DÉTRESSE ALIMENTAIRE A MARSEILLE

« Les associations tirent le signal d’alarme et demandent la mise en place d’une aide alimentaire inconditionnelle et adaptée »

Communiqué de presse du 26 mai 2020

L’alerte a été lancée à de multiples reprises : la crise liée au COVID exacerbe les inégalités et impacte avec une grande violence le quotidien des personnes les plus vulnérables.

Toutes celles et ceux qui dépendent des économies informelles, qui travaillent de manière précaire, ou qui n’ont pas accès aux aides légales du fait de leur situation administrative ou faute d’un accompagnement social adapté, ont été fortement impacté.e.s par une baisse drastique de leurs moyens de subsistance.

De trop nombreuses personnes survivent à Marseille dans des conditions d’extrême dénuement et les bouleversements actuels amplifient et agissent comme un coup de projecteur sur les difficultés à répondre aux besoins élémentaires y compris celui de se nourrir.

C’est pourquoi il est demandé aux pouvoirs publics, depuis le début de l’état d’urgence sanitaire, de mettre en œuvre un dispositif permettant un accès inconditionnel à des aides alimentaires suffisantes, adaptées et facilement accessibles à toutes personnes en ayant besoin.

La question de l’accès à l’alimentation préexistait à la crise, mais les besoins ont été démultipliés et vont perdurer bien au-delà de la sortie du confinement. L’aide publique engagée à Marseille n’est pas à la hauteur des enjeux et les actions mises en place par l’État et les collectivités locales ont immédiatement été saturées.

Si des actions d’urgence coordonnées entre associations nationales et locales, des initiatives autonomes et solidaires, ont permis provisoirement d’aider des milliers de familles, cela se révèle encore largement insuffisant.

La disproportion entre les besoins et les réponses institutionnelles est abyssale.

Les associations préconisent des mesures concrètes.

Des engagements doivent être pris par les pouvoirs publics pour apporter des solutions coordonnées et adaptées aux différents contextes de vie des personnes concernées et a minima :

  • Des restaurants sociaux dans tous les quartiers ;
  • Des colis alimentaires facilement accessibles sur tout le territoire ;
  • Une garantie d’inconditionnalité d’accès aux aides publiques.

En tout état de cause, l’aide alimentaire se doit d’être respectueuse des choix et de la dignité des personnes.

Associations, réseaux, syndicats et collectifs signataires :
 
Association l’île de la ligne –  Association Mot à Mot – Association des usagers de la pada Marseille – Association Contacts – Association BALLON ROUGE – Association de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés ( ASTI d’Aix) – Association Katilla – Association des usagers des bibliothèques municipales de Marseille – Association Marhaban – Association SOS Femmes 13 – Attac Marseille – CCFD-TS Marseille – Centre Social Malpassé – CFDT des Bouches du Rhône  – Collectif 59 Saint Just – Collectif des écoles de Marseille – Collectif Agir du Pays d’Aix et du Pays d’Aigues – Collectif Coup de pouce aux migrants de la gare Saint-Charles – Collectif des Rosiers – Collectif 13 Droits des Femmes – Collectif Organisé.es du 3ème arrondissement (CHO 3) – ESPACE – Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS) PACA – Fondation Abbé Pierre – Forum Femmes Méditerranée – Fraternité de la Belle de Mai  – Groupe d’entraide entre habitants du 3ième à Marseille – IMAJE Santé – Habitat Alternatif Social – La Cimade, groupe local de Marseille – la Confédération paysanne 13 – La Ligue des Droits de l’Homme de Marseille – La Maison de la jeune fille Centre Jane Pannier – L’ADPEI – l’APCARS Marseille – l’AITE d’Aix (Accueil Information de Tous les Etrangers) – Le château en santé  –  Le Comede – le  MRAP 13 (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) – l’Observatoire Asile Marseille – MMF 13 PACA (Marche Mondiale des femmes 13 PACA) – OSIRIS – Paroles vives – Réseau Hospitalité – RESF – RUSF – Secours catholique de Marseille –  Sgen-CFDT Provence Alpes.


