Lettre aux parlementaires des Yvelines

Réforme de la Constitution sur l’état d’urgence et la déchéance de la nationalité
Interpellation des parlementaires des Yvelines

Fédération des Yvelines

Madame et Messieurs les députés des Yvelines,
Mesdames et Messieurs les sénateurs des Yvelines,

Dans les prochains jours ou semaines, vous allez être amenés à voter le projet de loi visant à modifier notre Constitution, garante de nos libertés fondamentales. Ce projet vise à y introduire le principe de l’état d’urgence et la déchéance de nationalité. Vous serez également amenés à voter une nouvelle prolongation de l’état d’urgence, proposée par le gouvernement. Nous, membres de la « Ligue des Droits de l’Homme », en conscience, vous demandons solennellement de voter contre le projet de loi constitutionnelle et contre la prolongation de l’état d’urgence.

Inutile au regard des objectifs annoncés, le projet de révision de notre Constitution porte en lui un véritable danger pour notre République et toutes les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui l’animent.

En constitutionnalisant l’arbitraire et les atteintes aux libertés fondamentales, et en introduisant l’inégalité de traitement entre les Français en raison de leur origine, ce projet de loi ouvrirait une brèche profonde dans notre Constitution qu’il sera alors bien difficile de refermer. Les alertes émises par la « Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme », au sujet de la révision constitutionnelle, et par l’ONU, qui appelle la France à ne pas prolonger l’état d’urgence, estimant qu’il impose des « restrictions excessives et disproportionnées sur les libertés fondamentales », sont à ce titre édifiantes. Nous en appelons à votre responsabilité républicaine et vous demandons d’être à la hauteur des enjeux.

Nous sommes bien conscients du traumatisme provoqué par les attentats sur nos concitoyens, conscients aussi du besoin de sécurité, mais ni la réforme constitutionnelle ni la prolongation de l’état d’urgence n’apporteront de solution à ce besoin.

En espérant que notre contribution saura retenir votre attention, nous vous prions d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’assurance de nos sentiments respectueux et dévoués à la cause des droits de l’Homme.

Pierre Déjean
président de la fédération
yvelines@ldh-france.org

La lettre en pdf

 

13 novembre 2015, Communiqués

Communiqué de la section LDH Conflans Andrésy Chanteloup, Maurecourt.

L’abominable horreur de la haine et du goût de la mort a encore assassiné à Paris. Ils ont fait un carnage de guerre. Ce ne sont pas seulement Paris et la France qui sont meurtries, c’est l’Humanité qui saigne. Nous devons y faire face, Ensemble.
Il va y avoir la fermeté de l’Etat. Elle est inévitable. Elle est nécessaire. Elle est légitime. Elle doit être limitée dans le temps, mesurée et s’exercer dans le strict respect du droit, sans aucune désignation et stigmatisation de qui que ce soit.12239675_10153113439825443_6281160671046359580_n
Il va y falloir aussi notre volonté commune, indéfectible pour défendre notre démocratie, pour faire société tous ensemble, pour contribuer, sans jamais renoncer, à construire l’Humanité, « cette Humanité qui n’existe pas encore ou si peu » disait Jaurès.

 

Communiqué National de la LDH: « Ils ne gagneront pas « 

L’assassinat de plus de 120 personnes à Paris dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015 restera comme un des pires outrages infligé aux habitants de ce pays. Ces actes provoquent horreur et révolte.
C’est d’abord aux victimes et à leurs familles que la LDH pense en toute solidarité et avec émotion.
Parce que notre démocratie a le droit et le devoir de se défendre, l’adoption de mesures exceptionnelles peut répondre à l’urgence du moment.
Ces mesures qui s’ajoutent aux possibilités déjà très larges ouvertes par la législation antiterroriste ne peuvent être appliquées que pour une période limitée et doivent l’être sans aucune stigmatisation. C’est ensemble, tous ensemble, que nous devons répondre à l’immense défi qui nous est lancé. C’est par une réaction citoyenne que nous devons réaffirmer notre volonté de vivre ensemble et de protéger notre démocratie et nos libertés parce que nous refusons la peur et parce que les assassins ne gagneront pas.