Les tas d’urgence en droits de l’Homme sont d’annuler la camisole d’austérité, la chape de mal-être chronique qu’imposent le capitalisme néolibéral et ces rentiers minoritaires, au plan européen et mondial, laminant au passage le bonheur au travail

“Il n’y a pas d’ordre sans justice et l’ordre idéal des peuples réside dans le bonheur.” De Albert Camus

 L’émotion est essentielle dans le travail, dans la combativité, et la capacité à faire face à la vie. L’intelligence émotionnelle nous amène à nous centrer sur des choses fondamentales et durables.

Le facteur majeur de la réduction de l’intelligence au quotidien est le mal-être, limitant l’accès au cortex préfrontal. Dans beaucoup de situations, le stress chronique psychologique diminue les capacités cognitives. Il faut essayer en tout temps de garder son calme malgré les difficultés des situations, des pressions de l’environnement.

Au contraire, le stress créatif de courtes durées, liées à la motivation au travail, en la cité, en famille, vont être impactés par le sens, la finalité de notre mieux vivre ensemble. Ces deux facteurs ont donc un rôle déterminant dans notre capacité à faire ou à ne pas faire. L’intelligence émotionnelle, comportementale et sociale ne se révèle pas de la même façon en fonction des circonstances. L’engagement à long terme, les relations de confiance, ainsi que les passions qui nous font faire des choses créent du bonheur dans la mesure où nos horizons ne sont pas barrés par une chape de plomb en austérité martelée, en stress chronique de burn-out orchestré : des mises en scène par l’oligarchie dominante ;  leur  seul credo étant d’un toujours plus de Rentes-Habilité pour la très petite minorité et leurs multiples paradis : fiscaux, d’entre-soi, de justice alambiquée,  de pantouflage, d’occupations croisées de postes stratégiques, de médecine personnalisée.

La menace que font peser les paradis fiscaux et les pratiques des multinationales sur les démocraties est réelle, car elle remet fondamentalement en cause la souveraineté et la capacité d’agir des citoyens. Aux fragiles, l’austérité. Aux 1 % les plus aisés, les richesses et le pouvoir de décision. Nous avons le devoir d’agir, et une large union citoyenne et politique est nécessaire pour mettre fin à ce hold-up financier et démocratique qui représente un manque à gagner de près de 1 000 milliards dollars pour les Etats. C’est un problème de niveau mondial. Réguler au niveau européen ne sera pas suffisant. L’Europe devra faire bouger les lignes au niveau mondial pour que les entreprises n’aillent pas se loger ailleurs, au Delaware, à Singapour ou à Doha.

En consultant les statistiques de la Banque des règlements internationaux, on s’aperçoit que les flux financiers en provenance ou en direction des paradis fiscaux n’ont jamais cessé d’augmenter. La régulation anti blanchiment déjà en place aux Etats-Unis et en Europe n’empêche pas la compétition actuellement à l’œuvre à l’échelle internationale pour gérer ces énormes masses troubles de dollars ou d’euros. Ce qui rend la lutte difficile, c’est la coalition d’intérêts entre des individus riches qui veulent cacher une partie de leur fortune, des partis politiques qui ont besoin de fonds occultes pour leurs campagnes électorales et les multinationales qui souhaitent pouvoir créer des filiales fictives à leur guise afin de réduire l’impôt au minimum.

Le recul est en marche forcé sous le joug d’une doctrine libérale omniprésente ; les fractures s’officialisent. Il semble bien se dessiner deux justices, deux mondes du travail  dont le plus imposant par la masse  sera  la nasse qu’en d’autre temps on appelait « L’esclavage »…. “Si l’homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout.”…Disait encore Albert Camus.

 

Nos Vœux pour 2017, serait d’observer  la table des dix commandements en pays réellement  démocratique :

1)- Désobéir à l’Europe de la finance : l’austérité et le temps court  ne font que le jeu de la minorité des plus riches. Respecter les consultations référendaires ; redonner du temps à la gouvernance planifiée ; formater le futur proche librement ouvert à nos jeunes, seraient des minimums à tenir pour se sortir de l’impasse du  toujours plus de profit, de la croissance infini dans un monde fini ne menant qu’à la désertification.

2)- Engager, encourager  la mobilisation de tous les électeurs, y compris les étrangers intégrés, par des consultations référendaires en cours de mandats à fin de redonner du sens, réajuster le jeu démocratique, faciliter  la prise d’initiatives et de responsabilités. Engager la mobilisation en recherche, éducation, santé  et créneaux stratégiques, sous efficience et contrôle public.

3)- Engager un audit de la dette avec l’implication citoyenne. L’audit peut  être simultané à la suspension des remboursements de la dette, en tenant compte de la situation spécifique du pays. Redonnons du moteur à la créativité  plutôt que du frein de comptabilité.

4)- Engager le contrôle strict et l’imposition des mouvements de capitaux au-dessus d’un montant supérieur aux  mouvements en  aides  familiales. Soyons ferme avec les multinationales françaises comme étrangères, il ne peut pas y avoir un arbitrage au-dessus de nos lois et justice. Seul ou avec l’Europe des droits, il ne peut y avoir de secret d’affaires ; il ne peut pas y avoir de tribunal du  capitalisme ;  imposons aux  entreprises, aux multinationales,  la légalité formelle et matériel  du pays, dans le respect total de l’humanité, de notre planète.

5)- Socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. A savoir,  décréter un monopole public  pour les banques et les assurances : un rendu service public dont les pouvoirs de contrôle, de régulation, de pénalisation  soient hautement efficients et citoyens. Engager la transition écologique quant à la production et distribution de l’énergie, quant à la production et distribution alimentaire.

6)- Engager une monnaie complémentaire non convertible pour une sortie ou un maintien dans la zone euro. Une monnaie d’échange invariable pour le marché intérieur des services non soumise à la politique de la Banque Centrale Européenne,  en allégeant la charge des petites entreprises en services à la collectivité.

7)- Réformer radicalement  la fiscalité. Supprimer la TVA sur les biens et les services de consommations et de soins de base tels que nourriture, électricité, eau, produits et soins de santé, produits et travaux au logement. Par contre,  augmenter la TVA sur d’autres produits : alcool, tabac, jeux, produits de luxe…. Rééquilibrer les impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus d’un niveau certain par de l’impôt progressif relié à un engagement citoyen et écologique.

8)- Dé privatiser les secteurs stratégiques. Racheter pour un euro symbolique les entreprises privatisées. Racheter les entreprises prospérant que de l’octroi public sans réel investissement sur place en ressource humaine. Changeons les modes de recrutement,  la gouvernance élitiste et le pantouflage spécifique à la haute fonction publique.

9)- Remettre la finance au service des entreprises et de la cité. Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Inclure la formation continue à tout échelon,  abroger les lois antisociales, rééquilibrer le vivre-ensemble en entreprise et dans la cité  pour  l’expansion raisonnablement humaine, dans le cadre mondial fini. Freiner l’accélération, la fuite du temps, le burn-out devenu épidémie. Donner, accompagner et transformer le travail à ne plus perdre la vie à la gagner.

 

10)- Concevoir le processus constituant  compacté à 250 en effectifs et en 5 régions. (régions équilibrées démographiquement selon modèle poste & télécommunications) Dissoudre le parlement et le sénat  pour une assemblée constituante unique, laïque  équilibrant la diversité des Hommes, des peuples, de leurs richesses culturelle, cultuelle et professionnelle, d’un apport en mixité sans exclusion. Aucune professionnalisation, l’élu après 2 mandats courts retournera à  sa vie civile sans retirer d’avantages liés. CONTRE LES ABUS DE POUVOIR, seule une Assemblée constituante désintéressée, forcément TIRÉE AU SORT, sera capable d’écrire une bonne Constitution. Il n’y aura pas de porosité avec les élus locaux, avec la fonction publique, avec les partis politiques et avec le syndicalisme.

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Tout le reste découlera naturellement des contrôles permanents qu’une telle assemblée désintéressée instituera ; afin que  la justice économique et sociale  sera durablement équilibrée,  en ordre de marche dans un vivre-mieux-ensemble notre cité, notre pays,  notre planète.

