Catégorie : Etat d’urgence

Nous sommes nombreux à comprendre que le vivre-ensemble ne tient que par le tissu associatif en expansion malgré la réduction des aides !

« Nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre que tout tient grâce à nous et… malgré eux »

 

Et si nous racontions notre quotidien au travail, nos difficultés et nos humiliations, nos attentes et nos espoirs ? C’est l’appel lancé fin février par un groupe de youtubeurs, pour dénoncer le projet de loi Travail. Depuis, #OnVautMieuxQueCa est devenu un cri de protestation, rassemblant les témoignages de centaines de jeunes qui réclament une vie plus digne. Quelques-uns des initiateurs de cette mobilisation publient un petit manifeste. « Qu’attendre des « experts » et des « dirigeants » qui, depuis 30 ans, proposent les mêmes solutions pour sortir d’une interminable crise ? » , demandent-ils. Et si nous vivions le début d’un « retournement de perspective, dans un débordement des formes de pensées, d’actions et d’organisation traditionnelles, qui partirait des citoyens ordinaires ? » Extraits choisis.

Nous sommes vidéastes, internautes, citoyens. Par les chaînes YouTube que nous animons ou auxquelles nous contribuons (Osons Causer, Le Fil d’Actu, Le Stagirite, Fokus), nous voulons montrer que la politique ne se réduit ni au jeu des partis et de leurs batailles de chefs, ni à mettre un bulletin dans l’urne, ni à s’engueuler dans des repas de famille. En posant un regard différent sur l’actualité, les discours médiatiques et certaines initiatives politiques, nous cherchons à diffuser des idées qui nous ont nous-mêmes aidés à y voir plus clair. Engagés mais pas partisans, indignés mais pas agressifs, bienveillants mais pas naïfs, nous voulons créer des espaces où l’on se retrouve pour aiguiser notre esprit critique, où l’on réalise tout ce qui nous rassemble, où l’on se partage informations et connaissances.

Il faut remercier le projet de loi El Khomri d’avoir été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de notre indignation et nous a réunis avec d’autres autour de l’initiative #OnVautMieuxQueCa. Alors que nous étions chacun révoltés mais isolés, ce fut l’occasion d’inscrire notre projet collectif dans un mouvement plus vaste dont il ne fut ni l’initiateur, ni le moteur, ni le cerveau, mais un carburant parmi d’autres.

***

« Ces gens-là ne nous croisent jamais, ne nous voient jamais. Ils envisagent notre monde de beaucoup plus loin, de beaucoup plus haut. Ils nous réduisent au feu doux de la statistique. Pour eux, nous sommes un chiffre, une variable, un indicateur. Rien d’étonnant alors à ce qu’ils nous condamnent sans ciller. Ce n’est pas nous qu’ils voient, mais une équation qu’ils équilibrent. Et quand nous ne sommes pas des chiffres, nous sommes réduits au rang de maillon dans une chaîne de production. Voilà leur autre manière de nous considérer.

Ils ont mis le monde en règles, en plans, en procédures. Ils nous demandent de rentrer dans les cases de ces tableaux sans comprendre. Leurs plans sont tellement détachés du terrain que si les appliquait scrupuleusement, on en viendrait souvent à suivre des ordres incohérents, absurdes et, dans le pire des cas, contradictoires. Où est la logique quand on doit louper un entretien d’embauche parce que Pôle emploi refuse de décaler un rendez-vous – expérience vécue ? Et pendant cet entretien, pourquoi doit-on faire semblant de croire que oui, on saura prendre des initiatives (mais sous la validation du manager) et aussi jouer collectif (tout en étant payé à la performance individuelle) ? » (…)

« Est-ce que la prime justifie d’oublier tout cela ? »
« L’été dernier, j’ai dîné chez mon oncle, avec mes cousines. L’une d’entre elles, 22 ans à peine, nous racontait son nouveau boulot. Ouvrière dans une usine de packaging, elle venait d’être promue chef d’équipe. Elle était toute fière d’elle. Ça faisait quelques semaines. Toute fière aussi de nous raconter à quel point elle avait su se prendre en main, gagner la confiance de ses chefs. Pas comme ses ex-collègues,
maintenant sous ses ordres, qui eux n’étaient évidemment qu’une bande de fainéants sans ambition qu’il fallait forcer à travailler. Sa promotion dans l’univers des winners lui rapporte 150 € par mois. »

« On le sait, pourtant, que ça déborde des cases. On le sait d’autant mieux que c’est à nous de les remplir, ces cases. Parfois, on se retrouve à manager, à devoir fliquer nos collègues et transformer leurs actions en chiffres dans un tableau d’indicateurs. Ceux d’en haut nous poussent à voir le monde à travers leurs lunettes, des lunettes tellement déformantes qu’elles font perdre de vue le bon sens. On en oublie notre propre dignité, on s’identifie à ceux qui nous utilisent. Les ordres absurdes, on en reçoit deux quand on en donne un, et si on n’y prend pas garde, on finit par y croire. Est-ce que la prime justifie d’oublier tout cela ? » (…)
« Un ami et collègue est poussé à la démission, plus possible de payer son loyer, peu d’aide de ses parents. Au même moment je détruis ma voiture dans un accident, sur le trajet du travail, pour rattraper un retard. J’héberge avec grand plaisir mon ami, il me rend un sacré service en me prêtant sa voiture, quitte à prendre des risques vis-à-vis de l’assurance. L’entraide, tout simplement. »

Fabrice, co-auteur du livre.

« Nous devenons une force créatrice »

On tente de donner une bonne éducation à nos mômes, de leur apprendre à partager et à savoir vivre avec les autres. On tente de ne pas faire de bruit quand les autres dorment encore. On tente de soutenir nos proches quand ils se sentent mal. On tente d’intégrer dans nos vies des petits gestes écolos. On tente de mettre un peu de beauté autour de nous, en jardinant, en embellissant nos lieux de vie. On tente d’animer nos quartiers en allant dans les petits commerces plutôt qu’à la grande surface.

Bref, on tente d’améliorer nos vies, chacun de notre côté, en voyant bien qu’on ne peut pas être heureux tout seul quand, tout autour, ça déconne.

Et nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre que tout tient grâce à nous et… malgré eux. On est de plus en plus nombreux à comprendre qu’on rend déjà le monde plus vivable que ce à quoi leurs décisions nous destinent. Et, en plus, on commence à se croiser les uns les autres. Certes, on peut parfois avoir l’impression d’être seul dans cette réalité, mais il suffit de lever les yeux pour reconnaître tous ceux qui la vivent aussi. Notre exaspération et nos aspirations, loin d’être marginales, sont en réalité partagées par une très grande majorité de personnes qui s’y reconnaissent.

Nous commençons à comprendre : nous ne sommes pas seuls, nous sommes le monde qui tourne, nous sommes déjà ensemble. En en prenant conscience, en nous reconnaissant dans l’autre, nous devenons plus qu’une somme d’individus esseulés. Nous devenons une force créatrice. »

« Nous exigeons des vies dignes »

« Ceux qui voudraient que les désirs égoïstes fassent tourner le monde ont déjà échoué. Le mal-être qui nous afflige aujourd’hui, c’est l’effondrement d’un ancien monde devenu trop froid et arrogant, aux valeurs dépassées et aux schémas de pensée étriqués. Leur « crise », c’est leur fin, mais surtout notre début. Le monde d’après est celui qu’on construit jour après jour.

