
Ça y est les patrons ont décidé d’afficher leur soutien au RN, en recevant ostensiblement ses responsables.
Ce n’est pas une surprise, les extrêmes droites, fascismes et autres dictatures ont toujours pris le pouvoir grâce au soutien des capitalismes et à la désunion des gauches.
L’histoire permet de lire les permanences. En 1922 Mussolini prend le pouvoir avec le soutien du patronat, des grands propriétaires terriens du Sud et des industriels. De même Hitler en 1933 est financé par les Thyssen, Krupp et compagnie qui s’enrichiront de la guerre sans grandes conséquences pour eux après 1945. Il est vrai que les entreprises étatsuniennes étaient présentes en Allemagne. Ford et General Motors détiennent 70 % du marché allemand de l’automobile en 1939 et fournissent l’armée pendant toute la guerre. Les profits sont rapatriés via la Suisse et la banque des règlements internationaux de Bâle.
En période de crise les régimes dictatoriaux sont pains bénis pour le capitalisme, la guerre est source de souffrance pour la majorité de la population mais de profits gigantesques pour les entreprises. Total en est une petite illustration décomplexée.
Alors la prise du pouvoir par les partis fascistes ou fascisants est-elle inéluctable ? Dans la division probablement, mais dans l’union des gauches, sans exclusive, tout est possible.
Là aussi l’histoire donne des pistes. Toutes les victoires des fascismes se produisent quand les gauches sont divisées. En Allemagne la social-démocratie refuse l’alliance avec le Parti communiste. En Espagne Staline affaiblit la république en faisant éliminer le Poum et les anarchistes.
Au contraire, en France, en 1936, au-delà des anathèmes et des violences passées, socialistes, communistes et radicaux s’unissent dans le Front populaire et remportent les élections. La LDH a été au centre de cette union des gauches syndicales et politiques.
En 2026, nous sommes à un moment clef où le langage et les discours xénophobes de l’extrême droite sont repris par la droite, où Bolloré, à l’instar du parfumeur Coty dans l’entre-deux guerres, contrôle nombre de Médias.
Pour le capitalisme libertarien, le réchauffement climatique, la destruction du vivant, la marchandisation de la société représentent un business lucratif. La démocratie devient une gêne trop importante.
L’Union des gauches peut vaincre le RN et remporter les élections. Encore faut-il dépasser les anathèmes, accepter la pluralité, rompre avec les politiques néolibérales et agir pour le bien commun.
Daniel Trillon
Membre du bureau de la section LDH de Châtellerault
Châtellerault Libertés n°45