“Il n’y a pas d’ordre sans justice et l’ordre idéal des peuples réside dans le bonheur.” De Albert Camus / Actuelles

Les dix points de la table ci-dessus s’inspirent  en partie de la conférence donnée à Bilbao le 25 septembre 2016 pour la prise de pouvoir par le peuple afin de ne pas reproduire la capitulation que nous constatons en Grèce / ldh fédé91 – R . André

Les droits des migrants ne sont pas à vendre !

Bruxelles, 18 décembre 2015 : Journée internationale des migrants

 8,6 milliards d’euros ! C’est le prix que l’Union européenne s’est engagée à verser pour que migrants et réfugiés soient maintenus au plus loin de ses frontières.

5 milliards d’euros pour que 4,4 millions de Syriens – dont nul ne doute qu’ils aient besoin de protection internationale – demeurent en Turquie, en Syrie, en Jordanie, au Liban, plutôt que d’être acheminés vers l’Europe.

3,6 milliards d’euros pour que des Africains, d’Érythrée, du Soudan, du Nigéria, du Niger, … ou des Kosovars, des Afghans, des Turcs, trouvent sur le chemin de leur voyage vers l’Europe les obstacles nécessaires pour les en détourner, pour les retenir, voire les renvoyer dans des pays dont ils voulaient fuir la violence. Pour que des pays tiers, dits « partenaires », prennent à leur charge refoulement, expulsion, voire détention de migrants que l’Union européenne ne veut pas voir arriver sur son territoire.

8,6 milliards d’euros pour que l’UE puisse garder les mains propres et épargner les sensibilités européennes qui ne veulent plus voir des migrants mourir avant d’atteindre leurs côtes.

18 mois ! C’est le temps de « rétention préventive » que le président du Conseil européen, Donald Tusk, jugerait légitime pour ceux de ces migrants qui auront quand même l’audace et le courage de traverser déserts, montagnes, mers,… pour chercher un nouvel avenir en Europe. A ceux-là dont Donald Tusk sait, a priori, qu’ils n’ont pas besoin de protection internationale, il souhaite réserver l’humiliation, l’attente, la violence morale d’un maintien en frontière.

7 pays considérés comme « sûrs » (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Kosovo, Monténégro, Serbie, Turquie) et dont les ressortissants sont soupçonnés d’abuser du système d’asile européen et de sa générosité.

0,33 %. Ce serait le nombre de nouveaux étrangers rapporté à la population totale de l’UE si tous, migrants, demandeurs d’asile, réfugiés étaient simplement acceptés par les États membres**. Ne vaudrait-il pas mieux consacrer 8,6  milliards d’euros à cette mission ?

En ce 18 décembre 2015, 25e anniversaire de la Journée internationale des migrants instaurée par les Nations Unies, l’AEDH et ses 32 organisations membres demandent à l’Union européenne et à ses États membres :

–     de cesser de penser « l’urgence migratoire » comme une atteinte à leur intégrité,

–      d’ouvrir des voies d’accès sécurisées au territoire européen en supprimant les visas de court séjour exigés de nombre de ressortissants de pays tiers

–     de se comporter en défenseurs des droits des migrants et réfugiés en application de la charte des droits fondamentaux que nos États se sont donnée et non plus en fossoyeurs de l’espoir.

 Les droits des migrants, leur liberté et leur vie ne sont pas à vendre !

Contact:

Dominique Guibert, Président
AEDH, Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme
33, rue de la Caserne. B-1000 Bruxelles
Tél : +32(0)25112100 Fax : +32(0)25113200 Email : info@aedh.eu

L’Association Européenne pour la Défense des Droits de l’Homme (AEDH) regroupe des ligues et associations de défense des droits de l’Homme des pays de l’Union Européenne. Pour en savoir plus, consultez le site http://www.aedh.eu/?lang=fr.

ldh fédé91 R André / Yvette Le Garff

.L’exemple récent « Christine Lagarde » nous montre qu’un vol de nouilles de SDF n’a rien à voir avec un viol de justice par des nouilles, 12 parlementaires et 3 magistrats de basse-cour du jugement rendu : coupable non responsable dans l’intérêt de la Nation.

Une parodie de procès, appelée aussi parodie de justice ou farce judiciaire, est une expression péjorative pour désigner un procès dont le verdict est connu d’avance. …L’exemple récent « Christine Lagarde » nous montre qu’un vol de nouilles de SDF n’a rien à voir avec un viol de justice par des nouilles, 12 parlementaires et 3 magistrats de  basse-cour du jugement rendu : coupable non responsable dans l’intérêt de la Nation.

La Cour de justice de la République a rendu ce lundi 19 décembre son jugement dans l’affaire de l’arbitrage Tapie : l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy et actuelle directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde est reconnue coupable mais reste dispensée de peine et son casier judiciaire reste vierge (!). Véritable prouesse, voire un non-sens juridique, cette sentence est définitive car il n’est pas possible de faire appel. Elle ne fait que confirmer une justice d’exception à l’égard des hauts fonctionnaires.

Alors qu’elle avait affirmé se mettre en congé durant son procès, Christine Lagarde qui risquait jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende (somme dérisoire comparée au plus de 400 millions incriminés), n’a pas daigné assister au rendu de son jugement et a préféré rentrer à Washington où siège le FMI. Il faut dire que le suspens n’était pas vraiment à son comble… Avec une Cour, dont la raison d’être est d’exempter les politiques de la justice ordinaire, il était couru d’avance qu’elle n’allait pas risquer gros. D’autant que le parquet, c’est-à-dire l’accusation dans cette affaire, s’était prononcé pour un non-lieu lors de l’instruction et avait requis la relaxe. Dans ces conditions la défense de Christine Lagarde s’avérait juste une simple formalité…

Paradoxalement, elle est pourtant bien reconnue coupable de négligence dans la gestion de l’arbitrage rendu en 2008 entre Bernard Tapie et l’ancienne banque publique Crédit lyonnais lorsqu’elle était ministre. Arbitrage qui avait extrêmement bénéficié à l’homme d’affaire français, en lui octroyant pas moins de 403 millions d’euros d’argent public – dont 45 millions au titre du préjudice moral – aux dépens des intérêts de l’État et donc des contribuables. Ce qui n’empêcha pas Christine Lagarde d’affirmer qu’elle assumait des décisions, prises « avec pour seul objectif la défense de l’intérêt général ».

Le fait qu’elle n’ait pas engagé de recours après la sentence arbitrale constituait bien une faute pénalement répréhensible et c’est pourquoi elle était jugée pour « détournement de fonds publics commis par un tiers » résultant de sa négligence. Pendant le procès, Christine Lagarde justifiait son manque d’attention vis-à-vis de cet arbitrage en invoquant la crise financière de 2008 qu’elle s’attelait alors à régler… Ce qui peut faire sourire ou bondir, lorsque l’on sait que la gestion de la crise bancaire de 2008 a été l’un des plus grands transferts d’argent public vers le secteur financier, faisant exploser la dette publique française. L’affaire Tapie n’est pas tout à fait terminé pour autant puisque l’ancien directeur de cabinet de Madame Lagarde et actuel directeur d’Orange, Stéphane Richard est, avec Bernard Tapie, mis en examen.


Confiance prolongée ?

En France, le gouvernement a aussitôt réaffirmé sa confiance en Christine Lagarde, via un communiqué du ministre de l’Économie, Michel Sapin : « Christine Lagarde exerce son mandat au FMI avec succès et le gouvernement maintient toute sa confiance en sa capacité à y exercer ses responsabilités. » Le FMI qui, en février dernier, en dépit de sa mise en examen et d’un procès en perspective, avait reconduit Christine Lagarde à la tête de l’institution pour un second mandat de cinq ans, a renouvelé de nouveau son soutien quelques heures après le verdict malgré sa condamnation. Réuni en urgence à Washington, le conseil d’administration du FMI a exprimé sa « pleine confiance » dans sa capacité à assurer ses fonctions « efficacement » et a loué son « incroyable leadership ». Rien que ça ! Premiers actionnaires du FMI, les États-Unis ont également renouvelé leur confiance et rendu hommage à une « dirigeante solide ».