 
 

 

Pendant que tout le monde se mobilise, à juste titre, pour faire face au coronavirus, nous alertons une fois encore sur les conditions d’existences de celles et ceux contraints de survivre dans des squats.

Communiqué de presse

Pendant que tout le monde se mobilise, à juste titre, pour faire face au coronavirus, nous alertons une fois encore sur les conditions d’existences de celles et ceux contraints de survivre dans des squats.

Aucun média n’en a parlé, pas même dans la rubrique des faits divers ! À Marseille, le 19 février, un enfant de deux ans est décédé des complications d’une grippe. Si nous ne sommes pas tous égaux face à la maladie, il y a des facteurs aggravants qui relèvent d’une véritable injustice sociale. Nous ne pouvons ignorer les conditions d’existence de centaines de familles contraintes à rechercher un abri de fortune, dans un squat ou au coin d’une rue, et pour les moins pauvres à accepter un logis indigne ou à payer au prix fort un toit à un marchand de sommeil.

Il est peut-être temps que les Marseillais et ceux qui demain gouverneront Marseille, ouvrent les yeux et s’interrogent sur ce qui doit être au cœur de nos actes et de nos décisions politiques, à savoir notre commune humanité.

Ne nous résignons pas et exigeons que dans notre ville plus personne ne dorme à la rue.

Que les parents de ce petit enfant soient assurés de toute notre fraternité et solidarité.

Premiers signataires…

LDH Marseille. La Cimade Marseille.Rencontres Tsiganes. Médecin du Monde. Emmaüs pointe rouge. L’école au présent. Collectif Agir. ATD Quart Monde. RESF 13.

Pastorale des migrants. Hospitalité psychique. SOS Voyageurs. Solidarité Provence Afghanistan. Katilla. Coups de pouce migrants. Collectif 59 Saint-Just.

Réseau Hospitalité. CCFD Terre Solidaire. FAS PACA. Fondation Abbé Pierre

Marseille le 12 mars 2020

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Pour un logement décent pour tous

Une trentaine d’associations s’engagent, au côté de la Fondation Abbé Pierre, pour porter 14 engagements et 60 mesures pour un logement décent pour tous.

Ce dossier, mis à disposition de tous les candidats, servira aussi de balise et d’outils, dans une démarche la plus unitaire qu’il soit, pour agir et obtenir des mesures concrètes en matière de lutte contre l’habitat indigne, l’offre de logements pour les plus démunis, la résorption des bidonvilles et du sans abrisme, garantir l’accès et maintien dans le logement.

Lire le rapport :

14 engagements et 60 mesures pour un logement décent pour tous

 

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Les élus locaux face à la résorption des squats et bidonvilles

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Elus locaux, vous pouvez agir efficacement !
Près de 18 000 personnes vivent toujours en bidonville ou squat en France, dans des conditions parfaitement indignes. Les politiques publiques ont jusqu’à présent échoué à résorber durablement ces habitats et à assurer aux personnes qui y survivent des conditions d’insertion correctes. Les chiffres ne bougent guère. Le recours à l’expulsion, trop souvent utilisé, s’est avéré une solution de facilité, vaine et violente pour les familles, faute de s’attaquer au vrai problème : la grande précarité et la pauvreté des personnes.
Mais l’État a changé d’optique, désireux d’impulser des stratégies porteuses de résultats au niveau local. Il entend régler la question d’ici à 2022, volontarisme appuyé par le doublement du budget dédié de la Délégation interministérielle à l’hébergement et l’accès au logement (Dihal).
Mais le succès dépendra étroitement de l’implication des élus locaux. 2020, année d’élections municipales. Année de l’efficacité ?
Retrouvez l’intégralité du rapport du Collectif National Droits de l’Homme Romeurope :
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Contribution Plan Local d’Urbanisme intercommunal – Territoire Marseille Provence

Section De Marseille Ligue Des Droit De L’homme – Marseille – 03/03/2019 17h00 – Registre numérique

Mesdames, Messieurs les commisaires enquêteurs,

Nous avons l’honneur de vous présenter la contribution de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), section de Marseille, à l’enquête publique sur le PLUi au projet de Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire Marseille Provence .

