28 mars – Toutes & tous unis contre le mal-logement

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Alors que la trêve hivernale s’achève le 31 mars, les associations de défense du droit au logement et
syndicats de la métropole lilloise appelaient à manifester le 28 mars à 14h, sur la Grand Place de Lille. Ils
s’adressent aux services de l’État, aux nouveaux élus municipaux, dont beaucoup ont placé le logement
au cœur de leurs priorités, et au futur exécutif métropolitain pour un véritable sursaut contre le mal-
logement. Cette manifestation s’inscrit plus globalement dans les Housing Action Days, journées
mondiales d’action organisées du 23 au 29 mars par une coalition de collectifs locaux pour le droit au
logement.

À partir du 1er avril, les expulsions locatives reprennent. Le plus souvent sans autre solution pour les ménages expulsés que l’hébergement contraint chez des tiers et l’errance résidentielle. Les conséquences sont graves : perte d’emploi, de stabilité familiale, dégradation de la santé mentale des personnes… Dans la métropole lilloise, 3000 foyers sont menacés d’expulsion et 500 sont expulsés chaque année avec intervention des forces de l’ordre. A l’échelle nationale, les expulsions ont augmenté de 17% en un an, passant de 24000 en 2024, record déjà tristement historique, à 30500 en 2025. Depuis 2023, les procédures ont été accélérées par la loi dite Kasbarian-Bergé, alors que les loyers continuent de progresser : ils ont augmenté de 1,7 % en un an à Lille.

Plus largement, les indicateurs du mal-logement dans la métropole sont alarmants :

  • 3000 personnes restent sans abri, exposées quotidiennement à des risques vitaux, découragées d’appeler le 115 qui ne peut proposer, faute d’hébergements suffisants, qu’une à trois places par jour.
  • 1000 habitants de bidonvilles ont pour seul horizon l’expulsion, les contraignant à se réinstaller dans des lieux de vie toujours plus dangereux et précaires.
  • 80 jeunes mineurs isolés en recours risquent de se retrouver à la rue courant avril suite à la fin de prise en charge dans le cadre du plan grand froid, sans compter les nouveaux jeunes non reconnus mineurs par l’aide sociale à l’enfance. L’hébergement solidaire, dont celui en paroisse qui prend fin en avril également, ne peut être un substitut aux solutions stables et pérennes attendues du Département.
  • 71500 foyers sont en attente d’un logement social, dont 60 % depuis plus d’un an, faisant perdurer des conditions de logement parfois désastreuses et des taux d’effort insoutenables pour les locataires.
  • Seuls 780 logements réellement sociaux ont été financés en 2025, pour un objectif annuel de 2300 ! C’est 1000 logements de moins que cinq ans auparavant…

    Face à ces enjeux, les municipalités et la MEL peuvent agir ! Au-delà du rôle de l’Etat, les associations
    et syndicats appellent ainsi les autorités locales à :

    • Relancer la production de logements sociaux et très sociaux, à son plus bas niveau depuis des décennies.
    • Réguler le marché locatif privé, en élargissant l’encadrement des loyers et en en renforçant le contrôle.
    • Mettre fin aux expulsions sans solution.
    • Soutenir les personnes les plus précaires face à l’augmentation des prix du logement et les accompagner pour faire valoir leurs droits.
    • Mettre fin aux coupures d’énergie.
    • Respecter les droits des occupants de terrains et engager une véritable politique de résorption des bidonvilles.
    • Assurer l’égalité de toutes et tous à un logement digne.
    • Engager des actions immédiates pour faire face à l’urgence, dont l’application du droit de réquisition et la mobilisation de bâtiments publics vides.

    Les organisations à l’initiative de la manifestation, appuyées de personnes concernées, attendent des
    nouveaux élus une action rapide et volontariste en faveur du droit au logement pour toutes et tous.
    Elles sont à leur disposition et poursuivront leur mobilisation lors de l’installation de l’exécutif
    métropolitain et tout au long des premiers mois d’exercice de ces nouveaux mandats locaux.

    Collectif d’organisations : APU Fives, APU Moulins, APU Vieux-Lille, Collectif des jeunes en recours de
    Bois Blancs, Collectif Solidarité Roms, CSP 59, CNL 59, CLCV 50, DAL 59, Fondation pour le Logement,
    FSU 59, Indecosa CGT 59, LDH, Utopia 56