8-9-10 mai : week-end de lutte contre le racisme systémique

Communiqué du Comité des Sans Papiers 59 dont la LDH est signataire.

Comme chaque année depuis 1996 le Comité des Sans-Papiers de Lille et environs (CSP 59) organise, le 8 mai une marche de Lille au cimetière d’Haubourdin où sont enterrés des centaines de « tirailleurs africains » morts pour libérer la France et l’Europe des griffes du nazisme lors de la seconde guerre mondiale.

Le 8 mai nous rendons également hommage aux victimes du massacre d’État de Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie dont le nombre s’évalue au moins à 30 000. Le 8 mai 1945 en effet alors que le monde entier fête la défaite du nazisme, les manifestants algériens brandissent un drapeau algérien pour revendiquer l’indépendance de leur pays. La police tire sur la foule et l’armée enclenche un mois entier de répression sanglante.

Ce massacre colonial ne fut pas isolé. Au Vietnam, à Madagascar, au Cameroun et dans d’autres colonies des dizaines de millier d’indigènes furent assassinés par l’armée française pour rétablir son empire colonial.

Les petits-enfants de ces tirailleurs continuent aujourd’hui de mourir dans le désert et dans la méditerranée du fait d’une politique de l’Union Européenne qui continuent d’une part à étrangler économiquement les pays africains et d’autre part à faire des frontières communautaire une forteresse militarisée.

Ceux qui parviennent quand même à franchir la frontière sont enfermés dans un « statut » de sans-papier faisant d’eux des travailleurs corvéables à merci, sans aucun droit et risquant l’expulsion à la moindre contestation.

La situation inhumaine des sans-papiers s’est encore dégradée ces dernières années avec une inflation des OQTF (Obligation de Quitter les Territoire Français), la multiplication des contrôles au Faciès et une législation de plus en plus restrictive et répressive.

Plus grave encore ce gouvernement s’attaque désormais aux droits des immigrés disposant d’un titre de séjour en multipliant les obstacles au renouvellement d’une part et par des retards de plusieurs mois dans la délivrance de ces titres. Les conséquences en termes de rupture de droits sont énormes : perte d’emploi, de logement, de couverture sociale, etc.

C’est pourquoi cette année notre marche annuelle du 8 mai sera complétée le 9 mai par un tribunal populaire qui jugera le gouvernement français et son président pour discrimination raciste systémique et atteinte à la dignité des personnes.

Mais l’année 2026 est aussi celle d’une nouvelle résolution de l’assemblée Générale des Nations-Unie adoptée le 25 mars condamnant l’esclavage et la traite transatlantique comme « le plus grave crime contre l’humanité ». 

De manière scandaleuse la France s’est abstenue lors de ce vote sous le prétexte fallacieux qu’elle refuserait de hiérarchiser les crimes contre l’humanité. L’hypocrisie est évidente. Le texte de la résolution explique en effet qu’il s’agit de reconnaître « le caractère systémique, durable et global de la traite et de l’esclavage » et son « impact profond sur les inégalités contemporaines, les dynamiques économiques mondiales et les héritages  sociaux ». Ce qui est nommé par cette résolution ce n’est rien d’autre qu’une des causes essentielles de l’existence des sans-papiers.

C’est pourquoi cette années la commémoration de la journée de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition revêt une importance particulière. Le CSP 59 appelle en conséquence à la marche, au débat et à la soirée de commémoration du 10 mai.

  • 8 mai 2026 à 10 heures : Marche Lille-Haubourdin. Départ : Porte des Postes Lille.
  • 9 mai à 15 heures : Tribunal contre le racisme systémique du gouvernement Macron. Salle du Gymnase, 7 place Sébastopol Lille.
  • 10 mai à 18 heures : Marche commémorative de l’abolition de la traite et de l’esclavage. Départ : Place de la République Lille.
  • 10 mai à 19 heures : débat et soirée de commémoration de l’abolition. Salle du Gymnase, 7 place Sébastopol Lille.