22 juin, était la date fixée par l’Assemblée nationale afin de débuter l’examen, pour la troisième fois, de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Son adoption définitive devrait être actée le 15 juillet prochain.
Tôt ce matin, France Inter proposait une interview de Charles Biétry, ancien journaliste sportif atteint de la maladie de Charcot. Depuis 2 ans il n’a plus la faculté de parler, mais grâce à l’intelligence artificielle, on peut entendre sa voix répondre aux questions de Benjamin Duhamel et déclarer : « Ne perdez pas trop de temps au Parlement, les malades n’en ont pas beaucoup ». Lui a choisi, si à son grand désespoir la législation n’évolue pas, d’aller en terminer en Suisse.
Depuis longtemps il soutient le combat mené par le député Olivier Falorni et l’ADMD pour qu’enfin une loi de liberté puisse apaiser celles et ceux qui connaissent une fin vécue dans des souffrances insupportables.
Une grande majorité de français y sont favorables, dans un esprit de libre choix, sans vouloir imposer quoi que ce soit à quiconque.
Et ce même jour, en fin d’après-midi, une cinquantaine de militants d’Alliance Vita, association liée à la Communauté de l’Emmanuel se sont rassemblés devant l’hôtel de ville de Paray-le-Monial. Au nom d’une idéologie catholique, ils veulent imposer à tous un positionnement inadapté au progrès de la science et à la liberté individuelle.
Et surtout, les mots utilisés dans leur communication: « Euthanasie = Déchèterie » (un T s’est envolé dans la prière !) ou « Vivant, pas encombrant » témoigne d’un ignoble mépris et d’une totale absence d’humanité.
Enfin, voir le premier magistrat de la ville, dont on doit respecter les convictions philosophiques et religieuses, s’afficher publiquement auprès de slogans d’une telle bassesse peut poser question à beaucoup de ses administrés.
L’ADMD71 et la section de la Ligue des Droits de l’Homme de Paray-le-Monial protestent fermement contre l’instrumentalisation par l’extrême droite de cette cause de la fin de vie assistée et affirment leur soutien à cette nouvelle liberté fondamentale qui ouvre pour chacun et chacune le droit de gérer sa mort avec humanité, fraternité et empathie.
Photos : LDH Paraylemonial
A LA UNE, EXTREME-DROITE | presidente 23 juin 2026 | Commentaires fermés sur L’ADMD 71 ET LA LDH PARAY-LE-MONIAL DÉNONCENT LE SPECTACLE INDIGNE DONNÉ CE LUNDI 22 JUIN A PARAY-LE-MONIAL PAR ALLIANCE VITA
La présence de Jordan Bardella à Paray-le-Monial ce samedi 20 juin 2026 n’a rien d’anecdotique. Il est significatif d’une offensive d’ampleur de l’extrême-droite sur une ville symbole de son meilleur emblème catholique : le sacré-cœur et son histoire. Octobre 2025, la diffusion du film apologétique « Sacré-cœur » financé par Bolloré, dans sa version révisionniste se situant aux antipodes de l’histoire de Paray, a bénéficié d’une campagne de propagande hors normes. En mars 2026, la publication d’un ouvrage de l’historienne Véronique Brunet -spécialiste de la peinture contemporaine- « Pionniers de l’abolition de l’esclavage en Bourgogne » censure à la fois l’irénisme parodien du XVIIème siècle et 9 des 14 abolitionnistes de Saône-et-Loire tout en reliant le protestant Pierre Moreau à la basilique du Sacré-Cœur. Puis entre le 11 et le 14 juin, à Paray-le-Monial, les fêtes du Sacré-Cœur sont célébrées en grandes pompes en présence du patriarche de Jérusalem. Enfin la consécration de l’année 2026 à la paix par le clergé de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre achève un dispositif qui contribue à renforcer la fabrique du mensonge impulsée par les « guerriers de Dieu »jésuites du XVIIe siècle.
Et Jordan Bardella ? Sa présence fait suite à celle des politiques de l’Action Française qui ont assuré la continuité du Sacré-Cœur comme culte de reconquête catholique fondé sur une idéologie de haine et d’exclusion des juifs, des protestants, des révolutionnaires, des communards, des Allemands, des francs-maçons, des socialistes…et maintenant des migrants plus spécialement musulmans, boucs-émissaires des problèmes nationaux. La campagne présidentielle commence donc, pour lui, par un adoubement à Paray-le-Monial, ce 20 juin, jour de Saint Silvère, pape du Vie siècle qui lutta contre les envahisseurs goths…sans attendre le jugement de Marine Le Pen. Et, bien que durement sanctionnée par le pape François, la communauté de l’Emmanuel actuellement sous tutelle, était bien là pour que la messe soit dite.
Comme l’écrivait l’historien Marc Bloch dans son testament, le 18 mars 1941, à Clermont-Ferrand, « Je tiens la complaisance envers le mensonge, de quelques prétextes qu’elle puisse se parer, pour la pire lèpre de l’âme ».
Germaine Lemétayer
A LA UNE, EXTREME-DROITE | presidente 22 juin 2026 | Commentaires fermés sur JORDAN BARDELLA A PARAY-LE-MONIAL: UN ADOUBEMENT PAR LES IDENTITAIRES EN VUE DES PRESIDENTIELLES? 22 juin 2026
EXPOSITION à PARAY-le-MONIAL, Bibliothèque,12-20 mai; à CHAROLLES, les Clarisses, 29 mai-1er juin; à LA CLAYETTE, Sainte -Avoye, 4-7 juin; à DIGOIN, Bartoli, 11-14 juin. Entrée libre de 14 à 17 heures.
