Catégorie : A la une

Mobilisations lycéennes en Seine-Saint-Denis: Face aux revendications légitimes des lycéen.ne.s, l’escalade répressive doit cesser

Depuis plusieurs semaines de mobilisation, les remontées des personnels d’éducation, des parents, des
associations et des équipes syndicales font état d’une multiplication des interventions policières, des
interpellations et des placements en garde à vue de lycéennes et de lycéens mobilisé·es dans plusieurs
villes de Seine-Saint-Denis.
Des interpellations et des gardes à vue – ainsi que des conditions particulièrement dégradantes et
humiliantes de détention pour certain·es élèves – nous sont signalées au Raincy, à Gagny, à
Aubervilliers, à Bondy ainsi qu’à Pantin. Des tensions et des arrestations sont également rapportées à
Saint Denis, Bagnolet, Montreuil, Noisy le Grand et à Épinay-sur-Seine. Nous avons aussi été alerté·es
sur des déferrements de jeunes – pour la plupart mineur·es – au tribunal de Bobigny.
À La Courneuve, une intersyndicale d’établissement rapporte que cinq élèves ont été placé·es en garde
à vue en moins de deux semaines. À deux reprises, des élèves ont été interpellé·es sur le chemin du
lycée. Une lycéenne a également été interpellée à son domicile, après un blocus, puis placée en garde à
vue.
A Saint-Denis, un lycéen a été convoqué dans le bureau du chef d’établissement de son lycée pour y
subir une arrestation violente par la BAC, dont les membres s’en sont pris physiquement aux
personnels éducatifs présent·es.
À Saint-Denis également, un élève de lycée professionnel a été interpellé à Paris lors d’une
manifestation et aurait subi des violences policières. Déféré en comparution immédiate, ce jeune,
titulaire d’une carte de séjour italienne, suscite de vives inquiétudes quant aux conséquences de ces
procédures sur sa situation administrative.
A Aubervilliers, la répression est particulièrement marquée contre les élèves du lycée professionnel
Jean-Pierre Timbaud. De nombreux élèves ont été interpellé·es et placé·es en garde à vue de quelques
heures à 48h. Certain·es ont subi des violences policières. 3 élèves mineur·es ont été déférés au
tribunal de Bobigny. La direction et d’autres personnels de l’établissement ont porté plainte contre des
élèves mineur·es et quatre d’entre elles et eux passeront en conseil de discipline. Autre façon de les
réprimer.
A Bondy, des lycéens ont été tabassés lors de leur garde-à-vue.
A Noisy-le-Grand, un lycéen a été gazé au visage à en faire une crise d’épilepsie puis a été trainé dans
des escaliers.
Ce sont plusieurs centaines d’élèves qui se trouvent confronté·es à des arrestations et méthodes de
maintien de l’ordre particulièrement violentes alors même qu’ils et elles ne font que revendiquer des
conditions d’études dignes.
Nous dénonçons ces méthodes d’intimidation et cette escalade répressive : interpellations sur le trajet
du lycée, arrestations à domicile, multiplication des gardes à vue, propos racistes, sexistes et
discriminatoires. Ces pratiques installent un climat de peur parmi les jeunes, leurs familles et les
personnels de l’éducation. A l’inverse de tout dialogue, elles cherchent à dissuader les lycéennes et les
lycéens de se mobiliser, ce qui est un de leurs droits les plus fondamentaux.
La jeunesse des quartiers populaires est pleinement légitime à revendiquer l’égalité, le respect et des
moyens pour l’école à la hauteur de ses besoins. Confrontée aux inégalités sociales, territoriales et
scolaires, elle a toute sa place dans le débat public. Réclamer de meilleures conditions d’études et un
égal accès à l’éducation est un combat juste, qui engage l’avenir de toutes et tous.
Cette jeunesse doit être écoutée et soutenue. Elle ne saurait être traitée comme une menace pour la
société/pour l’ordre public lorsqu’elle s’organise pour défendre ses droits. Nous refusons que la
répression et les violences policières tiennent lieu de réponse aux revendications sociales et scolaires
dans les quartiers populaires.
Nous demandons :

