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LE CODE NOIR ET LES NOMBREUX ESCLAVAGISTES BOURGUIGNONS, COLONS, ORDRES RELIGIEUX….LA PLUS CONNUE EST ANNE-MARIE JAVOUHEY, Fondatrice de la Congrégation des Soeurs de Saint Joseph de Cluny (22 octobre 2026) Germaine Lemétayer

LE CODE NOIR ET LES NOMBREUX ESCLAVAGISTES BOURGUIGNONS, COLONS, ORDRES RELIGIEUX….LA PLUS CONNUE EST ANNE-MARIE JAVOUHEY, Fondatrice de la Congrégation des Soeurs de Saint Joseph de Cluny.

Partout où s’étend sa congrégation au XIXème siècle, en Guyane (Mana), aux Antilles (Martinique, Guadeloupe), à La Réunion elle acquiert et achète des esclaves qu’elle garde jusqu’au 27 avril 1848, date de l’abolition de l’esclavage par la deuxième République..

QUELQUES PREUVES (parmi d’autres): Denis Lamaison, dans sa thèse – « Prospérité et barbarie : système économique et violence dans deux colonies françaises au XIXe siècle (la Guyane et l’île de La Réunion » soutenue en 2015 à l’EHESS- atteste: « Dès 1828…elle obtient vingt- cinq esclaves des ateliers du roi……Elle va en demander cinquante supplémentaires à l’administration » ; elle-même, dans une lettre du 17 juillet 1830 à la Soeur M.T. Javouhey à La Martinique: « J’ai tiré sur vous pour la somme de 9 000 francs… C’est le prix de 7 nègres de pelle dont nous avions le plus grand besoin pour remplacer les blancs paresseux. J’en ai acheté 32 qui seront tous payés à la fin de l’année. » ; et enfin la Base de données du CIRESC qui classe, en 1849, les colons demandeurs d’indemnités à l’Etat pour la perte de leurs esclaves affranchis par la loi d’abolition de 1848: Celles demandées par la congrégation d’Anne-Marie Javouhey se montent à 28333,62F: pour les esclaves de la Martinique : 3946,06 francs ; pour ceux de la Sœur Onésime Lefèvre, en Martinique : 2774, 24 F ; pour ceux de la Guyane, 3279, 52F plus 845,18 F ; encore pour ceux de la Guyane, 845, 18F ; pour ceux de La Réunion) : 5290,57F.

Pendant vingt ans Anne-Marie Javouhey a donc marchandisé des corps comme des « biens meubles » tels que définis dans le Code Noir de 1685 pour édifier sa congrégation coloniale, c’est à dire, pour défricher la forêt équatoriale, élaguer, scier les arbres et transporter le bois, puis mettre les terres en culture tout en construisant les bâtiments de la congrégation. Sans le travail des esclaves et des Noirs de traite (saisis puis affranchis par l’Etat à leur descente de bateau après l’interdiction de la Traite), tous hommes, femmes et enfants pris en charge par la religieuse par centaines à la demande du gouverneur, sa congrégation n’existerait pas dans les anciennes colonies. Or pas une seule fois Anne-Marie Javouhey exprime sa reconnaissance pour eux, mais inverse au contraire le bénéfice de cette reconnaissance pour la « liberté » qu’elle leur aurait donnée du fait d’une christianisation à marche forcée qui fait d’eux « des enfants dociles, laborieux et soumis ». Or la liberté religieuse repose sur une croyance, tandis la liberté juridique donnée aux Noirs de Traite par la Loi du 4 mars 1831 puis celle donnée aux esclaves par la Loi du 27 avril 1848, leur confère des droits et des libertés. Autant dire qu’à aucun moment, Anne-Marie Javouhey ne condamne l’esclavage, ne promeut l’abolition et ne se réjouit de celle de 1848.

Si nous savons peu de choses sur les conditions particulières de la vie de ses esclaves, par contre, sa correspondance abonde sur les mauvais traitements de type esclavagiste infligés aux noirs de traite: Elle-même en effet décide, dans des lettres adressées aux autorités administratives (18.7.1836; 25.8.1836; 23.2.1838; 18.4.1838; 4.3.1841), de les priver de la liberté de circuler, de se marier « On a aussi employé avec fruit l’autorisation de se marier, et on a fait le choix de la meilleure négresse pour épouse… », d’élever leurs enfants « « les enfants… enlevés de bonne heure à la stupide direction de leurs père et mère, mis au sortir du berceau … », de choisir et de commercialiser leurs cultures sur les terres données par le gouverneur. Quant à la discipline, c’est l’extrême violence du fouet qui prévaut, « 15 coups à deux nègres qui s’étaient rendus coupables de vols légers », système de terreur qui fait d’elle aux yeux des Noirs, une « reine blanche » dure et autoritaire.