DE 1651 A 1894, 18 ABOLITIONNISTES ISSUS DES FAMILLES IRENIQUES DE PARAY-LE-MONIAL DONT 14 EN SAONE-ET-LOIRE
PRESSE | presidente 31 mai 2026 | Commentaires fermés sur LE CHAROLAIS TERRE D’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE (12.5.2026)
Dans le foyer des abolitionnistes de l’esclavage issus des familles iréniques de Paray-le-Monial à la suite de Pierre Moreau (1621-1661), Charles-Guillaume Vial d’Alais est le sixième, après Louis de Jaucourt, Pierre-Samuel Dupont de Nemours, Charles Gravier de Vergennes et Jean-Claude Delaméthérie qui s’engage en faveur de cette cause avant la Révolution. C’est en 1788, alors qu’en qualité de gouverneur intérimaire, il annote le mémoire annuel sur la Guyane rédigé par l’ordonnateur Daniel Lescallier que dans la huitième observation concernant les mulâtres, il met en cause à la fois la traite et l’esclavage :
« Je crois que si un jour la traite des nègres était défendue, et qu’ils [les colons) ne puissent plus compter sur des remplacements étrangers, ils porteraient plus d’attention sur ces objets, que l’état des nègres en deviendrait meilleur et que les maîtres ne feraient plus cet affreux calcul qu’un nègre qui a travaillé quatre à cinq ans est racheté et qu’il peut mourir quand il voudra… ». « Quel est l’homme d’honneur qui ne se soulèvera pas à l’idée révoltante que son enfant va être taché de l’ignominie de l’esclavage ? quel est l’homme honnête qui pourra penser que son propre sang coule dans les veines d’un enfant qui appartient à un maître qui peut le traiter avec la dernière barbarie, qu’il le verra fouetter tous les jours sous ses yeux, employer aux travaux les plus vils, et vendre enfin à qui bon lui semblera, peut-être même au domestique de son père ? » . Et il conclut : « le législateur ayant été forcé de tolérer l’esclavage n’a pu trouver de meilleur moyen de remédier aux abus les plus urgents qui en résultent [ …] Il n’y a que la sagesse du gouvernement qui pourra trouver les moyens de rendre un jour la liberté, ce bien précieux et si inaliénable à cette nation malheureuse que nous nous sommes asservie d’une manière si honteuse à l’humanité »[1].
Ainsi constatons-nous que, comme Pierre Moreau, Vial d’Alais définit l’esclavage comme une « barbarie » à laquelle il ajoute « l’ignominie » caractérisant trois de ses marqueurs : le fouet, le travail forcé le plus éprouvant et le commerce des êtres humains. Par contre, il se fonde sur le cas des mulâtres issus d’un blanc et d’une esclave noire que leur condition juridique d’esclave place dans la possibilité de devenir les esclaves d’un domestique de leur père pour dénoncer l’absurdité, au regard des liens du sang, d’une telle situation. Le troisième registre abolitionniste utilisé est celui des Lumières, la liberté présentée à la fois comme un droit naturel fondamental « bien précieux et inaliénable » que la loi devra substituer au Code Noir. Notons que ce souhait, comme celui de Pierre Moreau, de Jaucourt, de Dupont de Nemours et de Delaméthérie, n’est assorti d’aucune condition. Dans une lettre adressée au ministre le 27 janvier 1789, Vial ajoute enfin un autre argument, d’ordre économique : confirmant par calcul que le travail servile est moins productif que le travail libre, à cause de la résistance opposée à l’esclavage sous forme de grève du zèle, il exprime la conviction que la liberté libérera les forces productives pour la mise en valeur du pays. Ajoutons qu’anticipant une telle situation et pour les protéger de la surexploitation par les blancs, il établit de fait un contrat de travail entre les indiens et les colons, garanti dans son exécution par deux témoins, le curé et un officier de milice par exemple[2].
Dans le même rapport, concernant les 366 nègres « réfugiés » du Surinam, il propose d’établir un poste et une mission au bas du Maroni, afin de répondre à leurs besoins de protection et d’échanges commerciaux, l’objectif étant de les intégrer progressivement à la population; dans le même sens, il propose que la compagnie de chasseurs formée de soldats de couleur libres soit « payée et traitée sur le pied des troupes réglées ».
Enfin, en février 1793, en qualité de gouverneur, Vial témoigne de son attachement à la cause de l’abolition en répondant avec empressement la demande du maire de Cayenne, pour faire exécuter l’affranchissement de la mulâtresse Jeanne au regard d’un testament daté de 1776. Alors en prise à de très nombreuses difficultés, il prend néanmoins le temps d’écrire au maire :
« Je m’empresse de faire passer à la municipalité toutes les pièces nécessaires à ce que l’acte d’affranchissement de la mulâtresse Jeanne soit passé sans délai. Ce n’est pas vous, citoyens, qu’il faut presser de hâter une justice si fort en retard pour cette intéressante personne. C’est à vous qu’elle devra son bonheur. Vous avez été ses protecteurs. Heureux si j’ai quelque part à une si bonne œuvre, j’aurai au moins celle de n’avoir pas perdu une minute à la faire jouir d’un droit sacré qui lui est si bien acquis. Elle aura encore besoin de votre soutien et j’espère que vous ne l’abandonnerez pas »[3]
Qui était Charles-Guillaume Vial d’Alais ? Né en 1749 à Paray-le-Monial, il compte parmi les descendants de la famille Gravier, à la fois fondatrice du protestantisme et de l’irénisme dans la ville aux XVIe et XVIIe siècles. Commençant sa carrière militaire chez les mousquetaires, il s’engage en 1780 dans le bataillon des fusiliers volontaires de Lauzun pour participer à la guerre d’Amérique. Orienté vers la reconquête de la Guyane hollandaise occupée par les Anglais, il est affecté en juin 1785 en Guyane française comme commandant-major du bataillon de Guyane et commandant en second de la colonie ; mais à la mort du gouverneur en octobre 1788, il est désigné gouverneur intérimaire jusqu’en juin 1789. En 1792, la Législative insiste pour qu’il reprenne du service, eu égard à ses qualités de conciliateur, pour réaliser la réforme administrative de la colonie et les élections de décembre où pour la première fois, voteront les noirs libres, première étape vers l’abolition de l’esclavage.
Engloutie depuis plus de deux siècles par la censure radicale opérée par le révisionnisme historique des jésuites, la mémoire de Charles-Guillaume Vial d’Alais a été mise à l’honneur par la section de la Ligue des Droits de l’Homme de Paray-le-Monial : une première fois, par une exposition, en mai 2023, en présence de Monsieur Gilles Manceron, co-animateur du GT Histoire-Mémoire-Archives de la LDH et enfin, le 30 mai 2025, avec l’apposition d’une plaque commémorative en présence de Monsieur Franck Charlier, Conseiller Régional. Un ouvrage sera publié en fin d’année.