La Cour de justice de la République semble, elle aussi, avoir été charmée par l’aura de Christine Lagarde, puisque dans son arrêt final elle justifie la dispense de peine en évoquant la « personnalité » et la « réputation internationale » de la directrice du FMI. Devant de tels arguments juridiques, on reste sans voix…

Alors que le FMI vante à tour de bras la « bonne gouvernance » et exige la plus grande discipline aux États qu’elle endette via ses plans d’ajustements et autres memoranda, on observe dans ses rangs des démissions successives de ses directeurs généraux sur fond de scandales à répétition : l’ancien directeur du Fonds Dominique Strauss-Kahn, contraint à la démission en mai 2011 après son arrestation pour tentative de viol à New York, et son prédécesseur, l’espagnol Rodrigo Rato, poursuivi lui aussi pour détournement de fonds, fraude fiscale, blanchiment, escroquerie, faux et usage de faux, dans l’affaire Bankia.


Une inculpée préside le FMI

En résumé, Christine Lagarde avalise le vol de 403 millions d’euros dans les caisses de l’État, et en ressort avec un casier vierge, un blason redoré et demeure à la tête d’une des institutions financières les plus puissantes au monde, puisque les statuts du FMI ne prévoient pas de démission automatique en cas de condamnation.

Pendant ce temps, Jon Palais des associations Bizi et ANV-COP21, va comparaître le 9 janvier à Dax pour avoir réquisitionné une chaise dans une agende BNP Paris afin de dénoncer les milliards d’euros que la banque participe à faire échapper au fisc ; un jeune homme est condamné à trois mois ferme à Toulouse pour avoir volé un fromage ; et enfin Ysoufou et Bagui Traoré ont écopé respectivement de six mois de prison dont trois avec sursis et huit mois de prison ferme ainsi que deux ans d’interdiction de séjour à Beaumont-sur-Oise et 7000 euros d’amende pour avoir exigé la lumière sur les causes du décès de leur frère mort sous les coups de la police.

Autant d’illustrations de l’impartialité de la justice .

Composée de 12 parlementaires et 3 magistrats, la Cour de justice de la République, cour d’exception, doit tout simplement être supprimée. Comme l’avait d’ailleurs promis François Hollande en février 2012 : « Je ferai voter une loi supprimant la Cour de Justice de la République. Les ministres doivent êtres des citoyens comme les autres. » Une promesse (comme beaucoup d’autres…) restée lettre morte et récupérée aujourd’hui par Manuel Valls, dans sa course des primaires.

Justice bousiness class, justice de classe.


Cet article a été publié sur le site de l’hebdomadaire français Politis / ldh fede91-R.André

L’Austérité n’est qu’un transvasement de la richesse vers les plus riches.

L’Austérité n’est qu’un transvasement de la richesse vers les plus riches. Le meilleur exemple est la lutte qui continue, en Grèce,  il se passe quelque chose d’important qui n’est pas relayé dans les mass-médias, ou quand ce qui circule est faux.C’est le cas à nouveau ces jours-ci.

Dans le silence des mass-médias occidentaux, la révolte gronde en Grèce et la résistance s’amplifie. Après un mois de novembre très agité et des craintes de troubles qu’auraient fait remonter les services de renseignements grecs fin novembre, les manifestations et affrontements se poursuivent en ce mois de décembre 2016, avec en points d’orgue, des émeutes dans plusieurs villes ce 6 décembre (Des affrontements ont eu lieu ces derniers jours dans une dizaine de villes, notamment à Thessalonique et surtout à Athènes), plusieurs actions de sabotage et une nouvelle grève générale ce 8 décembre amplifiée par plus d’une semaine de grève totale du trafic maritime provoquant rapidement un début de blocage de l’économie ces derniers jours.

Autre désinformation : les dirigeants européens racontent partout que la Grèce va mieux, ce qui sous-entend que l’austérité est un remède efficace contre la crise économique et sociale. Ils évoquent à la fois une baisse du chômage et une hausse de la croissance, parmi les grandes nouvelles saluées par des éditocrates.

Baisse du chômage en Grèce ? La bonne blague ! Au contraire : le chômage de longue durée (plus d’un an), celui qui n’est pas indemnisé ni pris en compte, poursuit sa hausse vertigineuse et continue de faire d’innombrables victimes. En plus, des centaines de milliers de Grecs se sont exilés, dont une majorité de jeunes qui, par conséquent, ne pointent plus en Grèce. Pour finir, ceux qui parviennent à trouver du boulot sont payés encore plus mal qu’avant. Les salaires sont en chute libre et les contrats (quand il y en a) sont précaires. On se rapproche petit à petit des emplois journaliers d’autrefois, à une époque où les ouvriers ne savaient pas si on leur donnerait du travail le lendemain. C’est beau le libéralisme.

D’où la même remarque sur la croissance : oui, c’est vrai, sur le papier, La croissance revient en Grèce, mais à quel prix ? La destruction des conquis sociaux, une précarité violente, toujours plus de drames et de situations épouvantables, des anciennes maladies qui réapparaissent, des enfants en état de malnutrition, des retraités qui ont cotisé toute leur vie et qui peinent à se loger et à se nourrir. Une croissance au prix de nombreuses expulsions et saisies de maisons particulières contre lesquelles des collectifs résistent et vont jusqu’à bloquer les tribunaux. Une croissance dopée par la grande braderie du bien commun, puisque tout est à vendre en Grèce, et par les grands travaux inutiles et nuisibles : extractivisme, plages bétonnées, complexes hôteliers insensés(Par exemple, le site d’Hellinikon à Athènes où de nombreuses initiatives autogérées sont implantées : bientôt transformé en mini Quatar pour la haute bourgeoisie sur un immense terrain acheté pour moins du dixième de sa valeur.), mutation agricole chimique et dévastatrice… Une croissance des grands portefeuilles, puisque les plus riches sont encore plus riches au détriment de tous les autres : humains, animaux, territoires. Une croissance ? Non, un pillage et une calamité.

Ces mensonges (sur les résultats de l’austérité) et ce silence (sur nos résistances) conduisent à faire croire que telle est la voie à suivre, en cas d’épreuve. Les dirigeants politiques qui, en France, ont cassé le code du travail et se préparent à faire pire, notamment contre la sécurité sociale(Voir à ce sujet l’excellent film de Gilles Perret : La Sociale), pourraient un jour se targuer : « L’austérité, il n’en faut pas trop, bien sûr, mais en remède de cheval, même dans une situation désespérée comme en Grèce, vous voyez bien que ça marche ! »

Faux. L’austérité, ça ne marche pas. Les experts qui nous administrent des saignées depuis des années, comme les médecins de Molière au XVIIe siècle, ne font que déplacer la richesse vers les mêmes mains, au détriment de toutes les autres.

Oui, je sais, Tsipras a osé déclaré le 15 décembre à Berlin : « La crise grecque appartient définitivement au passé ». Mais, allez vous encore le croire, un an et demi après sa capitulation ? Non, bien sûr, car vous savez ce qui s’est passé depuis le 13 juillet 2015 : une politique de collaboration insupportable. Tous ceux qui, en France, ont choisi de ne plus soutenir sa stratégie depuis lors et de prendre leurs distances ont bien fait. Le théâtre n’a que trop duré. Et nous le savons plus que jamais : en face, nos tyrans ne lâcheront rien, sinon quelques miettes de circonstances pour manipuler l’opinion, à grand renfort de mise en scène. Parallèlement, ils continueront à montrer du doigt des boucs-émissaires (insurgés, réfugiés, militants syndicaux, fonctionnaires…) pour essayer de détourner les regards de leurs agissements en faveur d’un pouvoir toujours plus autoritaire et d’un capitalisme encore plus violent.

Dans ce contexte de mobilisation et de convergence de luttes, nous faisons appel à vous, car l’année qui s’annonce va être cruciale.

Premièrement, nous organisons une nouvelle collecte de fournitures à destination des initiatives solidaires autogérées en Grèce qui en ont besoin (celles que nous vous avons présentées dans nos films, pour la plupart). Autrement dit, il ne s’agit pas d’actions « pour » mais « avec » la population grecque en souffrance et « avec » les réfugiés, dont la majorité fuient la guerre en Syrie.