La LDH, après lecture du PLUi, est inquiète des conséquences du PLUi sur la cohésion sociale et la qualité de vie des Marseillais, elle attire votre attention sur 2 thématiques qui nous paraissent essentielles :

1. Logement et cohésion sociale

La première fonction d’un PLU devrait être de permettre l’exercice d’un droit humain fondamental, le droit à un logement digne pour tous, et de garantir la cohésion sociale de notre ville. En effet, le logement social n’est pas qu’une question quantitative : sa localisation est la question primordiale à traiter si l’on recherche une mixité sociale réelle sur notre territoire. Or sur ce point, le PLUi ne prend pas la mesure des enjeux. Bien au contraire, fidèle à la ségrégation sociale qui est la matrice électorale de Marseille, le PLUi maintient et consolide le « chacun chez soi », à l’échelle de la ville et de la métropole.

Par exemple, en posant un seuil de 100 logements pour l’obligation de logements sociaux, il empêche de fait de construire des logements sociaux dans les quartiers les plus aisés, où le promoteur pourra maximiser systématiquement l’accession libre à la propriété. Avec le préfet et tous les acteurs sincèrement inquiets de la ségrégation sociale en vigueur à Marseille, nous demandons l’abaissement de ce seuil.

Plus largement, nous considérons que la coexistence de populations différentes est la fonction même de la ville, et doit donc être possible dans chaque quartier. C’est pourquoi nous demandons que le PLUi s’engage sur des objectifs précis de construction de logements sociaux à une autre échelle que la commune. En effet, les opérations de logement social dans les quartiers aisés sont souhaitables et possibles, malgré les réticences des riverains, souvent par le biais de petites opérations dans le tissu urbain. Nous demandons donc :

− l’élargissement du Droit de préemption urbaine (DPU) à l’objectif de création de logements sociaux, dans tous les tissus urbains.

− l’objectif à 10 ans d’atteindre le seuil de la loi SRU de 25 % de logements sociaux, pour tous les 111 quartiers administratifs de Marseille. Chaque quartier comptant en moyenne 7 à 8000 habitants, cette échelle est la seule pertinente pour permettre enfin une mixité sociale réelle.

Par ailleurs le PLU ne prévoit pas d’espace réservé à l’habitat mobile des familles concernées (obligation prévue par la loi Besson de juillet 2000) à Marseille. Et la seule aire d’accueil des gens du voyage va fermer le 31 mars 2019.

Enfin, la question de la résorption des bidonvilles n’est pas considérée, alors que l’instruction gouvernementale du 28 janvier 2018 prévoit leur résorption dans les 5 ans.

Ces deux éléments montrent à quel point la politique urbaine de Marseille consiste à « choisir » ses habitants, et à considérer avec mépris, et même à refuser à certaines catégories de personnes le droit à un logement.

2. Espaces verts et qualité de vie

Depuis le POS de 2000, la Ville de Marseille a ouvert à l’urbanisation ses derniers espaces de campagne, et la hausse des prix immobiliers a entraîné les promoteurs immobiliers à rechercher et construire sur tous les espaces « vides » de la ville constituée. Or ces espaces n’étaient pas vides, mais pleins de végétation et d’espaces ouverts qui permettaient des usages récréatifs pour les Marseillais. Souvent, c’est la ville de Marseille elle-même qui possédaient ces biens, et les a aliénés au secteur privé au lieu d’en faire des parcs et des jardins. Ainsi en centre ville, la maternité de la Belle de Mai, le square Michel Lévy, la Villa Valmer, l’îlot Chanterelle, etc. sont les symboles de la bétonisation de la ville et de la transformation d’espaces verts en ensembles immobiliers et privatifs.

Cette situation n’est plus tenable. Elle empêche les Marseillais de jouir d’un droit fondamental à un cadre de vie de qualité minimum. Elle pèse sur la santé des personnes, sur le bien être des enfants, et amène les Marseillais à quitter leur ville. Comment vouloir attirer des populations si on leur propose un environnement dégradé qui les pousse à s’enfuir ?