COMMEMORATIONS, PIERRE MOREAU | presidente 9 mars 2026 | Commentaires fermés sur CHARLES-GUILLAUME VIAL D’ALAIS ABOLITIONNISTE DE L’ESCLAVAGE (31.5.2024)
PIERRE MOREAU | presidente | Commentaires fermés sur 24 octobre 2024: JOURNÉE D’ÉTUDE : PARAY-LE-MONIAL ET LE CHAROLAIS-BRIONNAIS : 250 ANS D’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE (1651-1898)
Si Pierre Edouard Stérin prend la lumière aujourd’hui comme figure de l’extrême -droite, par contre le mouvement dont il est issu, les identitaires catholiques, est beaucoup moins identifié.. Or en Saône-et-Loire, Paray-le-Monial est depuis longtemps l’un de ses hauts-lieux historiques puisque les grands pèlerinages de la fin du XIX e siècle, puis l’Action Française en 1911, et aujourd’hui la communauté de l’Emmanuel s’inscrivent dans la continuité d’un même combat antirépublicain et en faveur de la restauration d’une France catholique. Si une première section de la LDH a lutté contre eux entre 1901 et 1939, une seconde section refondée en 2014, a vite compris que son combat essentiel serait contre cette extrême-droite identitaire alors en pleine renaissance avec le succès de de la Manif Pour Tous.
En effet, à ce moment-là, trois événements nous ont convaincu de l’existence d’un réseau politique déjà bien structuré : le premier est l’organisation de la Manif Pour Tous à Paray-le-Monial à la Toussaint 2012 par la communauté de l’Emmanuel, communauté mi-religieuse mi-laïque fondée en 1972 et dirigée par l’évêque de Toulon-Fréjus Dominique Rey; le second, c’est, en juillet 2014, le discours-programme, à Paray, de FX Bellamy sur le thème de la reconquête catholique de la France par la culture, en particulier le cinéma et les feuilletons de télévision et le troisième, en novembre 2014, le colloque sur le « catholicisme d’identité » organisé à l’Ecole des Hautes Etudes par Philippe Portier qui faisait le bilan de la doctrine et des pratiques de ce courant.
Selon les historiens des religions, l’idéologie du courant auquel appartient P.E. Sterin s’organise autour du constat, selon eux, de la décadence de notre société, signé par exemple par les lois féministes considérées comme contre-nature telles que la loi Weil, le partage de l’autorité parentale, le PACS, l’égalité salariale, la parité… et, d’autre part, la mise en cause de la philosophie des Lumières et des valeurs de la république à l’origine d’une société libre, égalitaire en droit, laïque et promotrice d’autonomie pour l’individu qu’ls jugent incapable de promouvoir une éthique sans croyance en dieu. A la place ils veulent substituer avec la reconnaissance des racines chrétiennes de la France, une société patriarcale catholique fondée sur l’autorité masculine, la soumission des femmes, l’exclusion ou la conversion des musulmans et un pouvoir politique « fort ».
Après 11 ans de militantisme actif, la LDH Paraylemonial est la seule section en Bourgogne à avoir ciblé prioritairement le combat contre les identitaires, ce pourquoi nous sommes sans doute invités aujourd’hui, nous en remercions les organisateurs de Morvan Solidarité. Or, nous constatons aujourd’hui un renversement de situation quant à leur invisibilisé. Le premier choc, c’est le 21 septembre 2024, la désignation dans le gouvernement Barnier, de huit ministres issus de ce courant identitaire, et la prise de conscience subite, pour beaucoup, de son poids politique dissimulé par une appartenance à la droite républicaine et non à Reconquête qui est en fait sa référence idéologique. A cet effet de visibilité subite s’est ajouté le programme décomplexé d’un milliardaire d’extrême-droite, Pierre-Edouard Stérin dont l’objectif est d’unir les droites en vue d’un projet de société ultra-catholique.
Pour nous, Parodiens, ce personnage n’a pas été une surprise car il est arrivé à Paray-le-Monial à la suite de deux richissimes de la communauté de l’Emmanuel implantés depuis longtemps : le millionnaire Yann Bucaille, propriétaire de l’hôtel du Prieuré et Eric Chevalier propriétaire du Cèdre, premier employeur de la ville et à la tête de SCI dans le domaine de la communication et du cinéma . On constate donc que depuis des décennies, la Communauté de l’Emmanuel s’appuie sur les trois piliers qui s’affirment aujourd’hui comme les fondements du pouvoir politique d’une extrême-droite française mais aussi américaine : la religion, l’argent et les medias.
En ce qui concerne PE Stérin, nous constatons que par-delà l’effet médiatique de personnalisation, il s’insère dans un réseau de quatre associations de Paray-le-Monial appartenant toutes à l’extrême-droite la plus radicale :
-La FRATERNITE SAINT PIE X, fondée en 1970, sous le nom de Fraternité du Sacré-Cœur ; c’est une société de prêtres intégristes fondée par Mgr Lefèfvre qui a été excommuniée par le pape en 1988, et dont les membres appartiennent à l’extrême- droite maurrassienne et pétainiste dans la continuité de l’Action française.
-La Fondation RAOUL FOLLEREAU, crée en 1968, pour s’occuper des lépreux et lutter contre la pauvreté. Elle tient son congrès à Paray-le-Monial tous les deux ans. D’extrême-droite, Follereau a soutenu les régimes fascistes et Pétain, son association défend un catholicisme traditionnel et soutient le RN.
-Deux sont nouvelles : GENESE fondée en 2015 par la famille Meaudre, famille appartenant à la vieille noblesse antirévolutionnaire et anti-républicainne du Charolais, pilier de l’Action Française. Son objectif est de venir en aide à de jeunes adultes en difficulté en les encadrant par des bénévoles, en les faisant travailler dans leurs bois et en leur imposant des temps de prières dans leur chapelle de Vérosvres où ils possèdent un château. L’association est subventionnée par la mairie de Paray et par le département, mais aussi par P.E. Stérin. A noter aussi l’appartenance d’Eric Meaudre dans les années 1990, au lobby « la Fondation de Service Politique » qui entretient alors des liens puissants avec l’Heritage Foundation et le Cato Institute, lobbies américains de l’Opus Dei alliés aux évangélistes protestants dont on sait l’influence sur la communauté de l’Emmanuel.
