KOZENSEMB pour lutter contre les discriminations faites aux femmes et aux LGTB

Partenariats entre la LDH à la Réunion (co-porteuse de Kozensemb)

  • Le Refuge La Réunion
  • OriZon
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Seul nou sa va pli vite, ensemb nou sa va pli loin ! Alon met’ ensemb pou fait entend’ la voix ban LGBTQIA+ (Lesbienne, Gay, Bisexuel.le, Transgenre, Queer, Intersexe, Asexuel.le et +) !

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Merci au équipes du Refuge Réunion et de OriZOn Réunion pour leur confiance et leur soutien .

Avec le concours de la DILCRAH

WALTER FORBES libéré après 37 ans de prison

Walter Forbes, un Afro-Américain de 63 ans, a été libéré le 20 novembre dernier après avoir passé 37 ans en prison. La témoin clé de cette affaire s’est rétractée et a reconnu avoir menti, près de quarante ans après les faits. De nouvelles preuves permettant de l’innocenter avaient également été découvertes. « Même si cela a pris une éternité, je suis reconnaissant (…) qu’elle ait enfin dit la vérité », a commenté le principal concerné.Tout commence en 1982 dans le Michigan lorsque Walter Forbes, alors étudiant, s’interpose au cours d’une bagarre dans un bar de la ville de Jackson. L’un des protagonistes, Dennis Hall, lui tire dessus à quatre reprises le lendemain. Quelques mois plus tard, ce dernier meurt dans l’incendie criminel de son logement, tandis que sa compagne parvient à s’échapper avec leur enfant, raconte CNN.Annice Kennebrew, alors âgée de 19 ans, déclare à la police avoir vu trois hommes mettre le feu au bâtiment avec des bidons d’essence, dont Walter Forbes. Le jeune homme devient rapidement le suspect principal en raison de son passif avec la victime de l’incendie. Il est finalement condamné à la prison à vie en mai 1983 pour meurtre et incendie volontaire.C’est elle, Annice Kennebrew, qui fut à l’époque la témoin principale dans cette enquête puis au cours du procès. Mais en 2017, alors que Walter Forbes était en prison depuis déjà 34 ans, elle a reconnu avoir menti lors de son témoignage. Puis, en février 2020, elle a officiellement déclaré avoir «faussement impliqué M. Forbes parce qu’elle avait été intimidée par deux hommes de la région qui la connaissaient et qui avaient menacé de lui faire du mal ainsi qu’à sa famille si elle ne témoignait pas contre Walter Forbes». D’autres indices sont venus conforter l’innocence de M. FORBES.Libéré, grâce notamment à l’intervention d’une association, la Michigan Innocence Clinic, Walter Forbes, a dit pardonner à ceux qui ont mené à sa condamnation, tout en affirmant avoir eu à l’époque tout le système contre lui. Il a expliqué au «Detroit Free Press» qu’il comptait désormais rattraper le temps perdu avec sa famille, dont sa mère de 94 ans.

20 Désamn : Abolition de l’esclavage #LaRéunion

Bientôt le 20 Désamn #LaRéunion

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage : Une démocratie forte ne craint pas le débat : elle le cultive. Elle n’a pas peur de regarder les blessures de son passé : elle se renforce en le faisant. » Le Conseil Scientifique de la FME affirme l’importance de la recherche sur l’esclavage colonial et ses héritages. A lire

Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage

2 décembre

L’esclavage n’est pas simplement un vestige du passé. L’esclavage n’est pas seulement un vestige du passé, mais une réalité tristement actuelle. Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), il y a actuellement plus de 40 millions de victimes du travail forcé dans le monde. L’esclavage moderne est un terme recouvrant plusieurs pratiques telles que le travail forcé, la servitude pour dettes, le mariage forcé et la traite d’êtres humains. Elle implique des situations d’exploitation qu’une personne ne peut refuser ou quitter en raison de menaces, de violence, de contraintes et/ou d’abus de pouvoir.L’OIT a adopté un nouveau protocole juridiquement contraignant destiné à renforcer les efforts mondiaux visant à éliminer le travail forcé, qui est entré en vigueur en novembre 2016.

Campagne « 50 pour la liberté » Nous avons la chance de faire l’Histoire.

Le Protocole de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur le travail forcé peut redonner l’espoir et la liberté aux millions de personnes victimes de l’esclavage moderne.Mais il doit d’abord être ratifié par les différents pays du monde.

