moyen-Orient : la guerre sans droit ni loi ?

Quelles limites morales et juridiques peut-on encore imposer à ceux qui mènent la guerre, alors que les infrastructures vitales pour les civils sont désormais ouvertement désignées comme cibles et qu’un président se sent autorisé à menacer d’anéantir une civilisation ?

A écouter sur France Culture

Une femme membre du Croissant-Rouge iranien près de la raffinerie de pétrole de Shahran touchée par une frappe, au nord-ouest de Téhéran, le 8 mars 2026. ©AFP
Une femme membre du Croissant-Rouge iranien près de la raffinerie de pétrole de Shahran touchée par une frappe, au nord-ouest de Téhéran, le 8 mars 2026. ©AFP

Pétition contre la loi Yadan

La LDH Châtellerault soutient la pétition sur le site de l’Assemblée nationale contre la loi Yadan : signez la ici

Vous pouvez aussi interpeller vos parlementaires contre cette dangereuse loi ici

L’esprit de la résistance

L’accélération du temps liée aux nouvelles technologies, une stratégie de déferlement d’images et de discours qui a pour but d’inonder les cerveaux avec une forme de « bouillie informationnelle », une volonté d’imposer ses idées moins par le débat que part l’usage de la force, autant d’éléments qui viennent mettre à mal les cohésions nationales comme les accords internationaux garantissant des droits égaux pour toutes et tous et des libertés larges. Alors la sidération et l’émotion prennent le pas sur la réflexion, le recul, la nuance et la juste lutte se perd en réactions parfois irrationnelles.

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Palestine : La guerre comme seul horizon

Pendant les bombardements sur l’Iran, les massacres continuent à Gaza, en Cisjordanie et s’intensifient au Liban.

A Gaza, l’armée d’occupation a déjà annexé 53 % du territoire. L’illégale frontière est tracée par une ligne jaune mouvante, elle-même précédée d’une autre zone mouvante dite de protection.

En même temps l’espace humanitaire se ferme. Si les Gazaouis meurent moins sous les bombes, ils meurent à petit feu de faim, de maladies, de manque de soins, d’abandon, de manque d’eau. Et d’abord meurent les enfants. Dans l’indifférence générale.

Privés de soins et de capacité de survie autonome, les Palestiniens sont invisibilisés. Privés de toute existence politique, ils n’existent plus. Ce sont des puissances extérieures qui décident de leur sort.

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Etats Unis : La politique du désastre

Enivrés par leur folie meurtrière Trump et Netanyahou se sont lancés dans une guerre massive contre l’Iran dont la population est la première victime.

Outre les destructions massives, les bombardements  sont responsables de plus de 1700 morts et 15000 blessées, de plus de 3 millions de déplacées, sans compter la faim, la soif, le stress, les chocs psychologiques, la misère. La pollution due aux attaques de sites industriels, notamment pétroliers, aux produits toxiques libérés par les bombes et les missiles aggrave la situation des iraniennes. Dans les villes comme Téhéran sites militaires, quartiers historiques et civils, densément peuplés, sont étroitement imbriqués. Les attaques contre des usines de désalinisation, dans un pays  qui a connu l’an dernier une terrible sécheresse et fait face à un stress hydrique majeur constituent des crimes de guerre.

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