La valse ventre vide des migrants

Migrants : la face cachée des hébergements du gouvernement

ENQUÊTE – Alors que le gouvernement parle de « mises à l’abri » des migrants en les orientant vers des hôtels sociaux ou des centres d’hébergement, des collectifs de soutien aux migrants dénoncent, eux, les conditions de vie de personnes désormais « isolées, démunies » et pour certaines en manque de nourriture.

Peut-on parler de « mises à l’abri » lorsqu’on place des familles dans des hôtels insalubres sans nourriture, ou qu’on oriente des hommes isolés dans des centres d’accueil et d’hébergement (CAO) excentrés, sans information ? »Je m’occupe de ces migrants dans le concret et dans le vrai », affirmait la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, ce vendredi matin sur France 2.  Or derrière les démantèlements de la « Jungle » de Calais et des camps de Stalingrad, se cache une réalité moins glorieuse que celle prétendue par le gouvernement.

Au 4 rue Jean et Marie Moinon, dans le XXe, quelques petites mains bénévoles se sont affairées aux fourneaux pendant plusieurs mois pour les migrants. Aux commandes, des jeunes engagés et solidaires ont créé La Cuisine des migrants et fait mijoter tout ce qu’ils avaient dans d’énormes marmites jusqu’au démantèlement. « On distribue entre 1000 et 1200 repas par jours », nous confiait l’un d’eux en début de semaine. Actifs, dévoués, les collectifs et les associations œuvrent sans relâche pour habiller, soigner, accompagner et nourrir ces exilés dont le gouvernement peine à s’occuper.

A l’abri le ventre vide

Si elle a laissé les hommes isolés s’entasser dans des tentes le long de la route, la mairie de Paris a mis à l’abri un maximum de familles dans des hôtels. Les plus chanceuses d’entre elles sont arrivées avec un colis alimentaire pour trois jours, sans doute soulagées, peut-être même pleines d’espoir. Mais la réalité est toute autre. « Elles sont abandonnées dans des chambres d’hôtel sans équipement pour cuisiner, ni suivi alimentaire, ni information », s’indigne une bénévole en charge de huit familles placées à Cergy.

« Je ne sais plus quoi faire, une association me livre des plateaux repas les lundis et jeudis, elles restent trois jours sans manger et crèvent de faim. Elles sont laissées là, affamées, sans argent et sans aucun suivi médical alors qu’il y a une femme enceinte ». « Mises à l’abri » sans couches pour les bébés, sans protections féminines pour les femmes, sans produits pour se laver et surtout, sans nourriture. Les familles sont dans l’impossibilité de brancher un appareil électrique dans leur chambre sous peine de se faire exclure de l’établissement. « Il faut le voir pour le croire », insiste cette professeure de collège venue à l’origine, pour enseigner bénévolement le français. « Je ne peux pas faire cours à des gosses qui n’ont rien mangé depuis trois jours ».

« La valse des familles »

Baladées d’hôtels en hôtels, qu’elles doivent rejoindre par leurs propres moyens sans argent et sans parler français, les familles sont déplacées en moyenne « quatre à cinq fois par mois » dans des établissements sociaux souvent insalubres. « L’une d’elle l’a été 22 fois en un mois », déplore un bénévole au pôle famille du Collectif Parisien de Soutien aux Exilé-e-s, sous couvert d’anonymat. « Une fois, ils ont mis une semaine à reloger une famille avec un bébé de huit mois placée dans une chambre sans sanitaire, pleine de puces de lit ». Le 115 opère « des rotations incompréhensibles » pour répartir les familles, les empêchant de se stabiliser et de scolariser les enfants.

Le manque de nourriture inquiète particulièrement les associations  : « Nous les collectifs, on essaie de faire au mieux. C’est seulement grâce à ces efforts citoyens qu’ils restent un peu plus longtemps dans les hôtels, mais ils finissent toujours pas retourner dans les camps, là où on distribue à manger ». Là où ils peuvent être informés et entourés. Au total, « 180 familles sont placées dans ces hôtels en Ile-de-France », isolées, sans titre de transport pour se déplacer, ni information.

Et pour les hommes isolés ?