Notre objectif est de convaincre au moins 50 pays à ratifier le protocole sur le travail forcé.

KOZENSEMB

Pour lutter contre les stéréotypes, les discriminations et les violences de genre visant les femmes et les LGBT+ à la Réunion,

Ce 24 Octobre à 11 H 30, nous présentons le projet « KOZENSEMB », une initiative de jeunes réunionnais.e.s, soutenue par la LDH à la Réunion et par la DILCRAH, pour lutter contre les stéréotypes de genre, les discriminations et violences contre les Femmes et LGTB à la Réunion.

Le Logo

KOZENSEMB

Une initiative étudiante pour lutter contre les stéréotypes et violences de genre visant les femmes et les LGBT+ à la Réunion, soutenue par la Ligue des Droits de l’Homme à la Réunion et par la DILCRAH.

La Ligue des Droits de l’Homme à la Réunion avec les jeunes porteurs du projet, lance officiellement l’initiative KOZENSEMB.

Kozensemb (composé des mots créoles « Koz » et « Met’ ensemb ») est une initiative de jeunes étudiants réunionnais.e.s.

Son objectif ? Faire entendre la voix des réunionnais et des réunionnaises, notamment des jeunes, qui souhaitent agir contre :

  • Les stéréotypes et préjugés visant les femmes, les hommes et les LGTB ;
  • Les discriminations et violences à l’égard des femmes et des personnes LGBT+ (Lesbienne, Gay, Bisexuel.le, Trans).

Comment réaliser cet objectif ? Nout’ tout ensemb nou lé capab ! Kozensemb dépend de votre participation. C’est à vous de décider de l’avenir de l’égalité des genres à La Réunion en tant que femme, homme, LGBT+, ici et maintenant.

Sur Facebook : La page KOZENSEMB est en ligne !  Exprimez-vous en affirmant qui vous êtes ou apportez votre soutien aux autres !


https://www.facebook.com/105509658009163/

Parce que la parole des victimes compte :  Témoignez !

Proposez des changements, partagez vos idées pour mettre fin aux discriminations et violences de genre à La Réunion !

En dehors de Facebook :  Vos expressions personnelles seront traduites et rendues plus visibles par différentes initiatives concrètes que nous déclinerons avec la participation du public au fil des mois.

– Groupes de parole ;

– Affichage public ;

– Evénements et interventions d’artistes, etc…

L’adresse mail : kozensemb@gmail.com est active.

Une initiative de jeunes réunionnais.e.s, soutenue par la Ligue des Droits de l’Homme à La Réunion

Avec Adrien Baret, un des porteurs du projet Kozensemb, âgé de 23 ans, originaire de Saint-Louis, actuellement, étudiant en Master 2 Droit du contentieux international à l’Université de Poitiers.

Pour lutter contre les stéréotypes de genre, pour mettre fin aux discriminations et violences visant les femmes et les LGBT à La Réunion.



Avec le concours de

Pour la 2ème Loi Territoires Zéro Chômeurs de longue durée

Territoires zéro chômeur de longue duréeLa proposition de loi prévoyant l’extension et le prolongement de l’#expérimentation#TZCLD arrive à l’ Assemblée Nationale le 9 septembre . Demandons une mise en œuvre sans plus tarder à #LaRéunion. Tous mobilisés pour la 2ème loi pour poursuivre et étendre l’expérimentation!Le projet TZCLD est basé sur une expérimentation territoriale, un droit d’expérimenter inscrit dans la constitution française depuis 2003. La première loi, votée en février 2016, prévoit un expérimentation sur 10 territoires pendant 5 ans. Pour prolonger l’expérimentation au-delà de 5 ans sur les 10 premier territoires concernés et étendre la démarche à de nouveaux territoires, il est nécessaire que soit votée une 2ème loi d’expérimentation.Le dispositif « Territoires zéro chômeur de longue durée », créé par la loi du 29 février 2016 d’expérimentation territoriale visant à résorber le chômage de longue durée, a d’ores et déjà fait la preuve de son efficacité. Il s’inscrit dans le préambule de notre Constitution, qui dispose que « chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ».