-la SAJE, Cette société de production et de distribution de films dont l’un des sièges est à Paray-le-Monial a pour but l’évangélisation par le cinéma. Les films diffusés sont pour certains des films de prosélytisme catholiques qui portent sur des personnalités comme Sainte Faustine, Claire Aimé, Claire et François …, des films sur la mystique : la trilogie Eternam, Vivant, Entre ciel et terre, Terre de Marie… ; et enfin des films de propagande pure très largement problématiques destinés majoritairement à un public jeune comme Unplaned (contre l’avortement) ou Je n’ai pas honte, Le voyage extraordinaire de Seraphina, Le cœur de l’homme, Sound of Freedom, film complotiste, les contenus problématiques concernant la prévalence des croyances sur l’esprit critique, les attaques contre la laïcité, l’homosexualité, la théorie du genre. Leur méthode d’approche des salles de cinéma est très rôdée, le site s’adresse aux paroisses et leur demandent de retenir une salle de cinéma près de chez eux: quand ils n’y parviennent pas, ils peuvent faire intervenir le maire ou l’évêque. En ce qui concerne la publicité, notons l’engagement complet de la presse et des medias Bolloré en faveur du fim « Sacré-Cœur » . Enfin, en quête d’honorabilité, ils tentent d’ infiltrer la commission qui distribue le label Art et Essai pour faire labelliser leurs films, ce qu’ils ont réussi avec un film de pure propagande tel que Fatima.
Pour terminer, j’insisterai sur des pratiques très élaborées concernant l’instrumentalisation de l’histoire comme outil de propagande majeur des identitaires avec à la clé, le « détournement » des mots et des grandes causes républicaines pour les reconvertir en causes identitaires.
– Avec le Fonds de Bien Commun, PE Stérin s’est engagé en effet sur le terrain de l’histoire en finançant des manifestations culturelles comme le spectacle historique « Les murmures de la Cité » cet été, à Moulins ou le film « Sacré-Cœur » sorti le premier octobre afin, selon l’historien Florian Besson, de diffuser l’idée d’une France « toujours catholique, toujours royaliste, toujours dominée par de bons seigneurs qui se battent avec honneur et courage et toujours en ordre » mais aussi « l’idée d’une France toujours attaquée par l’étranger, mais qui, avec ses valeurs, le roi et Dieu, a su continuer son histoire ». Début juillet, une centaine d’ historiens et archéologues d’ Auvergne Rhône-Alpes, plusieurs responsables de groupes de recherche, universités et de laboratoires ont dénoncé dans une lettre ouverte, un révisionnisme historique attesté par la sélection de saints religieux ou symboliques d’une vision nationaliste retenus pour le spectacle avec un récit orienté vers la capacité de la France à repousser les envahisseurs au cours de son histoire.
En ce qui concerne le film « Sacré-Cœur », présenté comme un « documentaire », notons que la première partie pseudo-historique s’inspire directement du faux récit jésuite de 1691 actualisé à la mode d’Hollywood avec une Marguerite-Marie Alacoque métamorphosée et notons aussi qu’elle ignore totalement le fondement historique du Sacré-cœur comme culte de guerre créé par les mêmes jésuites et la même religieuse contre les juifs et les protestants. A la clé aussi de ces « oublis » notons, dans tous les cas, le mépris à l’égard des travaux universitaires et en l’occurrence, de ma thèse d’histoire : Les protestants de Paray-le-Monial de la cohabitation à la diaspora (1598-1750)
Or ces instrumentalisations radicales de l’histoire ne sont pas une première à Paray-le-Monial. De fait P.E. Stérin arrive dans le laboratoire d’extrême-droite où un savoir-faire a été expérimenté depuis longtemps. Arrêtons-nous, par exemple, sur la cause républicaine de l’abolition de l’esclavage, cas d’école de leur stratégie d’imposture à travers trois pratiques :
-La première est la création d’une association-écran : « Les Amis des Antilles » est une association créée en 2010 pour commémorer l’abolition de l’esclavage en Saône-et-Loire à travers 5 abolitionnistes, puis par la suite par 13 plaques apposées dans le département . Derrière elle, une autre association catholique, La Diaconie de la Beauté, créée en 2011 par Dominique Rey, directeur spirituel de la Communauté de l’Emmanuel à Paray-le-Monial : spécialisée dans les activités artistiques, elle créé et diffuse une pièce de théâtre : « Hommes Libres, ou le rêve réalisé d’Anne-Marie Javouhey » jouée pour la première fois à Paray-le-Monial.
-La seconde est la création et la diffusion d’un récit fictif : Avec les Amis des Antilles, deux fims, une exposition et une pièce de théâtre privilégient une seule prétendue abolitionniste, Anne-Marie Javouhey, fondatrice au XIXe siècle, en Guyane et aux Antilles, d’une congrégation religieuse « les sœurs de Saint Joseph de Cluny ». A noter aussi une conférencière, Pascale Cornuel, auteur d’une thèse d’histoire en 2012 «Une utopie chrétienne – Mère Javouhey (1779-1851), fondatrice de Mana, Guyane française », qui a produit une foule de publications, de livres pour enfants, de conférences diffusées par You tube assurant que la religieuse est abolitionniste de l’esclavage, sans qu’on puisse avoir accès à sa thèse à la bibliothèque de Lyon 2 et qui, selon le titre, ne semble pas porter sur cette question.
-La troisième est l’infiltration d’administrations : En mai 2024, la LD H Paray et le co-responsable du GT histoire de la LDH ont rencontré le directeur-adjoint de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage et lui ont présenté les preuves historiques de l’identification d’Anne-Marie Javouhey comme esclavagiste : à savoir deux thèses d’histoire postérieures à celle de P Cornuel et une base de données du CNRS recensant tous les propriétaires d’esclaves qui réclament en 1848 des indemnités pour la perte de leurs esclaves après le vote de la loi d’abolition : parmi eux « les sœurs de Saint Joseph de Cluny » et plusieurs supérieures de la congrégation. En tout environ 70 de leurs esclaves sont donc libérés par l’Etat français, par la 2e République et non par Anne-Marie Javouhey qui, elle, selon les sources historiques, n’en a émancipé aucun. Face à ces preuves, nous avons ressenti le malaise du directeur -adjoint de la FME qui a compris que le coup avait réussi et mettait à mal toutes les administrations, conseils municipaux, départemental, régional qui ont financé et soutenu les Amis des Antilles, mais aussi quelques historiens spécialistes de l’esclavage qui ont soutenu voire promu l’affaire. Nous avons alors compris que lorsque l’extrême-droite avait conquis une place, il était très difficile de la déloger.