Les conditions sont-elles meilleures pour les hommes isolés ? S’ils sont orientés suite à une évacuation comme ce fut le cas ce vendredi matin à Stalingrad, les exilés isolés reçoivent normalement de la Croix rouge, un « bon quotidien de six euros » pour manger. « Mais il arrive que l’association ne passe pas pendant plusieurs jours, voire un mois, dans les hôtels pour distribuer les tickets. Donc même les hommes isolés ont faim et les hôteliers sont excédés ». D’autres sont placés dans ce qu’ils appellent communément la « Boulangerie », une sorte d’immense dortoir insalubre, qu’ils doivent évacuer tous les matins à 6h30 et rejoindre le soir vers 22h. « Pas de suivi administratif, médical, ni de cours de français », déplorent les bénévoles.

« La France est l’un des pays européens les moins accueillants derrière la Hongrie et la Bulgarie », ajoute encore une bénévole. En outre, si les migrants sont en droit de bénéficier de l’allocation des demandeurs d’asile (ADA) et d’une place dans un centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) lorsqu’ils sont inscrits à la préfecture en tant que tel, la majorité met des mois à y parvenir. « On a fait appel à des avocats parfois ». Après avoir recueilli une dizaine de témoignages, une question subsiste : le gouvernement met-il ces exilés « à l’abri » de la précarité… ou des regards ?

Des responsabilités partagées

Contactée par LCI, la mairie de Paris rappelle qu’elle est, selon l’article 68 de la loi De la Mobilisation pour le Logement et la Lutte contre l’Exclusion (Molle) de 2009, responsable des femmes enceintes seules, ainsi que des mères célibataires avec un enfant de moins de trois ans. « S’il y a un père ou que l’enfant est plus âgé, la responsabilité revient à l’Etat. Mais il est débordé avec la crise migratoire », indique le porte-parole Ismail Mansouri.

Témoignent selon lui de la bonne foi de la Ville, l’ouverture imminente du centre d’hébergement d’Ivry ainsi que celui inauguré par Anne Hidalgo dans l’ancienne pouponnière de Bourg-la-Reine en début d’année. Selon Ismail Mansouri, c’est la Croix rouge qui est en charge du suivi des familles, mais là encore, « ils sont débordés et il est possible qu’il y ait du manque ». Contactée à son tour par LCI, l’association nous laisse pour le moment, dans l’interrogation.

Barbara Azaïs  http://linkis.com/www.lci.fr/societe/eDnz3

R.André LDH91

Le capitalisme mondialisé est à l’opposé des droits humains et de l’équilibre de la planète Terre

La mondialisation capitaliste a abouti à une crise aigüe du système à plusieurs facettes : crise climatique, écologique, alimentaire, culturelle, des réfugiés, de dette, ainsi que la multiplication des guerres et l’extension de la militarisation, jetant sur les routes de la migration les paysans dépossédés de leurs terres et les personnes dépossédées de leurs moyens de subsistance, fuyant les guerres et les violences. Cette crise sert à son tour de prétexte pour approfondir l’offensive contre les droits économiques et sociaux, contre les droits civils et politiques et contre la Nature et l’Humanité. La violence universelle des diktats néolibéraux a débouché sur la décomposition du tissu social et l’asservissement des peuples.

Les grandes puissances à travers les institutions internationales comme la BM, le FMI et l’OMC imposent des politiques néolibérales au profit des multinationales en bafouant la démocratie et  la souveraineté des peuples.

Les accords de libre-échange (ALE), soient bilatéraux ou multilatéraux sont tous conçus pour assurer les profits des grandes entreprises. Celles-ci accaparent les ressources, les services publics, les terres agricoles des paysans et détruisent l’environnement. Elles détruisent les emplois, réduisent les salaires par la mise à concurrence des salariés et augmentent le chômage. Elles augmentent leur mainmise surtout sur les pays du Sud en accentuant leur dépendance structurelle alimentaire, financière et technologique. Elles inondent les marchés de ces derniers par des produits subventionnés du Nord qui détruisent leur tissu productif déjà fragilisé et dont la qualité suscite bien des méfiances. Elles sont fortifiées par les mécanismes de résolution de différents entre investisseurs et États qui leur confèrent plus de pouvoir exorbitant sur les Etats et sur les peuples. Ces derniers sont exsangues du fait du paiement du service de la dette et des politiques de destructions massives des droits sociaux qui en découlent. Le fardeau supporté par les femmes est particulièrement oppressif et inhumain.