Le changement ne viendra pas d’eux, ils ont eu assez de temps pour changer les choses et n’ont rien fait. C’est à nous maintenant. Pourquoi n’oserions-nous pas le dire haut et fort ? Pourquoi serait-ce naïf ou irréaliste ? L’irréalisme réside chez ceux qui croient qu’on peut continuer à vivre ainsi. Nul besoin qu’on nous donne le droit d’affirmer notre existence, notre réalité : on le prend.

La vie nous rend tous bien plus responsables et capables que la pseudo-élite qui n’a jamais eu à gérer la difficulté des fins de mois ou la déprime du lundi matin. Nul autre que nous ne connaît mieux nos propres vies. Ce balbutiement de la conscience laisse peu à peu place à une voix forte et assurée. On se parle, on est des millions à signer une pétition, à nous saisir d’un cri : « On Vaut Mieux Que Ça », à se faire héros et héroïnes de notre réalité commune. On est ceux qui, en uniforme ou en blouse blanche, protègent et défendent les vies.

On est ceux qui portent l’exigence de la qualité et du travail bien fait lorsqu’il s’agit de la terre qui nous nourrit. On est ceux qui protègent le droit à travailler dans des conditions dignes. On est les anciens qui se chargent des petits que la crèche n’accueille plus. On est les jeunes que les difficultés matérielles n’empêchent pas de vouloir apprendre et se former pour être utiles au monde de demain.

On est ceux qui transmettent leurs savoirs. On est ceux qui tentent de rendre le monde un peu moins gris en créant. On est ceux à qui on ne laisse pas de place mais qui construisent quand même.

Montrons-leur nos vies, nos réalités, tout ce que leur monde nous doit. Faisons que notre réalité s’exprime si fort qu’elle les submerge, pour qu’enfin, ils ne puissent plus nous ignorer ni prendre de décision hors-sol, sans nous. C’est depuis nous, par nous et avec nous que nos vies doivent être construites et dirigées.

Car ce n’est pas seulement une réalité que nous partageons, c’est aussi un rêve. Mais un rêve très sérieux.

Nous rêvons d’un pays qui place ses citoyens au-dessus des critères d’équilibre budgétaire. Nous rêvons d’un pays qui garantisse à tous un environnement sain et durable.Nous rêvons d’un pays construit sur le bon sens, où la valeur des gens passe avant celle des choses. Nous rêvons d’un pays qui protège tous ses enfants sans distinction. Nous rêvons d’un pays qui donne à tous les meilleurs soins, la meilleure nourriture, la meilleure éducation. Nous rêvons d’un pays qui nous encourage à donner le meilleur de nous-mêmes.

Nous exigeons des vies dignes. Nous voulons pouvoir être fiers de nous, fiers de ce que nous faisons, fiers de ce que nous construisons. Tout simplement parce qu’on vaut mieux que ça. » …….Ces extraits lus dans Bastamag sont tirés du livre #OnVautMieuxQueÇa, publié le 28 avril chez Flammarion, écrit par Fabrice, Gwendal, Ludo, Johann, Marion, Stéphane, Tatiana, Tommy et Xavier, connus notamment pour les chaînes Youtube Osons Causer, Le Fil d’Actu, Le Stagirite et Fokus. Certains d’entre eux font partie des youtubeurs à l’origine du collectif #On vaut mieux que ça, dont ils ne sont aujourd’hui plus membres  / teste relayé par R.André -ldh91

Des Tas d’Urgences récurrentes, 2009 ou 2016 : toujours les mêmes combats !

La Ligue des droits de l’Homme appelle ses militants et sympathisants ainsi que tous les citoyens à participer nombreux aux cortèges du 13 juin 2009 dans les différentes villes de France, avec leur collectif de lutte et de mobilisation, leur syndicat ou leur association, pour une société de solidarité. A l’appel de toutes les organisations syndicales, les manifestations unitaires en janvier, mars et mai 2009 ont permis aux salariés, et plus largement aux citoyens de montrer qu’ils restent fortement mobilisés, non seulement contre les effets de la crise financière, mais aussi contre des politiques gouvernementales qui déstructurent toujours un peu plus le droit du travail, les libertés, la protection sociale et les services publics. Contre cette politique au canon dont le président de la République s’est fait le champion, ce qui est à l’ordre du jour est bien la recherche de convergences et la discussion d’alternatives sociales et solidaires.

Malgré les manifestations de colère qui ont traversé les Antilles et la Réunion, les mobilisations multiples et durables que connaissent les champs de l’éducation et de la recherche, malgré la multiplication des appels émanant des travailleurs du secteur sanitaire et social pour le respect de leur éthique professionnelle, le gouvernement n’a pas jugé utile d’en tenir compte.

Pour la LDH, il convient de se saisir de toutes les occasions qui permettent de rappeler de légitimes revendications ainsi que le refus d’une société de surveillance que le gouvernement cherche à imposer pas à pas.

Paris, le 9 juin 2009

Des Tas d’Urgence quant à la Démocratie après la chasse policière avec ses têtes de turcs !

Violences policières contre les cortèges syndicaux et les manifestants : Le droit de manifester directement remis en cause par l’État

Nous relayons un texte posté le 19 juin 2016 par CNT éducation dans Questions de Classes / site alternatif d’éducation / ldh91- R.André

 

Contrairement à ce qui se dit en boucle dans les grands médias, lors de la manifestation du 14 juin contre la loi travail, la violence n’est pas venue des manifestants mais bien de la police, sur ordre du gouvernement.

Une violence policière aveugle, sans précédent, s’est déchaînée tout au long au du parcours de la manifestation. Dès le départ, le cortège de tête, avec des personnes de tous âges et de toute appartenance syndicale, est chargé de toutes parts. Les policiers tapent en priorité sur la tête, provoquant des blessures au crâne. De nombreuses personnes tombent sous les coups. La police n’hésite pas à lancer des grenades de désencerclement directement sur les manifestants, tout en les gazant. Plusieurs personnes tombent, touchées au cou, aux cuisses, entre les jambes. L’une d’elles a été blessée au dos, et se trouve aujourd’hui dans un état grave. En parallèle, un camion à eau fait son entrée et asperge les manifestants. Des lignes de CRS coupent le cortège en plusieurs morceaux et nassent 5000 personnes.

À 300 mètres de l’arrivée aux Invalides, notre cortège syndical est bloqué par les CRS, nous empêchant d’arriver au bout du parcours. Nous demandons à passer, calmement et sans violence, et là, sans aucune raison et sans sommation, notre cortège se fait violemment attaquer et charger par les policiers.

Nous prenons des coups, à la tête, au visage, sur les épaules. Les policiers visent le haut du corps avec une violence inouïe. Notre cortège est chargé, gazé, nous recevons directement au visage du gel vomitif et prégnant. Puis les policiers nous lancent dessus en pluie, et non au sol, des grenades de désencerclement. Certaines touchent notre camionnette, qui manque de prendre feu. Une personne de notre cortège est touchée à l’entrejambe, profondément brûlée. Nous l’évacuons sous les gaz et les tirs de grenade. Notre cortège est ensuite de nouveau violemment chargé et se retrouve scindé en plusieurs morceaux. Nous nous voyons contraints, face à une telle violence, d’arrêter la manifestation. Nos militants sont dispersés sur différentes rues, notre banderole et quelques camarades pris en étau dans une rue adjacente. Il nous faudra une bonne heure pour parvenir à nous regrouper et quitter les lieux. Les cortèges syndicaux qui suivaient ont subi le même sort.

Nous avons été directement témoins d’une violence policière injustifiée portée directement à l’encontre des syndicats, qui défilaient dans le calme. Les policiers qui nous ont attaqué n’ont respecté aucune règle du prétendu code de déontologie de la police, aucune règle quant à l’utilisation des gaz et des tirs de grenade de désencerclement. Les grenades étaient jetées en l’air, les coups portés à la tête, les gaz directement projetés au visage.