Quant les deux associations, la « Diaconie de la Beauté » de l’ex-évêque de Toulon, Dominique Rey, directeur spirituel de la Communauté de l’Emmanuel de Paray et les « Amis des Antilles » de Montceau-les-Mines et aux deux maires de Mana et de Chamblanc (village natal d’AM Javouhey en Côte d’or) font la promotion d’un projet conjoint de canonisation de la religieuse en qualité d’abolitionniste de l’esclavage, les associations impulsent depuis les années 2010-2011, en Saône-et-Loire une vaste opération de manipulation de l’histoire soutenue par des identitaires d’extrême-droite (Philippe Pichot, Dominique Rey) disposant de grands moyens financiers, politiques et médiatiques pour promouvoir une exposition, deux films, une pièces de théâtre et des livres; si les deux maires échouent en Guyane en 2016 à l’édification d’un mémorial aux esclaves affranchis d’Anne-Marie Javouhey, par contre, dans notre département, les Amis des Antilles apposent, en 2023, 13 fausses plaques commémoratives associant l’esclavagiste AM Javouhey à 4 authentiques abolitionnistes issus du foyer parodien.

En face d’eux, comme en Guyane avec Madame Lydie Choucoutou, les historiens: C’est l’histoire contre les récits falsifiés et instrumentalisés au service d’un projet politico-religieux de reconquête catholique contre les évangéliques américains et l’Islam qui sont l’arme de la résistance qu’opposent les historiens de la Ligue des Droits de l’homme, à Paray-le-Monial, en Bourgogne et à Paris menant la bataille de la vérité contre les faussaires d’extrême-droite. Avec pour seuls objectifs, la vérité sur ce fleuron républicain qu’est l’abolition de l’esclavage en Saône-et-Loire, la mise en valeur des 18 abolitionnistes du foyer parodien, la culture, l’éducation et le tourisme.

Photographies prises à Mana (Germaine Lemétayer)

CLASH A L’HOTEL DU BAILLIAGE DE CHAROLLES LORS DE LA CONFERENCE DE VERONIQUE BRUNET SUR L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE EN BOURGOGNE (11/09/2026). Germaine Lemétayer

Venue présenter son livre « Les pionniers de l’abolition de l’esclavage en Bourgogne » (2026), Madame Véronique Brunet a été interpelée au début du débat au sujet d’un texte de son livre faisant d’Anne-Marie Javouhey la religieuse, fondatrice de la Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny, une championne de l’abolition de l’esclavage :

« Elle (AM Javouhey) a pour projet de former des esclaves dans la perspective d’une émancipation…  Elle a reçu l’accord du gouvernement pour recueillir environ cinq cents esclaves dans sa colonie qu’elle va christianiser et initier à divers métiers…Elle démontre que les esclaves, malgré leur condition aliénante peuvent accéder à l’autonomie.  Ainsi, le 21 mai 1838, elle a permis à 149 saisis de traite d’être émancipés ».

Historienne, découvreuse du plus ancien abolitionniste de l’esclavage connu du monde moderne, Pierre Moreau, je lui ai demandé ses sources concernant l’emploi du mot « esclaves ». En effet, si de nombreux historiens ont bien mentionné la prise en charge à Mana entre mars 1836 et avril 1837 de 477 Noirs, il ne s’agissait pas d’esclaves, mais de Noirs de Traite. Or, selon l’article 10 de la loi du 4 mars 1831, ces Noirs sont affranchis dès leur descente de bateau :« un acte authentique de libération leur sera dressé et transcrit dans un registre déposé au greffe du tribunal ». Ni Anne-Marie-Javouhey dans sa correspondance, ni aucun historien n’emploient par conséquent, à ma connaissance, le mot « esclaves » pour les désigner, mais les dénomment « Noirs », « libérés » ou « engagés ».

Par ailleurs , alors qu’ils sont pris en charge selon les clauses d’un contrat de travail de 7 ans par la mère Javouhey avant la jouissance de leur liberté totale, le texte ne mentionne pas la réalité des mauvais traitements exercés à leur encontre tel que l’historien Denis Lamaison les décrit dans sa thèse : Prospérité et barbarie. Système économique et violence dans deux colonies françaises au XIXe siècle (la Guyane et l’île de La Réunion) » soutenue à l’EHESS en 2015. Pour l’essentiel, ne leur sont concédés ni le droit de circuler, ni celui de se marier et d’élever leurs enfants librement, ni de choisir et de commercialiser à leur gré leurs propres cultures tandis qu’ils sont soumis au contrôle permanent de la « police » et à la sanction du fouet.