ACCORDS DE LIBRE-ÉCHANGE, DES ACCORDS COLONIAUX CONTRE LES PEUPLES

Le système de la dette et les accords de libre-échange constituent les leviers les plus puissants d’intégration à marche forcée des pays dans la mondialisation néolibérale, avec tout ce que cela comportent : mesures d’austérité, dérégulations, privatisations, développement du commerce extérieur et déconnexion de la production de la satisfaction des besoins locaux, pénétration des multinationales et dépendance des grands pôles de décision (États-Unis, UE, IFI…), au détriment de la démocratie et de la souveraineté des peuples. Les négociations de deux accords gigantesques, Transpacifique, TPP (déjà signé) et transatlantique CETA (en cours de signature), TAFTA (encore en cours de négociation) vont accélérer et approfondir ce processus qui va encore accroître le poids et le pouvoir des multinationales, – et notamment d’origine des États-Unis- pivot des deux accords.

Par le biais de leur vaste lobbying clandestin, les multinationales ont mis en place des cadres politiques, légaux, économiques et commerciaux en vue de légitimer leur avidité de profits et la destruction de la nature:

-le Système juridictionnel des investissements (ICS en anglais) ou le Règlement des différends entre investisseurs et Etats (ISDS en anglais) ainsi que les accords de libre-échange (comme le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement [TTIP], l’Accord économique et commercial global [CETA], l’accord de libre-échange Nord-américain [NAFTA], le Partenariat Transpacifique [TPP], les accords globaux de partenariat économique régional [RCEP]) sont tous biaisés en leur faveur.

Un vaste lobbying clandestin sous l’emprise des transnationales et institutions des Etats-Unis! le loup serait-il dans la bergerie?

Selon un article du « Monde » du 7 novembre, les entreprises européennes n’ont jamais eu aussi peur de l’Amérique. Peur de violer ses législations en matière de corruption internationale, d’embargos, de blanchiment d’argent, et d’encourir des sanctions qui se chiffrent en milliards de dollars.

Peur de se voir soumises à son invincible procédure pénale. Peur de se faire sortir manu militari du plus riche marché mondial. Peur de se faire espionner par ses grandes oreilles (la NSA et la CIA), et de voir leurs clients et leurs secrets de fabrique prestement siphonnés.

Après ses soldats et ses tanks, son Coca, ses Levi’s et ses films, ses normes comptables et ses exigences de retour sur fonds propres, ses systèmes d’exploitation et son Internet Protocol, sans oublier, bien sûr, Google, Apple, Facebook, Twitter et les autres – ces outils qui ont viralisé le monde –, voilà que l’Amérique nous impose son droit.

Un droit qui se réclame de la morale protestante et qui s’impose dans le droit international sans quasiment susciter de résistance. Au point que grands patrons et responsables politiques évoquent aujourd’hui un « abus de pouvoir »!

Alors pour quels raisons   continuer ces processus de ratification en notre défaveur! C’est à se demander s’il y a  addiction,  hypnose ou  maléfice en prise dans la tête de nos éminents dirigeants et fonctionnaires européens!

sources =  Accords de libre échange, accords coloniaux contre les peuples-7 octobre par ATTAC/CADTM Maroc/ le Monde

R.André/LDH91

Risques systémiques financiers et Droits de l’Homme, il y a de quoi en découdre !

 

Le « No Mens Land » des transactions haute fréquence ne devra pas supplanter l’Humain. Le « Now Humains Land » est une question de survie à notre planète.

Autrement dit, en fonction de la charte des droits de l’homme, ne pensez-vous pas que le dernier degré du capitalisme actuel, derrière le paravent de l’Union Européenne comme des instances internationales, ne mène qu’à l’esclavage moderne de la majorité des citoyens de la planète ? Le mur du « çon » est franchi alors que les droits au logement,  au travail correctement rémunéré, l’égalité en santé et justice, enfin tous ces droits chèrement acquis sont directement  impactés  par la voracité d’une minorité, et de leurs multinationales de droit privé dominant peu à peu  les structures démocratiques, comme de l’Union de nations : Européenne comme Onusienne !

En clair, avec les appareils politiques actuels de tout bord, le tout va bien, c’est pour la  banque qui  puisera  encore sur les fonds de l’UE  prenant  sur nos impôts les pertes subies, le prochain risque systémique en gestation venant d’Allemagne ;  Ces fonds sont récupérés par des investisseurs professionnels « privés » conscients de leurs risques et non partageux de leurs profits passés, présents et futurs.  En plus clair, la représentativité par les parlementaires fait défaut, le rien ne va, c’est pour le citoyen  qui, sans  limite  matérielle comme morale,  payera pour  les pertes d’investisseurs professionnels privés : de fait «de rang miséreux, puisque  rendus  irresponsables,  à la charge de la société » ! La nationalisation de l’outil de travail serait un minimum ! La resocialisation des spéculateurs sans frein y compris de l’encadrement bancaire est l’obligation à assumer par tout ministère des finances, à chaque nation comme de l’Union !

