22ème Ciné-débat LDH à Bédarieux

Ce ‘’bord du monde’’, situé dans un établissement chargé de prendre soin des personnes ayant des troubles psychiatriques,  se donne rarement à voir avec un film de fiction inspiré du vécu dans un réel service de psychiatrie hospitalière, accessible à un large public[1].

C’est ‘’à travers les yeux’’ du personnage principal, Alexia, jeune infirmière qualifiée mais effectuant pour la première fois un stage auprès de patients hospitalisés d’office, qu’on découvre des situations sur lesquelles elle s’interroge. Les plans rapprochés, montrant les réactions du visage de l’actrice (Mara Taquin) interprétant magistralement son rôle, s’ouvrent souvent en longs plans-séquence dynamiques, permettant de comprendre des contestations légitimes de comportements professionnels pouvant conduire à l’isolement et la contention de jeunes adultes. Une empathie louable de la jeune infirmière, privilégiant le soin relationnel, et des crises difficiles à gérer pour des causes multiples sur lesquelles le film ne peut laisser indifférent,  conduisent chacun à s’interroger sur ce que nécessite le respect réel de la dignité des personnes hospitalisée, d’autant plus lorsque peut s’ajouter le traumatisme d’hospitalisations sous contrainte [2].  
En ayant trouvé des comédiens talentueux, Guérin Van de Vorst et Sophie Muselle ont réalisé ce film en Belgique, mais on y retrouve toutes les caractéristiques de la pénurie hospitalière dans notre pays, particulièrement exacerbée en santé mentale, bien que celle-ci soit déclarée depuis 2 ans ‘’grande cause nationale’’… dans une période où s’accroissent notamment les multiples déterminants sociaux et humains d’anxiétés, de syndromes dépressifs, de pathologies psychiques. Dès le début, les post-it ‘’en maladie’’, que la caméra permet d’entrevoir sur de nombreuses armoires vestiaires des personnels, témoignent d’un malaise bien réel, le nombre très insuffisant de médecins hospitaliers et de personnels soignants bien formés pour permettre une égale qualité de soins partout, ce qui implique aussi pour les soignants de bonnes conditions de travail.

En même temps, ce qu’on découvre de cette unité fermée est sans outrance, dans un cadre plutôt agréable, avec des activités ludiques organisées avec des patients, sans grand moyen mais contribuant à les mettre en valeur, où ils peuvent s’exprimer de différentes manières, en particulier par des chansons pour l’un d’entre eux, l’accès à des espaces extérieurs permettant d’associer à des plantations les personnes hospitalisées qui, contrairement à certains établissements[3], peuvent déambuler à toute heure sans être enfermés…

Le Groupe de Travail santé & bioéthique de la LDH soutient ce film qui sortira ensuite en salles partout en France à partir du 11 juin 2026. Il peut permettre de fructueux échanges avec le public et, pour la LDH, d’évoquer particulièrement les droits des personnes hospitalisées en psychiatrie, notamment en matière de contentions et d’isolement, d’hospitalisations sous contrainte[4]. Philippe Laville, élu au comité national LDH et copilote du GT santé, apportera un soutien à cette initiative du 2 juin à Bédarieux, d’autant que la LDH prépare nationalement depuis longtemps un colloque sur les déterminants de troubles psychiques en amont du soin, avec plusieurs autres GT thématiques et des partenaires, et que, simultanément, une étude nationale est en cours, à partir d’une enquête citoyenne, collaborative, avec plusieurs associations et instituts de recherche sur « Qu’est-ce que bien soigner ? »[5] .


[1] On peut également recommander le beau film de fiction également inspiré du réel, La forêt de mon père, de la réalisatrice franco-belge Vero Cratzborn, sorti en 2020, centré admirablement sur les conséquences pour des enfants de troubles psychiques affectant l’un de leurs parents, mais, comme ce n’était pas le sujet principal, les situations en milieu hospitalier sont très courtes permettant seulement d’entrevoir la contention physique et chimique, à laquelle l’ainée des 3 enfants voulait faire échapper son père (film soutenu nationalement par la LDH =  https://www.ldh-france.org/la-ldh-soutient-le-film-la-foret-de-mon-pere-de-vero-cratzborn/ ). Il a été projeté à Bédarieux en ciné-débat LDH peu après sa sortie, en présence de sa réalisatrice dans la salle.