Enfin, autre point passé sous silence,  le fait qu’Anne-Marie Javouhey détient 38 esclaves achetés en 1830 et 1835 et une cinquantaine donnés par l’administration. Or, si certains sont affranchis par la suite, d’autres donneront lieu, en 1849, après la loi d’abolition de l’esclavage, à des demandes de dédommagement se montant à environ 27000 francs tel que le prouve la base de données du CIRESC (2021) répertoriant les propriétaires d’esclaves : « Esclavage et indemnités ».

On constate donc que les travaux historiques récents font d’Anne-Marie Javouhey, dans les faits, une esclavagiste n’ayant jamais condamné l’esclavage ni promu son abolition. Elle n’a donc pas sa place parmi des abolitionnistes bourguignons (ou d’origine) qui eux, l’ont condamné comme un crime (Jaucourt, Dupont de Nemours), une infamie (Mme de Genlis) se sont engagés pour son abolition par leurs écrits, leurs discours, leurs votes, leurs combats, la fondation ou leur participation à des associations, la Société des Amis des Noirs (Vial d’Alais), la Société pour l’abolition de l’esclavage (Rémusat, Lamartine, Quinet), des signatures de pétitions et finalement celles de Marc-Antoine Baudot et de Lamartine sur les deux décrets d’abolition de l’esclavage de 1794 et de 1848.

A noter, pour terminer, que Madame Brunet a refusé de répondre à la question posée, se défaussant en référence au texte du site de la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage concernant Anne-Marie Javouhey avant d’interrompre brutalement le débat qu’elle avait proposé.

Lisons ce texte :

« Dans les années 30, alors que le mouvement abolitionniste prend de l’ampleur derrière Lamartine, la sœur Anne-Marie Javouhey s’y joint et, en 1838, dix ans avant l’abolition définitive de l’esclavage, préside l’émancipation de 185 esclaves, dont 85 recevront la propriété d’un demi hectare de terre ».

Considérant que le cas des 185 esclaves sont aussi des Noirs de traite du ressort de l’article 10 de la loi du 4 mai 1831 comme le prouve le compte-rendu de leur libération complète, le 4 août 1838, aux Archives Territoriales de Guyane (série 11M, copie jointe), il est clair que la FME est bien l’auteur, avant Madame Brunet, d’une version révisionniste du portrait de la religieuse combinant plusieurs pratiques : une  falsification avec la substitution du mot « esclaves » à « Noirs de Traite », l’amalgame des concepts d’ « émancipation » à caractère culturel et d’affranchissement juridique et enfin, la censure d’un esclavagisme maltraitant avéré jusqu’en 1848.

Ce texte ne peut donc, en aucun cas, avoir été écrit par un historien. Nous ne doutons donc pas que la FME n’intervienne rapidement pour supprimer les pages consacrées à Anne-Marie Javouhey et les remplacer par Pierre Moreau et les abolitionnistes du Charolais.

Bibliographie sommaire

Anne-Marie Javouhey, Correspondance (1798-1851), Texte établi et annoté par les sœurs Jean Hébert et Marie-Cécile de Segonzac, Paris, 1994

Pascale Cornuel, Mana, De la naissance d’un village en Guyane française en période pré-abolitionniste, DEA, Paris, 1997.

Geneviève Lecuir-Nemo, Anne-Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation des Soeurs de Saint Joseph de Cluny, Paris, 2001.

Denis Lamaison,  Prospérité et barbarie. Système économique et violence dans deux colonies françaises au XIXe siècle (la Guyane et l’île de La Réunion, Thèse sous la direction de Monsieur Elikia M’Bokolo, EHESS, 2015.

Lydie Ho-Fong-Choy Choucoutou, Commémorer : pour qui ? pourquoi ? comment ?, Tribune de France-Guyane, 17 mai 2016.

CIRESC, Esclavage et indemnités, 2021.

Germaine Lemétayer, Le Charolais, terre d’abolition de l’esclavage. Les 18 abolitionnistes issus des familles iréniques de Paray-le-Monial-La Nocle, Condé-en-Normandie, 2026.

Copie du début du compte-rendu de la cérémonie de fin de contrat de travail de 185 Noirs de traite (AT, série 11M)

L’ADMD 71 ET LA LDH PARAY-LE-MONIAL DÉNONCENT LE SPECTACLE INDIGNE DONNÉ CE LUNDI 22 JUIN A PARAY-LE-MONIAL PAR ALLIANCE VITA

22 juin, était la date fixée par l’Assemblée nationale afin de débuter l’examen, pour la troisième fois, de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Son adoption définitive devrait être actée le 15 juillet prochain.