Il est  crucial d’opérer en urgence une distinction claire et  nette entre la garantie apportée aux épargnants sur leurs dépôts et la caution en faveur des transactions commerciales d’une part. Et le chèque en blanc offert d’autre part aux investisseurs, pertinemment Le contribuable européen doit-il se résigner à éternellement couvrir les pertes et à cautionner les placements et les paris des investisseurs et des spéculateurs ? Car l’histoire des sauvetages bancaires  se résume en réalité au renflouement de cette classe privilégiée. Alors que le sauvetage d’un seul établissement financier important (à venir la Deutsche Bank) est susceptible de faire chanceler une grande nation, voir l’équilibre mondial,  et d’hypothéquer l’avenir de ses citoyens, les banques ont plus que jamais besoin des pouvoirs publics et de leur banque centrale, seule entité à même d’imprimer des billets qui serviront à cette remise à flots. Restons ferme que l’indispensable intégration européenne ne soit pas un paravent derrière lequel se cacheront ces banques afin de puiser subrepticement dans les fonds de l’Union.

A recenser les aides publiques octroyées au secteur bancaire de l’Union entre octobre 2008 et décembre 2011, ils ont  atteint le chiffre vertigineux de 1.616 milliards d’euros ! Voilà donc les résultats chiffrés des efforts consentis par les 27 pays membres – c’est-à-dire par nous citoyens européens – et, ce, sans même tenir compte de l’année 2012 en cours. Laquelle année 2012 aura en outre vu les banques espagnoles bénéficier d’une première tranche de 39 milliards d’euros, ou encore le système bancaire de la minuscule Chypre pomper pas moins de 10 milliards. Cette somme phénoménale de 1.616 milliards d’euros – soit 13% du P.I.B. de l’ensemble de l’Union ! – fut donc injectée à hauteur de 1.174 milliards dans les banques pour renflouer leurs liquidités, et à hauteur de 442 milliards pour soulager leur solvabilité et pour les délester de leurs créances toxiques.

Quant aux  banques britanniques, premières bénéficiaires avant le Brexit ! Qu’en est-il après ?

Ne pointons pas du doigt les établissements financiers espagnols pour leurs responsabilités, ni même les banquiers grecs pour leur hypothétique légèreté. Car c’est les banques britanniques qui furent les premières – avec 19% des sommes totales – à puiser dans cette cagnotte. Les banques allemandes et irlandaises étant secondes ex-æquo, avec 16%… Pourquoi le citoyen européen qui subit une austérité impitoyable est-il obligé de renflouer des banques britanniques qui ne jurent que par la City ? Qui  4 ans plus tard, après le Brexit se sentent flouées, alors que l’Union Européenne n’imagine même pas de remettre en cause « ses dons » de majestueuse seigneurie !

Quant aux épouvantails plantés dans les champs de la « presse sous ordres » de la scène médiatique nationale, à l’image du « burkini », on nous enfume allègrement ; le silence restant d’or coté emprise actuelle des financiers au plan mondial.

Sortir ou pas de l’euro ? Telle est la question !

En fait, d’abord créer une union socio-économique, puis une monnaie commune, et pas l’inverse aurait été une logique du « now new humans Euro-land » .

D’un côté, l’euro est vu comme un symbole ET un instrument de domination et de compétition dont il faut absolument se libérer. D’un autre côté, il est considéré soit comme utile (une monnaie forte face aux autres économies), soit comme nécessaire (sans l’euro, ce sera pire).
Sans revenir sur le fait que les Institutions européennes violent sans cesse leurs propres lois, soulignons que leurs traités ne prévoient pas de modalités spécifiques pour la sortie de la zone euro (contrairement à la sortie de l’Union prévue par l’article 50 du traité de Lisbonne). D’un point de vue légal, l’une n’entraîne pas l’autre. D’un point de vue légal, encore, l’expulsion d’un pays de la zone euro par les autres membres n’est pas possible, mais dans les faits ils peuvent bien sûr faire pression sur lui (via la BCE, entre autres).