Le PADD affirme une volonté de préserver un « écrin vert et bleu », et de lutter contre les îlots de chaleur. Mais dans la réalité du PLU, les emplacements réservés pour de nouveaux espaces verts sont presque inexistants. A part deux parcs de taille importante (le parc des Aygalades sur Euromed2 et le parc du belvédère de Séon), projets déjà anciens et qui sont le fruit d’inconstructibilité liée à des risques naturels, le PLUi ne propose pas de développement des espaces verts dans le tissu urbain.

Il reste pourtant des opportunités de création d’espaces verts sur des friches agricoles, des grandes unités foncières bastidaires privées ou publiques, et sur les nombreuses friches d’activités. De même dans la cas où des îlots entiers se révèlent insalubres, ou à reconstruire, des espaces verts sont possibles. C’est pourquoi nous demandons :

• La création de parcs et espaces verts, intégrant des jeux pour enfant, dans toutes les opérations immobilières intervenant sur une surface supérieure à 1000 m².

• La suppression de toute possibilité de réaliser un équipement de type parking sur les parcelles du Parc Longchamp.

• L’inscription d’emplacements réservés pour des espaces verts publics sur les zones d’activités ou d’habitat, à raison d’au moins un emplacement réservé par quartier (soit au moins 110 emplacements).

• La compensation systématique de tout arbre supprimé dans les espaces publics ou privés, par la replantation de 3 arbres au minimum, en application du principe ERC du Code de l’environnement.

• La compensation systématique de toute artificialisation des sols dans les espaces publics ou privés, par la réouverture et la perméabilisation des sols d’une surface au moins double.

Enfin, c’est à une mise à niveau environnemental globale que le PLU devrait servir et notamment à atteindre les exigences de l’accord de Paris et de la lutte contre le réchauffement.

C’est pourquoi nous demandons :

• Que toute nouvelle opération immobilière soit obligatoirement couverte de toiture photovoltaïque. De même, le PLUi devrait fixer des objectifs chiffrés de couverture photovoltaïque sur les bâtiments publics existants.

• Que les espaces publics soient systématiquement plantés, afin de diminuer efficacement la température de la ville dans les périodes estivales.

• De renforcer les dispositions favorisant l’implantation de voies réservées à la circulation douce/mobilité active et l’intermodalité.

2019, des impatiences sociales exacerbées.Tribune de Malik Salemkour, président de la LDH

L’année 2019 se termine comme elle aura commencé, avec des manifestations populaires et des mouvements sociaux qui révèlent des antagonismes croissants entre, d’un côté, de fortes attentes de justice sociale qui s’expriment de la part d’une population inquiète sur son présent et son avenir, et, de l’autre, du mépris avec des réponses inadaptées, destructurantes et insécures de la part du gouvernement et de sa majorité.

En dépit de ces tensions et des alertes venues de la société civile et des syndicats, le pouvoir en place s’entête, dans une vision ultralibérale et asociale qu’il déroule de manière technocratique et accélérée depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. Ces choix politiques sont lourds de sens et radicaux en ce qu’ils défont pied à pied le contrat social et démocratique qui organisait la société française depuis le Conseil national de la résistance autour d’objectifs de redistribution sociale et de solidarité, garantis par l’Etat, protégeant les plus fragiles et assurant les moyens individuels et collectifs de progrès sur tout le territoire. Cela se traduit par un désengagement continu de la puissance publique dans ses missions de service public. Un choix dicté par une idéologie et des restrictions budgétaires qu’elle s’impose de façon dogmatique, refusant de faire contribuer des acteurs dont les fortunes s’envolent. La foi portée par le gouvernement en une capacité naturelle d’un système économique, libéré de tout entrave, à partager de manière optimale les richesses et à corriger les inégalités est pourtant d’évidence contredite dans les faits qui voient, au contraire, fortement s’accroître leurs concentrations. Cette logique idéalisée du « premier de cordée » a justifié le démantèlement, par ordonnances, du Code du travail au détriment des droits des salariés, la réforme des allocations chômage qui précarise les demandeurs d’emplois, le projet de revenu universel d’activité qui menace l’inconditionnalité des protections acquises pour les personnes en situation de handicap et les plus démunis, et maintenant la refonte du système de retraite avec des propositions des plus confuses et inquiétantes pour les générations présentes et futures.