Deuxièmement, après Ne vivons plus comme des esclaves  et Je lutte donc je suis , nous commençons à préparer un troisième film (toujours en creative commons, gratuit sur internet et à but non lucratif) qui sera également en soutien aux initiatives solidaires autogérées

Courage pour l’année à venir. Tenez bon en 2017 et comptez sur nous pour résister simultanément à l’autre bout de l’Europe.La lutte continue, en Grèce, en France et ailleurs, dans notre diversité qui fait notre richesse et notre force.

Solidairement, Yannis Youlountas / Annonce relayé par ldh91 – R.André

Nos murs quant à la Séparation menant à la Ségrégation par indifférence aux différences

Réapprendre à séparer, le projet pourrait paraître scandaleux à l’heure de la fragmentation des liens sociaux, de l’isolement et de la précarité imposée à de plus en plus nombreux groupes et individus. Mais pour autant comment pourra-t-on seulement comprendre ce qui nous arrive, ce qui s’opère et ce qui dessine sous nos yeux sans capacité à séparer les choses?

L’indifférence aux différences qui est en passe de devenir une idéologie obligée, quasiment d’Etat, n’est en rien un refus des injustices, des relégations et des discriminations.

C’est au contraire au nom de la « non séparation » que l’on refuse de voir et reconnaître la nature et la direction spécifique des violences économiques, sociales, administratives, institutionnelles et politiques.

En refusant de voir les différences, en se refusant à considérer les identités culturelles , sociales, économiques, en elles mêmes, nous nous condamnons à rester indifférents aux inégalités de plus en plus criantes; nous nous enlevons à nous mêmes toute arme intellectuelle pour nous indigner ou nous révolter.

Nous préfèrerons culpabiliser et punir les victimes des discriminations et injustices galopantes qu’ils subissent , au nom justement de cette non volonté de « séparer », de ce tous pareil.

Ceux qui travaillent au plus près de la précarité avec une véritable pédagogie rencontrent souvent de la part de collectivités ou de certains professionnels des accusations qui les sidèrent: tel nous reproche d’accueillir ensemble des pauvres et des précaires, certains nous reprochent le travail culturel et interculturel en nous accusant de constituer d’improbables ghettos.

Le plus atterrant est atteint quand ce sont des professionnels eux mêmes qui viennent nous reprocher notre capacité à travailler avec les publics les plus prioritaires et les plus difficiles d’accès, que eux mêmes ne rencontrent plus, au nom d’une idéologie du « tous pareils », aussi creuse que de bon aloi.

Ainsi ce ne seraient plus les institutions et collectivités coûteuses incapables de travailler avec les groupes et les publics qui auraient le plus besoin d’elles qui sont en tort. Et ce sont ceux qui sont le moins dotés en ressources, qui, en plus de prendre en charge les modes d’intervention les plus difficiles, devraient recevoir des leçons de morale.

Le refus de reconnaître les oppressions, les dominations, les injustices et les discriminations et en particulier le fait qu’elles n’ont rien ni d’individuel, ni d’accidentel, alimente dans la réalité la fabrication de ghettos et d’apartheid. C’est au nom de l’égalitarisme, de l’égalité des chances, et même parfois de la discrimination positive, qu’on laisse se constituer et se construire la ségrégation de masse pour la jeunesse et l’enfance.  Le refus de reconnaître les différences, le refus d’un travail social éducatif, de groupe, communautaire, aboutit dans les faits  à la stratification de la société, à la rupture du lien sociétal, et à la violence généralisée.

Célestin Freinet réclamait pour l’enfant de milieu populaire , le droit de s’éduquer au sein de son propre groupe social et d’accéder à la culture de son milieu; il entendait par là qu’il est nécessaire de se connaître soi même et collectivement pour rentrer dans la vie sociale.

A Intermèdes Robinson, nous avons une pédagogie qui s’appuie sur le nécessaire apprentissage de soi et d’un nous collectif. Chacun a à apprendre qui il est et d’où il vient, et le comprendre avec d’autres. Et pour cela il est indispensable de vivre des expériences éducatives avec ses pairs, en relation avec les autres.

Ainsi est notre pédagogie communautaire, intergénérationnelle et interculturelle.

Elle n’exclut pas mais se base au contraire sur un travail de conscience et de connaissance de sa condition et de son histoire. Puis cette pédagogie se porte alors vers des échanges, des rencontres improbables et nécessaires et elle incite à créer une nouvelle histoire, un nouveau collectif, une culture nouvelle, mais jamais en tournant le dos à ses origines.

C’est la voie exacte de l’émancipation: être soi, se libérer de ses entraves et aller vers du neuf. Nous avons appelé ce mouvement progressif qui part d’abord de soi, explore en priorité son propre milieu avant d’aller vers l’extérieur, « la spirale de l’escargot » (le « caracol » en castillan).

La Pédagogie sociale apprend ainsi à séparer les choses, à les comprendre, à les analyser, à s’engager, y compris en les opposant. Sans la capacité de distinguer les choses, les gens et les phénomènes, on reste sans défense par rapport aux idées reçues, aux idéologies dominantes.

Il faut apprendre à séparer, à regrouper, pour lutter contre la ségrégation; car celui qui est relégué, précarisé, exclu est avant tout coupé de lui même et de toute possibilité de participation sociale.

Quiconque vient à notre association ne peut qu’être saisi par l’extraordinaire richesse et diversité des cultures et différences qui s’y expriment. Mais les mêmes sont saisi également, par la force du lien qui nous réunit tous ensemble. Cela n’a pas été créé en priant les gens de se renier, de s’insérer, de s’inclure  ou de devenir neutres, mais au contraire en les encourageant dans tous les domaines de leur vie à être encore et toujours plus eux-mêmes.

Nous relayons ci-dessus un texte  intermedes  publié le 11 novembre 2016 – Les passions fantômes / ldhfede91- R.André

Le choix orchestré quant aux mises en états d’urgences, de stress, de compétitions, de phobies, de racismes, d’insécurités allant à l’encontre de l’humanité, des règles de vie, d’existence de notre planète Terre.

Le choix orchestré d’élaboration de murs en nos têtes quant aux mises en états d’urgences, de stress, de compétitions, de phobies, de racismes, d’insécurités, d’insalubrités, d’ostracismes va à l’encontre de l’humanité, de la diversité, de la mixité, des qualités de vie, d’existence durable de notre planète Terre.

L’état de guerre économique est un choix politique délibéré, pas une catastrophe naturelle. Jacques Généreux nous montre que la modification de quelques réglages financiers, sociaux et fiscaux suffit déjà à transformer radicalement notre système économique. Le plus stupéfiant, c’est que seule une petite minorité profite de ce système et des politiques imbéciles de nos gouvernements. Même la plupart des entrepreneurs auraient intérêt à un autre système, où la compétition serait mieux régulée, où l’économie ne serait pas menacée régulièrement par des crises financières.

«LE STRESS DE LA COMPÉTITION NOUS REND BÊTES, AU SENS LITTÉRAL DU TERME»

Donc l’alternative progressiste n’est pas bloquée par la prétendue absence des marges de manœuvre ni par les intérêts bien compris de la majorité. Il faut reconsidérer deux blocages trop souvent oubliés : celui de l’intelligence et celui du système politique. L’éducation doit donc être repensée pour former un peuple de citoyens animés par le goût de la réflexion critique, entraînés à la délibération et à la reconnaissance de leurs propres biais cognitifs. Quant au système politique, on voit bien que, dans une société de communication instantanée, la démocratie représentative n’est plus qu’un marché des bulletins de vote régi par le buzz médiatique, les émotions fortes et les images chocs, bref, un terrain de jeu idéal pour la pensée réflexe la plus bête. Les citoyens sont dépossédés du pouvoir réel, au profit de prétendus «représentants» qui font carrière sur un marché qui sélectionne les plus doués pour la lutte des places, et non pas les plus compétents ni les plus engagés dans la quête du bien commun. Il est urgent de restaurer les conditions d’une souveraineté citoyenne réelle et de l’intelligence collective.

Extrait d’article Marianne, avec J. Généreux / essai « la déconnomie »

ldh91 R.André

Non à l’arbitraire ! Des rails de sécurité sont en train de sauter !

Nous témoignons d’une réelle ségrégation en nos murs invisibles à vision néolibérale quant à nos droits à la santé, au travail, au logement, à l’éducation : un future proche barré pour le vivre-ensemble fraternel  toute génération, toute catégorie confondue.