D’un côté, on souligne qu’une sortie de l’euro entraînerait une forte dévaluation de la nouvelle monnaie et une fuite de capitaux. De l’autre, on dit que ces effets s’éteindront après une année et que plus on attend, pire ce sera. De plus, plusieurs scénarios de sortie de l’euro et alternatives sont possible :

-sortir de l’euro à plusieurs (voire se doter d’une monnaie commune alternative)

-négocier cette sortie / dévaluation avec l’Europe pour en limiter les effets négatifs
-appliquer une réforme monétaire redistributive
-utiliser une monnaie complémentaire à l’euro pour les échanges internes (comme en Équateur où de nombreux paiements quotidiens – dont les factures et certains salaires – se font sans utiliser le dollar, la monnaie officielle)
last but not least, demander l’avis à la population…

La sortie de l’euro n’est pas LA solution (avant l’euro, il y avait des problèmes, et le capitalisme était là) ; elle ne doit pas être présentée comme un préalable à toute politique.

Le préalable c’est l’arrêt de l’austérité.

Pour cela, il faut remettre en cause la dette illégitime. Si ces politiques peuvent être mises en place tout en restant dans le cadre européen (Europe et/ou euro), et que cela permet un changement de rapport de forces pour en changer profondément l’orientation et le fonctionnement, tant mieux. Si ces politiques ne peuvent pas être mises en place sans une rupture avec l’Europe et/ou l’euro (c’est ce que tend à montrer l’actualité grecque), alors il faut faire rupture.

Mais cette rupture ne doit pas se limiter à la sortie de l’euro. Pour empêcher le « ce sera pire après » et empêcher l’hémorragie, il faut un moratoire sur le paiement de la dette, un contrôle strict des mouvements de capitaux et la socialisation des banques.

Sources : Commission Européenne /cadtm Belgique / E. Santi- doc. décembre 2012  / R.André-ldh91

Des tas d’urgence, seul le pluralisme culturel et cultuel tient de L’universalité des Droits de l’Homme

Des tas d’urgence quant au refus du modèle  d’état d’urgence à perpétuité. Seul le pluralisme culturel et cultuel tient de l’universalité  des droits de l’Homme !

La Palestine, oubliée

Une tribune libre de Pierre Stambul, de l’Union juive française pour la paix (UJFP)

le 26/10/2016

Le coprésident de l’Union juive française pour la paix (UJFP) revient de deux voyages en Cisjordanie et à Gaza. Témoignage.

 

Avec le chaos que connaît le Proche-Orient, les médias ne parlent plus de la Palestine. Les choses sont pourtant simples. Entre Méditerranée et Jourdain, 50 % de la population est palestinienne. Mais les Juifs israéliens possèdent tout : la terre, la richesse, l’eau, la puissance politique, la puissance militaire, la liberté de circuler. Des décennies d’occupation, de colonisation, de crimes impunis, d’emprisonnement massif et de discriminations, ont fragmenté la société palestinienne. On vit une situation d’apartheid avec un gouvernement israélien d’extrême droite qui nous rappelle les pires moments du colonialisme français. Les dirigeants occidentaux soutiennent inconditionnellement la reconquête coloniale et le « sociocide » à l’œuvre. Le gouvernement français qui multiplie les signes d’amitié à des fascistes comme Lieberman et qui essaie de criminaliser le BDS (« Boycott, Désinvestissement, Sanctions ») porte une grave responsabilité dans la situation en Palestine.

Deux voyages récents, l’un en Cisjordanie (décembre-janvier) et l’autre dans la bande de Gaza (mai-juin) m’ont permis de mesurer l’aggravation de la situation. Je précise que dans les deux voyages, je me suis systématiquement présenté comme coprésident de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) et comme militant pour un « BDS » total contre l’État d’Israël. Les Palestiniens répètent à l’envi : « Nous ne sommes pas contre les Juifs, nous sommes contre l’occupation.  » En Cisjordanie, la colonisation n’est plus rampante. Tous les jours, des colonies s’agrandissent, des maisons sont démolies, des terres sont confisquées. Ce qui reste de la Palestine ressemble de plus en plus à des réserves indiennes encerclées avec quelques zones surpeuplées, isolées les unes des autres. 700 000 Israéliens vivent au-delà de la « ligne verte », la frontière internationalement reconnue. Les colons forment plus de 10 % de la population mais aussi la moitié de l’armée et du gouvernement. Les colons et l’armée sont très violents. Plus de 400 Palestinien-ne-s ont été tué-e-s depuis octobre dernier. Dans la ville d’Hébron, 700 « fous de Dieu  » protégés par 2 000 soldats agressent quotidiennement la population et caillassent impunément les enfants qui vont à l’école.