Tôt ce matin, France Inter proposait une interview de Charles Biétry, ancien journaliste sportif atteint de la maladie de Charcot. Depuis 2 ans il n’a plus la faculté de parler, mais grâce à l’intelligence artificielle, on peut entendre sa voix répondre aux questions de Benjamin Duhamel et déclarer : « Ne perdez pas trop de temps au Parlement, les malades n’en ont pas beaucoup ». Lui a choisi, si à son grand désespoir la législation n’évolue pas, d’aller en terminer en Suisse.

Depuis longtemps il soutient le combat mené par le député Olivier Falorni et l’ADMD pour qu’enfin une loi de liberté puisse apaiser celles et ceux qui connaissent une fin vécue dans des souffrances insupportables.

Une grande majorité de français y sont favorables, dans un esprit de libre choix, sans vouloir imposer quoi que ce soit à quiconque.

Et ce même jour, en fin d’après-midi, une cinquantaine de militants d’Alliance Vita, association liée à la Communauté de l’Emmanuel se sont rassemblés devant l’hôtel de ville de Paray-le-Monial. Au nom d’une idéologie catholique, ils veulent imposer à tous un positionnement inadapté au progrès de la science et à la liberté individuelle.

Et surtout, les mots utilisés dans leur communication: « Euthanasie = Déchèterie » (un T s’est envolé dans la prière !) ou « Vivant, pas encombrant » témoigne d’un ignoble mépris et d’une totale absence d’humanité.

Enfin, voir le premier magistrat de la ville, dont on doit respecter les convictions philosophiques et religieuses, s’afficher publiquement auprès de slogans d’une telle bassesse peut poser question à beaucoup de ses administrés.

L’ADMD71 et la section de la Ligue des Droits de l’Homme de Paray-le-Monial protestent fermement contre l’instrumentalisation par l’extrême droite de cette cause de la fin de vie assistée et affirment leur soutien à cette nouvelle liberté fondamentale qui ouvre pour chacun et chacune le droit de gérer sa mort avec humanité, fraternité et empathie. 

Photos : LDH Paraylemonial

JORDAN BARDELLA A PARAY-LE-MONIAL: UN ADOUBEMENT PAR LES IDENTITAIRES EN VUE DES PRESIDENTIELLES? 22 juin 2026


         La présence de Jordan Bardella à Paray-le-Monial ce samedi 20 juin 2026 n’a rien d’anecdotique. Il est significatif d’une offensive d’ampleur de l’extrême-droite sur une ville symbole de son meilleur emblème catholique : le sacré-cœur et son histoire. Octobre 2025, la diffusion du film apologétique « Sacré-cœur » financé par Bolloré, dans sa version révisionniste se situant aux antipodes de l’histoire de Paray, a bénéficié d’une campagne de propagande hors normes. En mars 2026, la publication d’un ouvrage de l’historienne Véronique Brunet -spécialiste de la peinture contemporaine- « Pionniers de l’abolition de l’esclavage en Bourgogne » censure à la fois l’irénisme parodien du XVIIème siècle et 9 des 14 abolitionnistes de Saône-et-Loire tout en reliant le protestant Pierre Moreau à la basilique du Sacré-Cœur. Puis entre le 11 et le 14 juin, à Paray-le-Monial, les fêtes du Sacré-Cœur sont célébrées en grandes pompes en présence du patriarche de Jérusalem.  Enfin la consécration de l’année 2026 à la paix par le clergé de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre achève un dispositif qui contribue à renforcer la fabrique du mensonge impulsée par les « guerriers de Dieu »jésuites du XVIIe siècle.

       Et Jordan Bardella ? Sa présence fait suite à celle des politiques de l’Action Française qui ont assuré la continuité du Sacré-Cœur comme culte de reconquête catholique fondé sur une idéologie de haine et d’exclusion des juifs, des protestants, des révolutionnaires, des communards, des Allemands, des francs-maçons, des socialistes…et maintenant des migrants plus spécialement musulmans, boucs-émissaires des problèmes nationaux. La campagne présidentielle commence donc, pour lui, par un adoubement à Paray-le-Monial, ce 20 juin, jour de Saint Silvère, pape du Vie siècle qui lutta contre les envahisseurs goths…sans attendre le jugement de Marine Le Pen. Et, bien que durement sanctionnée par le pape François, la communauté de l’Emmanuel actuellement sous tutelle, était bien là pour que la messe soit dite.

Comme l’écrivait l’historien Marc Bloch dans son testament, le 18 mars 1941, à Clermont-Ferrand,  « Je tiens la complaisance envers le mensonge, de quelques prétextes qu’elle puisse se parer, pour la pire lèpre de l’âme ».