[2] En droit français, on pourra se reporter au plus récent Article L3222-5-1du Code de la Santé Publique à ce sujet : « L’isolement et la contention sont des pratiques de dernier recours et ne peuvent concerner que des patients en hospitalisation complète sans consentement. Il ne peut y être procédé que pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui, sur décision motivée d’un psychiatre et uniquement de manière adaptée, nécessaire et proportionnée au risque après évaluation du patient. Leur mise en œuvre doit faire l’objet d’une surveillance stricte, somatique et psychiatrique, confiée par l’établissement à des professionnels de santé désignés à cette fin et tracée dans le dossier médical… ».

[3] Voir notamment le rapport du Contrôleur général des lieux privatifs de liberté, titré Soins sans consentement et droits fondamentaux (Dalloz 2020 et https://www.cglpl.fr/app/uploads/2020/06/Rapport-soins-sans-consentement-et-droits-fondamentaux_web.pdf ) à la fin du mandat de 6 ans de la magistrate Adeline Hazan au cours duquel elle a visité, à partir de 2014 tous les services hospitaliers et établissements de soins psychiatriques… et les livres du psychiatre Mathieu Belhassen, accueilli par le GT santé & bioéthique LDH le 27/9/2023 au Siège national et en visio (www.youtube.com/watch?v=tnlbKjml_Dw) à l’occasion de la sortie de son livre Abolir la contention (Libertalia, 2023), le livre Et c’est moi qu’on enferme de Philippa Motte (Stock, 2025).

[4] Voir également l’Avis 147 du CCNE (Comité Consultatif National d’Éthique pour les Sciences de la vie et de la santé), titré « Enjeux éthiques relatifs à la crise de la psychiatrie : une alerte du CCNE » 9/1/2025 https://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/2025-01/Avis%20147.pdf

[5] Voir notamment= www.ateliersrefondationhopitalpublic.org/quest-ce-que-bien-soigner-lancement-de-lenquete/  

20e Ciné-débat  « Le dernier souffle »

Vendredi 30 mai 2025, à 20h30, au cœur de l’actualité, avec le débat parlementaire sur la fin de vie et ‘’l’aide à mourir’’,
la section LDH de Bédarieux (34) propose, en coopération avec l’équipe du Cinéma Jean-Claude Carrière
(Avenue des Justes parmi les Nations, 34600 Bédarieux), pour son 20e ciné-débat LDH, le plus récent film de Costa Gavras, son 21e long métrage, sorti en février 2025, soutenu nationalement par la LDH (https://www.ldh-france.org/la-ldh-soutient-le-dernier-souffle-un-film-de-costa-gavras/), qui porte un regard original et optimiste sur les soins palliatifs.

Ce ciné-débat bénéficiera de la contribution exceptionnelle, à distance (en étant visible sur l’écran du cinéma et voyant/écoutant le public) , d’une professionnelle émérite en ce domaine, récemment accueillie pour une rencontre-débat du Groupe de Travail national Santé & Bioéthique LDH (voir Lettre trimestrielle n°40 de ce GT) :
Michèle Lévy-Soussan, médecin responsable de l’Unité Mobile d’Accompagnement et de Soins Palliatifs de l’Hôpital Pitié-Salpêtrière (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) de 2000 à 2024, enseignante chercheure en humanités en santé (Laboratoire Sciences Norme Démocratie du département de philosophie de Sorbonne Université) et sur la médecine narrative à l’Hôtel Dieu de Paris, membre du comité éthique et déontologie de l’Institut National du Cancer (Inca), chercheure associée à la Convention Citoyenne sur la fin de vie du Conseil Économique Social et Environnemental (CESE ; voir entretien LDH sur cette convention citoyenne dans Droits & Libertés revue trimestrielle LDH )… Elle plaide, dans diverses expressions publiques pour une approche ‘’empreinte de discernement et de bienveillance, refusant les alarmes outrancières et défendant une réponse profondément humaine, au cœur de la relation de soin et adaptée à chaque histoire singulière’’. Parmi ses expressions récentes :  www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/france-culture-va-plus-loin-l-invite-e-des-matins/aide-a-mourir-de-la-question-ethique-au-debat-de-societe-5182024 le 13/5/2025; au Parlement le 24/4/2024 ; https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/03/10/andre-comte-sponville-et-michele-levy-soussan-un-etat-democratique-doit-nous-donner-les-moyens-de-developper-les-soins-palliatifs-et-de-pratiquer-l-aide-active-a-mourir_6164904_3232.html  le 10/3/2023…