Solidarité avec Mme OBONO

Communiqué de la LDH à la Réunion

La Ligue des Droits de l’Homme à la Réunion dénonce l’ignominie de la « politique fiction » de « Valeurs Actuelles » sur la députée Danièle OBONO, présentée en esclave, collier de fer au cou, dans l’Afrique du XVIIIème siècle. Au prétexte de critiquer l’idéologie « décoloniale » et de liberté de la presse, il s’agit une nouvelle fois d’une expression nauséabonde d’une extrême droite décomplexée, avec cette représentation volontairement avilissante de la femme noire.Aussi bien, au-delà de toute possible différence d’opinions avec Mme OBONO, notre entière solidarité lui est acquise en cette circonstance.

Saint-Denis, le 01/09/2019

A Paris, la LDH appelle à un rassemblement, le 5 septembre 17H ! au Trocadéro EN SOUTIEN À DANIÈLE OBONO, CONTRE LE RACISME DÉCOMPLEXÉ DE VALEURS ACTUELLESUne députée noire portant les chaînes de l’esclavage au cou !C’est par cette image que Valeurs Actuelles a illustré son roman-fiction de cette semaine, intitulé « Danièle Obono au temps de l’esclavage ».Le « journal » d’extrême-droite, qui n’en est pas à son coup d’essai en matière de racisme, pousse ici sa nostalgie du colonialisme et de la mise en esclavage à son paroxysme, entre iconographie esclavagiste et révision de l’Histoire.Alors que cet essai-fiction a pour objet d’imaginer que « chaque semaine, un personnage emprunte les couloirs du temps », Valeurs Actuelles choisit, pour le premier personnage Noir de cette série, de le renvoyer en Afrique au temps de l’esclavage et de lui faire porter les chaînes.L’Afrique y est ici décrite selon les clichés européens les plus communs : elle réunit des femmes dont les lèvres sont écartelées et des hommes rétrogrades, au milieu de cafards grouillants et de tam-tam chantant.Des silhouettes d’Africains ornent la mise en page du roman, des femmes et des hommes nus autour d’un feu de bois, d’autres marchant les poings liés et Danièle Obono la chaîne autour du cou.Aussi, le récit fictif se vautre dans le révisionnisme et le négationnisme historique, puisqu’il exonère les Européens de toute responsabilité dans la traite transatlantique négrière.Plus encore, c’est finalement un chrétien Français qui sauvera Danièle Obono de sa condition, un comble pour qui sait que c’est au nom de la chrétienté que l’Europe mit en esclavage aussi bien les Noirs que les Indigènes, ce qui fût consacré en France en 1685 par le Code Noir de Colbert qui les relégua au statut de « biens meubles ».Alors qu’un Afro-Américain vient de recevoir sept balles dans le dos par un policier Blanc et qu’en France des dizaines de milliers de personnes se sont réunies à plusieurs reprises ces derniers mois contre le racisme, c’est ainsi que Valeurs Actuelles réagit aux mobilisations récentes des Black Lives Matter : en mettant les chaînes à une députée Noire à qui il compte faire payer ses positions courageuses sur le racisme en France et son soutien à ses victimes.Valeurs Actuelles, dont Geoffroy Lejeune, son rédacteur en chef, est recruté sur C8 à partir de septembre, insère par ailleurs ce roman-fiction dans un numéro consacré à « l’ensauvagement », thématique chère à l’extrême-droite et au gouvernement de Macron, pointant du doigt les Noirs et les Arabes de France en feignant d’oublier que ce sont avant tout les orientations ultra libérales du gouvernement ainsi que le racisme structurel et systémique qui ensauvagent la société dans son ensemble.En soutien à Danièle Obono, et pour lutter contre la banalisation du discours raciste et de ses promoteurs médiatiques*, nous appelons à un large rassemblement samedi 5 septembre, Trocadero, 17h !

Dossiers pédagogiques TAPORI

ATD Quart Monde France
Avis aux enseignants: le dossier pédagogique Tapori est arrivé ! Une palette d’outils à utiliser tout au long de l’année pour sensibiliser les 7-13 ans à la prochaine #JournéeMondialeDuRefusDeLaMisère dédiée à la justice sociale & environnementale (17 octobre)
https://atd-quartmonde.fr/…/2…/07/DossierPedagogique2020.pdf

#JournéeMondialedurefusdelaMisère
30 ans après la Convention internationale des droits de l’enfant, 3 millions d’enfants vivent encore sous le seuil de #pauvreté en France. Le #17octobre, engagez-vous pour faire respecter les droits des enfants ! La #LDH dit #StopPauvreté !