Germaine Lemétayer

8 MARS 2026: FÊTE FÉMINISTE A PARAY-LE-MONIAL Germaine Lemétayer

Une vingtaine de personnes se sont retrouvées à la salle de Bellevue pour fêter la journée internationale des Droits des Femmes avec la section LDH de Paray-le-Monial. En première partie, des échanges sur le thème du « masculinisme ». la présidente, Germaine Lemétayer a rappelé que la ville avait promu en avant-garde, dès 2014, un Camp Optimum installé par l’évêque Dominique Rey destiné à « reviriliser les hommes: « Nous constatons, à ce moment que certains catholiques expriment hautement leur opposition aux conquêtes féministes, ils contestent en particulier l’intervention de l’Etat et de ses lois dans un domaine dont les religions avaient auparavant l’exclusivité, à savoir, la famille. Les  lois féministes font en effet basculer la famille d’un univers patriarcal à un espace privé démocratique. Autrefois définie par l’autorité hiérarchique, la famille est soumise dans la seconde moitié du XXe siècle, à une double exigence démocratique, de liberté et d’égalité.

Le 20 octobre août 2016,  la LDH Paray avait publié sur son site facebook, un texte intitulé : « Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin  », dans lequel elle dénonçait la mise en œuvre de l’idéologie de l’américain John Eldredge : la  re-virilisation des hommes et la soumission des femmes. Leur cible : le féminisme considéré comme responsable, avec mai 68, d’une perte d’autorité des hommes transformés en « softies »: « l’homme mou, le softy n’est pas seulement un partenaire sans vigueur pour la femme mais il est socialement frappé d’une série de stérilités ; de lui n’émane aucune énergie, nulle vitalité, nulle innovation » (D Rey). Pour retrouver l’ « authenticité masculine », le Camp Optimum propose donc des exercices de re-virilisation pour faire de celui qui y participe un « aventurier » capable de tout quitter, un « combattant » qui va « prendre les armes pour défendre le royaume de Dieu …» et un conquérant (D. Rey). Ces exercices concernent le relookage physique grâce à des pratiques de sports virils (motos, escalade…), des changements vestimentaires (blousons…) ainsi que l’adoption de comportements d’autorité pour répondre à la définition de l’abbé de Maistre : « tu es grand, tu es fort, tu es poilu, tu es un mec, un vrai ». Ouvert aux hommes de 18 à 78 ans, ces camps proposent aux participants de réfléchir sur l’identité masculine, à travers des temps d’enseignement s’inspirant librement du best-seller « Indomptable » de John Eldredge ; vidéos diffusées sur You tube telles que  «  La voix du père » de l’abbé de Maistre en 2014 où il affirme : «  Le propre de l’âme masculine, c’est le sentiment de sa force ». Opposé à l’identité féminine réduite à la séduction et au maternage, celle de l’homme se définit, dans famille, par son autorité et son caractère normatif: c’est lui qui impose les règles. Aujourd’hui, surtout depuis depuis Me too, le masculinisme est passé de la marge à la visibilité, en particulier sur les réseaux sociaux où il est devenu un critère de l’extrême-droite identitaire, des gaffa aux Etats-Unis et de toute l’extrême-droite européenne. Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft le propagent par des Fake news et en supprimant une modération qui lui laisse libre cours.

Un colloque organisé au Sénat sur les mouvements et réseaux masculinismes en nov 2025 puis une étude sortie le 21 janvier du Haut-Commissariat pour l’Egalité font le point sur son influence. On constate que les jeunes femmes se revendiquent de plus en plus féministes, tandis que les jeunes hommes adoptent davantage de comportements sexistes. Le fossé entre les genres se creuse, nourrissant incompréhension et peur. L’enquête révèle que les forums,  groupes et influenceurs masculinistes participent à l’orchestration d’attaques coordonnées sur les réseaux sociaux. La culture de l’incel (Involuntary Celibate) reflète cette frustration : des hommes convaincus que leur célibat est le résultat des conquêtes féministes manifestent leur frustration  par des violences, tant envers les femmes que par des actes plus extrêmes, comme des fusillades de masse. Les réseaux sociaux jouent ici un rôle crucial, où des influenceurs canalisent cette colère vers les femmes et le féminisme. Aujourd’hui, le masculinisme ne relève plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais de groupes organisés ; il s’est constitué en mouvement structuré, politisé et parfois violent, en lien étroit avec les droites radicales. La Fédération nationale Solidarité Femmes note depuis un an  des tentatives de saturation de la ligne d’écoute 3919, des insultes visant les écoutantes, des campagnes de dénigrement présentant les dispositifs de protection des femmes comme des outils « anti-hommes ». En 2025, plus de treize questions parlementaires ont ainsi réclamé l’ouverture du 3919 aux hommes, souvent à l’initiative de collectifs proches des masculinistes dans le cadre d’une stratégie de symétrisation des violences, qui nie leur caractère fondamentalement antiféministe. Un amendement au projet de loi de finances pour 2026 a même tenté de supprimer le budget dédié à la lutte contre les violences faites aux femmes (BOP 137) a alerté sur le fait que les femmes ont fait une erreur gravissime en sous-estimant le mouvement masculiniste et en le définissant comme un phénomène de masse, porté par de nombreux mouvements et les courants politiques conservateurs voire fascistes

