Défi 10 jours sans écrans, du 14 au 23 mai 2024


1- Enjeux
Le projet est basé sur de nombreuses études, françaises et internationales, qui aboutissent
toutes au constat qu’un excès d’exposition aux écrans – télévision, ordinateur, tablette, téléphone
portable – est néfaste pour la bonne santé physique et mentale des enfants.
Qu’il s’agisse des études de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), du Haut-conseil de la
santé publique ou encore de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité
(Onaps), toutes démontrent que les comportements sédentaires et l’usage excessif des écrans ont un
impact négatif sur le développement physique, cognitif, émotionnel et social des enfants et des
adolescents, ainsi que sur leurs résultats scolaires, leur bien-être, leur sommeil et leur santé
mentale.
Selon l’étude ESTEBAN 2015 de Santé publique France :

  • Un enfant à l’école maternelle passe plus de temps devant les écrans qu’en classe.
  • Un écolier du CM passe chaque année l’équivalent de deux années scolaires devant les écrans.
  • Ce chiffre atteint l’équivalent de deux ans et demi pour un lycéen.
    La question du temps passé devant les écrans est au cœur des défis actuels en matière d’éducation :
  • Santé : santé physique (sédentarité, surpoids/obésité, capacités cardio-vasculaires, sommeil)
    et santé mentale.
  • Réussite scolaire : trouble de l’attention, hyperactivité, syndrome de la main molle,
    dégradation des capacités de réflexion et de compréhension.
  • Vivre ensemble et climat scolaire : violence (physique et verbale), liens familiaux et
    intergénérationnels.
  • Environnement et consommation : sollicitation publicitaire et hyperconsommation,
    relation avec la nature.
  • Éducation aux médias et à l’information : contrôle de la technologie et capacité à discerner
    les écrans qui rendent service des écrans qui asservissent.
    Vu l’ampleur du phénomène et des enjeux, nous devons tous nous sentir concernés.

  • 2- 10 jours sans écrans
    Bien entendu, il serait illusoire de vouloir faire disparaître totalement les écrans de la vie des
    enfants. Mais, il est possible d’agir, chacun à sa mesure et collectivement. C’est ce que s’est donnée
    comme mission depuis 2008 l’association « 10 jours sans écrans », par le biais du « Défi sans écran » né
    au Québec en 2003.
    L’objectif du défi est de faire prendre conscience aux enfants des risques pour leur santé et de leur
    donner les outils pour se prémunir des excès, sans interdire mais en usant de pédagogie. L’idée est
    de leur permettre de redevenir acteur de leur consommation d’écrans. Informés de l’impact des écrans
    sur leur santé, les enfants peuvent choisir de s’en libérer, et réaliser que des activités alternatives
    existent.
    Les « 10 jours sans écrans » font fonction de « sas de décompression » entre des habitudes de
    consommation compulsive d’écrans et de nouvelles habitudes de consommation, plus éclairée et
    conformes aux recommandations scientifiques (temps d’écran maximal selon l’âge, temps d’activité
    physique quotidien, temps de sommeil…)
    Cette démarche est synthétisée par l’acronyme S. V. P.

  • S. V. P. pour Savoir-Vouloir-Pouvoir
    Savoir
    Une étape importante du Défi est celui du « partage des savoirs » : sensibiliser les enfants à la place
    que les écrans prennent dans leur vie par le biais d’une auto-évaluation partagée en classe, les
    informer des conséquences potentielles d’un temps excessif consacré aux écrans, partager avec eux
    les bienfaits constatés grâce à une meilleure maîtrise du temps d’écran et l’adoption d’habitudes de
    vie plus saines.
    Vouloir
    Une fois cette première étape franchie, il faut susciter la volonté d’éteindre les écrans. « Mettre au
    défi » les enfants de se passer des écrans pendant plusieurs jours nécessite de les amener à réfléchir à
    ce qu’ils veulent pour eux-mêmes et pour leur santé, à imaginer ce qu’ils pourraient faire de ce temps
    « libéré », et avec qui ils aimeraient le faire.
    Pouvoir
    Evidemment, pour éteindre les écrans, la volonté ne suffit pas. Les enfants ont besoin d’aide. Cette
    aide passe par des outils concrets (grille horaire, carnet de bord, affichage, badge, boîte à idées) ainsi
    qu’une liste d’activités, mis à leur disposition.
    La grille horaire découpée en tranches (avant l’école, après l’école, le mercredi et le week-end) lui
    permet de visualiser les 10 jours à venir, durant lesquels 66 points sont à marquer. L’enfant peut ainsi
    planifier ses activités, et même s’octroyer un temps d’écran ou deux durant la période. L’objectif étant
    d’atteindre, individuellement et collectivement, le maximum de points au bout des 10 jours.
    Le carnet de bord lui permet d’exprimer ce qu’il vit au jour le jour, de trouver des idées d’activité et
    de raconter ses difficultés.
    Le badge suscite l’appartenance à une communauté d’objectif.
    La liste d’activités comporte deux types d’activités :
  • des idées d’activités autonomes ou familiales, à faire à la maison (jeux de société avec ses
    parents/frères/sœurs ; préparer une pâtisserie ; faire son arbre généalogique…)
  • des activités proposées par la « collectivité » (associations locales, commune, parents) selon
    un planning défini en amont. L’accent est mis sur les activités physiques, pratiquées avec la
    famille et en extérieur, mais toute autre activité venant en remplacement d’un temps d’écran
    sera la bienvenue (découverte culturelle, cuisine, lecture de conte, soirée jeux de société,
    visites… toutes les idées sont bonnes !).
    Les enseignants peuvent également initier des activités en classes, que les enfants pourront
    poursuivre en dehors de l’école.