Nous relayons ici deux articles « bastamag » : Si l’on en croit les nouvelles affiches signées « Les jeunes avec Marine », ce sont des citoyens français – une mère célibataire sans domicile, un agriculteur à la retraite, et une étudiante – lésés par les migrants, ou par les politiques sociales qui favoriseraient les immigrés aux dépens des Français. Ceux-ci leur prendraient le logement auxquels ils ont droit ou percevraient davantage d’aides sociales, tel est le message distillé. Sauf que les problèmes que ces Français rencontrent n’ont rien à voir avec l’immigration, loin de là. Et les arguments du FN ignorent totalement les véritables solutions pour sortir les jeunes et moins jeunes de la précarité.

Intox n°1- Les migrants prendraient les logements des étudiants

 

Depuis le 19 octobre dernier, soit quelques jours avant que ne commence le démantèlement de la jungle de Calais, 80 migrants sont logés dans une cité universitaire de la métropole lilloise. Originaires du Soudan, d’Albanie, de Syrie ou d’Irak – où leurs vies étaient menacées – ces personnes, inscrites à l’université, ont emménagé dans des chambres inoccupées situées dans un bâtiment destiné à être démoli.

« Les trois campus de Lille totalisent 60 000 étudiants ; pour 9500 chambres universitaires », informe Dylan Lecocq, de la Fédération des étudiants en résidence universitaire de Lille (ferul). Des milliers de demandes sont en attente. « Si l’on manque de logements étudiants en France, c’est parce que les dotations de l’État accordées aux Crous (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires, qui gèrent les restaurants et cités universitaires, ndlr) ne cessent de diminuer », précise Dylan Lecocq. L’année dernière, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) s’est indignée de la forte diminution des crédits alloués aux Crous dans le projet de loi de Finances pour l’année 2016 : 50 millions d’euros en moins pour la vie étudiante, alors que le nombre d’étudiants ne cesse d’augmenter.

« Ajoutons que, à Lille, 50% du parc est insalubre et en attente de rénovation, glisse Dylan Lecocq. Aux cafards s’ajoutent de solides problèmes d’isolation ou de chauffage, et la vétusté des sanitaires. Certains de ces bâtiments sont exécrables, et destinés à la démolition. » C’est dans l’un de ces bâtiments que sont logés les migrants incriminés par le FN depuis la mi-octobre. « Les Crous font ce qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont, précise Fabio Cioni, membre du bureau du syndicat étudiant Unef à Lille. L’État n’arrête pas de diminuer les budgets alors qu’il devrait investir massivement dans les Crous, de façon à résoudre cette grave question de la pénurie de logements étudiants. Un étudiant sur dix est logé en cité universitaire, alors qu’un étudiant sur deux travaille. »

Il y a 150 000 chambres universitaires en France pour 1,2 million d’étudiants. La grande majorité doit se loger dans le parc privé. Résultat ? « Les étudiants sont de plus en plus nombreux à être en grande précarité pédagogique du fait du poids du logement sur leur budget : en moyenne 50% », estime Fabio Cioni. Ce qui n’empêche pas des associations d’étudiants d’aider les migrants à passer leurs diplômes en France plutôt que de distiller des mensonges.

Intox n° 2 – Un demandeur d’asile serait mieux aidé qu’un agriculteur retraité

 

En France, les agriculteurs à la retraite touchent en moyenne 740 euros par mois, largement en dessous du seuil de pauvreté situé à 1 000 euros par mois. S’ils ont plus de 65 ans, les agriculteurs peuvent demander un complément de revenu via l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), qui permet de percevoir jusqu’à 800 euros par mois pour une personne seule et 1 242 euros pour un couple.

Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à être en grandes difficultés : ils étaient 40 000 à toucher le RSA en juin 2015, soit près de 10% de la population agricole (hors salariés) ! En cause : les prix, trop faibles, payés par les industries agro-alimentaires. « Pour que je puisse simplement payer mes emprunts et assurer le coût de fonctionnement de la ferme, sans même me payer, il faudrait que le cochon soit vendu 1,65 euro le kilo. En ce moment, il se vend environ 1,10 euro ! », soulignait un éleveur que Basta ! a rencontré en début d’année (voir l’article ici). Un autre vendait sa tonne de litre de lait 270 euros, au lieu des 388 euros nécessaires pour faire tourner son exploitation.

Les agriculteurs critiquent aussi les banques qui leur accordent souvent des prêts à des taux très élevés. Aux difficultés de trésorerie s’ajoutent l’isolement – les exploitants sont souvent seuls sur d’immenses surfaces agricoles – et un manque de reconnaissance. Le tout avec de rudes journées de travail. Chaque année, près de 500 agriculteurs se suicident et 10 000 cessent leur activité. Les demandeurs d’asile n’y sont évidemment pour rien.

En France, ces derniers ne peuvent pas travailler tant que le statut officiel de réfugié, délivré par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) selon des critères de plus en plus stricts, ne leur a pas été accordé. En attendant, ils reçoivent l’allocation pour demandeur d’asile : de 200 à 340 euros par mois selon qu’ils sont logés, ou non, dans un centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada).

Plutôt que de stigmatiser les étrangers, de nombreux agriculteurs inventent de véritables solutions face à la crise qui frappe les campagnes. Certains s’organisent en coopérative, comme dans l’Aubrac, pour mieux rémunérer les éleveurs. D’autres choisissent l’élevage bio et non industriel, comme cette famille installée en Auvergne.

Les difficultés qu’ils rencontrent ne les empêchent pas de faire preuve de solidarité. Les agriculteurs membres du réseau Accueil paysan ouvrent leurs fermes aux personnes défavorisées : jeunes maltraités, enfants et adultes handicapés. Cédric Herrou, agriculteur à Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), risque lui la prison pour avoir recueilli bénévolement des migrants, mal équipés pour la marche et le froid, qui tentaient de franchir la frontière escarpée entre la France et l’Italie. Des engagements bien plus utiles que les diatribes des « jeunes avec Marine ».

Intox n° 3 – Les immigrés s’accapareraient les logements sociaux

 

En France, 3,5 millions de personnes sont mal logées. Parmi elles, 900 000 sont privées de logement personnel, selon la Fondation Abbé Pierre. Elles vivent dans des hôtels, des habitations de fortune ou à la rue. Cette précarité frappe d’abord les familles monoparentales, dont un tiers vit en dessous du seuil de pauvreté. Telle la « Sandra » imaginée par le FN, qui « dort dans sa voiture ».

Il est cependant trompeur de sous-entendre qu’il n’existe aucune solution pour les femmes seules avec enfants. Elles peuvent bénéficier des solutions d’urgence : centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ou centres d’hébergement d’urgence (CHU). Il y a aussi des dispositifs spécifiques : chaque département doit disposer de structures d’accueil pour les mères isolées accompagnées d’enfants de moins de trois ans. Il existe aussi plus de 1000 centres d’accueil et d’hébergement pour les femmes victimes de violences.

Là encore le problème ne vient pas des immigrés. Les budgets alloués par l’État à l’accueil et à l’hébergement des femmes en difficultés sont trop serrés. Ils sont même parfois en diminution, comme c’est le cas pour de nombreuses autres associations (voir notre enquête ici). Certaines collectivités locales choisissent aussi de tailler dans ces budgets sociaux. Certains centres doivent fermer leurs portes, comme Regain, à Strasbourg, contraint d’éconduire les femmes qu’il accueillait suite à une coupe budgétaire du département, dirigé par Frédéric Bierry (Les républicains), où siègent trois élus FN… Les mères célibataires au chômage, comme « Sandra », feraient mieux de ne pas habiter dans certaines communes gérées par le parti de Marine Le Pen. Joris Hébrard, maire FN du Pontet (Vaucluse) a supprimé, en juin 2014, deux mois à peine après son élection, la gratuité totale de la cantine scolaire, dont bénéficiaient les familles les plus pauvres (lire ici).

