8 mars : Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

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À 10h – à l’Espace Frida Kahlo, 15 rue de Stolberg à Faches-Thumesnil

Lille |  Devant l'Opéra
8 mars 2026
RDV 14h

Rendez-vous à 14h devant l’Opéra de Lille, départ à 14h30.

Pour nos droits, « sales connes » tant qu’il le faudra !

Appel du collectif 8 mars Lille

Collectif dont la LDH Lille est membre.

Le 8 mars 2026, nous seront dans la rue parce que nous voulons une égalité des droits effective, pour les femmes, les filles et les minorités de genre.

Nous serons dans la rue pour que les violences de genre prennent fin.

Nous seront dans la rue pour combattre l’extrême droite et ses idées réactionnaires.

L’extrême-droite monte, et avec elle les violences et les oppressions. Nous réaffirmons notre solidarité avec nos sœurs et adelphes confrontéEs aux politiques d’extrême droite dans le monde : au peuple Iranien, Afghan, Palestinien, Soudanais, Kurde, Vénézuélien, Ukrainien, Chilien, Congolais, Ouïghour, Etats-Unien.

À celleux qui font face aux régimes fascisants, réactionnaires, théocratiques, colonialistes et impérialistes; à celleux confrontées à l’exode et aux politiques migratoires racistes; celleux qui subissent la crise climatique, l’insécurité alimentaire et l’exploitation des multinationales.

Nous sommes aussi en solidarité avec nos adelphes trans dans le monde, dont les droits sur leurs propres corps sont de plus en plus menacés par des politiques conservatrices.

En France aussi, le fascisme et le masculinisme montent, soutenus par un président, un gouvernement et leurs députéEs qui, nous le savons, ne défendront ni les femmes, ni les enfants, ni les minorités de genre. Qui choisissent de fermer les yeux sur les attaques et menaces que nous subissons.

Ces dernières semaines les attaques fascistes se sont multipliées à Lille envers les lieux culturels et militants, queer et de gauche : dégradations des façades, lancers de parpaings et de pétards, violences physiques envers les personnes présentes.. sans aucune réaction politique forte, aucune mesure pour protéger nos sœurs et adelphes.

Pourtant, lorsqu’il s’agit de réprimer nos luttes, les moyens sont démultipliés.

Lorsque nous nous rassemblons pacifiquement pour dénoncer la venue d’agresseurs, par exemple, les dispositifs policiers sont disproportionnés, leurs actions parfois illégales, allant jusqu’à des arrestations arbitraires. Dans certaines manifestations féministes c’est la police qui a escorté les groupuscules d’extrême droite pour leur permettre de manifester.

Cette répression de mouvements féministes, et plus généralement des mouvements sociaux, est intolérable.

Les violences sexistes et sexuelles augmentent et les discours masculinistes se veulent plus décomplexés que jamais. Le sexisme hostile n’est plus marginal, il devient collectif, idéologique et organisé.

En 2025 au moins 167 femmes et filles ont été assassinées par des hommes, parce qu’elles étaient des femmes.

Le Nord est l’un des départements les plus touchés par ces violences. On dénombre au moins 11 féminicides en 2025. La plus jeune avait 15 ans. Ces chiffres n’illustrent qu’une infime partie des violences, dont la majorité restent impunies.

Les violences augmentent et pourtant les subventions des associations féministes baissent. Celles qui protègent nos droits. Celles qui prennent en charge les victimes. Celles qui éduquent les enfants et adolescents à la vie affective et sexuelles. Celles qui forment les professionnelLes. Celles qui sont en premières lignes contre les idées réactionnaires, masculinistes, racistes, Igbtphobes, islamophobes…

Ces coupes budgétaires mettent en péril l’existence même de ces structures indispensables. Elles empêchent la prévention des violences, l’éducation des jeunes générations.

L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle est essentielle pour lutter contre ces violences, les discriminations et les inégalités dès le plus jeune âge. Pourtant, elle reste insuffisamment appliquée et sous-financée. Refuser de donner les moyens d’agir, c’est ajouter de la violence à la violence.

Détruire les rares dispositifs mis en place tout en protégeant les agresseurs: voilà ce que nous imposent le président et ses alliéEs.

Au travail, les inégalités persistent: salaires, carrières, précarité, temps partiels imposés.

Reconnaître la valeur du travail des femmes, est d’abord une exigence de justice sociale. Cela suppose d’identifier et de mettre un terme aux biais sexistes qui aujourd’hui encore pèsent sur l’orientation des filles, au détriment de la mixité des métiers, sur la reconnaissance des compétences mises en œuvre dans les métiers à prédominance féminine, notamment les métiers du soin et du lien, sur les opportunités de carrière et l’accès aux postes les mieux rémunérés.

Les femmes représentent la majorité des personnes sous le seuil de pauvreté, des bénéficiaires des aides alimentaires, des familles monoparentales. Leurs retraites sont 40 % inférieures à celles des hommes.
Les réformes mises en place ces dernières années ont aggravé la situation des femmes: retraite, RSA, AME, tandis que d’autres sont en réflexion pour diminuer nos droits.

La santé des femmes au travail est invisibilisée : pénibilité et risques professionnels genrés restent ignorés, les maladies et invalidités professionnelles majoritairement féminines ne sont pas reconnues, tandis que les rares financements liés au handicap et à l’adaptation des postes sont attaqués, aggravant l’usure et l’exclusion des femmes du travail.

Partout, nos droits sont menacés quand ils ne sont pas ignorés. Nous continuerons de nous battre pour les protéger. Pour notre droit à l’IVG et à la libre disposition de nos corps, pour notre droit à une vie digne, libre et sans violence.

A ce jour, comme chaque 8 mars, nous dressons un bilan : qu’en est-il de la situation des femmes ? Avons-nous été écoutées ? Sommes nous protégées ? Sommes nous libres d’exister ? Le Président et son gouvernement ne font rien, hormis des annonces creuses sans aucune mesure concrète. Par choix. Pour préserver leurs privilèges. Pour que rien ne change. Ces négligences pèsent sans cesse sur le sort des femmes, alors c’est à nous de nous organiser pour les forcer à réagir. Pour bouger les lignes. Les femmes de ce monde sont fortes, et continueront de se battre, aujourd’hui, comme demain: collectivement, côte à côte.

Pas uniquement le 8 mars, mais tous les jours.

Contre la domination patriarcale, contre le racisme, l’islamophobie et la xénophobie; contre la transphobie, la lesbophobie, le validisme, le classisme ; contre les politiques libérales, autoritaires et réactionnaires; contre l’extrême droite et le fascisme.

Aujourd’hui, nous allons nous faire entendre, nous allons faire du bruit pour toustes celles et ceux qui ne peuvent pas ou plus le faire. Aujourd’hui, nous marchons dans la rue pour que demain celle-ci nous appartienne !