Communiqué de la LDH Lille, le 15 octobre 2026
Mercredi 14 octobre, des violences d’une extrême gravité ont eu lieu devant l’Ecole Européenne de Sciences Politiques et Sociales (ESPOL) de Lille. Des activistes se revendiquant de l’UNI, mais aussi des membres de la Cocarde Étudiante et de Nouvelle Droite ont pris d’assaut et délogé brutalement des étudiant·es qui menaient une action de blocage pacifique devant l’établissement rattaché à l’Institut Catholique de Lille. L’action a également été revendiquée par « Génération Zemmour », mouvement dont le candidat à l’élection présidentielle est régulièrement l’objet de condamnations pour propos discriminatoires et appels à la haine.
Cette violence préméditée a fait au moins une personne blessée et laissé de nombreux·ses étudiant·es sous le choc. La section de Lille de la Ligue des droits humains (LDH) leur apporte son soutien total et sa solidarité inconditionnelle.
Une violence politique qui s’enracine dans la métropole lilloise
Ce triste épisode ne constitue pas un acte isolé. Depuis plusieurs années, la section lilloise de la LDH et les partenaires associatifs et syndicaux alertent régulièrement sur la multiplication des actions, des provocations et des agressions physiques menées par des groupuscules d’extrême droite dans la métropole lilloise. Harcèlement, intimidations, dégradations de locaux associatifs ou syndicaux, de bars : ces groupes cherchent méthodiquement à installer un climat de peur et d’impunité dans l’espace public et universitaire.
Derrière ces actes se trouve un projet politique autoritaire, xénophobe et haineux. On ne peut dissocier la violence physique de ces commandos de l’idéologie qu’ils véhiculent. L’extrême droite instrumentalise la force brute pour faire taire la contestation sociale, piétiner les libertés publiques et saper les fondements du pacte démocratique. Combattre cette dérive implique donc nécessairement d’agir sur le plan politique et culturel contre la banalisation de ces idées nauséabondes.
L’inaction des autorités n’est plus tolérable
Face à cette montée en puissance, la LDH s’indigne du silence persistant et de l’absence de mesures concrètes prises jusqu’à présent par les autorités. Laisser faire ou banaliser ces agissements revient à accorder un blanc-seing à des groupuscules dont le seul objectif est de détruire le débat démocratique par la terreur.
La LDH Lille exige :
- Une enquête rapide et approfondie, suivie de poursuites judiciaires exemplaires à l’encontre des auteurs de cette agression et des instigateurs de ces violences.
- Une condamnation publique et sans ambiguïté de ces agissements par les directions d’établissements et les services de l’État, à commencer par le Ministre de l’Intérieur et le Ministre de l’Enseignement supérieur.
- La nécessité de sanctionner réellement les propos politiques qui véhiculent haine, xénophobie et légitiment de tels passages à l’acte, piétinant allègrement les principes républicains et l’Etat de Droit.
La LDH continuera, aux côtés des organisations syndicales, associatives et de l’ensemble des citoyen·nes attach·ées aux valeurs républicaines et démocratiques, à s’opposer fermement aux idées et aux pratiques de l’extrême droite. Face à la haine et à la violence, la solidarité et la défense indéfectible des droits pour toutes et tous restent nos meilleures armes.
Partager la publication « Violences à l’ESPOL de la Catho de Lille : jusqu’à quand l’impunité de l’idéologie d’extrême-droite ? »