En réaction au mouvement des « gilets jaunes », le gouvernement a dû rendre en urgence, en début d’année, des milliards d’euros qu’il avait précédemment captés des poches exsangues de celles et ceux qui ne pouvaient plus faire face à leurs dépenses de la vie quotidienne. Le président Macron a ensuite initié un « grand débat » national, avec un tour de France très médiatisé de confrontations directes avec la population. Il en était sorti sans surprise des attentes impatientes en termes de pouvoirs d’achat et de révision des fonctionnements démocratiques, avec aussi des aspirations contradictoires sur de nombreux sujets. Sans avoir réellement pris la mesure du malaise profond exprimé mais affirmant en avoir tiré la leçon, l’exécutif a promis de revoir sa méthode et de redonner sa place au dialogue civil et social. Force est de constater qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Le pouvoir s’enferme dans un autoritarisme aveugle qui met en péril la paix sociale et civile avec une violence inégalée à l’encontre des manifestants, des journalistes et des observations citoyennes sur les pratiques policières, les forces de l’ordre étant instrumentalisées à des fins de contrôle social. La concertation officielle engagée depuis l’été sur la réforme des retraites s’est avérée un leurre et a tourné à l’humiliation. Le gouvernement a finalement décidé seul, révélant tardivement ses orientations et en ne tenant aucun compte des propositions faites par les syndicats, ce qui conduit, en cette fin d’année, à des mobilisations revendicatives d’une exceptionnelle ampleur.

Faire vivre la démocratie sociale, donner corps aux droits fondamentaux

Ce sont des choix de société structurants qui sont actuellement en débat. Ils interrogent à la fois les finalités essentielles de l’Etat et les modalités des arbitrages à rendre entre intérêts et temps divergents. Quel pacte social, quel partage des efforts et quelle démocratie nous voulons.

Les réponses à y apporter ne peuvent être faites d’illusions et de promesses. Elles obligent le gouvernement à mettre toutes les cartes sur la table et à ouvrir réellement les discussions avec l’ensemble des parties prenantes. La démocratie sociale est un fondement de notre démocratie. Elle impose le respect des acteurs sociaux et l’écoute effective, en transparence des enjeux et des solutions proposées. Se priver de ces outils de fabrication de compromis sociaux, qui ont fait leurs preuves tout au long de l’histoire, ouvre le risque de tensions et de violences incontrôlables. Les multiples protestations connues cette année sont nées de l’attitude d’un pouvoir arrogant et de son incapacité à donner sa force à notre fonctionnement démocratique. Il devient urgent qu’il entende les aspirations profondes d’une partie du peuple qui s’inquiète légitimement d’efforts injustement répartis, de conditions de vie qui se dégradent, d’une précarisation croissante et d’incertitudes sur son devenir, avec des pouvoirs publics qui se désengagent et ne lui offrent pas les garanties nécessaires pour prévenir les injustices et les inégalités sociales, avec un système économique qui met gravement en péril la planète et toute l’humanité.

L’année 2019 se clôt avec ces questions essentielles, dont la façon dont il sera répondu éclairera l’avenir, bien sombre à ce jour. Les droits fondamentaux posés par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 et la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948, avec leur indivisibilité qui affirme qu’il n’y a de libertés civiles et politiques sans droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux, effectifs et garantis de manière durable et égale pour toutes et tous, offrent un cadre utile à cette réflexion. Les oublier et refuser d’interroger le partage des richesses et la juste contribution à l’intérêt général conduirait à un changement de système, à une société d’arbitraire et de répression autoritaire. Il est possible au contraire de leur donner corps, pour que chacune et chacun demeure libre et égal en droits et en dignité aujourd’hui et demain. Notre démocratie sera d’autant plus forte si tous ses acteurs s’en emparent, en étant pleinement reconnus et citoyens.

Paris, le 26 décembre 2019

UN AN APRÈS – NI OUBLI, NI PARDON, PLUS JAMAIS ÇA, AGISSONS !

 

Grande marche en soutien à toutes les victimes,

Pour un logement digne, pour toutes et tous.