Les migrants en situation irrégulière ou en cours de régularisation n’ont pas accès aux logements sociaux. La loi française oblige l’État à loger les demandeurs d’asile, mais les places manquent. En 2014 à peine 40% d’entre eux ont pu être logés dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (cada). Ceux qui accèdent au statut de réfugié peuvent être logés en HLM uniquement dans des zones où ces HLM sont vacants, en général des villes moyennes où la population diminue à cause du chômage. Beaucoup de ces logements doivent subir des travaux ou être démolis. Selon le ministère de l’Intérieur, les ménages immigrés représentent 16,5 % des résidents en logement social, les descendants d’immigrés 8,5 %.

Si les logements sociaux sont saturés – 1,5 million de personnes sont en attente d’un logement à loyer modéré –, c’est qu’il y en a trop peu. « Au lieu des 150 000 logements sociaux attendus, seuls 109 000 ont été financés en 2015, en baisse annuelle de 9 %», déplore la Fondation Abbé Pierre. « Un même bilan décevant concerne la production de logements très sociaux à bas niveau de quittance, à peine plus de 700 ont été programmés alors que 3 000 étaient promis », ajoute la fondation [2].

Les HLM font cruellement défaut en l’île-de-France, aux alentours de Lyon et dans la région Provence Alpes Côte d’azur. Certaines communes refusent de remplir leurs obligations en matière de constructions sociales. Des villes très riches comme Neuilly-sur-Seine en comptent moins de 5% alors qu’elles sont tenues par la loi à un taux de 20%. En PACA, 18 villes ont été mises sous surveillance par le gouvernement pour leur trop faible effort en faveur des HLM. Parmi ces communes qui n’aident pas les ménages en difficulté à se loger : Fréjus – 9,9% de HLM – dirigée depuis 2014 par David Rachline (FN), le directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle 2017. Et si « Sandra » allait frapper à sa porte ?

Auteure de l’article ci-dessus :Nolwenn Weiler

Le FN n’est pas le seul à compliquer la vie des pauvres

À Villers-Cotterêts (10 700 habitants, Aisne), le frontiste Franck Briffaut a aussi fait du coût de la cantine scolaire sa priorité. Le prix du repas à la cantine augmente de un euro pour atteindre 2,5 euros. Pour notre famille monoparentale à faibles revenus, avec deux enfants scolarisés, cela peut représenter 20 % de ses revenus. « Une personne au RSA peut venir chercher son enfant à l’école car il ne travaille pas », argue Evelyne Althoffer, l’adjointe à la jeunesse. Comme son homologue du Vaucluse, Franck Briffaut s’est octroyé une augmentation de 15 %, pour un salaire de 3 791 euros.

Le FN n’est pas le seul parti à compliquer la vie des pauvres : à Toulouse, le maire Jean-Luc Moudenc (Les Républicains) a supprimé la gratuité de la cantine pour les 7 000 élèves dont les parents gagnent moins de 1 300 euros mensuels. Même punition à Tours (Serge Babary, LR) pour 1 400 enfants. À Béziers (73 000 habitants, Hérault), ville gérée par le maire apparenté FN Robert Ménard, également soutenu par Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), les enfants de chômeurs sont aussi source d’économies municipales. L’étude surveillée, entre 7 h 30 et 8 h 30, est réservée depuis juin 2014 « aux seuls enfants dont les deux parents travaillent ». Les parents au chômage sont invités à se lever plus tard, quitte à être ensuite stigmatisés pour ne pas faire partie de cette France « qui se lève tôt ».

Depuis les dernières élections municipales de mars 2014, l’extrême droite – FN et Ligue du Sud dans le Vaucluse – administre près d’une vingtaine de municipalités, dans lesquelles vivent 450 000 personnes et où sont employés plus de 6 000 agents territoriaux. Se pencher sur les politiques sociales qui y sont menées permet d’en savoir davantage sur le programme qu’appliquera le FN en cas de victoire lors des élections régionales de décembre. Le parti de Marine Le Pen est en position de force particulièrement dans deux régions : en Provence-Alpes-Côte d’azur (PACA) et dans la grande région Nord-Picardie. Au vu des politiques municipales qui sont mises en oeuvre depuis un an et demi, il ne fera décidément pas bon être enfants de familles modestes ou de chômeurs au sein d’une région dirigée par le FN.

Les enfants réduits à des lignes budgétaires

Car il n’y a pas que les cantines scolaires. Supprimer la gratuité des transports scolaires est aussi une priorité pour le FN. Cette mesure est proposée par les élus frontistes de l’Aisne. Et mise en œuvre à Hayange (15 700 habitants, Moselle) par le maire frontiste Fabien Engelmann. Celui-ci a confirmé, dès juin 2014, la fin de la gratuité des transports scolaires, déjà remise en cause par son prédécesseur socialiste. Le forfait annuel augmente de 62 % pour un enfant et de 110 % pour le deuxième, soit 80 euros pour deux enfants. Les familles modestes qui vivent en périphérie des villes sont prévenues : vos enfants sont désormais réduits à des lignes budgétaires.

Quant à être enfants d’étrangers… Le jour de la rentrée scolaire 2014, Julien Sanchez, le maire de Beaucaire (16 000 habitants, Gard), s’est plaint de devoir accueillir vingt-deux élèves étrangers en école maternelle et élémentaire, « pour la plupart originaires du Maghreb ou de nationalité espagnole grâce à l’Europe passoire et laxiste en matière de naturalisations ou de droit du sol », clame-t-il. Mesure anecdotique mais révélatrice du peu de cas que fait le FN de l’accès au savoir, à Cogolin (11 000 habitants, Var), la mise à disposition gratuite des dictionnaires pour les élèves a été supprimée. Vive l’ignorance pour tous ! « Le service public, un outil au service de l’égalité », proclamait le programme de Marine Le Pen, lors des présidentielles de 2012. On en est bien loin.

L’arbitraire est désormais la règle

Les centres sociaux, les maisons des jeunes et les associations figurent aussi parmi les cibles privilégiées des édiles FN, sous prétexte d’« économie » et de coupes budgétaires. Le conseil municipal du 7e secteur de Marseille (150 000 habitants, Bouches-du-Rhône), administré par Stéphane Ravier, s’est illustré le 26 juin dernier, en votant contre ou en s’abstenant sur quasiment tous les budgets sociaux proposés. La subvention au « contrat enfant jeunesse » – un cofinancement de structures d’accueil d’enfants ou d’adolescents – crèches, centre de loisirs, associations d’initiation à la musique ou au théâtre – avec la Caisse d’allocations familiales ? Refusée ! Les aides au fonctionnement des centres sociaux ? Refusées ! L’aide à la réhabilitation de logements sociaux ? Refusée ! « Un Marseillais sur quatre, voire sur trois, vit sous le seuil de pauvreté », a déclaré le sénateur maire, fin septembre. Au vu de la politique qu’il met en œuvre dans le 7e secteur, où le taux de chômage avoisine les 25 %, il semble que le FN veuille s’assurer que les Phocéens demeurent bien sous le seuil de pauvreté.

A Fréjus (52 500 habitants,Var), le centre social du quartier de La Villeneuve, un quartier populaire, a été brusquement fermé par la mairie il y a un an, pendant que d’autres centres sociaux voyaient leurs subventions drastiquement diminuées. Pour David Rachline, le maire frontiste, l’association gérant le centre social « a, depuis plusieurs mois, fait montre d’une hostilité publique et manifeste à l’égard de la nouvelle municipalité, prenant notamment, par l’intermédiaire de sa directrice, des positions nettement politiques dans les médias nationaux ». Avis à celles et ceux qui osent s’exprimer : l’arbitraire est désormais la règle.

Baisser la facture de chauffage des plus modestes n’est pas au programme

Quelques mois plus tôt, le maire d’Orange (30 000 habitants, Vaucluse), Jacques Bompard, ancien du FN et fondateur du petit parti d’extrême droite Ligue du Sud, s’illustre également en votant contre la prolongation d’un programme d’amélioration de l’habitat, de lutte contre l’habitat indigne et la précarité énergétique. Le maire a justifié ce refus, ne voulant pas créer « un cercle vicieux » en menant une politique sociale susceptible d’attirer les pauvres dans sa ville. Pour l’extrême droite, baisser la facture de chauffage des familles les plus modestes, en isolant mieux leurs logements, n’est pas au programme.