L’objectif du gouvernement est clair : terroriser les manifestants et bloquer la manifestation. Le 15 juin, Manuel Valls demande à la CGT de « ne plus organiser ce type de manifestation sur Paris ». Une menace directe visant à interdire les manifestations.

Non content de faire passer une loi qui détruit les droits des travailleurs, le gouvernement, à la botte du patronat, veut empêcher les travailleurs d’exercer leur droit de manifester.

Le Premier ministre souligne l’« absence de contrôle » des syndicats pendant les manifestations.

Nous dénonçons l’« absence de contrôle » de l’État et les violences policières qui se déchaînent sur les manifestants et sur les syndicats. Les « casseurs » ne sont qu’un prétexte pour cet État prétendument « démocratique » de museler le mouvement social par la terreur.

Attaquer des travailleurs, attaquer des syndicats est un aveu de faiblesse du gouvernement : quand les mots ne suffisent plus pour convaincre, alors on utilise la violence et la répression.

Nous étions très nombreux lors de cette manifestation, plus d’un million, et la majorité des gens sont contre la loi travail. L’État pointe du doigt les « casseurs » et les syndicalistes pour masquer l’ampleur du mouvement et pour tenter de l’écraser par une violence aveugle.

Mais nous ne lâcherons rien ! Plus que jamais, nous sommes déterminés à combattre la loi travail et son monde ! Nous continuerons d’appeler à la grève, d’appeler aux manifestations et ne nous laisserons en aucun cas intimider !  Retrait de la loi travail ! Grève générale !

Décroissance, travail non précaire, réduction des inégalités sont l’unique feuille de route à une planète équitable et de qualité :

 

On connaît bien aujourd’hui les effets spécifiques de  l’inégalité sur une large gamme de problèmes sociaux. Ainsi, la cohésion sociale (appréhendée par des indicateurs tels que l’ampleur de la délinquance) est amoindrie par les inégalités. De même, la violence est plus répandue dans les sociétés inégales, y compris entre les pauvres eux-mêmes. Les politologues insistent également sur le fait que, dès lors que s’opposent des intérêts par trop contrastés, les démocraties connaissent de réelles difficultés de fonctionnement.  Ainsi, dans les relations internationales comme dans le quotidien des relations entre personnes, l’inégalité mine la qualité des échanges et la confiance, et ébranle la légitimité perçue de l’ordre existant.

Au niveau des personnes, alors même qu’on ne peut plus ignorer que d’autres sont (bien) plus riches, quel sentiment vont susciter ces inégalités chez les plus pauvres : de l’envie ou de la honte, un sentiment de moindre valeur ou d’impuissance ? Même s’il est certain que les inégalités mondiales sont moins prégnantes que celles qui existent au sein des pays, il ne fait pas de doute que la globalisation change les références à l’aune desquelles on se juge (relativement) pauvre. Les habitants des pays pauvres risquent donc de se sentir de plus en plus pauvres. Dans un monde où les interactions et les possibilités de déplacement s’étendent de plus en plus, on peut alors s’attendre à davantage de tensions et, tout particulièrement, à davantage de mouvements migratoires.

Il y a certes la thèse libérale classique selon laquelle les inégalités auraient des effets positifs sur la croissance et le développement, notamment parce que, selon un trickle-down effect (effet de ruissellement), l’enrichissement des riches tire les pauvres vers le haut. Aujourd’hui, ces thèses sont largement contestées. L’économiste américain Joseph Stiglitz soutient la thèse selon laquelle l’inégalité rend l’économie moins stable et moins efficace, avec une moindre croissance, une profonde crise de confiance et une subversion de l’idéal démocratique. La crise financière est venue conforter ce sentiment que des inégalités trop fortes sont nuisibles (…). De la même manière, les inégalités de salaires et de pouvoir d’achat entre pays riches et pays pauvres engendrent un modèle économique que l’on peut caractériser comme du « pauvre vers le riche ». Les pays pauvres vendent aux pays riches les produits qu’ils fabriquent à bas coûts, et ils tirent profit précisément des inégalités entre pays. Mais dans ces pays, ce type de croissance néglige à la fois les producteurs – avec de mauvaises conditions de travail et des salaires très faibles – et les consommateurs, puisque le marché intérieur passe après les marchés des pays riches. Dans les pays riches, si les consommateurs profitent de produits bon marché, les délocalisations et le chômage viennent contrebalancer ce bénéfice. Par ailleurs, toujours pour les pays riches, le fait que les pays pauvres deviennent, en s’enrichissant, des clients solvables serait extrêmement bénéfique. Pour les pays pauvres comme pour les plus riches, ce modèle ancré dans les inégalités est donc insoutenable.

Une perspective écologique s’impose alors ?

Oui, car les inégalités sociales elles-mêmes sont susceptibles d’affecter – de fait, d’accroître – les problèmes environnementaux, alors qu’une société moins inégale, au niveau des États comme au niveau de la planète, rendrait davantage possible leur résolution. De manière générale, il y a toujours une interférence entre problèmes environnementaux et inégalités : les pauvres et les pays pauvres subissent davantage les conséquences de la dégradation de l’environnement, alors qu’ils y contribuent moins, ce qui, en tenant compte des responsabilités historiques des uns et des autres, accentue la responsabilité des plus riches.

Un second point à souligner c’est que les inégalités alimentent une comparaison sociale qui ne peut qu’engendrer une translation vers le haut des modes de consommation. Le risque est que, avec la mondialisation et la diffusion d’un certain style de vie (à l’« occidentale », pour faire vite), les inégalités par rapport à cette norme, à la fois au sein des pays et entre pays, engendrent une course à la consommation distinctive ruineuse pour la planète, avec une spirale sans fin de croissance économique, de destruction des ressources et de pollution. De plus, les consommations des riches ont un impact sur le sort des pauvres. C’est le cas quand on choisit les agrocarburants pour les voitures dans les pays riches ou quand les classes moyennes indiennes et chinoises adoptent le régime alimentaire carné des pays riches. Il en résulte, par ricochet, une augmentation du prix des céréales, qui est lui-même responsable des émeutes de la faim de 2008. Il est donc impossible de viser à sortir seulement certains groupes ou certains pays de la pauvreté, sans rien toucher à la situation des autres. Ce sont bien les inégalités en elles-mêmes qui constituent le problème majeur…

En outre, tant qu’il y a des pays riches et des pays pauvres, les premiers ont le pouvoir et la capacité de transférer leurs nuisances et leurs pollutions, dans les seconds. Si les rapports de force étaient moins déséquilibrés, on voit mal ce qui pousserait les pays pauvres à accepter sans broncher d’accueillir sur leur sol tous les déchets des pays riches ou à brader à des firmes étrangères le droit d’exploiter leurs ressources naturelles. Dans ce cas, les pays riches seraient incités, bien plus qu’actuellement, à limiter leur pollution. Plus largement, la définition d’un consensus mondial sur les questions environnementales et la gestion des « biens communs » est d’autant plus difficile que les inégalités entre pays sont marquées. Au total, le butoir écologique constitue l’argument suprême pour défendre la lutte contre les inégalités mondiales.

Alors que faire ?

Bien que les chercheurs y soient en général réticents, je discute dans le dernier chapitre du livre des pistes d’action possibles. En premier lieu, il faut prendre à bras le corps la question de la décroissance, même s’il s’agit d’une notion taboue politiquement, difficile à promouvoir. Pourtant, chacun sait aujourd’hui qu’elle est incontournable -dans un monde fini, on ne peut compter sur l’accroissement de la taille du gâteau- et qu’elle n’a de sens que couplée avec une redistribution des richesses. Le défi est alors de convaincre à la fois les Etats et les personnes, ce qui exige des institutions, des régulations et des mobilisations se situant à des niveaux différents.