  • la fin des intimidations et des interventions policières à l’encontre des élèves ;
  • la libération des lycéennes et des lycéens encore retenu·es en raison de leur participation aux
    mobilisations ;
  • le respect des droits de tou·tes les jeunes interpellé·es ;
  • des réponses concrètes aux revendications des élèves pour l’égalité et de meilleures conditions
    d’études ;
  • la fin des pratiques violentes, illégales et discriminatoires des représentant·es des forces de l’ordre
    à l’encontre des élèves ;
    Après une audience de l’intersyndicale éducation la semaine dernière, pour alerter sur les violences
    policières que subissent les élèves, un courrier d’interpellation des unions départementales et
    associations des droits de l’homme exigeant la fin de la criminalisation du mouvement lycéen a été
    adressé au préfet de la Seine-Saint-Denis. Nous attendons une réponse rapide des pouvoirs publics.
    Nous réaffirmons notre soutien plein et entier aux revendications légitimes du mouvement lycéen et
    notre solidarité avec les jeunes interpellé·es, leurs familles et les équipes éducatives

Signé FSU93, CGT93, FCPE93, LDH93, Solidaires93

Commémoration d’Alfred Dreyfus et de Jules Durand

Nous avons commémoré les 120 ans de l’acquittement définitif d’Alfred Dreyfus et nous y avons joint le souvenir de Jules Durand « le Dreyfus ouvrier » mort il y a 100 ans. Cette cérémonie s’est déroulée rue du Capitaine Dreyfus à Saint-Denis en présence des 2 députés et du maire de Saint-Denis

CONTRE L’EXTRÊME-DROITE QUI S’EN PREND À UN JUGE L’ÉTAT DE DROIT DOIT GAGNER

Communiqué de la fédération de Seint-Saint-Denis de la LDH

La fédération LDH 93 apporte son soutien au juge Youssef Badr et à ses collègues du tribunal judiciaire de Bobigny dont la formation collégiale, le 18 juin, a condamné à six mois de prison avec sursis et à 15 000 euros d’amende Erik Tegnér, fondateur du média d’extrême droite Frontières.

En harcelant ce juge par des attaques racistes et des menaces sur les réseaux sociaux, en divulguant son adresse personnelle, l’extrême-droite montre sa haine, sa détestation de la justice, de l’Etat de droit, de la République et de tous les dispositifs d’émancipation et d’égalité devant la loi.

Le recours à une justice indépendante et impartiale reste efficace face aux idéologues de la constellation réactionnaire. La justice a ainsi condamné à raison cet individu qui avait fait publier les adresses personnelles d’une soixantaine d’avocat-e-s spécialisés en droit des étrangers, et par là permis l’intimidation mafieuse envers ces professionnels du droit et les étrangers accompagnés.

La fédération LDH 93 rappelle que le racisme n’est pas une opinion mais un délit et appelle les pouvoirs publics à mettre à disposition les moyens adéquats pour faire cesser ces menaces envers l’Etat de droit.

Saint-Denis, le 25 juin 2026

HALTE AUX PROVOCATIONS RACISTES À SAINT-DENIS

La Fédération LDH 93 et la Section LDH de Saint-Denis Plaine Commune condamnent avec la plus
grande vigueur l’installation d’une banderole à caractère raciste portant le mot « remigration » sur
la Basilique de Saint-Denis le jeudi 11 juin au matin.
Elles rappellent que le racisme n’est pas une opinion mais un délit.
Elles dénoncent la provocation lâche et insupportable d’individus xénophobes qui, après avoir
pénétré par effraction sur le chantier de la basilique, ont, par cette banderole, incité à la haine et à
la violence et ainsi insulté les habitant-e-s vivant et travaillant depuis des générations sur le territoire
tant de la ville de Saint-Denis que du département de Seine-Saint-Denis.
Ce terme abject de « remigration » vise des personnes qui, bien souvent, ont construit les
infrastructures et équipements publics, les bâtiments dans lesquels nous vivons et travaillons
ensemble.
De même, bien souvent, ce sont ces personnes qui étaient présentes pour apporter leur
dévouement pendant les périodes de confinement.
En agitant un tel mot d’ordre, ce groupuscule refuse de voir ce qu’est la France aujourd’hui, enrichie
de migrations et de métissages.
Face aux attaques contre le droit d’asile et les personnes migrantes, refusons que l’Union
Européenne soit une forteresse et la Méditerranée un cimetière et continuons à faire de la France,
et de la Seine-Saint-Denis en particulier, une terre d’accueil, une terre d’avenir.

