Communiqué de la LDH de Lille du 29.11.2025
Le mercredi 12 novembre 2025, deux jeunes femmes ont été insultées puis agressées physiquement après avoir quitté un bar du centre de Lille, où un groupe d’individus arborant cocardes tricolores, symboles identitaires et signes associés à des groupuscules d’extrême droite participait à une soirée étudiante. À l’appel du groupuscule Nouvelle Droite, une trentaine de sympathisants d’extrême-droite se sont donnés rendez-vous au bar Le Point de Repère, rue de Meurein.
En sortant du bar, après s’être éloignées de quelques mètres à peine, Garance et Elisabeth ont été rattrapées par un homme qui a aspergé Elisabeth de bière et mis plusieurs coups de poing au visage à Garance, portés avec un objet dur, donnant lieu à un certificat médical.
Ce n’est que lorsque Garance a annoncé appeler la police que l’auteur des coups s’est enfui, accompagné de plusieurs de ses complices qui entouraient les victimes, les visages encagoulés.
Avant l’agression, les victimes indiquent avoir entendu des propos racistes, sexistes et xénophobes dans le bar. À l’extérieur, une trentaine de personnes affiliées au même groupe encadraient la rue.
Les victimes ont déposé plainte. Des caméras de vidéosurveillance étaient présentes et nous espérons que ces images pourront être exploitées dans le cadre du dépôt de plainte.
À leur arrivée sur place, des représentants des forces de l’ordre (appartenant semble-t-il à la BAC), auraient suggéré que l’enquête n’avait que très peu de chance d’aboutir. Selon des témoins, ils ne sont pas restés sur place, et n’ont interrogé ni le propriétaire du bar ni le vigile qui était posté à l’entrée de l’établissement.
La LDH de Lille s’étonne tout d’abord qu’une unité censée garantir la sécurité de toutes et tous préjuge de l’issue judiciaire d’une plainte.
Par ailleurs, depuis plusieurs années, la section lilloise de la LDH alerte sur la montée des actions de l’extrême droite lilloise, passées de dégradations de locaux militants à agressions physiques.
Ce phénomène s’est traduit par :
- des dégradations ciblées de locaux associatifs et syndicaux, tels que ceux du Planning Familial et de l’Offensive
- des actions coordonnées de harcèlement,
- une occupation de l’espace public avec des symboles identitaires et nationalistes,
- des tentatives d’intimidation contre des militant·es et des étudiant·es, comme les menaces récentes contre le Collectif Sans Papiers 59.
- et désormais, le passage à l’agression physique en groupe. Avant Garance, il y a eu DJ Donov lors de la Braderie de Lille, passé à tabac pour un t-shirt antifasciste.
Cette évolution, visible et documentée, montre un ancrage territorial assumé, cherchant à installer un climat de peur et d’impunité. Jusqu’à présent, et malgré cette radicalisation, peu de retombées judiciaires ont mené à des condamnations des auteurs.
La LDH Lille demande aujourd’hui :
- la saisie et l’exploitation des images existantes.
- une enquête rapide et approfondie.
- des mesures publiques renforcées de la Ville de Lille et de la Préfecture du Nord pour prévenir les actions de ces groupuscules violents.
Nous réitérons ici notre soutien total à Garance et à ses ami.es qui sont tombés face à des personnes ne s’exprimant que par la violence des mots et des gestes.
Face à cet ancrage local de la violence politique d’extrême droite, la LDH rappelle que la sécurité et la liberté de toutes et tous doivent être garanties. Elle continuera, aux côtés des organisations associatives et syndicales partenaires, à s’opposer aux idéologies racistes, sexistes et autoritaires.
Ensemble, nous agirons collectivement pour défendre les libertés publiques, refuser la banalisation de la haine et garantir que Lille reste une ville ouverte et démocratique.
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