Samedi 9 novembre, 15h, Métro ND du Mont

Appel des citoyen·nes, collectifs d’habitants, syndicats et associations solidaires

Nous approchons d’une date historique, celle des effondrements de la rue d’Aubagne le 5 novembre dernier, qui ont fait 9 victimes. Fabien, Simona, Marie-Emmanuelle, Cherif, Niasse, Ouloume, Taher, Julien et Zineb, décédée suite à la répression policière. Près de 4000 personnes ont été délogées depuis, s’ajoutant à toutes les autres victimes du mal logement.

Les habitant.es, collectifs et associations n’ont depuis cessé, tous les jours, d’appeler et d’agir pour que le droit à la ville pour toutes et tous soit enfin respecté et que le mal logement et l’hébergement inconditionnel soient enfin considérés par les pouvoirs publics. Malgré l’urgence, aucune réponse à la hauteur des enjeux, mais une violence institutionnelle, un mépris de classe et une ville vendue depuis trop longtemps aux promoteurs immobiliers. Les habitant-es en sont les victimes, contraints de dormir dans des logements indignes propriétés de marchands de sommeil.

Retrouvons-nous par solidarité aux familles et leurs proches, dire d’une seule voix le refus de ce mépris et de cette violence institutionnelle et sociale et réaffirmer notre volonté d’une Marseille, vivante, populaire, accueillante !

Nous, citoyen.nes de toutes nationalités, collectifs, associations, syndicats, quelque soit nos luttes et par delà nos différences, appelons à s’unir pour une justice sociale et écologiste, pour la vérité, la justice et la dignité de toutes et tous. A nous de décider si ce moment doit entrer dans l’histoire de notre ville.

Répondons présent.es, aux côtés des proches des victimes. Rendez-vous samedi 9 novembre à 15h au cours julien, devant le métro Notre Dame du Mont

NI OUBLI, NI PARDON, PLUS JAMAIS ÇA, AGISSONS !

Premiers signataires :

AMPIL, Assemblée de la Plaine, Association des usagers des bibliothèques de Marseille, BDS France – Marseille, CGT Educ action 13, CNT-SO, Collectif d’Air-Bel « il fait bon vivre dans ma cité » , Collectif de la Cabucelle, Collectif des écoles du 3ème arrondissement, Collectif des écoles de Marseille, Collectif des États généraux de la Culture, Collectif des habitants organisés du 3ème, Collectif du 5 novembre – Noailles en colère, Collectif habitants de Maison Blanche, Collectif Mémoires en Marche, Conseil citoyen du 1/6, Didac’ Ressources, El Mamba, Emmaüs, Etats généraux des migrations, FSU13, FUIQP Sud, Gilets Jaunes du Toursky, Groupe de Veille Busserine, L’art de vivre, La marche mondiale des femmes 13 PACA, Les amoureux des bans publics, Les Co-citoyens, Ligue des Droits de l’Homme Marseille, Marseille féministe, MRAP 13, Osez le Féminisme ! 13, Quartiers Nord/Quartiers Forts, RESF 13, Salariés du McDo St Barthélémy, Santé sans frontière – MadOhane, Solidaires 13, Sud éducation 13, Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille, UD CGT 13, UL CGT Centre-Ville, Un Centre-Ville pour Tous, Emmaüs, Alternatiba Marseille,…

 

Nous poursuivrons « en réunion » nos actions pour le respect des droits !

Avec l’ensemble des marseillaises et des marseillais scandalisés de la façon dont la puissance publique gère dans cette ville l’habitat indigne et le déficit de logements pour les plus précaires contraints de survivre dans des conditions innommables au profit très souvent de marchands de sommeil, nous poursuivrons « en réunion » et malgré les poursuites judiciaires nos actions pour le respect des droits !

L’image contient peut-être : 4 personnes, plein air
Lire le communiqué du Collectif du 5 Novembre !

