Conférence à l’Université de Lille : Refusons les atteintes aux droits à la liberté de réunion et d’expression !

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Lille, le 17 avril 2024

La LDH de Lille regrette vivement que les pressions et menaces, révélatrices d’un contexte délétère, aient conduit la Présidence de l’Université à annuler la conférence de Jean-Luc Mélenchon et de Rima Hassan, tous deux invités par l’association étudiante Libre Palestine.

La LDH s’élève avec vigueur contre la campagne médiatique indigne menée pour exiger cette interdiction : cette demande a été formulée en particulier par Violette Spillebout, puis par Xavier Bertrand, qui en a même appelé par Twitter au Préfet, lequel a dû lui rappeler que cela ne relevait pas de sa compétence… Le Rassemblement National et le syndicat étudiant de droite l’UNI ont immédiatement renchéri en appelant de leur vœux une interdiction.

Libre Palestine est une association étudiante. Elle dispose des libertés qui doivent être celles de toutes les associations, au titre de la loi de 1901. Au-delà, le Code de l’Éducation précise par l’article L811 – 1 que les usagers du service public de l’enseignement supérieur « disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques et sociaux et culturels. Ils exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteintes aux activités d’enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l’ordre public ». À quel titre donc, sauf à prouver la menace grave d’un trouble à l’ordre public, interdire aux associations de solliciter les invités de leurs choix ?

Cette polémique témoigne de la polarisation et de la binarité du débat public en France qui n’est guère propice pour aborder la complexité des enjeux actuels en Palestine avec la lucidité et distance requise. Elle est aussi le fruit d’un choix du gouvernement qui depuis le 7 octobre n’a eu de cesse de réprimer toutes les expressions de soutien à la cause palestinienne. La répression se fonde souvent sur de dangereux amalgames ou raccourcis comme dans les récents tweets – format bien inadapté à la complexité de la situation – de Mme Spillebout ou de M. Bertrand; souvent en qualifiant d’antisémitisme, ou d’apologie du terrorisme certaines critiques des politiques du gouvernement israélien et/ou la défense des droits des Palestiniens.

Comme cela a été très clairement rappelé dans un récent Communiqué commun du Forum civique européen, dont la LDH est membre, les restrictions du droit à la liberté de réunion et d’expression pacifiques imposées par les États depuis l’escalade dramatique de la violence se multiplient.

Les manifestations de solidarité avec le peuple palestinien sont interdites au nom de la protection de « l’ordre public » et de la « sécurité » dans au moins 12 pays de l’UE, dans un contexte d’augmentation des discours et des crimes de haine visant les communautés juives et musulmanes. Plusieurs Etats, dont l’Autriche, l’Allemagne et la France, ont assimilé la critique légitime des autorités israéliennes à de l’antisémitisme et ont étouffé la voix des militants palestiniens et juifs, par exemple en annulant des événements.

La question n’est pas de savoir si la LDH partage ou non les points de vue exprimés par les organisateurs et les invités de la conférence, mais bien de défendre la possibilité de les exprimer.

La section de Lille de la LDH rappelle que la liberté d’expression et les libertés associatives doivent rester la règle. Elle luttera, comme depuis sa création. contre toutes les formes de discriminations et racismes, sans distinction, dont l’antisémitisme qui est son combat fondateur.

La LDH appelle la France et la communauté internationale à exiger de l’État d’Israël la mise en œuvre au plus vite de toutes les mesures conservatoires ordonnées par la CIJ, impliquant l’instauration d’un cessez le feu immédiat et durable. Seule cette démarche peut permettre de parvenir à l’impérative libération des otages, et à l’amorce d’un processus de paix devant permettre aux deux peuples, israélien et palestinien, de vivre à l’intérieur d’États aux frontières sûres et garanties dans le cadre du respect du droit international.