Soutien aux résidents du foyer Siqueiros
Des droits pour les résidents des foyers de travailleurs migrants
Alors que la transformation des foyers en résidence sociale par des démolitions suivies de
reconstruction se poursuit, il est temps que ces projets améliorent les droits des travailleurs
migrants.
La France a développé depuis les années 1930 des foyers pour les ouvriers célibataires venus
des colonies travaillant principalement dans l’industrie. Dès les années 1960, les organismes
gestionnaires partageaient une gestion paternaliste et infantilisante. Les règlements intérieurs
et les pratiques de gestion de ces foyers sont encore aujourd’hui structurellement maltraitants
et contraires au droit au logement et au droit à la vie privée et familiale, protégée par la
Convention Européenne des Droits de l’Homme. Les résidents de ces foyers ne bénéficient
pas des mêmes droits que des locataires. Les gestionnaires ne mettent à disposition qu’une
seule clef de leur chambre aux résidents et autorisent les gardiens et prestataires à entrer
sans préavis. Les règlements interdisent les visites d’amis et de membres de la famille. Les
chambres mesuraient environ 9 m² pour la plupart. Les résidents âgés qui font des allers-
retours entre le pays d’origine et la France, pour leur santé ou voir leur famille, sont les
premières victimes d’expulsions de ces foyers. Les surnuméraires occupant certaines
chambres de titulaires décédés et payant les redevances n’ont aucun droit. Les salles
polyvalentes ne sont plus accessibles. Depuis une vingtaine d’années, la transformation en
résidence sociale apporte des chambres plus spacieuses mais souvent en proportion moindre
que les besoins et ne propose pas d’amélioration des droits.
A Saint-Denis, la section de la LDH apporte son soutien aux résidents du foyer du gestionnaire
Adoma de la rue Siqueiros, près de l’université, qui sont en lutte pour que le projet de
transformation soit l’occasion :
- de reloger sur place tous les résidents, y compris les surnuméraires ne bénéficiant pas
de contrat, en prévoyant davantage que 198 chambres (alors que le foyer en comptait 304), - de fournir deux clefs et deux badges à chaque résident signataire d’un contrat,
- d’accepter la présence d’aidants pour les résidents âgés en perte d’autonomie,
- de bénéficier de contrat, pour les résidents surnuméraires qui ont payé la redevance
d’occupation, - d’une maintenance, d’un entretien et d’une astreinte de meilleure qualité,
- de signer une convention pour utiliser les salles polyvalentes,
- de conserver leur place de stationnement aux véhicules indispensables à leur travail,
Comme la LDH l’avait déjà demandé en 2022, la section LDH de Saint-Denis Plaine Commune
demande aux parlementaires de prévoir que les résidents aient les mêmes droits que les
locataires, les mêmes droits à la dignité, au logement, et à la santé en particulier.
Le bureau de la section
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