Sans lister ici toutes les pistes envisageables, il y a tout ce qui touche à la gouvernance mondiale institutionnelle, et aussi la multiplication des réseaux mondiaux, des think tanks, des ONG, ainsi que les forums sociaux mondiaux, qui illustrent la montée de la société civile. Le rôle de ces régulations internationales est évidemment crucial dans des domaines comme le commerce et la finance, où les enjeux mondiaux sont déterminants et où une perspective de justice globale est impérative. Si le premier des devoirs est de ne pas nuire, il faut systématiquement se demander quelles répercussions nos propres choix – politiques ou en matière de consommation – ont sur les autres. Il est avéré que nombre de nos politiques, généreuses à l’intérieur de nos frontières, sont extrêmement dommageables hors de nos frontières. Des interrogations de même nature concernent le domaine fiscal : du fait de l’absence d’harmonisation des systèmes d’imposition, les pays pauvres peuvent être tentés par le dumping fiscal pour attirer les investissements étrangers, course sans fin qui finit par amoindrir leurs ressources.

Une chose est sûre, si le marché global l’emporte sur un pouvoir politique qui reste national, qui portera les problèmes intrinsèquement globaux et organisera les conditions institutionnelles propres à leur résolution ? Mais si ces conditions institutionnelles sont absolument nécessaires, l’insurrection des consciences est également fondamentale. Car il faut dans le même temps agir sur les cadres cognitifs et le niveau d’information. Si peu de gens ignorent aujourd’hui l’ampleur des inégalités et de la pauvreté globales, il faut faire évoluer les visions du monde, en l’occurrence éclairer les causes et les conséquences des inégalités mondiales.

Ceci passe par la conception et la diffusion de nouveaux indicateurs pour appréhender la pauvreté (et la richesse), ainsi que les inégalités de tous ordres, avec en perspective leur signification en termes de justice. Car notre grille de lecture des réalités est formatée par les chiffres disponibles, ce qui n’est pas sans affecter les opinions quant aux politiques à promouvoir. Ainsi, le soutien aux politiques de redistribution est bien plus fort quand on estime que la pauvreté relève des hasards de la naissance que quand on l’explique par le mérite. Prendre conscience de notre interdépendance avec les pays pauvres et de notre implication dans leur pauvreté elle-même est nécessaire pour convaincre les habitants des pays riches d’agir et, en particulier, de pousser leurs gouvernants à des politiques de redistribution globale. Car si diffuser des idées est fondamental, il faudra bien la force des gouvernants pour rendre acceptables des politiques forcément contraignantes. Le chaînon politique est donc essentiel ; mais, sans mobilisation des personnes et de la société civile, il n’a guère de chances d’être accepté ni mis en œuvre.

En conclusion, les limites de la planète, mais aussi nos intérêts bien compris, sans compter des considérations éthiques élémentaires, font qu’il est urgent et possible de tendre vers un monde moins inégalitaire. Cette perspective laisse certes augurer de conflits à court ou à moyen termes : plus nous sommes inégaux, plus il nous sera difficile de nous mettre d’accord pour réduire les inégalités. Il s’agit d’un défi politique difficile, mais le coût de l’inaction deviendra vite insoutenable : rien ne serait pire que laisser le monde gangrené par ses inégalités, par des mouvements migratoires incontrôlés, des guerres climatiques, des frustrations débouchant sur des conflits ou des mouvements terroristes, qui finiraient par rendre notre (petit) monde invivable. Vivre dans une société cosmopolite est à la fois inévitable et bien plus sympathique, si nous savons l’organiser selon des principes de justice globale

Source – Observatoire des inégalités : Extrait de l’entretien avec Marie Duru-Bellat, professeure de sociologie à Sciences Po-Paris, auteure de « Pour une planète équitable. L’urgence d’une justice globale » / relayé par la LDH fédé91- R. André

Quant à la santé, est-ce le marché de faire la loi, ou est-ce à l’État?

La campagne  de Médecins du Monde étant boycottée, nous la relayons sur notre site :

LE PRIX INDÉCENTS DES MÉDICAMENTS, ÇA VA DURER ENCORE LONGTEMPS ?

Madame la Ministre de la Santé,

Nous ne vous apprenons rien en disant que le prix des médicaments est en constante augmentation.

Que de tels prix ne sont absolument pas justifiés.

Que les laboratoires pharmaceutiques font des marges colossales et révoltantes sur les traitements des malades.

Que la sécurité sociale n’est pas en mesure de rembourser ces traitements.

Nous ne vous apprenons donc rien en disant que notre système de santé, et par conséquent notre santé, est en réel danger.

Alors nous aimerions vous poser une simple question :
Quand il s’agit de Santé, est-ce au marché de faire la loi, ou est-ce à l’État ?

Voici le lien pour signer la pétition :

https://leprixdelavie.medecinsdumonde.org/fr/la-petition

source R.André / Médecins du Monde / France info

Reconnaître les Droits de l’Homme…

Reconnaître les Droits de L’Homme, c’est déjà simplement s’engager, se libérer de contraintes nous étouffant : être   contre  les suites préprogrammées, à l’après-Municipales, à l’après-Présidentielles, du refus de la dette organisée à la ville,  de corriger l’acte III de la décentralisation, de renoncer au « traité atlantico-européen » nous plaquant de facto  sous la coupe de financiers Européens, Américains de Wall Street, de la City, de Francfort, du CAC 40 ! A leurs yeux, nous ne sommes qu’un numéro de carte bancaire revalidé régulièrement. Il fut une époque où le prisonnier en pyjama rayé avait son numéro matricule imprimé dans le dos ! Aujourd’hui le fin des fins c’est que votre carte bancaire même à l’abri de votre poche se fait lire au passage d’une borne.

À  l’image des assurances obligatoires qui gonflent les poches d’une minorité de la sphère privée, l’éducation, la santé, la retraite, l’eau, l’air, les routes, nos chemins de vie sont et seront transformés en pôles de marchandisation. Après avoir laminé nos protections du monde du travail, c’est bien évidemment le service public la cible, les cotisations de notre couverture sociale ; le mouvement syndical bien affaibli restant englué, enfermé dans des « conclaves ministériels bidons » !  En ces temps, être femme, homme humaniste ce n’est plus seulement défiler dans les rues ! Le comptage y est pipé, la forêt de drapeaux et banderoles amplifie un folklore  sans réelle implication sur les actes de gouvernance ; c’était un folklore ne suscitant qu’un piaillement pour un fromage tombant dans le bec à tout média. Aujourd’hui, on a changé de registre avec les brutalités transformant un simple débonnaire défilé en champs de bataille : l’Etat d’urgence ne semble pas étranger quant à l’agressivité dégagée.

Être dans la fraternité, ce n’est plus seulement prendre la défense des plus faibles ! Cette forme d’action « caritative » s’est  caricaturé en ces temps où « le social » est déguisé en « de l’assistance ». Nos formes d’action devront donner la parole, le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales ouvert à tous, aux exclus y compris tous les étrangers, qu’ils ressortent ou non de pays membres de l’Union européenne, ceux  prenant part quotidiennement à l’essor de nos bassins de vie, plus proche de la commune que de la grande région. Il ne s’agit pas de compassion envers des exclus mais de la réalisation d’une pleine citoyenneté pour toutes et tous. Il s’agit d’élargir la démocratie au peuple à l’inverse de la grande région trustée par nos dominants de tous poils. La France aujourd’hui peine à faire place aux jeunes, aux femmes, à sa diversité. Les décideurs politiques, massivement, semblent hélas bien s’en accommoder, au prétexte de la dureté des temps ou de la difficulté de l’exercice. Si les temps sont durs, il nous faut être d’autant plus démocrates rigoureux ; et s’ils sont difficiles, d’autant plus courageux dans l’intérêt général et l’exemplarité. Surtout lorsque la République affronte de malsaines ardeurs  xénophobes  en mal de revanche et en soif d’hégémonie.