  • Oui à un accès aux droits inconditionnel pour toutes les personnes migrantes, à l’instar de ce qu’il
    devrait être pour toutes et tous ;
  • Oui à des conditions d’accueil dignes pour toutes les personnes migrantes, et ce sans privation de
    liberté (logement, accès aux soins, accompagnement administratif, scolarisation, accès à l’emploi) ;
  • Oui à un service public de l’asile à hauteur des besoins de protection et complètement indépendant
    de toute influence extérieure.
    La LDH réaffirme son engagement pour l’égalité des droits et son attachement aux valeurs de la
    République et à l’Etat de droit qui permettent aux habitant-e-s de vivre ensemble.
    Elle envisage de porter plainte contre les auteurs de cette action.
    Saint-Denis le 15 juin 2026

Saint-Denis / Pierrefitte Stop aux attaques racistes



Depuis l’élection d’une nouvelle équipe municipale à Saint-Denis-Pierrefitte, les attaques racistes portées principalement par l’extrême-droite se multiplient dans des médias et sur les réseaux sociaux.

Cette charge vise non seulement le maire, Bally Bagayoko, l’ensemble de son équipe mais aussi les habitant.e.s et travailleuses et travailleurs de Saint Denis et Pierrefitte. Ces discours récurrents et délétères portent une vision haineuse de nos villes et de nos quartiers.

Nos organisations et collectifs dénoncent ces discours qui servent à justifier les inégalités, les violences institutionnelles, sociales, environnementales actuelles et à venir. 

Nous continuerons d’agir et de lutter ensemble au quotidien dans notre «ville monde» pour la défense des droits humains, la justice sociale et environnementale, l’égalité de toutes et tous.

Nous appelons à rejoindre massivement 
le rassemblement contre le racisme, les discriminations et la haine de l’autre 
samedi 4 avril à 14h devant la mairie

Signataires : Association des Marocains en France, Association silence elles parlent, Attac93 Ouest, CFDT Saint-Denis, CGT des Territoriaux de Saint-Denis – Pierrefitte, CNL Saint-Denis, Collectif Haguette, Collectif stop violences policières à Saint-Denis, comité de Saint-Denis du Secours Populaire, Coordination des foyers de plaine commune et Pantin,  COPAF collectif pour l’ avenir des foyers, DAL Saint-Denis – Plaine Commune, Ensemble Vivre Travailler et Coopérer (EVTC),  Fcpe Saint-Denis- Pierrefitte,  FSU Saint-Denis, Section LDH Saint Denis Plaine Commune, MRAP Saint-Denis,  NoustouStes 93 antiraciste, Plaine de femmes, Sonjé association, SOS racisme 93, Union locale CGT Saint-Denis, Union locale FO Saint-Denis, Union locale SUD Solidaires Saint-Denis…

De la ville des rois à la ville des noirs, itinéraire raciste d’une fausse information

Communiqué LDH

« La ville des noirs et du peuple vivant » : cette fausse citation attribuée par Messieurs Messiah, Collard, Camus au nouveau maire de la ville de Saint-Denis, a été relayée bien au-delà des sphères d’extrême droite sur des plateaux d’information par des journalistes, sans vérification en dépit d’une manipulation aussi grossière. M. Bally Bagayoko avait en réalité repris une formule connue à propos de Saint-Denis : « la ville des rois et du peuple vivant », la basilique étant une nécropole royale. Comment est-ce possible ?

Ne pas vérifier une telle phrase résulte a minima de deux mécaniques : d’une part, la confiance dans la source et, d’autre part, la crédibilité de « l’information ». La croyance en son authenticité est révélatrice du préjugé qui consiste à enfermer les personnes racisées des quartiers populaires dans un cliché communautariste et revendicateur. Ses effets sont graves : une fake news laisse une trace, un stigmate. Le jour où celles et ceux qui l’ont relayé s’en excusent, il est déjà trop tard. Ce qui est en jeu n’est plus le combat de la vérité contre le mensonge, mais l’intérêt qui s’attache à leur différenciation.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) s’inquiète qu’une fausse information dont le caractère raciste aurait dû être soupçonné, imposant une vérification immédiate, puisse être relayée non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi sur des chaînes publiques, par des journalistes soumis à une déontologie professionnelle. A cet égard, la LDH saisit l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique).