Gaza est une gigantesque cage où 2 millions de personnes sont bouclées. Les jeunes ne sont jamais sortis de la cage. Trois grands massacres ont eu lieu entre 2008 et 2014. La mort arrive de tous les côtés : par mer (les vedettes maritimes), par drone, par hélicoptère, par avion de chasse (les F16), par tank, par les tours automatisées. L’occupant empêche les pêcheurs de pêcher et les paysans de cultiver. Tout est fait pour faire des Gazaouis des « assistés ». Les Gazaouis ne sont pas des terroristes. Gaza est une société normale dans une situation totalement anormale. Il y a une incroyable diversité d’opinions sur tous les sujets. Au blocus s’ajoute une autre plaie : la division palestinienne. La population majoritairement est très critique contre les deux grands partis (Fatah et Hamas). Elle survit grâce à une société civile éduquée, qui fait jouer toutes les formes de solidarité et qui pallie les carences des deux gouvernements rivaux en acceptant de travailler gratuitement.

Et si la Palestine était le laboratoire de la société carcérale qui s’annonce chez nous ?

Pierre Stambul

Nous relayons la tribune publiée dans le Ravi n°144- septembre 2016

R.André/ldh91

Des tas d’urgence quant à l’éducation « évacuer le bachotage », l’école ne serait plus ce mammouth mais une fourmilière créative !

Tout le système éducatif est basé sur ce bout de papier à obtenir. Un bout de papier qui ne vaut pas un clou en-dehors. Nous relayons ci-dessous un texte du blog de Bernard Collot de juin 2015 : «  En supprimant le bac, c’est tout le système en amont qu’on libèrerait »

Qu’a besoin un jeune adulte qui termine ou qui sort du temps scolaire ? D’un« bilan de compétences » lui permettant de décider :

– soit vers quelles voies de la vie active ou vers quelles formations professionnelles il pourrait s’engager,

– soit de rester momentanément dans le système éducatif pour améliorer des potentialités,

– soit de poursuivre dans la partie supérieure du système éducatif l’exploration de domaines spécifiques (les diverses branches de l’université à l’issu desquelles d’autres bilans de compétences devraient pouvoir être faits).

Un bilan de compétences n’a rien à voir avec un examen se soldant par un diplôme ou avec n’importe quel contrôle classique, qu’il soit continu ou non.

Or, nous savons les faire puisqu’ils existent dans la vie professionnelle et constituent même un droit. Il y a des outils, des techniques, des spécialistes formés aux longs entretiens que cela nécessite. Un bilan de compétences demande du temps et de la tranquillité, s’effectue dans la confiance.

Remplacer une dernière année de course à la fin des programmes, de bachotage stérile, pour un résultat sans grande signification, par une année de réflexion sur un long vécu, de débriefing, de discussions collectives, de discussions avec des actifs, des étudiants, de visites… et de multiples entretiens individuels avec des spécialistes formés qui ne seraient plus des profs, un année toujours dans le système éducatif mais libérée de toutes contraintes, de tout stress, de toute sanction (spectre de l’échec) ou récompense fallacieuse (un papier), ne serait-ce pas le souffle à donner pour que chacun vole de ses propres ailes ce qui est quand même la vraie finalité d’une éducation ?

En supprimant le bac, c’est tout le système en amont qu’on libèrerait, jusqu’à la maternelle. On devine facilement tous les possibles qui s’ouvriraient immédiatement, toutes les transformations pouvant s’opérer, tous les problèmes sur lesquels buttent sans solution l’école qui n’existeraient plus ou deviendraient différents (rythmes, programmes, évaluations, apprentissages…).

Et c’est peut-être bien ce qui fait peur et fait maintenir ce verrou que tout le monde ou presque admet comme néfaste ; c’est bien la remise en cause radicale de tout ce qui le précède. Autrement dit, le bac serait nécessaire pour ne rien changer ! On cherche bien en boucle, sans y arriver, à améliorer, à modifier le verrou, mais pas à le supprimer. Pourtant, si on veut recoller l’école à l’évolution continue, ce ne peut être qu’une école sans bac, sans diplômes figés à vie. C’est incontournable.