Nos représentants toujours trop cumulards se tiennent main dans la main dans la « hors normalité » et jusqu’à le « hors-la-loi » ;  le changement ce n’est mains-tenant qu’aux autres, les plus faibles bien évidemment ! Quant à nos gouvernants et dominants de la stratosphère européenne, sans légitimité républicaine, ils se cooptent pour nous diviser à l’infini ! Les seuls maîtres à bord ne peuvent plus être des représentants-cumulards qui organisent la dette, qui nous verrouille par la dette ; une dette dont l’origine provient du capitalisme privé. Les seuls maîtres à bord ne peuvent plus être des financiers dont leurs bulles nous exploseront encore en pleine figure!

Être simplement humain : c’est s’engager, voter en toute fraternité d’opinions partageant l’intérêt général.  A la commune, à l’agglomération, à la nation, à l’Europe : changeons pour la réelle Démocratie. Remettons-les : nos représentants et nos banquiers,  au service de l’humanité, et pas l’inverse ! Introduisons l’écologie politique à notre arsenal, le pouvoir décisionnaire s’expatriant, sachons penser, agir, créer, voter autrement !

source R.André / revue de presses européennes

Des TAS d’Urgences….

ÉTAT D’URGENCE… »Des tas d’urgences »

Voici quelques liens d’articles de presse étonnants énonçant « des tas d’urgences » :

http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/15257-Regards-croises-sur-l-hopital

Les Urgences en Hôpital sont à la limite d’imploser, soumis à une pression toujours plus forte, beaucoup sont à bout. Qu’ils soient patients, internes, médecins, infirmiers, ou gestionnaires,  les reproches fusent.

àhttp://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/15254-Hopital-un-volcan-en-ebullition

Avant, les chefs de service avaient très peu de contraintes. Ils faisaient souvent ce qu’ils voulaient, un peu comme des patrons dans leurs fiefs ». Un changement radical par rapport à l’époque actuelle où ceux-ci doivent présenter des business plans à leur directeur d’hôpital. « De calife dans leur unité, ils se sont transformés en simples exécutants d’une politique gestionnaire ». Un peu comme dans une entreprise où les salariés doivent avoir une activité rentable.

àhttp://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/15250-Tuberculose-les-cas-prioritaires-pour-la-vaccination-en-France

Encore en période de pénurie ? Le Haut conseil de la santé publique a émis des recommandations ciblées en vaccination. Dans l’attente de nouveaux stocks, c’est un vaccin polonais qui est utilisé.

http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/14794-Tuberculose-multiresistantes-98-de-laisses-pour-compte


http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/12958-Jungle-de-Calais-l-Etat-condamne-a-realiser-les-amenagements-sanitaires

Le Conseil d’Etat confirme la décision du tribunal administratif de Lille ordonnant la mise en place de points d’eau et de latrines pour améliorer les conditions de vie des migrants ; l’accès insuffisant à l’eau potable, le non-ramassage des ordures à l’intérieur du camp et l’impossibilité pour les véhicules d’urgences de circuler sont « bien de nature à exposer les migrants vivant sur le site à des traitements inhumains ou dégradants

http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/11454-Commissariats-l-insalubrite-des-locaux-menace-la-sante-des-policiers

Alors que des policiers  du département le plus riche de France  « des Hauts-de-Seine » ont contracté la tuberculose, les syndicats dénoncent l’extrême insalubrité des locaux qui font encourir aux agents des risques de maladies : « Il y a certains commissariats… on a du mal à concevoir que l’on puisse travailler dedans.. « Gale, légionellose, rats… » ..« Certains doivent ramener leur papier toilette ! »

àhttp://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/11189-Tuberculose-un-seul-CRS-de-Limoges-infecte

La tuberculose est en recul en France, mais elle n’est pas rare. En revanche, les patients qui contractent habituellement cette maladie ne correspondent pas tout à fait aux critères des membres de la CRS 20. La tuberculose est plutôt répandue dans les populations les plus précaires.

http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/16114-Horaires-decales-les-policiers-plus-agressifs

Horaires décalés : les policiers plus agressifs. Pour éviter qu’ils dérapent, laissez les dormir. En cause : la fatigue provoquée par des horaires perpétuellement en décalage.. À l’inverse, les policiers travaillant de jour ou de nuit, avec des horaires qui ne varient que très peu, sont généralement plus coopératifs et moins tentés de faire appel à la force pour résoudre des conflits. Il y a d’autres lieux où les horaires décalés posent problèmes et la loi El Khomri  amplifiera cet état de burn-out !

Éviter les dérapages ….C’est tout le contraire d’un 49.3 !

