Communiqué de la section concernant Vertbaudet

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Communiqué du 17 mai 2023

Depuis 9 semaines, des salariées de Vertbaudet sont en grève pour défendre leurs conditions de travail et leurs salaires. Ces ouvrières, puisqu’il s’agit essentiellement de femmes, préparent, empaquettent et envoient les commandes. Elles sont payées au SMIC et sont souvent à temps partiel. Elles demandent une augmentation de 150€. Personne ne peut ignorer combien il est difficile de simplement vivre dans le contexte inflationniste que connaît le pays. Elles sont les victimes d’un système très injuste de redistribution des richesses et de politiques de fragilisation continue des droits sociaux.

Nous les avons rencontrées sur le piquet de grève lundi, où, alertés quant à une éventuelle intervention des forces de l’ordre, nous étions quatre membres de la Section présents en observation de 7h à 9h30. Nous n’avons perçu dans leur mobilisation aucune violence, aucune provocation mais une réelle déterlination pour faire valoir le droit à vivre dans la dignité.

Lundi 15 mai, juste après notre départ, l’intervention des forces de l’ordre a abouti à l’interpellation de deux militants syndicaux. Les vidéos montrent clairement un plaquage et menottage au sol violent pour l’un d’entre eux. Est-ce proportionné à la menace que représenteraient les grévistes ?

La victime, qui tenait d’une main un parapluie, de l’autre un téléphone, présentait-elle réellement un risque pour les fonctionnaires de police ?

Les deux militants ont été retenu 34h en garde en vue pour entrave à la circulation. Pour l’un d’eux, accusé également de rébellion, ces longues heures ont débuté par un transfert qu’il nous raconte comme émaillé de brutalités et d’injures. Son visage tuméfié, son épaule luxée, sa côte cassée en témoignent. C’est d’ailleurs le médecin rencontré en garde à vue qui, selon lui, a prescrit les radios. Il nous a raconté le visage cogné au sol sur le béton, tiré par les cheveux, genoux sur la nuque. Les injures dans le fourgon, « Ferme ta gueule », « sale race », « gaucho de merde », « T’es plus maître de ton destin, en civil je te croise dans la rue je t’attrape par le cou et je t’arrache les yeux » …

Ils ont été relâchés, pour l’instant sans poursuite.

Mardi, une nouvelle intervention de forces de l’ordre a conduit une des grévistes à l’hôpital; elle s’est vue reconnaître 4 jours d’Incapacité Totale de Travail. Puis un délégué syndical a été agressé à son domicile.

Ces violences doivent cesser. L’usage disproportionné et sans discernement de la force publique doit cesser.

Il est urgent que les autorités reconnaissent sur les piquets de grève comme dans la rue le droit d’exprimer des revendications sociales, et choisissent les voies du dialogue et de la médiation.

Consternés par cette situation, nous exprimons toute notre solidarité aux grévistes de Vertbaudet.

Indignés par ces répressions, nous restons mobilisés contre les atteintes répétées à l’Etat de droit, contre les projets de régression sociale, pour nos droits et libertés.