Pour terminer, quelques réflexions :
-Notons qu’en 2021, l’implication par Médiapart de Philippe Pichot qui a assuré pendant 10 ans les commémorations des Amis des Antilles en Saône-et-Loire comme militant particulièrement grossier et homophobe de Reconquête n’a suscité aucun changement dans les soutiens à l’association. On peut parler d’aveuglement.
-Notons aussi que cette escroquerie porte atteinte à l’un des trophées de la République qui, deux fois, en 1794 et 1848, a aboli l’esclavage mais aussi au CNRS et aux universités en l’occurrence l’EHESS dont les thèses sont méprisées, celle de Denis Lamaison soutenue en 2015 et celle de Jessica Balguy en 2023. Dans l’espace public, les 15 fausses plaques de S et L participent à une confusion et un révisionnisme historique qui trompent les citoyens et les touristes, portent atteinte à l’un des plus beaux fleurons de la République et entachent la mémoire des vrais abolitionnistes (Pierre Moreau, Lamartine, Maynaud de Bizefranc, Jean-Philippe Saclier…) pris en otages.
-En troisième lieu, rendons hommage au pape François qui, lui, a délogé Dominique Rey de son diocèse de Toulon-Fréjus, lui a interdit d’ordonner des prêtres en 2022, et est à l’origine du placement sous tutelle de la communauté de l’Emmanuel, pour dysfonctionnement général et abus en 2025. Ainsi sont signalées au plus haut niveau les graves dérives de ce mouvement politique. Mais là encore, rien ne change à Paray-le-Monial : cet été, la communauté de l’Emmanuel a bénéficié des mêmes privilèges municipaux que d’habitude.
Pour conclure, la LDH Paray ne baisse pas les bras et continue un militantisme orienté vers la défense de la laïcité, de la liberté de conscience en faveur des musulmans subissant des pressions pour se convertir, des droits des étrangers, des femmes et des homosexuels et vers la lutte contre le révisionnisme historique. Nous poursuivons nos journées d’études sur les 15 vrais abolitionnistes du Charolais à la suite de Pierre Moreau, le plus ancien connu de l’époque moderne, la publication de livrets, l’apposition de plaques, nous continuons à informer les maires et à leur demander de masquer le nom d’AM Javouhey sur les fausses plaques et de s’intéresser au foyer d’abolition de l’esclavage qui écrit une belle page d’histoire républicaine du Charolais et constitue une ressource culturelle et touristique exceptionnelle.
Nous profitons de cette tribune, aujourd’hui pour lancer un appel à la vigilance, dans nos échanges, au détournement des mots dont l’extrême-droite se fait une spécialité pour masquer des idées et des pratiques antidémocratiques. Courage, citoyens, ne lâchons rien, il y va de notre vivre-ensemble et de notre « faire-société » dans la diversité et la laïcité.
IDENTITAIRES | presidente | Commentaires fermés sur 26 novembre 2025: L’EXTREME-DROITE IDENTITAIRE ET PIERRE-EDOUARD STERIN Germaine Lemétayer
Une vingtaine de personnes se sont retrouvées à la salle de Bellevue pour fêter la journée internationale des Droits des Femmes avec la section LDH de Paray-le-Monial. En première partie, des échanges sur le thème du « masculinisme ». la présidente, Germaine Lemétayer a rappelé que la ville avait promu en avant-garde, dès 2014, un Camp Optimum installé par l’évêque Dominique Rey destiné à « reviriliser les hommes: « Nous constatons, à ce moment que certains catholiques expriment hautement leur opposition aux conquêtes féministes, ils contestent en particulier l’intervention de l’Etat et de ses lois dans un domaine dont les religions avaient auparavant l’exclusivité, à savoir, la famille. Les lois féministes font en effet basculer la famille d’un univers patriarcal à un espace privé démocratique. Autrefois définie par l’autorité hiérarchique, la famille est soumise dans la seconde moitié du XXe siècle, à une double exigence démocratique, de liberté et d’égalité.
Le 20 octobre août 2016, la LDH Paray avait publié sur son site facebook, un texte intitulé : « Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin », dans lequel elle dénonçait la mise en œuvre de l’idéologie de l’américain John Eldredge : la re-virilisation des hommes et la soumission des femmes. Leur cible : le féminisme considéré comme responsable, avec mai 68, d’une perte d’autorité des hommes transformés en « softies »: « l’homme mou, le softy n’est pas seulement un partenaire sans vigueur pour la femme mais il est socialement frappé d’une série de stérilités ; de lui n’émane aucune énergie, nulle vitalité, nulle innovation » (D Rey). Pour retrouver l’ « authenticité masculine », le Camp Optimum propose donc des exercices de re-virilisation pour faire de celui qui y participe un « aventurier » capable de tout quitter, un « combattant » qui va « prendre les armes pour défendre le royaume de Dieu …» et un conquérant (D. Rey). Ces exercices concernent le relookage physique grâce à des pratiques de sports virils (motos, escalade…), des changements vestimentaires (blousons…) ainsi que l’adoption de comportements d’autorité pour répondre à la définition de l’abbé de Maistre : « tu es grand, tu es fort, tu es poilu, tu es un mec, un vrai ». Ouvert aux hommes de 18 à 78 ans, ces camps proposent aux participants de réfléchir sur l’identité masculine, à travers des temps d’enseignement s’inspirant librement du best-seller « Indomptable » de John Eldredge ; vidéos diffusées sur You tube telles que « La voix du père » de l’abbé de Maistre en 2014 où il affirme : « Le propre de l’âme masculine, c’est le sentiment de sa force ». Opposé à l’identité féminine réduite à la séduction et au maternage, celle de l’homme se définit, dans famille, par son autorité et son caractère normatif: c’est lui qui impose les règles. Aujourd’hui, surtout depuis depuis Me too, le masculinisme est passé de la marge à la visibilité, en particulier sur les réseaux sociaux où il est devenu un critère de l’extrême-droite identitaire, des gaffa aux Etats-Unis et de toute l’extrême-droite européenne. Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft le propagent par des Fake news et en supprimant une modération qui lui laisse libre cours.