-LDH, Démocratie, Laïcité, Religion

Que sont Les Droits de l’Homme au regard de la Démocratie, de la Laïcité, de la Religion !
Pour l’Europe qui ne fait plus rêver, les divers États-Nations développent des réponses différenciées tenant compte de leur histoire, la religion restant en retrait au même titre que la royauté. La question qui se pose à tous : y a-t-il une démocratie sans égalité en droits, sans laïcité admise par tous, sans justice indépendante efficiente, sans solidarité du mieux vivre ensemble, sans santé accessible et de traitement égal pour tous ?
A propos des religions, le continent européen depuis 17 siècles est sous dominance judéo-chrétienne alors que l’islam et d’autres y compris juive sont établis dans le Sud et l’Est du bassin méditerranéen, l’épicentre de la tectonique des plaques religieuses monothéistes étant Jérusalem.
De façon globale en regard de l’humanité,
il est navrant de constater que de siècle en siècle les affrontements se perpétuent « ad vitam aeternam », entre les religions comme au sein de chaque religion !
Il est navrant de constater l’effacement de toute trace de civilisation précédente ; voyez la cathédrale de Constantinople qui est devenue une mosquée !
il est navrant aussi de constater l’élimination méthodique de l’intérieur, par l’inquisition!
il est navrant de constater que quand la religion est au sommet de l’Etat d’un quelconque pays : les quotidiens de vie se répètent sans réelle essor des droits de l’homme, l’homme devant se fondre dans la masse, suivre des cérémonies, surtout ne pas se poser de questions, le moulin à prières devant être la règle matin, midi et soir en moutons s’en remettant au Berger !
il y a d’autres lieux procédant de la sorte, les droits étant piétinés face à l’argent-roi :
A l’hyperconsommation : le marketing, la publicité, la mode du paraître classe vip et leurs logos de marques, la femme ou l’enfant
En politique, les représentations surmultipliées du peuple, leurs « messes », leurs « dorures », leurs organisations normées hors classe comme pyramidale
le front-running financier, ses rentiers, ses transactions haute fréquence d’une caste mondiale
la front-running d’élites en vase clos du monde politico-économique ou religieux: le corporatisme, la cooptation, le pantouflage, le parachutage sont leurs méthodes.
On peut parler des droits de l’Homme que du moment où l’on accorde et se donne le droit de savoir, le droit de pouvoir-être femme, homme ou enfant ! Cela implique l’éducation universelle à tous, la liberté, sans différenciation de genre ou de race, à se faire sa place au travail dans son cadre de vie. Cela implique aussi que l’homme reprenne sa vraie place de simple chainon de l’écosystème dans le respect de vie de la planète qui nous héberge, la planète étant elle-même dépendante de sa place spécifique dans l’univers ! Même si l’Homme pourrait-être supérieur à toutes les espèces : il n’a aucun droit de casser sa baraque, la planète, pour le seul profit de quelques rentiers en final. En sociologie et anthropologie le constat est clair : L’essor de la nature, de la vie, ne se fait qu’en équilibre, que par symbiose, bien à l’opposé de la confrontation, du rapport de force, de la guerre, de l’état d’urgence perpétuelle ; dans cette horizon négatif, le pire sera devant nous ; notre savant bien connu Albert Jacquard nous précise que : «  Le pire de tout c’est dans les écoles, c’est d’en avoir fait des lieux où l’on est en compétition les uns contre les autres ». Si notre école est en péril le futur proche le sera aussi. Le vivant se renouvelant à l’infini, chaque génération doit veiller à assurer un futur proche ouvert à tous dans son cadre de vie ; nos libertés se sont d’abord des droits et devoirs de se former, de travailler, de créer, de se réunir, d’agir collectivement dans le respect à la cité, et sa laïcité !
Si la laïcité est le principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat, elle est surtout le seul garant de liberté, le seul terreau de convivialité, le seul gendarme de la pluralité fraternelle ; la laïcité c’est le contraire de l’exclusion, c’est le contraire du vase-clos ; la laïcité est l’espace public multiforme où se croisent toutes les cultures, toutes les sensibilités, dans la tolérance, la souveraineté du peuple, la liberté d’opinion, l’égalité des droits et d’un futur fraternel ! On ne naît pas laïque ; on s’en imprègne au contact, au dialogue avec l’autre. En naissant on entre dans une situation de vie qu’il s’agit d’adopter, de connaître, de prolonger, d’assurer l’écosystème, par delà les dogmes ; l’éducation que familiale ou clanique ne suffit pas : à chaque époque nos gouvernants doivent répondre de façon appropriée aux évolutions, à la nécessité d’éducation, d’adaptation ! La révolution numérique, l’internet, les systèmes d’écoute et de surveillance sont eux-mêmes à mettre sous surveillance en regard des droits de l’Homme. La laïcité, la démocratie peuvent être défigurées par des propos haineux de « croisade laïque », un racisme cherchant à diviser pour mieux régner. Nous devons contrer ce piège tendu par quelques terroristes comme de nos gouvernants ! En installant la peur, la division, l’éloignement en superstructure de gouvernances, on transforme peu à peu l’espace démocratique en zones verrouillées, sous état d’urgence perpétuel ! La tentation de ne vouloir qu’un seul ministère police et justice confondues, nous conduirait inévitablement à l’opposé du pouvoir par le peuple.
Notre démocratie serait représentative : un système politique dans lequel on reconnaît à une assemblée restreinte le droit de représenter un peuple, une nation ou une communauté. Cette démocratie là semble n’être qu’illusion dans la mesure où la chaine de traitement se rallonge en un mille-feuilles indigeste, incompréhensible mais finement contrôlable par une minorité dominante ! Ceci conforte la forte abstention autour de 50% des citoyens ! De plus la démocratie directe a été bafouée lors du référendum de 2005 par nos gouvernants successifs. La remise en cause de la loi que les pollueurs ne sont plus les payeurs des dégâts occasionnés est une autre forme de traîtrise. Le cumul des mandats va également à l’encontre. La réserve parlementaire est une autre anomalie criante qui participe à l’achat de voix et pipe les dés de la démocratie représentative. On nous fait croire en la démocratie où les changements se décident par le peuple, en réalité sont mis en batterie des gouvernants bien normés se succédant tour à tour, mais surtout, se ressemblant comme deux gouttes d’eau dans leurs actions pré-qualifiées, pré-planifiées par une petite équipe invisible de l’oligarchie. En réalité cette démocratie est tout à fait particulière, de l’ordre dogmatique, bien établi d’avance, pour que le mouvement des affaires reste presque inchangé, la circulation de l’argent devant être de plus en plus rapide et que profitable à quelques-uns de l’oligarchie financière, politique et médiatique. Il est navrant de constater que « l’élite de l’élite » détient le pouvoir suprême, nous dicte sa vision du monde, verrouille le système par ses réseaux d’influence écrasant dans l’œuf tout germe de changement ! Le pouvoir « monopolisé »  prend de moins en moins de peine pour se dissimuler sous des apparences démocratiques. Il n’est même plus besoin de faire croire qu’on use du pouvoir modestement, humblement pour le bien commun. Ceux qui l’ont aujourd’hui s’en montrent propriétaires-rentiers à vie. Leur arrogance est sans limite, toujours plus de pouvoir et la soumission sans respect des droits de l’Homme est l’objectif atteint par l’état d’urgence. Et la  reconnaissance d’une opposition possible, d’une minorité, d’une marge, d’une voix discordante?  Tout cela est aujourd’hui révolu dans les mœurs politiques locales, comme nationales.
Dans cette démocratie bien particulière, la régression majeure est l’abandon du mieux-vivre la relation à son travail, dans sa cité et sa laïcité, jusqu’à la cellule familiale qui implose. La reconnaissance de l’autre, du jeune, du moins jeune, du droit au travail et au logement, de la paix sociale et sa solidarité, ces reconnaissances n’existent pas quand l’argent devient une fin en soi bien supérieure à toute autre forme de valeur !
Coté Autorités policières : le signe le plus discriminant, inquiétant et humiliant c’est le contrôle d’identité au faciès où la personne d’apparence différente, plus jeune, aura 10 fois plus de malchance de se faire contrôler, de se faire embarquer à la moindre incartade sous l’état d’urgence. Dans les « no-mans land » sans-droits, il y a les centres de rétention administrative règlementés et il y a des centres sauvages de type calaisien ! Dans les deux cas des têtes d’autruches sont la norme nationale comme locale parmi nos gouvernants ! Tant que le souci principal des hommes politiques est d’assurer leur réélection, les dérapages les plus indignes se font à tout niveau des mondes biens fermés de l’économie, de la finance, des médias normés !
L’autre interrogation serait sur la validité de l’élection ! Serait-elle un piège à con comme nos jeunes l’avance régulièrement ! Pour un philosophe, la question de ce qui peut être vrai, ou juste, ou bien: ne peut pas être une question de nombre. Le peuple peut être trompé par la simplification de vue, la stigmatisation orchestrée ! Le peuple peut se tromper, il peut élire des Pétain, des Franco, des tyrans, des enfoirés ! On peut remarquer qu’en une démocratie bafouée, un système totalitaire ne crée rien, ne produit rien, ne change rien, sa hantise majeure c’est le changement et la perte de pouvoir ; et de fait, toute son énergie ne sert qu’à neutraliser, déraciner la moindre trace de renaissance des droits du peuple, l’état d’urgence et la perte de nationalité venant en parade sécuritaire inutile, mais hautement performant en muselage anti-démocratique ; l’autre forme de muselage étant le racisme et la paresse ou le refus de penser par nous-mêmes en simplifiant la vision du mal-être !
La conclusion serait : fuyons les dogmatismes, fuyons les sectes d’enfoirés, fuyons le fondamentalisme néolibéral de bankster, élargissons notre humanité, valorisons le mieux-vivre de l’écosystème ! Il y a tant de richesses qui augmenteraient au partage : au-delàs de l’accueil humble, de l’amitié, il y a toujours la laïcité, la démocratie, la fraternité, la solidarité, la convivialité se multipliant, s’enrichissant au partage. A l’opposé, fissurées, minées par stigmatisations savamment orchestrées, nous assisterions au retour de gouvernances bien obtus ! Les manquements aux droits de l’Homme gagnant du terrain, la question se pose est-ce que c’est par le silence, la soumission, le non-vote, le repli dans sa bulle familiale, qu’on réglera ce retour en arrière de civilisation ? Au contraire, nous devons remodeler un futur accessible à nos jeunes en confortant un mieux vivre aux plus faibles.

source R.André

– Debout :… l’École, l’obsession de nos gouvernants!