CLAIRE HÉDON, NOUVELLE DÉFENSEURE DES DROITS, succédant à Jacques TOUBON


Ancienne Présidente d’ATD Quart Monde, elle revendique de venir de la société civile et du milieu associatif. Ses déclarations sur France Inter : https://www.franceinter.fr/…/l-invite-de-7h50-24-juillet-20…
« En tant que présidente d’ATD Quart Monde, je sais que la pauvreté c’est pas simplement un manque de revenus financiers, c’est aussi un problème de non-accès aux droits. J’ai une réelle connaissance de ces difficultés qu’ont les personnes au quotidien pour accéder à leurs droits. »

« C’est important de montrer pourquoi cette institution [le Défenseur des droits] est proche des gens », au-delà des grands rapports publiés, explique Claire Hédon. « La réalité du non-accès au droit, c’est une atteinte à notre démocratie. Si on a des droits et qu’on ne peut pas y accéder, c’est totalement décourageant ! Ça mine la cohésion sociale, et la confiance qu’on a dans les services publics. »

Elle souhaite également un meilleur suivi de ce qui se passe (ou non) après la publication des rapports du Défenseur des droits. « Une des choses que je souhaiterais faire, c’est un suivi des avis, sur les deux dernières années : qu’est-ce qui a été suivi, qu’est-ce qui ne l’a pas été, et pourquoi. Tout ce travail doit être fait pour que ces recommandations soient appliquées. » Elle souhaite également « qu’on traite toutes les réclamations », c’est « indispensable ».

Claire Hédon cite également un exemple de problème d’accès au droit pendant le confinement. « Ce qui s’est passé avec les EHPAD : fermeture totale, on a empêché les proches de voir leurs personnes âgées : on le comprend en termes sanitaires, mais est-ce qu’on n’est pas allé trop loin ? Certaines sont mortes seules, sans leurs proches… Il y a une réflexion à mener sur la limite d’atteinte aux libertés quand il y a une crise comme celle-là. »

Autre dossier sur lequel son prédécesseur était très actif, surtout ces deux dernières années : celui des violences policières. Claire Hédon commence par tempérer : « Il y a un vrai problème, chez certains, de violences. Je n’aime pas le terme général qui voudrait accuser l’ensemble de la police. Il y a tout un travail à faire de formation des forces de sécurité, de réflexion au sein de la police pour changer certaines pratiques. »

https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/claire-hedon

LUTTE CONTRE LES DÉRIVES SECTAIRES ET LEURS VICTIMES

LUTTE CONTRE LES DÉRIVES SECTAIRES ET LEURS VICTIMES
Après de multiples interpellations, quel est le sort réservé à la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) ?
LETTRE OUVERTE DE LDH À L’ATTENTION DU PREMIER MINISTRE AU SUJET DE LA MIVILUDES

Paris, le 22 juillet 2020

Monsieur le Premier ministre,

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) regrette profondément le projet de transfert de la Miviludes, placée sous votre autorité, au secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), intégré au ministère de l’Intérieur.

Comme nous l’avions exprimé à votre prédécesseur, avec de nombreuses associations et des parlementaires de quasiment toutes les familles politiques, ce transfert marque « un changement d’orientation du gouvernement et le primat accordé à la lutte contre la radicalisation plutôt qu’à l’emprise sectaire. Faut-il le rappeler ici, la radicalisation est un phénomène récent, qui, s’il emprunte certaines techniques de mise sous emprise au phénomène sectaire, relève de buts premiers biens différents, à savoir des objectifs géographico-économiques ».