Un colloque organisé au Sénat sur les mouvements et réseaux masculinismes en nov 2025 puis une étude sortie le 21 janvier du Haut-Commissariat pour l’Egalité font le point sur son influence. On constate que les jeunes femmes se revendiquent de plus en plus féministes, tandis que les jeunes hommes adoptent davantage de comportements sexistes. Le fossé entre les genres se creuse, nourrissant incompréhension et peur. L’enquête révèle que les forums, groupes et influenceurs masculinistes participent à l’orchestration d’attaques coordonnées sur les réseaux sociaux. La culture de l’incel (Involuntary Celibate) reflète cette frustration : des hommes convaincus que leur célibat est le résultat des conquêtes féministes manifestent leur frustration par des violences, tant envers les femmes que par des actes plus extrêmes, comme des fusillades de masse. Les réseaux sociaux jouent ici un rôle crucial, où des influenceurs canalisent cette colère vers les femmes et le féminisme. Aujourd’hui, le masculinisme ne relève plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais de groupes organisés ; il s’est constitué en mouvement structuré, politisé et parfois violent, en lien étroit avec les droites radicales. La Fédération nationale Solidarité Femmes note depuis un an des tentatives de saturation de la ligne d’écoute 3919, des insultes visant les écoutantes, des campagnes de dénigrement présentant les dispositifs de protection des femmes comme des outils « anti-hommes ». En 2025, plus de treize questions parlementaires ont ainsi réclamé l’ouverture du 3919 aux hommes, souvent à l’initiative de collectifs proches des masculinistes dans le cadre d’une stratégie de symétrisation des violences, qui nie leur caractère fondamentalement antiféministe. Un amendement au projet de loi de finances pour 2026 a même tenté de supprimer le budget dédié à la lutte contre les violences faites aux femmes (BOP 137) a alerté sur le fait que les femmes ont fait une erreur gravissime en sous-estimant le mouvement masculiniste et en le définissant comme un phénomène de masse, porté par de nombreux mouvements et les courants politiques conservateurs voire fascistes
De fait, face à la frustration des jeunes suscitée par la précarité de l’emploi, la désindustrialisation, la rupture des liens communautaire,s l’extrême droite instrumentalise le féminisme pour trouver une réponse facile aux problèmes sans remettre en question les structures économiques ou politiques. Cibler le féminisme devient un argument qui transfère la responsabilité à un ennemi facile. En France, Marine Le Pen a obtenu 39 % des voix chez les 18-24 ans en 2022 et 49 % chez les 25-34 ans. En Italie, Giorgia Meloni est en tête du vote des jeunes avec 29 %. En Allemagne, l’Afd a été le premier choix des moins de 30 ans dans des régions comme la Thuringe.
La lutte contre le masculinisme est un chantier de longue haleine, impliquant un changement profond dans les mentalités dès l’enfance. L’éducation reste l’atout majeur pour déconstruire dans dans les familles et à l’école, les réflexes sexistes et briser l’héritage patriarcal qui revient en force pour perpétuer les inégalités entre les hommes et les femmes. .Mais la question reste très largement politique: Et en ces temps de campagne électorale, alors que les femmes représentent la moitié des citoyennes, il faut oser poser la question de la défense des droits des femmes aux différents candidats.
Après a suivi un concert donné par la Table Rouge, avec Laurent Dumeusois au piano et Julien Guyot à l’accordéon: au programme des chansons militantes anarchistes, les deux artistes excellant dans l’ironie et la critique parfois mordante des Voisins vigilants, des « tontons »…, mais aussi dans la défense du « petit paysan » s’inspirant de l’affaire Laronze, et l’hommage à Louise Michel. Bref, des thématiques sur-mesure pour la Ligue des Droits de l’Homme de Paray qui les a remerciés chaleureusement.
Hommage de la LDH prononcé par Germaine Lemétayer, Présidente de la section de Paray en présence de Franck Charlier, Conseiller Régional, de William Robin, trésorier de la section et d’Hélène Thomas, militante.