À Béziers, l’association Arc-en-ciel et son centre social ne pourront probablement plus proposer leurs activités aux 10 000 habitants du quartier populaire de La Devèze. Le chômage y est massif, près d’un tiers des familles y perçoivent de faibles revenus, plus des deux tiers des jeunes n’ont pas de diplômes équivalent au bac. Qu’importe : Robert Ménard a décidé, en avril dernier, d’annuler la subvention de 44 000 euros prévue pour le centre social. Avec comme argument « l’impossibilité de travailler avec cette association »« Nous n’avons aucune nouvelle de l’aide financière qui nous a été allouée, personne à la mairie ne semble savoir où elle est passée », déplorait, quelques jours avant l’annulation de la subvention, le président d’Arc-en-ciel, Jean-Marie Malric, dans le Midi Libre. La sanction a été immédiate.

Le frontisme municipal : austérité et « saccage social »

L’ensemble du secteur associatif biterrois a perdu un demi-million d’euros de subventions depuis l’élection de Robert Ménard. Cette brutale austérité ne concerne pas d’autres dépenses. Le budget communication de la ville est passé de 193 900 euros à 518 400 euros pour le poste publicité, publications, relations publiques. Si on y ajoute les budgets annexes, consacrés notamment au journal municipal, la mairie d’extrême droite dépense 730 200 euros pour sa communication choc. Avec un tiers de sa population qui vit sous le seuil de pauvreté, Béziers est l’une des villes les plus pauvres de France. Il est bien loin le temps où Florian Philippot, le numéro deux du FN et tête de liste dans la grande région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, déplorait les politiques d’austérité et « de saccage social ». C’est exactement ce que le FN met en œuvre.

Quant aux associations qui oseraient proposer des spectacles ou des ateliers de danse orientale, c’est vraiment chercher les problèmes ! « Ici, on est en Provence, pas en Orient, et s’ils veulent vivre comme en Orient, les frontières sont ouvertes », a déclaré Marc-Etienne Lansade, le maire de Cogolin, qui aurait donné des consignes, en septembre 2014, pour éviter une initiative associative de ce type. « La danse orientale est incompatible avec le Front national », explique de son côté Fabien Engelmann, à Hayange, suite à la proposition d’une enseignante d’animer un atelier. Supprimer la danse orientale, un élément clé du programme…

 La mairie souhaite la disparition de notre club sportif

Après les centres sociaux, ce sont les clubs de foot associatifs, souvent populaires et – défaut majeur – multiculturels qui sont visés. À Mantes-la-Ville (20 000 habitants, Yvelines), après avoir réduit ou coupé nombre de petites subventions à des associations locales, le maire FN Cyril Nauth s’en est pris au club de foot local, le FC mantois. Celui-ci compte un petit millier de licenciés, évolue en quatrième division nationale, et a formé quelques joueurs de haut niveau, comme le milieu de terrain Yann M’Vila ou l’attaquant Moussa Sow. En deux ans, la subvention accordée au club par la commune a été divisée par cinq  « La mairie de Mantes-la-Ville souhaite notre disparition. Cette décision prise en plein milieu de saison, nous la ressentons comme une volonté de sa part de faire mourir le club. Elle remet tout notre équilibre en question », déplore Nabil Djellali, l’un des deux coprésidents du FC mantois, après le choix du conseil municipal de ne quasiment plus soutenir le club (voir cet article du Monde).

« Le FC mantois est très mal géré sur le plan financier, et ce n’est pas aux Mantevillois d’assumer tous ses dysfonctionnements », argumente de son côté le maire, qui reproche à plusieurs dirigeants du club de parler comme des « z’y-va de banlieue » ; D’autres clubs sportifs de la ville ont vu, au contraire, leurs subventions augmenter. « Notre club est multiculturel, mais, selon des témoignages, certains membres du conseil municipal auraient parlé de nous comme d’un club communautaire. Nous vivons une situation de discrimination, parce que la population de notre club n’est pas du tout à l’image de ceux qui dirigent Mantes-la-Ville », a commenté l’entraîneur du FC mantois, Robert Mendy.

La prime de fin d’année devient dégressive

Côté emploi et conditions de travail, comment se comporte le FN vis à vis des personnels municipaux ? « Ils font de l’austérité comme les autres, des stratégies d’économies à la petite semaine », répond Pascal Debay, membre de la direction de la CGT. Depuis janvier 2014, il anime un Observatoire intersyndical des villes gérées par l’extrême droite, aux côtés des enseignants de la FSU, de l’union syndicale Solidaires et de trois organisations étudiantes et lycéennes (FIDL, Unef, UNL). Une première journée de rencontres entre les agents travaillant dans les villes FN a été organisée à Béziers, en mai, une seconde a eu lieu début octobre, à Hayange. Sur ce dossier aussi, les enseignements du frontisme municipal sont lourds de sens. D’autant qu’en cas de victoire, cette gestion très particulière des fonctionnaires territoriaux s’appliquera aux 8 500 agents de la grande région Nord-Picardie) et aux 5 600 de la région PACA, des agents employés en majorité dans les lycées.

« Ce sera la prime au travail et non plus la prime à l’absentéisme », annonce le maire FN de Beaucaire (15 860 habitants, Gard), Julien Sanchez, début février. La prime de fin d’année (762 euros) accordée aux 340 agents municipaux devient dégressive à partir de six jours d’absence dans l’année et sera réduite à portion congrue – un euro – au-delà de vingt jours d’absence. Problème : les motifs d’absence donnant lieu à cette sanction pécuniaire ne sont pas précisés. Les femmes en congé maternité et les employés victimes d’une méchante grippe ou d’un accident du travail seront-ils concernés ?

Les enfants n’ont pas bonne presse à l’extrême droite

Le maire de Beaucaire récidive quelques jours plus tard. Le 25 février 2015, il fait voter l’augmentation de la durée hebdomadaire de travail à… 36 heures, 36 minutes et 36 secondes ! Loin d’être un hommage inconscient au Front populaire (1936), l’édile FN « impose ainsi au personnel un volant d’heures supplémentaires, gratuites et obligatoires […], bafouant au passage la loi sur les 35 heures », dénoncent les syndicats territoriaux locaux CGT et FO. Quatre mois plus tard, c’est le maire du Pontet, dans le Vaucluse, qui annule purement et simplement la prime – l’équivalent d’un treizième mois – des employés municipaux, dont une grande majorité est rémunérée aux alentours du Smic. De gros profiteurs, probablement, eux aussi victimes des coupes budgétaires.

Une fois de plus, les écoles sont mises à contribution. L’encadrement au sein des écoles maternelles est visé, et plus particulièrement les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), qui accompagnent instituteurs et institutrices pour s’occuper des enfants de trois à six ans. Les enfants n’ont décidément pas bonne presse à l’extrême droite ! « Aujourd’hui il n’y a plus de remplacement en cas d’absences pour maladie ou formation, aucun départ à la retraite n’est remplacé », témoigne une syndicaliste de Bollène, (14 000 habitants, Vaucluse), ville dirigée par Marie-Claude Bompard, l’épouse du maire d’Orange, et membre comme lui de la Ligue du Sud. « On a supprimé à quelques-unes certaines primes et diminué d’autres, suite à des baisses arbitraires de leur note administrative. Elles subissent aussi des pressions : plus elles ont de jours de maladies et moins elles ont de primes. Les heures supplémentaires ne sont pas payées, on leur impose des RTT et des congés, il n’y a aucune souplesse. »

 Les agents ont vraiment la trouille, la plupart se taisent

À Hayange, Fabien Engelmann a également annoncé une diminution du personnel, estimant, selon le témoignage de syndicalistes CGT, que la mairie comptait 80 agents de trop. Soit un tiers des effectifs ! Le contrat d’une puéricultrice d’une crèche d’Hayange, âgée de 55 ans et en poste depuis quatre ans, n’a pas été renouvelé sous prétexte qu’elle n’habite pas Hayange, mais une commune proche. « Compte tenu du nombre de chômeurs hayangeois, nous avons décidé de donner sa chance à une autre personne, de Hayange », explique alors le maire. Pour le FN, la notion d’étranger est assez vaste ! Il la remplace par « une militante du Front national de la jeunesse (FNJ), réputée proche du maire et embauchée sans entretien avec la directrice de la structure », relate le collectif Visa (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes), qui regroupe plusieurs fédérations et sections syndicales [3]. L’affaire déclenche une grève des collègues de la puéricultrice et la protestation des parents en avril 2015. « À Hayange, les syndicats CGT et Unsa sont en guerre ouverte face à l’équipe municipale. Les agents ont vraiment la trouille, la plupart se taisent », observe Pascal Debay.