Cette nouvelle donne appelle à la vigilance de la LDH, en concertation avec de nombreuses associations, sur plusieurs points, à savoir :
– une augmentation notable du nombre de postes de conseillers et conseillères de la mission, afin que la qualité du travail réalisé soit en adéquation avec l’ampleur de la tâche qui leur est actuellement confiée,
– l’octroi d’un budget fortement accru qui permette un fonctionnement correct et une politique de prévention en accord avec l’importance grandissante du phénomène,
– la mise à disposition de locaux leur permettant de travailler sereinement, avec un accès direct à leurs archives, et de recevoir leurs visiteurs dans des conditions dignes, tout en préservant l’anonymat des victimes,
– le maintien de la possibilité de contact direct avec les conseillers et conseillères de la Miviludes, que ce soit par l’intermédiaire du site, par courrier ou par téléphone, dont les réponses circonstanciées sont très précieuses,
– le maintien de l’acronyme « Miviludes » qui permet l’identification et la mémorisation du rôle de cette institution,
– le maintien du site Internet, source précieuse d’informations,
– la sauvegarde et le secret des sources de toutes les archives, que ce soit sous la forme papier ou numérique,
– l’ouverture d’une réflexion de nature législative qui permette de graver la mission dans la loi et de renforcer les textes qui définissent les phénomènes d’emprise mentale afin qu’ils soient adaptés à l’évolution de la problématique, telle qu’observée aujourd’hui.

La LDH rappelle que la Miviludes doit conserver sa dimension interministérielle et rester impérativement un des outils privilégiés de la protection que la République doit aux plus faibles et aux plus vulnérables.

Je vous prie de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’expression de ma haute considération,

Roland Biache
Secrétaire général de la LDH

Vérité et Justice

5 juillet 2020 #ViolencesPolicières | Seule la création d’une commission indépendante placée sous l’autorité de la CNCDH permettra de lutter contre les discriminations raciales et la violence qui les accompagne.
Vous aussi signez la pétition ⤵
https://www.ldh-france.org/verite-et-justice/

LE 1ER JUILLET 2020 – TRIBUNE COLLECTIVE “VÉRITÉ ET JUSTICE”, PUBLIÉE SUR LIBÉRATION à l’initiative de la LDH et signée par plusieurs personnalités et organisations, contre les violences policières et le racisme. Signez vous aussi la pétition pour apporter votre soutien !
Le monde entier défile, avec ou sans autorisation, pour condamner l’assassinat de George Floyd, honorer sa mémoire, et déclarer qu’enfin les personnes noires, victimes à différents degrés de racisme systémique et institutionnel, doivent pouvoir « respirer », c’est-à-dire vivre comme tout être humain, libre et égal aux autres, en a le droit imprescriptible. Ce que demandent particulièrement ces manifestants, c’est que ne soient plus ni tolérées, ni protégées, ni a fortiori encouragées par les pouvoirs publics et leurs représentants du haut en bas de la « chaîne de commandement » les violences, les humiliations quotidiennes fondées sur l’apparence, les origines ou le domicile, ainsi que les brutalités pouvant aller jusqu’à la mort.
En France, malgré l’évidence d’un passé colonial qui pèse encore sur les rapports sociaux, malgré les manifestations innombrables de la combinaison des inégalités sociales, territoriales et raciales, malgré les cris de douleur et de colère de celles et ceux qui en sont les victimes, relayés par les associations et authentifiés par le Défenseur des droits lui-même, la dénégation est officialisée. Au lendemain d’une mobilisation sans précédent sur ces sujets, le ministre de l’Intérieur se bornait à déclarer que les policiers sous ses ordres « protègent tous les Français, y compris contre le racisme ». Cette provocation valant promesse d’impunité pour ceux des policiers et des gendarmes qui confondent une identité avec un faciès a fait long feu. Face à la mobilisation grandissante, le ministre et le gouvernement promettent aujourd’hui de renoncer à telle technique, telle procédure, de faire respecter la loi par les forces de l’ordre et exhibent à point nommé rapports et enquêtes…
S’il est non négligeable, ce changement de ton ne saurait être suffisant.
Alors que s’atténue peu à peu une crise sanitaire au cours de laquelle l’ampleur des discriminations sociales et territoriales s’est trouvée exposée en pleine lumière, et dont on découvre qu’elle a aussi recouvert de nombreuses « bavures » dans l’application des politiques sécuritaires, il est urgent de crever l’abcès en parlant vrai.
– Parler vrai, c’est rappeler aux pouvoirs publics qu’ils doivent respecter et faire respecter les droits fondamentaux en manifestant le courage de la sanction.
– Parler vrai, c’est reconnaître le rôle des institutions et des politiques dans le développement du racisme et des discriminations.
– Parler vrai, c’est nommer les coupables de violence et de racisme ainsi que leurs responsables et exiger qu’ils soient sanctionnés.
– Parler vrai, c’est répondre à celles et ceux qui se mobilisent pour le respect de leurs droits fondamentaux, la justice sociale, la justice tout court.
La société civile, les associations de défense des droits, les comités constitués autour d’affaires de violences policières avancent de longue date des propositions en ce sens. Certaines sont reprises par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), ainsi que par le Défenseur des droits. Elles constituent une base pour engager une réforme profonde de la police, de ses missions, de ses méthodes, de son contrôle.
Nous, citoyennes et citoyens de toutes opinions, de toutes origines, de toutes confessions, de tous âges, genres et professions, réclamons la création d’une commission indépendante, placée sous l’autorité de la CNCDH, qui reçoive les doléances des victimes, écoute toutes les personnes et organisations concernées et fasse des propositions qui permettent de renouer le lien entre les forces de l’ordre et la population et de combattre les violences et le racisme.
Le président de la République a récemment réitéré le vœu de faire prendre à la nation éprouvée par la crise sanitaire un nouveau départ. Ce renouveau ne se fera pas sans qu’on apure de notre présent les discriminations raciales et la violence qui les accompagne. Il ne se fera pas sans tous les citoyens. Il a besoin de vérité et de justice.