Elle exprime toute sa solidarité envers le maire de Saint-Denis, victime dès son élection d’une campagne raciste dont les médias, au lieu de s’en faire le relais, auraient dû faire le décryptage.

La confiance aveugle dans certains tweets, comme la pauvreté des réactions d’indignation sur cette séquence irrationnelle, témoignent un peu plus de la banalisation d’un racisme ordinaire. La LDH apporte tout son soutien à celles et ceux qui subissent chaque jour, la violence raciste, l’humiliation, et les foudres des fantasmes de l’idéologie d’extrême droite, non pour ce qu’ils disent réellement, mais pour ce qu’ils sont.

Paris, le 23 mars 2026

Soutien aux résidents du foyer Siqueiros

Des droits pour les résidents des foyers de travailleurs migrants
Alors que la transformation des foyers en résidence sociale par des démolitions suivies de
reconstruction se poursuit, il est temps que ces projets améliorent les droits des travailleurs
migrants.
La France a développé depuis les années 1930 des foyers pour les ouvriers célibataires venus
des colonies travaillant principalement dans l’industrie. Dès les années 1960, les organismes
gestionnaires partageaient une gestion paternaliste et infantilisante. Les règlements intérieurs
et les pratiques de gestion de ces foyers sont encore aujourd’hui structurellement maltraitants
et contraires au droit au logement et au droit à la vie privée et familiale, protégée par la
Convention Européenne des Droits de l’Homme. Les résidents de ces foyers ne bénéficient
pas des mêmes droits que des locataires. Les gestionnaires ne mettent à disposition qu’une
seule clef de leur chambre aux résidents et autorisent les gardiens et prestataires à entrer
sans préavis. Les règlements interdisent les visites d’amis et de membres de la famille. Les
chambres mesuraient environ 9 m² pour la plupart. Les résidents âgés qui font des allers-
retours entre le pays d’origine et la France, pour leur santé ou voir leur famille, sont les
premières victimes d’expulsions de ces foyers. Les surnuméraires occupant certaines
chambres de titulaires décédés et payant les redevances n’ont aucun droit. Les salles
polyvalentes ne sont plus accessibles. Depuis une vingtaine d’années, la transformation en
résidence sociale apporte des chambres plus spacieuses mais souvent en proportion moindre
que les besoins et ne propose pas d’amélioration des droits.
A Saint-Denis, la section de la LDH apporte son soutien aux résidents du foyer du gestionnaire
Adoma de la rue Siqueiros, près de l’université, qui sont en lutte pour que le projet de
transformation soit l’occasion :

  • de reloger sur place tous les résidents, y compris les surnuméraires ne bénéficiant pas
    de contrat, en prévoyant davantage que 198 chambres (alors que le foyer en comptait 304),
  • de fournir deux clefs et deux badges à chaque résident signataire d’un contrat,
  • d’accepter la présence d’aidants pour les résidents âgés en perte d’autonomie,
  • de bénéficier de contrat, pour les résidents surnuméraires qui ont payé la redevance
    d’occupation,
  • d’une maintenance, d’un entretien et d’une astreinte de meilleure qualité,
  • de signer une convention pour utiliser les salles polyvalentes,
  • de conserver leur place de stationnement aux véhicules indispensables à leur travail,
    Comme la LDH l’avait déjà demandé en 2022, la section LDH de Saint-Denis Plaine Commune
    demande aux parlementaires de prévoir que les résidents aient les mêmes droits que les
    locataires, les mêmes droits à la dignité, au logement, et à la santé en particulier.
    Le bureau de la section

15 janvier débat: Libertés dans l’espace public

L’espace public est notre bien commun.
C’est là que nos libertés fondamentales doivent pouvoir pleinement s’exercer, dans le respect des droits d’autrui et des règles de la vie en société.
Le droit de circuler dans l’espace public, le droit de s’y rassembler, le droit de s’y sentir en sécurité, le droit à l’égalité d’accès sans aucune discrimination, le respect de ces droits par chacune et chacun, le rôle des forces de l’ordre pour garantir nos droits et libertés…
Autant d’enjeux de notre quotidien sur lesquels nous souhaitons que toutes et tous puissent s’exprimer.
Aussi, nous vous proposons de venir en débattre en compagnie d’intervenantes et de candidats aux prochaines élections municipales.