Ne  changer que sur la forme, ce replâtrage un immobilisme : c’est au mieux rester en cours de route, sûrement revenir toujours en arrière toute : des points de vue bien connus (que nous relayons d’un texte de B. Girard du blog questions de classe.s ), des points de vue qui se répètent à l’identique d’une année sur l’autre, d’un temps révolu, une sorte de nostalgie qui s’auto-entretient ; des idées fixes sur le système éducatif, usant jusqu’à la corde ces thèmes que voilà : « déclin et ensauvagement d’après-mai 68 », « effondrement du niveau et baisse des  exigences », « abandon des savoirs » ( grands auteurs », « grands hommes », « grandes dates historiques »), « autorité du maître et critique de la mixité » renvoyant à un mépris réel pour les élèves, « bonnes vieilles méthodes  à base de répétition et de par cœur », inépuisable phobie du « pédagogisme » à la formation des maîtres, dénonciation obsessionnelle du collège unique, examens « bradés ». La liste est longue des  attaques brutales, répétées et assumées contre les élèves « issus de l’immigration », de plus en plus ouvertement assimilés à des fauteurs de troubles, des terroristes en devenir, l’école ayant sombré, et la France avec elle, depuis qu’elle s’est ouverte aux élèves de tous les milieux, de toutes les migrations.

Ces « fameuses bonnes vieilles méthodes » défendent en réalité un modèle figé d’école étroitement sélective, et d’exclusion ; une école de classe d’un ordre social brutalement inégalitaire, lourdement administrative, grandement inapte à coller à l’évolution de plus en plus rapide. Un bon bilan de compétence du système éducatif lui-même et tout ce qu’il induit  n’est à priori que constructif dans le sens où le savoir-faire se valorise à sa base, des profs qui par d’autres moyens que ceux de programmes et de leçons se préoccupent surtout de libérer la pensée de leurs élèves, de révéler, d’améliorer leurs capacités créatrices, et ce, pas seulement dans le domaine littéraire ou des maths. Il n’est à priori que constructif si avec l’allongement de la scolarité entre 3 et 18 ans on introduit en même temps ces bilans de compétence à différents échelons à la place de ce bout de papier à l’issue de la classe terminale !

ldh91- R. André

Des Tas d’urgence le travail n’étant pas que chiffres de rentiers

Nous relayons ici le texte de l’intersyndicale pour la manif du 15/09/16:

La loi Travail n’est pas bonne pour les salariés et les jeunes. Elle ne le sera pas non plus pour l’économie du pays. Alors que le chômage et la précarité augmentent, en affaiblissant les conventions collectives au profit des accords d’entreprise, cette loi accroît la concurrence entre les entreprises poussant à l’alignement sur le « moins offrant » pour les salariés. Cette logique de dumping social va engendrer davantage de flexibilité et de précarité et remettre en cause nombre d’acquis sociaux.

Cette loi contrevient aux conventions 87, 98 et 158 de l’Organisation Internationale du Travail relatives à la négociation collective, aux libertés syndicales et aux licenciements.

Les organisations syndicales étudient tous les recours et moyens juridiques possibles pour s’opposer à la mise en œuvre de la loi Travail.

L’emploi, les salaires et les conditions de travail restent des préoccupations majeures pour les citoyens.

Le chômage et la précarité sont des fléaux pour notre pays. Les créations d’emplois, dans le privé comme dans le public, sont pourtant nécessaires pour répondre aux besoins de toute la société. La stabilité et la qualité des emplois sont non seulement gage de progrès social et de qualité de vie pour les salariés et les jeunes, mais sont aussi un facteur essentiel de création d’emplois. La loi Travail tourne le dos à cet enjeu ! Tous les pays qui ont fait l’expérience d’une telle réforme du droit du travail (Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Allemagne) en mesurent aujourd’hui les conséquences néfastes.

Affaiblir le code du travail, c’est affaiblir les droits de tous les salariés !

Il est clair qu’à terme la fonction publique sera aussi concernée car nombre de règles statutaires relève de la transposition de dispositions du code du travail (dialogue social, respect de la hiérarchie des normes et des droits collectifs, temps de travail, etc.).

C’est pourquoi nos organisations continueront à mener tous les débats nécessaires avec les salariés et les jeunes pour, à l’inverse de cette loi, promouvoir d’autres propositions, obtenir son abrogation et gagner de nouveaux droits pour toutes et tous.

Pendant l’été, de nombreuses initiatives locales se sont développées et la carte postale au Président de la République a été largement utilisée. Comme nous l’avons écrit au Président de la République, « on se retrouve à la rentrée… », notamment sur les meetings et débats unitaires déjà programmés.

Les organisations dénoncent les faits de répression dont sont aujourd’hui victimes des militants syndicaux, des jeunes, des salariés et des agents publics.