« Avant de commencer cet hommage à Pierre Moreau dans ce lieu, nous allons poser un acte fort de protestation contre l’infamie qui fut faite à sa mémoire le 7 mai 2021 par le maire de Paray, Jean-Marc Nesme et Christiane Mathos, représentant l’association « Les routes de l’abolition de l’esclavage » de Philippe Pichot. Nous allons recouvrir d’un voile noir la plaque déposée par eux sous celle des Billet, décideurs et acteurs des persécutions des protestants de Paray. Nous allons recouvrir d’un voile noir l’infamie mémorielle qui prolonge celle que les jésuites ont fait de l’histoire de Paray. Nous allons recouvrir d’un voile noir, la honte faite aux Parodiens dans le mépris public affiché par des élus identitaires pour lesquels l’histoire falsifiée ne sert que de support à des causes politiques. Pierre Moreau, que ce voile retourne la honte contre eux et gloire à toi, le fils du cordonnier parodien qui compte parmi les grands antiesclavagistes et abolitionnistes de notre pays.Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer à travers ta pensée et ton oeuvre, l’abolition de l’esclavage. C’est que cette grande cause n’a pas encore trouvé toute sa mesure en France, il fallu attendre la loi du 21 mai 2001 pour que Christiane Taubira fasse de l’esclavage un crime contre l’humanité et le 10 mai 2014 pour que tu sois honoré, pour la première fois par une manifestation publique, ici même à Paray. Ce qui fait la grandeur de cette abolition, ce sont d’abord ses implications humanitaires, la libération par le décret du 27 avril 1848 de 250000 esclaves rachetés à leurs propriétaires par l’Etat aux Antilles, en Guyane, au Sénégal et à la Réunion, c’est aussi le fait que ce concept rassemble en un, les trois fondements de notre devise républicaine, la liberté, l’égalité et la fraternité. Or Pierre Moreau est né, lui, en temps où la société d’Ancien Régime était, de droit, inégalitaire entre hommes et femmes, inégalitaire entre les trois ordres, noblesse, clergé et tiers état, inégalitaire socialement entre riches et pauvres. Quant à la liberté, elle était très limitée, la plus fondamentale, celle de la conscience, qui induit le droit de choisir sa religion par exemple, est juste amorcée avec l’édit de Nantes qui donne un droit de cité limité aux protestants depuis 1598, mais pas encore à l’égard des juifs. Dans un tel état de fait, au temps de Pierre Moreau, la simple idée de l’abolition de l’esclavage reste impensable pour le commun des mortels.Pourtant à Paray, comme à Amsterdam quelques années après comme dans l’Angleterre de Cromwell et à German Town en Amérique, l’idée s’est imposée à quelques groupes d’hommes. Comment expliquer, dans ces lieux, chez ces hommes, en leur temps, la maturation des concepts de liberté et d’égalité en droit ? La liberté ? Au milieu du XVIIe siècle, à Paray, catholiques et protestants ont décidé de mettre en œuvre la liberté de conscience en laissant à chacun la possibilité d’accepter ou de refuser la chrétienté commune, de conclure des alliances ou non entre familles de religions différentes, ils ont laissé aux femmes la liberté de refuser certains mariages décidés par les hommes ou le couvent forcé, ils ont décidé de l’égalité entre les communautés des deux religions alors que la loi créait une inégalité croissante entre elles, ils ont réalisé, à l’école, l’égalité entre garçons et filles et chez le notaire, l’égalité dans les contrats d’affaires, entre tous les partenaires.A Amsterdam, Pierre Moreau découvrira la liberté de culte dans les faits sinon de droit, la liberté d’expression pour la foule d’écrivains persécutés réfugiés de toute l’Europe ; au Brésil, il découvre une grande liberté de mariage entre européens, indiens et africains, la tolérance religieuse pour les juifs, l’interdiction de l’esclavage des indiens. Tous ces frontières transgressées vont le conduire à des prises de position inédites contre l’esclavage et la colonisation, à les écrire dans son récit de voyage en encourant des risques que personne ne prenait à ce moment.C’est cela que nous somme fiers d’honorer aujourd’hui, la courage d’un précurseur audacieux voire téméraire qui plus d’un siècle après ouvrira la voie à d’autres, ici même, dans le Charolais-Brionnais, et à Paray-le-Monial, d’autres qui vont écrire et œuvrer, dans plusieurs cas, pour participer à ce combat de la liberté et de l’égalité en droit en faveur des esclaves. A partir de l’an prochain, la section ajoutera à la tienne d’autres commémorations qui seront autant d’hommages qui te seront rendus, à toi et à la communauté irénique de Paray qui avez été les premiers, à travers la double cause de l’antiesclavagisme et de l’anticolonialisme, à porter l’humanisme à un tel niveau. »
PRESSE | presidente 23 juin 2022 | Commentaires fermés sur COMMEMORATION DE L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE A PARAY-LE-MONIAL, LE 21 MAI 2022
Une quarantaine de personnes étaient présentes à l’avant-première de La Brigade organisée par le cinéma le Majestic de Digoin, les Amis du Cada et la section de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) de Paray. Après la lecture d’un communiqué commun sur l’accueil de migrants, les spectateurs ont pu voir trois brefs extraits du film « La Traversée » en voie de réalisation par deux militants de la LDH Paray, William Robin et Germaine Lemétayer ainsi que par Laurent Dumeusois. Il s’agit d’interviews de jeunes africains pris en charge depuis 2017 par la LDH Paray relatant leur traversée du Sahara et de la Méditerranée. Après ce moment d’émotion, la Brigade a réjoui tout le public! La séance s’est terminée par des échanges autour d’un thé gourmand, les Amis du Cada proposant un grand choix de gâteaux aux saveurs multiples. Merci à Régis Faure et William Robin pour ce bel après-midi au cinéma.
Texte du communiqué commun: « Nous, Amis du CADA de Digoin et membres de la section de la Ligue des Droits de l’Homme de Paray-le-Monial, avons eu l’occasion de rencontrer des personnes ayant quitté leur pays sous la contrainte, ce qui nous a permis de tisser des liens de fraternité avec elles.Avec seulement 13% d’immigrés dans sa population, la France se situe au 20ème rang des pays occidentaux. Durant les 7 dernières années, l’immigration n’a augmenté la popu française que de 1%. Avec ces chiffres convergents de l’OCDE et d’Eurostat, nous sommes très loin de la submersion, d’un tsunami et d’un envahissement de notre pays.Dans de telles circonstances, quand l’immigration envahit le débat public, quand de nouvelles vagues de migrants ukrainiens arrivent dans l’Union Européenne, nous tenons à réaffirmer hautement notre attachement à la tradition d’accueil des demandeurs d’asiles et des mineurs non accompagnés étrangers en France.Comme nous l’avons constaté par expérience, notre pays s’enrichit à assurer la formation professionnelle de mineurs ou d’adultes. Au bout de quelques années, ils occupent des emplois dans les métiers en tension du bâtiment et de l’agro-alimentaire. La France a tout à gagner avec une immigration de couples et de jeunes qui fondent des foyers et boostent sa démographie et son potentiel économique. Enfin, ces étrangers qui apportent partout leur diversité culturelle tout en s’intégrant à notre pays s’inscrivent dans une identité française faite elle-même de diversité. Car c’est bien de la rencontre des imaginaires, des savoir-faire et des cultures que l’innovation économique, artistique et culturelle se développe et que la fraternité, fondement de notre devise républicaine, trouve son plus beau terrain d’expression. Accueillir les migrants, c’est faire vivre l’esprit de la République, c’est faire vivre notre identité. »