Liens vers expressions LDH (résolutions de Congrès et de Comité national) : https://www.ldh-france.org/resolution-conforter-la-perspective-dune-bioethique-pour-toutes-et-tous-autour-de-cinq-principes/ en 2019 ; « Fin de vie : Pour un droit d’obtenir une aide à mourir » en 2020…

Débat animé sur place, après la projection du film, par Philippe Laville, élu au Comité national LDH, copilote du GT national LDH Santé & bioéthique, ancien formateur de soignants et d’enseignants de Sciences Médicosociales au sein de l’Éducation nationale.

Pour réserver cette soirée exceptionnelle du 28 mai au Cinéma Jean-Claude Carrière de Bédarieux :
https://cinema-bedarieux.com/

16e Ciné-débat  »Par la fenêtre ou par la porte » – l’affaire France Télécom

Ce récent film de Jean-Pierre Bloc a été soutenu dès sa conception en 2023 avec la participation de syndicalistes, par de nombreuses organisations comme c’est visible sur l’affiche, dont la LDH (lire article de soutien). Il permet notamment de s’informer et débattre du droit du travail, de la démocratie dans et autour de l’entreprise, des maltraitances de salariés et de leurs conséquences comme cela a été manifeste à France Télécom dans le cadre de la volonté de ses dirigeants et du pouvoir politique d’alors de faire disparaître un service public, avec des méthodes managériales qui perdurent dans d’autres domaines, inspirées de grandes entreprises du secteur privé transposées dans le secteur public, ayant contribué notamment à de très nombreuses démissions de soignants dans le service public hospitalier. La projection-débat du jeudi 8 février 2024 à 20h30 à Bédarieux est coorganisée par la section locale LDH avec plusieurs autres organisations présentes localement (ATTAC, CGT, Solidaires), avec le soutien de la Librairie  »La joie de connaître ».

« Loup y es-tu ? »

En profitant de l’opportunité de la participation de la réalisatrice la veille à une autre projection-débat de son film en région Occitanie à l’initiative de la section LDH de Carcassonne, et de sa disponibilité pour venir à Bédarieux avant de continuer sa tournée de projection de son récent film, c’est le 15ème Ciné-débat LDH à Bédarieux.
[Clara Bouffartigue, dans le débat passionnant qui a suivi la projection – photo PL]

L’affiche du film, reprend une image de la belle animation sur des peurs enfantines, qui s’articule, en constituant des respirations filmiques chargées de sens, avec des séquences de situations réelles d’expressions diverses, d’écoute et de soins psychiques d’enfants, d’adolescents (en CMPP), de jeunes adultes (en BAPU)… et entre eux.

Ce film, plein d’humanité, est soutenu nationalement par la LDH (https://partage.ldh-france.org/s/xsrp9zmpFLfok4b). De ce fait, après la projection, le débat avec la réalisatrice sera animé par Philippe Laville, élu national et animateur du Groupe de travail (GT) national LDH Santé & Bioéthique ayant évoqué ce film dans la ‘’Lettre’’ trimestrielle de ce GT (envoi sur demande à copilsante@ldh-france.org ), lui-même ancien formateur de soignants et ayant déjà participé à l’animation d’un ciné-débat avec la réalisatrice et des professionnels d’un CMPP en région parisienne peu après la sortie du film.

Ce film permet de découvrir l’importance de la qualité des soins psychiques pour les jeunes, en immersion dans un établissement où la situation n’est pas trop dégradée (les temps d’attente pour accéder à certains CMPP étant de plus d’une année !). Le débat sera l’occasion d’évoquer les grandes inégalités sociales et territoriales pour l’accès à des soins de qualité particulièrement en santé mentale pour les enfants et adolescents : voir récente déclaration solennelle et 10 propositions très concrètes du Collectif animé par l’UNICEF auquel participe la LDH avec une quinzaine d’autres associations = www.ldh-france.org/10-mesures-cles-pour-agir-urgemment-en-faveur-de-la-sante-mentale-des-enfants/.
Le débat pourrait aussi permettre d’analyser les graves conséquences en santé publique, particulièrement pour les enfants étrangers ayant vécu des parcours très traumatisants… qui résulteraient en ce domaine de la récente loi immigration, déférée au Conseil constitutionnel fin décembre, si elle était promulguée.