Les luttes LGBTQIA+ sont antifascistes !

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Communiqué inter-associatif du 22 mai 2026

Les dernières élections municipales ont vu au moins 12 nouvelles villes du Bassin Minier tomber à l’extrême droite. Si des municipalités de la région ont montré leur hostilité aux marches des fiertés, des villes RN tentent vainement de détourner les luttes LGBTQIA+ à leur avantage.

Nous, syndicats, associations et collectifs de la société civile, nous ne sommes pas dupes :

Nous ne voulons pas de leur homonationalisme instrumentalisant nos luttes au profit de leur politique xénophobe et raciste !

La droite n’était pas l’amie des LGBTQIA+ le 17 avril dernier, lorsque Brice Lauret, nouveau maire divers droite de Faches Thumesnil, prétextait de questions d’organisation pour annuler la marche des fiertés dans sa ville, puis de l’obligation de neutralité pour retirer les drapeaux arc-en-ciel du fronton de la mairie. La censure n’a pas fonctionné et malgré cette annulation officielle les LGBTQIA+ et leurs allié·e·s ont marché dans les rues de Faches Thumesnil à la date prévue.

L’extrême droite n’était pas l’amie des LGBTQIA+ le 16 avril, quand Anthony Garénaux-Glinkowski, nouveau maire RN de Harnes annulait, sans aucune explication, un ciné débat queer autour du film 3 Nuits par semaine, de Florent Gouëlou, et qui devait être animé par l’association lensoise Couleurs-LGBT et par des artistes Drag.

L’extrême droite n’était toujours pas l’amie des LGBTQIA+ le lendemain, quand ce même maire annonçait pour le mois suivant, une « semaine de lutte contre l’intolérance et les LGBTQIA+phobies », comme s’il ne venait pas d’annuler un événement LGBTQIA+ ! L’un des événements de cette semaine municipale: un ciné-débat le 16 mai, avec l’intervention « d’une association LGBT locale ». Cette association, « Gays et Lesbiennes du Bassin Minier » n’existe administrativement pas: son nom n’apparaît ni au Journal Officiel, ni dans la presse ou la vie associative locale, ni sur les réseaux sociaux. Son nom, révélé la veille de l’événement, n’inclut que peu de lettres de l’acronyme LGBTQIA+, excluant notamment les personnes transgenres, queer, non-binaires et intersexes. Enfin, Bruno Clavet, député RN de la 3ème circonscription du Pas de Calais, a profité de cette projection pour dévoiler que « Gays et Lesbiennes du Bassin Minier » était en réalité une organisation créée ad hoc par les élus RN.

L’extrême droite n’était pas non plus l’amie des LGBTQIA+ lorsque la députée RN Caroline Parmentier a refusé de revenir sur les propos homophobes tenus dans le journal dont elle était rédactrice en cheffe. Le RN n’a condamné ni les propos, ni la députée. Aucune condamnation non plus des militants d’extrême droite ayant commis une agression homophobe à Paris le 9 juin 2024 pour «fêter les résultats du RN aux élections Européenne».

L’extrême droite n’était pas l’amie des LGBTQIA+ quand Dany Paiva, maire de Liévin mentionne la loi durcissant la répression des relations homosexuelles au Sénégal et apporte son soutien  aux Sénégalais.e.s LGBTQIA+ alors que son parti renforce les lois anti-immigration qui compliquent le parcours, voire tuent les personnes LGBTQIA+ qui souhaiteraient trouver l’asile en France.

L’extrême droite n’était pas l’amie des LGBTQIA+ quand, le 29 avril dernier, les député·e·s RN au parlement Européen ont voté contre ou se sont abstenu·e·s de voter en faveur d’une résolution appelant la Commission européenne à prononcer une interdiction des thérapies de conversion à l’échelle de l’UE. Plus globalement, ces dernières années, en Europe ou en France, le RN a systématiquement voté contre les droits des personnes LGBTQIA+.

L’extrême droite n’est pas l’amie des LGBTQIA+ en Hongrie, récemment condamnée par la Cour de Justice de l’Union Européenne pour avoir stigmatisé et marginalisé les personnes LGBT+. On se souvient que les prides hongroises avaient été interdites l’an dernier.

Malgré tout, les municipalités RN de Liévin et de Harnes ont osé hisser le drapeau arc-en ciel au fronton de leurs mairies. Cela ne nous fait pas oublier leurs actes et leurs idéologies mortifères envers les LGBTQIA+ mais également envers nos adelphes racisé.e.s, musulman.e.s, sans papiers, elleux-mêmes LGBTQIA+ ou non. Nous l’aimons, ce drapeau des luttes LGBTQIA+, mais nous nous opposons à ce qu’il soit réapproprié par l’extrême droite.

Nous encourageons tout le monde à participer aux différentes marches des fiertés ces prochaines semaines : 23 mai à Boulogne sur Mer // 24 mai à Lens // 30 mai à Lille // 6 juin à Douai et Roubaix // 7 juin à Calais // 13 juin à Arras, Lille (pride radicale) et Valenciennes // 27 juin à Tourcoing et Hesdin-la-Forêt // 4 juillet à Dunkerque

Organisations signataires : Action antifasciste NP2C ; ASJL- Association de Soutien aux Jeunes LGBT ; Association LGBT+ du Douaisis ; Attac du Boulonnais ; Collectif Antifasciste du Bassin Minier ; Collectif Féministe Arrageois ; Collectif Féministe Audomarois ; Collectif LGBTQIA+ des 7 Vallées ; Collectif Lille Pride ; Collectif Lillois de Luttes Féministes ; Collectif Marche des Fiertés de Calais ; Comité Palestine Lille ; Couleur_LGBT ; Créa’Queer ; Fédération du Pas-de-Calais de la LDH ; FSU Nord-Pas-de-Calais ; J’en suis j’y reste ; La Mouette Enragée ; Les Amoureux au Ban Public ; LDH Lille ; Collectif Radiqueer ; Nous Toutes Douai ; Nous Toutes Lille ; OST Lille – Organisation de Solidarité Trans ; Planning familial du Nord ; Planning Familial du Pas-de-Calais ; Section Sud CT – Hénin Beaumont ; Spartak Lillois ; Union Départementale Solidaires 62 ; Victoires Populaires Nord ; VISA