« A Marseille, les autorités publiques ont abandonné la question de l’habitat indigne, laissant prospérer les marchands de sommeil et accentuer la précarité résidentielle des plus démunis. Près de 3500 personnes ont été délogées depuis les effondrements de la rue d’Aubagne, où 8 personnes sont mortes. Mais plutôt que d’agir, on préfère museler ceux qui accompagnent ces familles dans leur droit. Kevin Bhema Vacher est un des membres actifs du C5N. Il était depuis hier en garde à vue! Son crime: s’être montré solidaire depuis plus de 10 mois pour que les familles délogées soient traitées humainement et dignement.

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MARCHE POUR UNE VIE ET DES LOGEMENTS DIGNES

Le Collectif des habitants de Maison Blanche, après l’incendie qui a ravagé leur cité le vendredi 23 août, appelle à une journée de protestation le samedi 7 septembre à partir de 10H sur le lieu du sinistre puis à une grande marche de tous les Marseillais précédée d’un picnic à midi Porte d’Aix. Les participants se rendront ansuite au Vieux Port à 14H et rejoindront enfin la Mairie centrale, pour que de tels  drames ne se reproduisent plus. 
Une trentaine de collectifs, associations, syndicats et autres organisations ont signé l’appel à cette manifestation : nous les rejoignons et nous unissons pour le droit à un logement pour toutes et tous, pour la justice sociale et pour une vie digne. Après l’incendie de Maison blanche, tous les Marseillais s’unissent en solidarité. Depuis 10 mois et les drame du 5 novembre, 3500 personnes ont été délogées. La Mairie et l’Etat restent incapables de gérer cette crise humanitaire. La seule réponse a été la répression policière des habitants qui organisent seuls la solidarité avec les délogés.

Plusieurs rendez-vous sont fixés pour converger avec tous les quartiers :
10h Maison blanche, boulevard Danielle Casanova
11h Place Gaffo à la Belle de mai, 
12h Porte d’Aix où se tiendra un picnic
14h le Vieux port puis la Mairie centrale

merci à tous nos soutiens et tous nos camarades de lutte
Signataires : Collectif des habitants de Maison Blanche, Collectif du 5 novembre, Noailles en colère, Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille, Ligue des Droits de l’Homme Marseille, Un Centre-Ville Pour Tous, Collectif le Panier en colère, Marseille féministe, Association des usagers de la BMVR , CEM – collectif des écoles de Marseille, DAL Marseille, Groupe de veille Busserine, Collectif de veille et soutien psychologique, Osez le féminisme 13, CGT Educ’action 13, Association Réinventer la Gauche, Association des locataires d’Air-Bel « Il fait bon vivre dans ma cité », Association « L’évêque family projet » (Campagne l’évêque), Collectif des Bourely, Collectif de la Cabucelle, Collectif Kallisté , Collectif Mémoire en Marche, Assemblée de la Plaine, Emmaus, salariés de McDo St Barthélémy, MadMars, Ballon Rouge, Engagements citoyens, Maison du peuple Marseille…

L’adjoint Ruas, visage de l’indignité municipale

Vendredi 23 août, un incendie ravage la Maison Blanche, copropriété dégradée du 14e arrondissement de Marseille. 24 familles sont évacuées, une soixantaine de personnes, traumatisées. Une journée entière, la situation stagne, les habitants sont piégés dans les mailles de l’administration marseillaise : pas d’eau, pas de nourriture, pas d’informations ni de droits. Devant l’incapacité de la mairie à assurer une prise en charge digne, les citoyens organisent depuis une semaine les repas et de nombreux hébergements en hôtel.
La situation de la Maison Blanche n’est pas nouvelle. Le 11 janvier 1981, une explosion de gaz avait fait 8 morts dans cette copropriété dégradée, dangereuse, connue des pouvoirs publics et notamment des services aujourd’hui sous la tutelle de l’adjoint au maire à la sécurité civile, M. Julien Ruas. Ces dernières années, de nombreux signalements avaient été envoyés à son administration pour dénoncer l’état d’insalubrité et d’indécence des logements, sans réponse. Au point que la semaine dernière, il y aurait pu y avoir à nouveau des morts dans un drame annoncé. Tout le monde garde à l’esprit le drame du 5 novembre 2018, où huit habitants de la rue d’Aubagne sont morts dans l’effondrement de leur immeuble. Lire la suite