De fait, face à la frustration des jeunes suscitée par la précarité de l’emploi, la désindustrialisation, la rupture des liens communautaire,s l’extrême droite instrumentalise le féminisme pour trouver une réponse facile aux problèmes sans remettre en question les structures économiques ou politiques. Cibler le féminisme devient un argument qui transfère la responsabilité à un ennemi facile. En France, Marine Le Pen a obtenu 39 % des voix chez les 18-24 ans en 2022 et 49 % chez les 25-34 ans. En Italie, Giorgia Meloni est en tête du vote des jeunes avec 29 %. En Allemagne, l’Afd a été le premier choix des moins de 30 ans dans des régions comme la Thuringe.

La lutte contre le masculinisme est un chantier de longue haleine, impliquant un changement profond dans les mentalités dès l’enfance. L’éducation reste l’atout majeur pour déconstruire dans dans les familles et à l’école, les réflexes sexistes et briser l’héritage patriarcal qui revient en force pour perpétuer les inégalités entre les hommes et les femmes. .Mais la question reste très largement politique: Et en ces temps de campagne électorale, alors que les femmes représentent la moitié des citoyennes, il faut oser poser la question de la défense des droits des femmes aux différents candidats.

Après a suivi un concert donné par la Table Rouge, avec Laurent Dumeusois au piano et Julien Guyot à l’accordéon: au programme des chansons militantes anarchistes, les deux artistes excellant dans l’ironie et la critique parfois mordante des Voisins vigilants, des « tontons »…, mais aussi dans la défense du « petit paysan » s’inspirant de l’affaire Laronze, et l’hommage à Louise Michel. Bref, des thématiques sur-mesure pour la Ligue des Droits de l’Homme de Paray qui les a remerciés chaleureusement.

MERCI AUX PERSONNELS DE L’HOPITAL… (12/4/2020)

 

 

MERCI AUX PERSONNELS DE L’HOPITAL, DES EHPAD ET SERVICES INFIRMIERS DE PARAY-LE-MONIAL, TOUS AU FRONT DU COMBAT!
MERCI AUX CAISSIERES, POSTIERS, EBOUEURS, MANUTENTIONNAIRES, AIDES A DOMICILE, BOULANGERS… QUI CONTINUENT A TRAVAILLER EN PRENANT DES RISQUES!
Les élus municipaux de l’opposition
Avenir Citoyen
CGT Multipro
PCF Charolais-Brionnais
LDH Paray le Monial
Nous vous invitons à adresser directement des mots d’encouragement, dessins d’enfants …aux personnels de l’hôpital de Paray à l’adresse suivante: secretariat.direction@ch-paray.fr

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POLITIQUE D’EXCLUSION, EN SAONE-ET-LOIRE, CONTRE LES JEUNES ETRANGERS QUI FABRIQUENT LE PAIN DES FRANCAIS.

 

La section LDH de Paray est solidaire de Mallé Touré qu’elle a soutenu en attestant, dans la procédure en cours, qu’elle lui a procuré elle-même tous ses papiers consulaires : carte consulaire et demande de passeport qui ne peuvent donc, ceux-là, être suspects de fausseté.

Mais elle tient à préciser que Mallé n’est hélas pas le seul dans ce cas: d’autres apprentis guinéens maliens et marocains du département font aussi l’objet de menaces d’OQTF suite à des contestations de leurs papiers d’identité basées sur des vices de procédures tels que, par exemple, le non respect du délai réglementaire entre deux signatures. Cette exigence du respect à la lettre des règlements d’état civil étrangers et la signification en conséquence de la fausseté de tous leurs papiers même consulaires, marquent une aggravation significative de la politique anti-migrants des institutions départementales que notre section a maintes fois dénoncée. Ces mesures posent aussi la question de l’intérêt général des Français lorsque l’Etat a payé un, deux voire trois ans de formation à ces jeunes dans des métiers en tension, -boulangers, bouchers, maçons- et que ces jeunes obtiennent des CDI (dans un cas avéré) après un parcours professionnel exemplaire. Pour sa part, notre section considère cette politique d’exclusion haineuse comme un sommet inédit de la xénophobie. Par ailleurs, la mise en cause de documents d’identité consulaires qui porte atteinte gravement à la souveraineté des états africains concernés ne s’inscrit-elle pas dans une conception postcolonialiste des relations internationales?