Isabelle Rebillard, présidence des Amis du Cada et William Robin, trésorier de la section LDH ParayAly Traoré, ex mineur isolé de Paray-le-Monial, témoin dans le film « La traversée »Alpha Konaté, ex mineur isolé pris en charge par la LDH Paray, témoin dans le film « La traversée »
MIGRANTS | presidente 22 mars 2022 | Commentaires fermés sur « LA BRIGADE » AU MAJESTIC DE DIGOIN (20/3/2022)
Depuis 2017, la section de la Ligue des droits de l’Homme sait que le maire de Paray-le-Monial préfére les commémorations catholiques avec des associations catholiques (Les Amis des Antilles, Les Routes de l’Abolition de l’Esclavage) promotrices de messes pour des abolitionnistes en grande partie agnostiques, athées, protestants et francs-maçons en 1789. Ainsi le 10 mai 2017, Jean-Marc Nesme a-t-il déjà officié au prieuré avec Christiane Mathos, après une messe à la basilique. Mais cette année où l’on fête les 400 ans de Pierre Moreau, on atteint un sommet avec une invitation du maire devant la maison des Billet et une pose de plaque, non pas dans la rue Baudron où est né Pierre Moreau, mais à l’entrée la rue Billet, au-dessous de la plaque, associant ainsi les deux noms de manière tout à fait arbitraire, volontaire et assumée. Or ce détournement du lieu de naissance dans une rue évoquant une famille très catholique elle-aussi n’est pas anodin: en effet historiquement, Antoine Billet, provincial des jésuites lyonnais, très engagé dans le courant rigoriste (les « radicalisés » d’aujourd’hui) fut l’ organisateur et l’exécuteur, avec l’évêque d’Autun, des persécutions violentes contre la communauté protestante de Pierre Moreau, persécutions inductrices d’exclusion des personnes et d’accaparement de leurs biens. Quelle délicate attention!Les protestations de Germaine Lemétayer au Conseil Municipal du 31 mars n’ont bien évidemment obtenu aucune réponse, le maire se contentant de se targuer de connaissances historiques … (il est vrai qu’il possède le livre de référence sur « Les protestants de Paray-le-Monial… » et sait parfaitement à quoi s’en tenir sur la question).A Paray-le-Monial, le devoir de mémoire à l’égard d’un protestant et de la communauté parodienne du XVIIème siècle reste donc un sujet extrêmement sensible qui provoque encore des réactions haineuses, nous le constatons à travers cette indignité. Pour comprendre ces invraisemblances, ces commémorations symboliquement désastreuses diligentées par Philippe Pichot, Christiane Mathos et Jean-Marc Nesme, il faut mentionner une autre pierre d’achoppement: la communauté de l’Emmanuel ayant entrepris la promotion d’Anne-Marie Javouhey…comme abolitionniste de l’esclavage (en vue d’une canonisation), « Les amis des Antilles » et les « Routes des abolitions de l’Esclavage » la privilégient comme première abolitionniste de la région. Or la congrégation qu’elle a créée en 1807, les Soeurs de Saint Joseph de Cluny, s’est développée à La Réunion, au Sénégal, en Guyane et à La Martinique dans le cadre de la colonisation et avec l’argent et le travail de l’esclavage jusqu’en 1848 lorsque la 2ème république vote son abolition. Attachée à la monarchie, la religieuse elle-même n’a évidemment jamais revendiqué l’abolition de l’esclavage défendue par les Républicains. Dans ces conditions, en Saône-et-Loire, les « vrais » abolitionnistes ne servent que de faire-valoir et de caution à une opération que nous considérons comme frauduleuse. Mais nous constatons maintenant qu’avec le soutien de l’évêque d’Autun qui dira une messe pour les abolitionnistes à Digoin le 9 mai, cette catholicisation de la cause abolitionniste s’officialise, ce qui justifie rétrospectivement les protestations de la Ligue des Droits de l’Homme et pose la question des subventions publiques aux associations qui promeuvent l’emprise du religieux sur une cause publique, nationale et intrinsèquement laïque. Nul doute qu’une hiérarchie est déjà établie entre les abolitionnistes qui seront désignés catholiques et les autres, mécréants et protestants comme Pierre Moreau auxquels on réservera comme le 7mai 2021 une commémoration bâclée et infâmante.La section de la Ligue des Droits de l’Homme exprime sa colère face à de tels dévoiements: les mascarades folkoriques et commerciales de Madame Mathos et de Monsieur Pichot qui certes, créent de l’animation, certes font le buzz et leur valent d’importantes subventions publiques ne servent qu’ à instrumentaliser la grande cause qu’est l’abolition de l’esclavage à des fins de prosélytisme catholique via la « Nouvelle Evangélisation » de l’Emmanuel.Dans une ville comme Paray où l’esclavage moderne a sévi contre de jeunes mineurs africains en 2017 et 2018 sans qu’aucune mesure n’ait été prise à l’encontre du responsable, Hervé Thurin, cette cause reste fortement entachée d’indignité, du côté du Conseil Départemental (André Accary) et de la Mairie (Jean-Marc Nesme) par le profond mépris qu’ils ont alors manifesté à l’égard de ces jeunes réduits à l’état de main-d’oeuvre gratuite et de source de profit. Rappelons que c’est l’intervention conjuguée de la Ligue des Droits de l’Homme et de la Cimade qui a mis fin au scandale.La pose d’une plaque dans la rue Billet et la commémoration du 7 mai constituent de fait une violation du devoir de mémoire. Nous publierons incessamment une biographie des frères Billet, montrant aux parodiens que cette pose est une infamie semblable à ce que serait une plaque à la mémoire de Jean Moulin dans une éventuelle rue Pétain…Nous interviendrons pour que cette plaque soit déscellée le plus vite possible et placée dans la rue Baudron.La Ligue des Droits de l’Homme aura à coeur, les 18 et 19 septembre, lors de la commémoration des 400 ans de Pierre Moreau, de rétablir la dignité de la mémoire de Pierre Moreau et d’ici là, de prendre toutes les mesures possible pour « réparer » cette nouvelle atteinte à sa mémoire après 350 ans de mise au placard. Section de la Ligue des Droits de l’Homme de Paray-le-Monial
COMMEMORATIONS, EXTREME-DROITE, PIERRE MOREAU, PRESSE | presidente 12 mai 2021 | Commentaires fermés sur VIOLATION DU DEVOIR DE MEMOIRE A L’ENCONTRE DE PIERRE MOREAU: JEAN-MARC NESME ET CHRISTIANE MATHOS TORPILLENT LA COMMEMORATION (12/5/2021)