L’Ecole, trop autoritaire, trop inégalitaire,

contreproductif aggravant la course de classe et de place: 

Debout l’École ! Manifeste de la Commission Éducation de Nuit Debout Paris Ce manifeste a été élaboré par la Commission Education de Nuit Debout Paris, qui réunit régulièrement des personnes intéressées par les questions d’école et d’éducation au sens large, place de la République.

Il s’agit d’un point de départ. Son contenu a été élaboré en groupe restreint puis débattu, amendé collectivement et enfin adopté par vote lors de la Commission du 65 mars (4 mai).

Debout l’École ! Le système éducatif français est à l’image de la société qui l’a construit : violent et inégalitaire. Inégalitaire car il ne se contente pas de refléter les inégalités sociales existantes mais les perpétue et les aggrave. Violent car cette reproduction, le tri et le dressage qu’elle opère, sont oppressifs pour les élèves de la maternelle à l’université. Les gouvernements successifs portent une responsabilité majeure dans ce processus : par leur refus d’accorder les moyens nécessaires à une éducation pour tous et toutes et d’entendre tous les acteurs et toutes les actrices de l’éducation ; par leur conservatisme sur les contenus enseignés et les pédagogies utilisées ; par leur peur et stigmatisation, enfin, des élèves des quartiers populaires et des zones délaissées. Nous ne pouvons accepter cet état de fait. Contre une éducation de structure répressive, du tri social et de l’obéissance irréfléchie, battons-nous pour une éducation émancipatrice, qui développe l’esprit critique des élèves, qui favorise leur autonomie et leur épanouissement personnel.

Une telle démarche signifie pour nous :

1. Combattre les politiques inégalitaires en matière d’éducation qui sacrifient des quartiers et des populations entières. Une véritable politique d’éducation prioritaire doit prendre en compte les besoins de tous les établissements, doit permettre la baisse significative des effectifs par classe et donner les moyens humains suffisants pour répondre aux enjeux sociaux.

Il faut mettre fin aux politiques d’austérité et attribuer les moyens nécessaires à un système éducatif de qualité.

 

2. Lutter contre la soumission des politiques d’éducation à des objectifs utilitaristes, économiques et de court terme. Combattre l’École du tri social suppose de remettre en question le modèle des filières, notamment des trois voies du lycée et des classes préparatoires.

 

3. Faire du bien-être des élèves une priorité, dans et hors les murs de l’École. Des parents ne peuvent assurer l’éducation d’un enfant sans un logement digne, sans des ressources suffisantes, sans un titre de séjour régulier. Tous les lieux où vit l’enfant sont des lieux d’éducation qui doivent garantir ses droits et répondre à ses besoins.

 

4. Affirmer notre conviction que les élèves sont tous et toutes également capables de tout. Aux éducateurs et éducatrices, à l’École et à la société de leur en donner la possibilité. Les savoirs transmis doivent être diversifiés et leur hiérarchisation critiquée; et les pédagogies émancipatrices doivent être largement diffusées dans la formation des personnels d’éducation.

 

5. Questionner le système hiérarchique et défendre la mise en place d’institutions démocratiques pour la gestion au quotidien des lieux de l’éducation. Tous les travailleurs, toutes les travailleuses, tous les usagers et toutes les usagères, dans l’Éducation Nationale et ailleurs, ont le droit de prendre part aux décisions qui affectent l’École.

 

6. Assurer une véritable formation, initiale et continue, de toutes les personnes amenées à travailler à l’éducation des enfants. Les modalités des concours doivent être revues afin de permettre un recrutement véritablement démocratique. Nous demandons la titularisation de tous les travailleurs et toutes les travailleuses précaires et l’arrêt immédiat du recours aux contrats précaires dans l’Éducation.

 

7. Améliorer la situation matérielle des travailleurs et travailleuses de l’éducation, car la qualité de l’éducation en dépend. Nous demandons une augmentation de tous les salaires selon les modalités les plus justes possibles et la fin des dispositifs de rémunération « au mérite » qui sont illusoires et divisent les personnels.

 

8. Combattre les discriminations sociales, liées aux handicaps, de genre, racistes, LGBTQI-phobes, qui sont des freins importants à l’éducation et au développement de la personne. Les responsables politiques ne peuvent pas abandonner la lutte contre les discriminations sous la pression de groupes politiques intolérants et violents. Ils et elles doivent mettre en place des politiques d’information, de prévention et de protection des personnes discriminées. Les programmes scolaires doivent refléter les évolutions de notre société en évoquant les identités multiples des élèves.

 

9. Défendre la laïcité à l’École, la séparation des cultes et de l’État et la liberté de conscience des élèves et de leur famille. Il faut supprimer le financement public de l’École privée. Nous dénonçons les usages stigmatisants du principe de laïcité à des fins d’ordre social ou de dissimulation des causes réelles de l’échec scolaire.

 

Nous invitons les personnes soucieuses de l’avenir de l’École à lutter pour le retrait de la loi travail. Nous les invitons à discuter de cet appel sur les lieux d’éducation et ailleurs. Nous les invitons à participer à la Commission Éducation de Nuit Debout. Nous les invitons à se joindre aux collectifs et aux luttes en cours dans l’éducation. Nous les invitons à lancer leurs propres luttes et à faire converger les luttes existantes pour cette éducation émancipatrice dont notre société a profondément besoin. La Commission Éducation de Nuit Debout Paris, le 65 mars (4 mai)

source R.André / N’autre école / Commission Education Nuit Debout

– Le seul vrai pouvoir démocratique est social

Le seul vrai pouvoir est social

Cela se vérifie en 2016 que le seul vrai pouvoir démocratique est social, toutefois, il nous est confisqué peu à peu. Nous reprenons ci-dessous un texte publié le 26 décembre 2014 par intermedes :

Tout est fait pour décourager de l’œuvre sociale; alors que l’initiative économique est perpétuellement financée, valorisée, encouragée, nous savons combien  l’initiative sociale, elle est ignorée, fragilisée, suspecte et soumise à tous tracas.

De même, le pouvoir « institué », de ceux qui s’en arrogent le monopole  prend de moins en moins de peine pour se dissimuler sous des apparences démocratiques. Il n’est même plus besoin de faire croire qu’on use du pouvoir modestement, humblement ou pour le bien commun. Ceux qui l’ont aujourd’hui s’en montrent propriétaires.

Ils savent que leur arrogance restera impunie, et leur attirera même de la soumission et plus encore de pouvoir.  Et la  reconnaissance d’une opposition possible, d’une minorité, d’une marge , d’une voix discordante?  Tout cela est aujourd’hui révolu dans les moeurs politiques locales, comme nationales.

Moins que jamais, le pouvoir est aujourd’hui en partage, et la démocratie autre chose qu’un jeu déjà joué.

Mais au fur et à mesure que ce pouvoir là s’éloigne du simple citoyen, de l’habitant et de l’acteur social, nous voyons s’affirmer une autre vérité. Ce pouvoir confisqué, ce pouvoir annulé, réservé, est un pouvoir sans puissance, un pouvoir sans avenir, un pouvoir sans possible.