  • 3- La démarche
    Pour mener à bien ce projet, une étroite collaboration entre l’école et les familles est indispensable.
    Il faut y ajouter la participation active des bénévoles associatifs, et de la commune, qui seront
    sollicités pour proposer des activités sur les temps « sensibles », à savoir chaque fin de journée /début
    de soirée, les mercredis (au nombre de 2 sur la période) ainsi que le week-end. Un planning sera ainsi
    établi et remis aux familles. Libre à elles d’y participer ensuite avec leur enfant.
    Statistiquement, plus la communauté est impliquée, plus les chances de réussite sont grandes.
    Le projet est annoncé selon un échéancier établi par avance.
    Après contact et accord de l’équipe éducative, les élèves sont informés du projet. Parallèlement, une
    réunion est organisée pour informer les parents (compléter par une information écrite) et les
    impliquer dans les activités à réaliser avec les enfants. La boîte à idées peut compléter et personnaliser
    ces activités et en faire découvrir de nouvelles auxquelles personne n’aurait pensé.
    L’action doit être présentée comme un véritable défi pour les enfants et donner lieu à une
    préparation digne d’une rencontre sportive : les enfants font figure d’équipe d’amateurs face à l’équipe
    des professionnels de l’industrie du divertissement. L’émulation est encouragée, à travers notamment
    le décompte journalier des points marqués.
    La communication vers l’extérieur accompagne cette dynamique pour la valoriser :
  • en amont de l’opération, pour rappeler les dangers de l’abus des écrans, dont le gouvernement
    a pris récemment la mesure, et annoncer la participation de l’école, sous forme de conférence
    de presse menée par des élèves, par exemple ;
  • pendant le « Défi », pour relater certains évènements ou actions marquantes pendant la
    période ;
  • après le « Défi » pour en tirer les conclusions, partager le nombre de points marqués mais
    surtout souligner l’investissement des élèves, de leurs parents, des associations et valoriser la
    réussite de ce premier « Défi » amené à être reconduit et peut-être développé l’an prochain !
    La participation des enfants repose sur trois principes :
    Liberté-Honnêteté-Solidarité
  • Chaque enfant est libre de participer. Il est essentiel de ne pas culpabiliser les parents, ni les enfants.
  • L’Honnêteté dans le décompte est encouragée : les points sont marqués avec franchise, il peut
    arriver que l’enfant ne marque pas tous ses points sur la journée. Dans ce sens, regarder une vidéo, ce
    n’est pas tricher car l’enfant écrit la vérité. Il doit être félicité d’avoir « osé » être sincère et non blâmé.
  • Solidarité, car le défi est coopératif : tous les points au sein de la classe et de l’école sont
    additionnés, sans compétition entre les enfants ou les classes.

  • 4- Évaluation de la démarche et bilan

    L’évaluation se fait par le biais de questionnaires enfants, parents et enseignants, qui se font en ligne
    sur le site de l’association, ou directement par le retour d’avis, de commentaires et d’impressions
    échangées oralement en classe et avec les différents partenaires.
    Il ne peut être anticipé par avance mais le bilan issu des expérimentations antérieures montre qu’en
    très grande majorité, les parents souhaitent que le défi soit reconduit dans leur école (97%), ils ont
    trouvé l’expérience significativement utile (89%), et disent que depuis, la consommation d’écrans de
    loisirs a diminué dans le foyer (65%).
    En prime, les deux tiers des mamans (67%) et la moitié des papas (49%) ont significativement réduit
    leur propre consommation pendant le défi.
    Suite à celui-ci, 5 parents sur 6 disent que le défi les aide à mieux maîtriser la place des écrans de
    loisirs à la maison (83%), qu’il influence les habitudes de vie dans les familles (79%), et qu’ils vont
    aider, de manière significative, à maîtriser le temps que leur enfant consacre aux écrans de loisirs
    (84%).
    Proverbe africain :
    « Pour éduquer un enfant, il faut tout un village »


L’école du Crotoy y participe. Cela représente 140 enfants de maternelle et d’élémentaire.
Au total, en 2024, près de 60 000 enfants (crèches, écoles, collèges, lycées) participent au Défi.