Très choquée par des mesures qui atteignent au moins deux jeunes qu’elle a soutenus et aidés à régulariser leur situation en respectant évidemment toutes les procédures, la section de Paray-le-Monial de la Ligue des Droits de l’Homme tient à exprimer publiquement sa réprobation et sa colère face à un tel gâchis humain et politique et l’immense honte qu’elle ressent à l’égard de tous ces jeunes auxquels on tente d’inoculer l’image d’une France procédurière, terre d’exclusion et de haine et qui a perdu jusqu’au sens de ses propres intérêts nationaux. Honte aussi face aux autorités consulaires auxquelles elle redemande de refaire leur copie pour un petit défaut de procédure…alors que nos propres institutions violent allègrement les lois de protection des mineurs étrangers en refoulant par exemple, en Saône-et-Loire, les jeunes de 17 ans? Où est la justice quand la juge des enfants a reconnu quant à elle, l’authenticité des mêmes documents d’état civil? Où sont nos valeurs républicaines de Fraternité et de Solidarité? Où est le sens de l’intérêt général?

Bien évidemment, notre section s’implique actuellement pour soutenir moralement et juridiquement ces apprentis. Et elle demande à tous ceux qui liront ces lignes de leur manifester leur sympathie afin de réparer les immenses dégâts collatéraux de la politique d’exclusion visant les jeunes étrangers qui fabriquent le pain des Français, découpent leurs steaks et construisent leurs maisons.

Mallé Touré vient du Mali. Il a soufflé 18 bougies en décembre et sa majorité semble signer son expulsion vers l’Afrique. Lundi 6 janvier 2020, il …
lejsl.com
Mallé Touré vient du Mali. Il a soufflé 18 bougies en décembre et sa majorité semble signer son…
Mallé Touré vient du Mali. Il a soufflé 18 bougies en décembre et sa majorité semble signer son expulsion vers l’Afrique. Lundi 6 janvier 2020, il …

JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DE L’ENFANT: LES MINEURS ISOLES DE SAONE-ET-LOIRE (20 novembre 2019)

En cette journée Internationale des Droits de l’Enfant, la section LDH de Paray-le-Monial tient à attirer l’attention sur le sort réservé en Saône-et-Loire aux plus pauvres d’entre eux, à savoir les MNA, Mineurs non accompagnés que notre loi protège en leur donnant les mêmes droits qu’aux autres adolescents, en particulier le droit à l’abri et à l’éducation jusqu’à leur majorité. Agés de 14 à 18 ans, ils arrivent d’Afrique via la Méditerranée et l’Espagne après un processus d’exclusion souvent violent qui les a arrachés de leur famille, de leur quartier et de leur pays. La section LDH de Paray qui en aidé une quizaine en deux ans tient d’abord à saluer le travail d’associations (Asti, Secours Catholique, Cimade…), d’éducateurs de l ‘ASE et du dispositif Garantie Jeunes, de familles d’accueil, de la juge des enfants de Mâcon, d’avocats de Chalon/Saône et de Dijon, de maîtres d’apprentissage, d’enseignants aux divers CFA ainsi que d’associations d’aide à l’alphabétisation qui tous contribuent à l’insertion de ces jeunes.

Mais en même temps, elle tient à exprimer sa très vive réprobation face à un ensemble de pratiques d’exclusion mises en œuvre par le Conseil Départemental, l’ASE et la Police des Frontières dans le cadre d’une politique de refoulement visant plus particulièrement (mais pas seulement) les mineurs âgés de 17 à 18 ans . Cette politique comprend un ensemble de mesures coercitives qui se renforcent d’année en année:

-Le rejet de la mise à l’abri par la fermeture de l’ASE pendant les mois d’été qui place la Saône-et-Loire au rang de championne de France de l’exclusion des mineurs non accompagnés.

-Le transfert de mineurs reconnus dans des centres (Châlons-en-Champagne ou Strasbourg) où un seconde évaluation annule celle de Saône-et-Loire et les prive de leurs droits. Cet état de fait contraint les associations à les rapatrier en Saône-et-Loire afin de procéder à un recours devant la juge des enfants.

