La LDH de Lille a récemment alerté sur de nombreux phénomènes liberticides dans l’espace public lillois. De plus, à quelques semaines des élections européennes, nous assistons à une montée inquiétante des actes de vandalisme et tentatives d’intimidations par l’extrême-droite locale, qui n’hésite plus à agir en plein jour. Malgré la fermeture confirmée par le Conseil d’Etat d’un haut lieu des identitaires à Lille, les agissements de ces groupes n’ont pas cessé et se sont même multipliés récemment.
Que ce soit les tags sans équivoques sur les locaux du Planning Familial ou de l’Offensive, des banderoles xénophobes brandies dans la rue par des groupuscules, les menaces pour faire annuler des conférences politiques, ou bien encore des collages dans les rues, toutes ces manifestations sont bien loin d’être une accumulation d’actions individuelles. Au contraire, elles doivent être lues comme un ensemble indissociable.
Ce climat propice à de telles revendications xénophobes et haineuses n’est que le résultat logique d’une parole publique qui a graduellement rendu cette voix audible, voire même acceptée. La normalisation de partis d’extrême-droite, leur intégration à « l’arc républicain », la diffusion de leurs idées sur des chaînes d’informations en continu, la reprise de ces mêmes idées par le gouvernement : tout cela a participé à désinhiber ces individus qui passent désormais à l’acte.
Au lieu d’y répondre avec fermeté, les autorités publiques préfèrent s’en prendre aux voix qui dénoncent ces messages haineux. Ainsi, interdictions de manifestations, convocations policières, et diabolisation de leur parole sont bien trop souvent les réponses que reçoivent celles et ceux qui se dressent contre l’extrême-droite. Les droits fondamentaux s’appliquent à toutes et tous. Sans ce principe basique, nous sortons de l’Etat de Droit et laissons la place à l’autoritarisme et à la loi du plus fort.
Depuis 2015, les violences d’extrême-droite ont augmenté de 320% en Europe. Une tribune récente du Monde soulignait que la France est l’un des rares pays d’Europe occidentale ou la violence d’extreme-droite s’intensifie. A Lille, la LDH a recensé des dizaines d’actes d’extrême-droite dans les rues ces derniers mois. Il est urgent de tirer à nouveau le signal d’alarme aujourd’hui, avant que ces intimidations ne se transforment en projets concrets contre des individus ou groupes. Si le monde associatif et syndical dans sa très large majorité condamne et s’oppose fermement à chacun des actes, de nombreux élus demeurent bien silencieux.
Nous appelons l’ensemble des citoyennes et citoyens à rester vigilants face à ces déferlements de haine dans nos rues. Penser que cela ne nous concerne pas collectivement est un bien mauvais calcul, l’Histoire nous l’a malheureusement prouvé à de multiples reprises. Face aux attaques répétées de l’extrême-droite, agissons ensemble avec détermination, pour les droits pour toutes et tous.
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