Jeudi 15 janvier 2026 à 19h
Bourse du travail
Salle Louise MICHEL
11, rue GÉNIN 93200 Saint-Denis

Soutien aux membres du collectif Stop Violences Policières à Saint-Denis après l’incident survenu le 26 novembre 2025 à la Porte de Paris

La section a publié le communiqué suivant:

La section de Saint-Denis Plaine Commune de la Ligue des droits de l’Homme apporte son soutien aux membres du collectif Stop Violences Policières à Saint-Denis qui ont été pris à partie par des policiers municipaux et nationaux à la Porte de Paris le 26 novembre dernier.

Ces militants assuraient paisiblement un point d’information citoyenne et n’ont tenu, ni par écrit, ni par oral, aucun propos agressif ou insultant envers la police ou ses agents.

En revanche, certains policiers présents sur place ont eu des paroles et attitudes déplacées, voire menaçantes, notamment à l’endroit d’un journaliste.

De même, le relevé des pièces d’identité des militants puis la transmission de celles-ci via des boucles d’information non-officielles constitue une nouvelle dérive, inacceptable de la part d’agents tenus de respecter les procédures légales.

Notre section rappelle qu’elle n’est hostile ni à l’institution policière, ni à ses agents mais qu’elle veille à ce que les lois soient respectées par ceux qui, précisément, doivent être garants de l’ordre public et des libertés individuelles.

Il est à noter que ces faits se sont produits quelques jours après l’envoi à Monsieur le Maire de Saint-Denis d’une lettre ouverte rappelant nos attentes quant à l’attitude du personnel de la police municipale et à la transparence de son action.

Les interrogations exprimées dans son communiqué par le collectif « Stop Violences Policières à Saint-Denis », qui vont dans le même sens que nos demandes, doivent trouver une réponse de la part des autorités de tutelle des policiers impliqués dans cet épisode aussi déplorable qu’inquiétant.

Saint-Denis, le 4 décembre 2025

Lettre ouverte au maire de Saint-Denis à propos de la police municipale

À la suite de plusieurs témoignages mettant en cause certaines pratiques de la police municipale nous avons envoyé la lettre ouverte suivante au maire de Saint-Denis:

Monsieur le Maire,

Par la présente, nous faisons suite à notre entretien du 27 novembre 2024 avec Mme Badufle et votre directeur de cabinet concernant votre politique de prévention et de sécurité.

Depuis cet entretien, nous constatons, au travers des témoignages que nous avons recueillis ou qui nous parviennent spontanément, que certaines pratiques de la police municipale de Saint-Denis nuisent à la confiance entre les citoyennes et citoyens et l’autorité municipale. Plusieurs témoignages fiables illustrent des humiliations et violences subies par des habitants et des salariés : tutoiements, insultes, mises au sol étouffantes, inhalation de gaz toxiques, tirs de flash-balls, mises en fourrière arbitraires de véhicules. De plus, certains policiers municipaux s’arrogent le droit de procéder à des contrôles d’identité, illégaux, et que leur contexte ne démontre aucune nécessité.

Dans ces conditions, vous comprendrez que nous privilégions le format d’une lettre ouverte.

Le rôle d’une police municipale n’est pas d’organiser la violence légitime, contrairement à ce que nous a affirmé votre directeur de cabinet lors de notre entretien, et sa violence ne peut pas être acceptée si elle n’est fondée ni en droit ni avec graduation et évaluation des risques, c’est-à-dire après constat direct et certain d’un crime ou délit, pour mener la personne présumée à un officier de police judiciaire. Nous rappelons donc que le pouvoir de police du maire ne s’exerce que de manière nécessaire, adaptée et proportionnée.

Nous redisons donc l’urgence :

  • que les agents de police municipale, qui ont un devoir d’exemplarité, cessent toute violence corporelle et verbale illégale, et mettent en pratique l’évaluation des risques, et la désescalade, et si nécessaire, bénéficient de formations régulières à ce sujet.
  • de veiller à l’attribution rapide d’un numéro de référentiel et des organisations (RIO) à chaque agent de la police municipale en tenue dans l’espace public et à veiller à son port obligatoire.
  • de faire délibérer le Conseil Municipal sur le règlement intérieur de la police municipale.

Etant donné la répétition des alertes, nous saisissons le Défenseur des Droits pour qu’un examen de la police municipale soit engagé.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, à l’expression de notre considération citoyenne.