A l’initiative de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et signé par plusieurs personnalités :
Estellia Araez présidente du Syndicat des avocats de France (Saf) ;
Etienne Balibar, philosophe ;
Mamoudou Bassoum, champion d’Europe de taekwondo, Gilet jaune ;
Lassana Bathily, écrivain franco-malien ;
Judith Bernard, metteuse en scène et enseignante ;
Patrick Chamoiseau, écrivain ;
Monique Chemillier-Gendreau, professeur émérite à l’Université Paris Diderot ;
Vanessa Codaccioni, sociologue ;
Annick Coupé, militante altermondialiste ;
Laurence De Cock, historienne et essayiste ;
Didier Fassin, anthropologue et médecin ;
Eric Fassin, sociologue ;
Nora Hamadi, journaliste ;
Stéphanie Hennette-Vauchez, professeure de droit public ;
Cédric Herrou, Communauté paysanne Emmaüs Roya ;
Geneviève Jacques, ancienne présidente de La Cimade ;
Leslie Kaplan, écrivain ;
Henri Leclerc, avocat, président d’honneur de la LDH ;
Geneviève Legay, militante altermondialiste ;
Eléonore Luhaka, éducatrice et actrice sociale ;
Maryam Madjidi, écrivaine, réfugiée iranienne ;
Gustave Massiah, membre du comité international du Forum social mondial ;
Fatima Mostefaoui, porte-parole de « Femmes des quartiers populaires » ;
Laurent Mucchielli, sociologue (CNRS) ;
Latifa Oulkhouir, directrice du Bondyblog ;
Gilles Porte, cinéaste ;
Judith Revel, philosophe ;
Sébastian Roché, directeur de recherche au CNRS ;
Joël Roman, président de la Ligue de l’enseignement ;
Malik Salemkour, président de la LDH ;
Laurent Thines, neuro-chirurgien ;
Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac, enseignante chercheuse ;
Maryse Tripier, sociologue de l’immigration ;
Françoise Vergès, militante féministe antiraciste ;
Comité Adama Traoré ;
Catherine Wihtol de Wenden, politologue CNRS ;
Et plusieurs organisations :
Action droits des musulmans (ADM), Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association des jeunes Chinois de France (AJCF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac), Avec nous, Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), Collectif Vies volées, Comité national de liaison des régies de quartier (CNLRQ), Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Comité pour Liu Shaoyao, Comité vérité et justice pour Lamine Dieng, Confédération générale du travail (CGT), Conseil représentatif des institutions noires de France (Cran), Coordination nationale Pas sans Nous !, Emmaüs France, Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et Gens du voyage (Fnasat-Gens du voyage), Fédération syndicale unitaire (FSU), Femmes des quartiers populaires, Fondation Copernic, Fondation Danielle Mitterrand, Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), Jeunesse au plein air (JPA), Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc), La Cimade, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Mémorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), Réseau euro-maghrébin citoyenneté et culture (REMCC), Union juive française pour la paix (UJFP), Union nationale des étudiants de France (Unef), Union nationale lycéenne (UNL), Union syndicale Solidaires, Solidarité laïque, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat national des personnels de l’éducation et du social – Protection judiciaire de la jeunesse (SNPES-PJJ/FSU).
https://www.ldh-france.org/verite-et-justice/