Remise en cause des 35 heures, suppression arbitraire de primes, réduction d’effectifs, pressions et menaces à l’encontre des salariés… Le FN, barrage au Medef, vraiment ? « On observe une aggravation des politiques d’austérité, une remise en cause des règles sur le temps de travail et une augmentation de la précarité », commente Baptiste Talbot, secrétaire général de la fédération CGT des services publics. « Ce n’est pas une politique qui améliore les services publics et le sort des agents territoriaux. »

Les syndicats sont la cible de l’ire frontiste

Plus que les politiques néolibérales, ce sont plutôt les syndicats qui sont la cible de l’ire frontiste. « À part à Hénin-Beaumont [26 500 habitants, Nord-Pas-de-Calais] où le maire Steeve Briois ne fait pas trop de vagues, on constate ailleurs une grande défiance vis à vis des militants syndicaux », souligne Pascal Debay. À Villers-Cotterêts, Franck Briffaut montre la voie. Dès son élection, il a supprimé une petite subvention à l’union locale CGT, qui permettait aux syndicalistes de venir juridiquement en aide aux salariés en litige avec leurs employeurs.

Au regard de ce qui se déroule dans les villes frontistes, deux ans à peine après que le FN y ait pris les rênes, les accents sociaux des discours de Marine Le Pen et de Florian Philippot font définitivement figure de vaste mystification. Une mystification qui ne frappe pas seulement familles modestes, services publics et fonctionnaires territoriaux. À quelques semaines des élections régionales, Pascal Debay prévient : « Il y a une violence politique qui s’installe, une sorte de chape de plomb. »

Auteur de l’article ci-dessus : Ivan du Roy / bastamag

Les élus politiques en place dérapent, se radicalise à droite : les maires ont vraiment la trouille !

Ainsi  pour limiter les dégâts lors de prochaines élections, ils emboitent le pas à cette vision frontiste, et peu importe les engagements pris. Voilà ce qui se passe à Bondoufle, commune gérée par les Républicains :

En ce moment expulsion des familles roms
de la rue  Eiffel à Bondoufle (plus de 100  personnes avec nombreux
enfants dont certains scolarisés) avec la présence du Maire et de
nombreux gendarmes.

Nous avions gagné le référé : pas d’expulsion
durant la période d’hiver, et expulsion  repoussée en juillet 2017 pour
favoriser la scolarisation des enfants , arrêté du maire qui , une fois
de plus passe outre à la décision du juge !
LDH91- R.André

Les migrant-e-s sont les bienvenu-e-s

POUR L’EGALITE DES DROITS !

  • La Ligue des droits de l’Homme (fédération de Paris) revendique l’accueil des migrants, de tous les migrants, dans le respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux.
  • Elle demande en particulier l’application du droit commun pour tous les demandeurs d’asile, leur accès rapide au dépôt de dossier, leur prise en charge y compris médicale dans des centres d’accueil adaptés (CADA) ainsi qu’un accès au marché du travail et à la formation.
  • Elle réclame la mise sous protection par les pouvoirs publics de tous les mineurs isolés, avec un suivi social et éducatif adapté.
  • Elle ne saurait donc se satisfaire de la multiplication des centres ou autres lieux d’accueil dits humanitaires qui sont autant de moyens d’effectuer un tri des migrants sous contrôle policier, autant de pis-aller pour pallier l’insuffisance des moyens dégagés et ne pas appliquer le droit commun.
  • La France doit rompre avec sa politique répressive et restrictive, avec une logique fondée sur le contrôle, l’enfermement et la répression, aussi bien des migrants que des citoyens solidaires.
  • Nous nous réclamons du droit à la liberté de circulation, droit affirmé par l’article 13 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

 

Sur ces bases la fédération de Paris de la Ligue des droits de l’Homme

appelle à rejoindre la manifestation organisée le 26 novembre à 14 h.

Départ à 14h, métro Jaurès

 

UN ACCUEIL DIGNE ET RESPECTUEUX DES DROITS DES EXILE.E.S !

L’APPLICATION SANS RESTRICTION DU DROIT D’ASILE

LA REGULARISATION DES SANS-PAPIERS

 

PS : le parcours : Place de la bataille de Stalingrad, Bd de La Villette, Bd de la Chapelle, Bd de Rochechouard, Bd de Clichy, rue d’Amsterdam, rue de Londres, Rue de Vienne, rue de Vienne, rue Laborde et Place Saint Augustin.

Julien Molesin

Président de la Fédération LDH de Paris

Génocide d’Alep: l’indifférence des dirigeants internationaux

Sans commentaire, nous relayons un message d’un volontaire quant à la situation à Alep!

« Bonsoir Georges

Bizarre le silence d’MSF  sur ma demande volontaire d’aller sur Alep ou il se perpétue le plus important génocide depuis Sarajevo ,le Ruanda ou l’ONU n’était pas intervenue!!

La presidente de médecin du monde ,Bertrand Badie(science Po ) et Adam Bazcko spécialiste de la Syrie en débat sur ARTE s’interrogeait sur l’indifférence des dirigeants  internationaux !il n’y a plus un hopital en activité  ,ils ont ete détruit ,les ecoles sont visées  ,les armes chimiques pourtant interdites sont employées  depuis 4 mois !

que répondent ils?

j’ai une connaisance  de l’afrique et de l’afrique du nord ,j’ai vécus avec les algeriens (30 années d’histoire partagée avec l’algerie en tant qu’internationaliste

réalisé la route de la soie pendant 7 mois ,le cœur de la civilisation  ,il me reste des connaissances de l’arabe que j’apprécie ,comme les africains ou j’ai tenté de développer des projets .

Pas facile d’etre volontaire bénévole.

ou sont les interets ?

Mon ami Ker Syrien qui heberge sa nièce  de Damas depuis 4 mois me disait ,les investisseurs sont prêt pour se partager et investir dans la reconstruction;

La France est maintenant la seconde force militaire mondiale ,on est passé dans l’économie de guerre ;les rafales  font recettes les 28 du Charles De Gaulle pilonnent ce qui reste de l’armée de poutine .et continue sur Mossoul la capitale du pétrole.

Cdt

Gilles »

R.André : LDH91

État d’urgence : sans retour ?

 

Communiqué LDH

Paris, le 16 novembre 2016

La LDH avait annoncé, passée la première période d’état d’urgence, que le renouvellement de celui-ci serait sans fin. De tout temps, sous tous les gouvernements et sous tous les régimes, les mesures d’exception sont comme une drogue pour les autorités : après y avoir goûté, elles ne peuvent plus s’en passer.

 

Soutenir qu’il est nécessaire de renouveler l’état d’urgence en raison de l’élection présidentielle et, probablement, des élections législatives qui suivent, c’est reconnaître un peu plus que l’exception devient la règle.

 

Si l’état d’urgence semble indolore à la grande majorité d’entre nous, ce n’est pas le cas des dizaines de personnes assignées à résidence, et qui ne bénéficient pas de la protection du juge judiciaire. Le prolonger, c’est prolonger la possibilité permanente d’effectuer des perquisitions dans des conditions qui ont été largement dénoncées, c’est donner un quasi blanc-seing aux pouvoirs publics pour interdire des manifestations et c’est, d’une manière générale, installer l’habitude de pouvoirs exceptionnels peu et mal contrôlés et qui sont utilisés à d’autres fins que celles annoncées.

 

Cela aboutit, enfin, à exacerber les tensions de toute nature, notamment en continuant à stigmatiser une partie de la population et en imposant aux forces de l’ordre des suggestions qui épuisent leurs capacités.

 

On est en droit de s’interroger sur l’utilité d’un état d’urgence destiné à lutter contre les actes de terrorisme, utilité dont le gouvernement n’apporte aucune justification.

 

La LDH appelle les parlementaires à prendre conscience qu’un tel renouvellement est une mesure dangereuse et démagogique, qui s’inscrit dans la remise en cause de l’Etat de droit.