Perturbation de la marche blanche pour Fanta : nous n’accepterons jamais que l’inhumanité se banalise

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À l’appel de plusieurs associations réunies dans le Collectif Pour Fanta, dont la section lilloise de la LDH qui avait effectué avec l’Atelier Populaire d’Urbanisme de Fives dès le 18 janvier la déclaration préalable de rassemblement en préfecture, nous étions ce samedi 3 février réunis avec 300 manifestant.e.s place de la République à Lille.

Nous souhaitions exprimer notre émotion et notre indignation :

Fanta est morte à l’âge de trois mois en novembre dernier d’une intoxication au monoxyde de carbone, conséquence directe de la précarité totale dans laquelle sa mère se trouvait plongée suite à un retard de délivrance de son titre de séjour par la préfecture du Nord. Il s’agissait aussi de manifester notre soutien à la mère de Fanta, qui était présente sur place.

De l’autre côté de la place avait lieu une manifestation, annoncée par la presse locale la veille uniquement, portant sur les conditions de travail de la police municipale. Cela est d’ailleurs étonnant tant il est rare que deux manifestations soient autorisées sur le même espace public simultanément, la Préfecture du Nord étant habituellement très sourcilleuse, nous l’avons constaté à nos dépens parfois, sur les risques de troubles à l’ordre public. Mais il va sans dire que nous défendons le droit d’expression et de manifestation le plus libre pour toutes et tous.

Durant la prise de parole suivant la minute de silence en mémoire de Fanta, des manifestant.e.s de la police municipale ont commencé à faire usage de leurs sifflets et à crier. Quand l’oratrice leur a demandé de faire silence, bien loin de respecter cette requête, ils ont fait davantage de bruit, provoquant la stupeur ou la colère de celles et ceux qui exprimaient leur solidarité avec la maman de Fanta. Puis les fonctionnaires de police ont en réplique entonné la Marseillaise (cf.ci-dessous)

https://x.com/brouillonzero/status/1753775147733889470?s=20

https://fb.watch/p_emwjcABr/

Quelle image conserver de ces représentant.e.s d’une profession supposée être au service de toutes et tous ? Que penser des militant.e.s d’organisations syndicales qui ne se sont pas désolidarisées de cette attitude irrespectueuse et agressive, contraire aux valeurs portées par lesdites organisations ?

S’ils n’étaient évidemment pas en service, bon nombre de ces agents portaient un gilet siglé « police municipale ». Leur comportement entache donc aussi un service public qui doit incarner l’exemplarité des valeurs républicaines.

Nous sommes profondément choqué.e.s par l’attitude de ces manifestant.e.s.

Nous n’accepterons jamais que l’inhumanité se banalise.