La Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée chaque année le 3 mai, comme instituée par l’ONU en 1994 pour mettre en avant les atteintes et les menaces envers les journalistes.
À l’heure où grands reporters et correspondants de guerre paient un lourd tribut à la guerre, en Iran, au Liban, en Ukraine, au Soudan, en Palestine et dans tous les conflits où leur neutralité n’est plus respectée.
À l’heure où dans beaucoup de pays (Russie, Tunisie, Turquie, Hongrie…) des journalistes sont emprisonnés ou traduits en justice et condamnés pour leurs articles et leurs reportages.
À l’heure où la presse et les médias, en France et à l’étranger subissent des concentrations et des licenciements massifs qui les empêchent de faire leur travail au bénéfice de l’intelligence artificielle et d’un journalisme d’informations rapides non recoupées et non vérifiées.
À l’heure où la presse et les médias se droitisent et dérivent vers des tribunes d’opinions au mépris des faits, des arguments contradictoires et, souvent, du travail de leurs propres journalistes qui luttent aussi au sein de ces médias dominants comme de la Presse quotidienne régionale (PQR).
À l’heure enfin où les intérêts économiques des grands groupes prévalent sur les orientations des médias en négligeant pluralisme et démocratie.
La Ligue des droits de l’Homme (LDH) de Lille tient à donner une résonance particulière à cette journée dans son combat pour le droit des individus une information libre et plurielle, vérifiée et recoupée, humaniste et solidaire, afin d’informer et d’éclairer l’opinion pour des choix de société qui ne laissent pas la part belle aux sirènes de l’extrême-droite ou de la droite extrême.
La domination des réseaux sociaux comme des chaînes d’information en continu ne peuvent rendre compte de la complexité du monde et des enjeux cruciaux pour l’humanité. À son niveau, le groupe de travail Médias de la section de Lille travaille à mettre en valeur les médias indépendants locaux. Il l’a fait à travers les États Généraux de la Presse Indépendante (EGPI), en invitant des représentants de médias locaux à ses réunions, et en souhaitant organiser un évènement public en 2026.
La LDH de Lille, engagée dans le droit à informer, se saisit de la journée mondiale de la liberté de la presse, pour rappeler solidairement les exigences d’une information dégagée des emprises illibérales ou oligarchiques au service de l’extrême droite. Dans la logique des 59 propositions des EGPI dont un important moment de travail s’est tenu à Lille le 3 avril 2024 :
- Nous défendons solidairement l’existence d’un service public de l’information, qui est sans doute améliorable mais qui permet, notamment, un journalisme d’investigation et qui est actuellement, pour cela notamment, ciblé par les responsables et médias d’extrême droite qui entendent le démanteler au profit de médias d’opinions, voire de propagande.
- Nous défendons l’existence d’un organisme public de régulation doté de véritables pouvoirs de faire respecter les chartes, notamment dans l’audiovisuel.
- Nous demandons une profonde réforme des aides à la presse qui, actuellement, bénéficient surtout aux plus riches, y compris quelquefois des médias qui prônent des politiques antidémocratiques, les racismes, l’homophobie, la misogynie, et autres formes de haine contraires à la loi.
- Nous demandons des mesures contre la concentration des actionnaires.
- Nous demandons l’élargissement des droits des rédactions.
- Nous demandons des dispositifs contre les procédures bâillon, ainsi qu’une meilleure protection des lanceurs d’alerte.
- Nous demandons des dispositifs luttant contre la précarisation des journalistes.
- Nous demandons la mise en place d’une véritable politique, dès l’école, d’éducation aux médias permettant aux futurs (et parfois actuels) citoyens d’exercer un décryptage des informations qu’ils reçoivent.
Partager la publication « Journée mondiale de la liberté de la presse : pour des médias libres ! »