A l’image de ceux qui le monopolisent, de leurs propriétaires, le « pouvoir » qui se possède, ne produit rien; il ne pense qu’à se reproduire et se maintenir; il ne change rien car le changement lui fait peur; et il ne crée rien, car collé au réel, il n’a jamais d’imagination. Le pouvoir qui possède est IMPUISSANT.

Pire, ce pouvoir n’agit pas car toute son énergie se perd à neutraliser toute action possible.

Seul le social produit un réel changement ; celui ci est caractérisé par deux qualités intrinsèques

L’irréversibilité: La véritable intervention sociale est irréversible; elle apporte un changement immédiat; elle inspire de l’inédit; elle modifie le « donné ». Elle rompt les chaînes de causalités et d’effets à répétition. Lorsque nous mettons en oeuvre un atelier d’éveil avec le stout petits dans les quartiers ou bidonvilles, nous créons des expériences nouvelles que chaque enfant prendra avec lui, emportera toute sa vie.

L’inconditionnalité : la véritable intervention sociale est inconditionnelle et pour cela n’a que faire du projet ou du contrat (instruments d’impuissance); elle se bâtit avec la rencontre, avec les présents, avec le hasard fécond, et l’imprévisible.

Seul le social est puissant, dans le sens contraire d’impuissance: lui seul est fécond. Telle est la véritable raison de sa dépréciation, de sa dévalorisation, et des empêchements qu’on lui tend.  Telle est la véritable raison de sa répression. La seule vraie puissance est sociale et cela, bien entendu, fait peur.

Cela fait peur à certains mais cela soutient tous ceux qui s’y engagent ; par là ils découvrent le passionnant pouvoir de changer les choses, de modifier ce qui était établi, de contredire ce qui était prédit. Ils font des choses impossibles.

« Regardez travailler les bâtisseurs de ruines, ils sont riches patients ordonnés noirs et bêtes

Mais ils font de leur mieux pour être seuls sur cette terre

Ils sont au bord de l’homme et le comblent d’ordures »  Paul Eluard

Seule notre propre résistance à la fatalité peut nous aider à surmonter cette lâche crainte au sein de laquelle l’humanité a vécu pendant tant de générations. La science peut nous enseigner, et je pense que notre propre cœur peut nous enseigner aussi à ne plus rechercher autour de nous des appuis imaginaires, à ne plus nous forger des alliés dans le ciel, mais plutôt à concentrer nos efforts ici bas afin de faire de ce monde un lieu où l’on puisse vivre convenablement, contrairement à ce qu’ont fait les Églises au cours des siècles.

Ce que nous devons faire

Nous voulons demeurer debout par nos propres moyens et regarder franchement le monde, ses hauts faits, ses bassesses, ses beautés et ses laideurs ; voir le monde tel qu’il est, sans avoir peur. Conquérir le monde par l’intelligence et non pas être soumis comme des esclaves par suite de la terreur qu’il fait naître . Toute la conception de Dieu est une conception tirée du vieux despotisme oriental. C’est une conception absolument indigne d’hommes libres. Quand je vois des gens qui se courbent à l’église en confessant qu’ils sont de misérables pécheurs, et tout ce qui s’ensuit, je juge cela méprisable, indigne du respect qu’on se doit à soi même. Nous devons au contraire nous redresser et regarder le monde bien en face. Nous devons faire du mieux que nous pouvons en ce monde, et s’il n’est pas aussi bon après nous que nous l’avons désiré, il sera malgré tout encore meilleur que ce qu’en ont fait les autres dans le passé. Un monde à notre mesure exige du savoir de la bonté et du courage ; il n’exige pas une intense nostalgie du passé, ni que la libre intelligence subisse les entraves imposées par les formules qu’inventèrent autrefois des ignorants. Il exige une perpective d’avenir dégagée de toute crainte et une vue claire des choses. Il exige l’espoir en l’avenir et qu’on ne se retourne pas sans cesse vers un passé mort, qui, nous en sommes sûrs, sera de beaucoup surpassé par l’avenir que notre intelligence est capable de créer.

: Peut-on avancer vers la démocratie, la laïcité, la paix en Europe en conservant une structure oppressive, totalitaire et cléricale ? Qui peut le penser sincèrement ?

Victor reviens-nous : apôtre de la Paix universelle, défenseur de la Laïcité, fondateur de la libre pensée individuelle, ami sincère du Peuple, de la Démocratie, du Progrès social, poète admirable adversaire intrépide des cléricalismes d’Etat ou Autre sous toutes ses formes d’oppressions, morales ou matérielles ! A la lumière de sa vie, c’est bien la puissance d’un Victor Hugo qui nous obligerait différemment ; dans ces temps à venir, nous éviterait de sombrer en un marécage et sables mouvants que dans toute sa largeur le monde politique actuel nous plonge !

Ré-évoquer l’histoire de sa vie, l’évolution de ses idées est l’actuel impératif en première nécessité. On ne peut manquer, d’être frappé par l’évolution continue de sa pensée. Des idées traditionnalistes et conformistes de sa jeunesse, il s’orientera  pour aller à des idées de plus en plus progressistes. Contrairement à beaucoup d’autres, qui sont, ou qui se croient être révolutionnaires, dans la fougue de leurs jeunes années, qui s’assagissent vers la quarantaine et se retrouvent complètement réactionnaires versaillais ou désabusés à l’heure où leurs tempes ont blanchi. A l’opposé, Victor Hugo est parti du bonapartisme  pour venir aux idées démocratiques et humanitaires. Dans sa jeunesse, il est nommé pair de France, on lui donne la Légion d’honneur, il entre à l’Académie… Mais il brisera bien vite les liens qui paralysent sa pensée. Le grand visionnaire se donnera tout entier au grand idéal de Paix et de Liberté qui illumine d’espérance les générations issues de la Révolution française. Le siècle-Lumière où les idées fermentent, où les prolétaires s’organisent, où les problèmes sociaux s’affirment, ce siècle qui fut rageusement qualifié de stupide par les polémistes du camp  réactionnaire.

Cette évolution  commence avec la Révolution de 1848 et la IIe République, venant de naître dans des conditions si précaires et qui était, dès sa naissance, noyautée et trahie par les éternels ennemis de la « Raison » et de la « Liberté » dogmatiques et leurs dog’s intolérants : l’impérialisme, le sectarisme, le totalitarisme, le fanatisme. A ce jour, de la 2ème à la venir 6ème République, en quoi d’ailleurs cela pourrait être si différent au peuple laborieux, le noyautage et la trahison de la représentativité et  du capitalisme esclavagiste étant une constante à temps plein, de toute ère, en tout lieu. L’autre constante du seul Capital est d’être toujours l’unique bénéficiaire  avant, pendant comme après des opportunités de gain qu’offre  toute guerre et crise programmées par ces-mêmes.

Les strates ouvrière comme laborieuse aspirent à une juste reconnaissance, à  une démocratie véritable, non seulement politique mais économique,  sociale. Etre par  Avoir le travail,  est leur  maître-souci même si le sens du mot employeur dérive en  receveur d’impôts et nicheur d’excellence !  Victor Hugo, qui ne sera jamais démagogue, reste le premier défenseur de la couche laborieuse et opprimée. Et jusqu’à la fin il sera de  toutes les causes généreuses. A la veille de sa mort, octogénaire député banni, accablé d’épreuves personnelles, pleurant les siens, ayant subi de longues années d’exil, il aura gardé son enthousiasme et sa noble confiance dans les destins d’une meilleure humanité.

Victor au secours, l’humanité, la démocratie, la nature sont piétinées par le capitalisme pestiférant !

source R.ANDRE / INTERMEDES