-Des évaluations à charge visant essentiellement, sur fond de préjugés, à détecter des fraudes et non l’âge réel du mineur, la mise en cause systématique des papiers d’état civil africains contribuant à disqualifier nombre d’entre eux contraints de faire un recours devant la juge des enfants. Dans un cas connu, c’est l’âge de 15 ans qui a été contesté pour alléguer un âge de 17 ans avec appel auprès du tribunal de Dijon et refus dans le même temps de financer un passeport qui trancherait la question. C’est à ce niveau que certaines associations et nous, LDH de Paray, intervenons en particulier pour leur procurer des cartes d’identité et des passeports auprès de leurs consulats et ambassades : A noter que dans les quatorze cas connus par nous, ces documents ont tous confirmé des actes de naissance faussement disqualifiés par l’ASE et la police des frontières.

-Les appels à répétition devant le tribunal de Dijon contre les recours validés par la juge des enfants (une dizaine en juillet) ainsi qu’une campagne d’intimidation de la juge dans un article du Figaro du 11 août 2019 : André Accary s’y livre à l’exercice peu glorieux d’inversion de la victimisation en présentant les jeunes comme des clandestins, les jugements comme des « aberrations » et lui-même comme victime …d’insomnies !!!!

-Trois gardes à vue de mineurs et une convocation de la présidente de la LDH Paray en 2018 par la police des Frontières dont aucune n’a débouché, en 2019, sur des condamnations.

La LDH Paray proteste donc contre des actions en justice faussées par l’absence de moyens de défense des MNA. Elle s’insurge contre le coût, pour les associations, de ces passeports qui prouvent la bonne foi des MNA et attestent les erreurs répétées dans les évaluations de l’ASE et les expertises de la police des frontières. (Ajoutons qu’une fois les MNA réintégrés à l’ASE, celle-ci profite sans vergogne de ces documents qu’elle n’a plus à financer…).

Elle s’insurge surtout contre la réduction des mineurs à leur situation de clandestins sans jamais prendre en compte le bilan économique extrêmement positif de parcours de vie parfois impressionnants : alphabétisation rapide, apprentissages réussis dans des métiers en tension (boulangerie, boucherie, bâtiment, cuisine…), CAP obtenus, intégration en progrès … qui font de cette migration de jeunes un atout et une chance pour notre pays.

Par contre, les discriminations et les mauvais traitements dont ils sont victimes à l’ASE prolongent, dans leur parcours, l’expérience d’exclusion que la plupart ont vécu dans leur pays, ils ne contribuent pas à leur insertion et donnent auprès de la communauté africaine une image d’arbitraire et d’islamophobie de nos institutions.

Dans cette confrontation, les associations relèvent le défi de l’accueil de ces jeunes migrants courageux, de la défense des intérêts nationaux et de la fraternité qui est au cœur de la devise républicaine.Notons que dans ce bras de fer pour faire prévaloir la justice, rien que la justice, elles ont besoin de soutiens et de moyens. N’hésitez pas, s’il vous plaît, à les contacter!

Germaine Lemétayer, Présidente de la section LDH de Paray-le-Monial

REUNION PUBLIQUE A PARAY-LE-MONIAL LE 26 JUIN 2019, 19H30, Au Centre de Culture et de Congrès

 

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REUNION PUBLIQUE A PARAY-LE-MONIAL
LE 26 JUIN 2019, 19H30, Au Centre de Culture et de Congrès

La section de la Ligue des Droits de l’Homme
vous invite à deux conférences-débat sur:

LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE
ET LA REDUCTION DE LA BIODIVERSITE
DANS LE CHAROLAIS-BRIONNAIS :
ETAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES INNOVANTES.

Avec:
– Patrice NOTTEGHEM, Ecologue, spécialiste du paysage
– Jérôme ESCALIER, Agriculteur bio et militant de la Confédération Paysanne

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INITIATIVE CITOYENNE EXEMPLAIRE CONTRE L’HOMOPHOBIE (17 mai 2019)

Le vendredi 10 mai, le cinéma de Digoin a projeté en avant-première ce court-métrage dont le thème concerne la découverte de leur homosexualité par deux jeunes lycéens. Centré sur les difficultés à assumer une identité sexuelle largement discriminée, le film met en scène dans un cadre scolaire, en l’occurrence le lycée de Digoin, la diversité des réactions des proches, parents et camarades de classe qui vont de la reconnaissance de l’égalité à l’homophobie la plus violente et la plus crasse. Traité à travers des comportements et un langage familiers aux adolescents, le film se présente comme une oeuvre propre à susciter la réflexion et les prises de conscience. La section de Paray de la Ligue des Droits de l’Homme qui était présente à la projection et qui est engagée elle-même contre l’homophobie de la Communauté de l’Emmanuel félicite chaleureusement le maire de Digoin, Monsieur Fabien Genet et les Intermachés qui ont co-produit ce film et souhaite à ce court-métrage tout le succès que mérite cette initiative citoyenne exemplaire.