Les organisations syndicales de salariés et de jeunesse CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL appellent les salariés, privés d’emploi, étudiants, lycéens, retraités à se mobiliser massivement pour réussir la journée d’actions du 15 septembre contre la loi Travail, selon des modalités décidées localement (rassemblements, manifestations, grèves, etc…), pour obtenir l’abrogation de cette loi et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.

LDH91-R.ANDRE

Des tas d’urgence de Sécurité Sociale

(source AFP) – Manger sainement, prendre rendez-vous chez le dentiste ou l’ophtalmo… Des comportements indispensables pour rester en bonne santé mais dont se privent les plus pauvres en raison de leur coût, révèle une étude publiée mardi pour le Secours populaire.

 Parmi les Français les plus pauvres (ceux qui appartiennent à un ménage dont le revenu mensuel net est inférieur à 1.200 euros), la moitié a déjà renoncé ou repoussé une consultation chez le dentiste, soit un bond de 22 points par rapport à 2008, et près de 4 sur 10 un rendez-vous chez un ophtalmologiste (39%, +9 points), selon le 10e baromètre Ipsos/Secours populaire.

Dans les foyers les plus modestes, 64% indiquent avoir eu des difficultés au moment de payer des actes médicaux mal remboursés par la Sécurité sociale.

Disposer d’une mutuelle santé est financièrement compliqué pour 53% des ménages modestes, et 48% d’entre eux n’ont pas les moyens de se procurer une alimentation saine.

« Dans ses permanences d’accueil, le SPF (Secours populaire français, NDLR) perçoit une dégradation de l’état de santé de familles, de mères seules, de jeunes, de retraités, de beaucoup d’enfants. Fait récent, le travail n’apporte plus forcément la garantie d’une autonomie financière: certains salariés ne sont plus à l’abri des privations et peinent également à se soigner ».

Sur l’ensemble des Français interrogés, 68 % estiment que les inégalités en matière d’accès à la santé se sont aggravées au cours des dernières années.

Plus du tiers des sondés (38%) a déjà connu la pauvreté et cette proportion augmente (3 points de plus par rapport à 2015, selon le baromètre Ipsos)

« Comme le pointait déjà le baromètre Ipsos-SPF en 2013, les femmes sont souvent le plus affectées (39%). Emplois précaires, temps partiel subi, chômage : ces dernières paient un lourd tribut à la crise mais aussi aux persistantes inégalités de genre. Les ouvriers et employés comptent aussi parmi la catégorie la plus exposée », explique l’association.

Les Français anticipent un avenir sombre pour eux comme pour leurs proches: plus d’un sur deux (55 %) juge que sa vie quotidienne est menacée par la pauvreté, un peu moins que l’année dernière mais 10 points de plus qu’en 2007 (45%), avant la crise économique.

Les Français sont également 83% à penser que les risques que leurs enfants connaissent une situation de pauvreté sont plus élevés que pour leur génération.

Problème, les résultats sur le front de l’emploi, eux, se font  cruellement attendre. « Sur l’ensemble du quinquennat, le chômage au sens du BIT augmenterait de 100.000 personnes malgré 720.000 créations d’emplois », prévoit l’OFCE. Les créations d’emploi dans le secteur marchand ne dépasseraient les suppressions de postes qu’à partir de 2017. Soit quatre ans après l’annonce de l’inversion de la courbe du chômage par François Hollande… Plus grave, le sous-emploi a considérablement progressé en quatre ans. En additionnant les demandeurs d’emploi, les temps partiels subis et les chômeurs non inscrits, ce sont près de 6 millions de personnes qui souffrent du chômage, soit 8 % de plus qu’il y a quatre ans (440.000 personnes).

LDH91-R. André au 06/09/2016

Des tas d’urgence : démocrature & l’algo-meat que nous devenons

 

De la même manière qu’au sein d’une dictature, l’Etat français s’est réservé le droit d’enfermer administrativement des opposants politiques, des citoyens contestataires, sans juge judiciaire, et ce, tant que l’état d’urgence qu’il a déclaré, perdure. Les militants écologistes de la Cop21 ont été un exemple frappant ce ce nouveau modèle « judiciaire ». La police, les services de renseignements, en démocrature française, ont des possibilités plus étendues qu’avec le système purement démocratique : ils peuvent intervenir à tout moment, à tout endroit, pénétrer les domiciles en défonçant les portes, arrêter tout citoyen considéré comme suspect par les services de renseignement, sans aucun contrôle d’un juge judiciaire. Comme en dictature.

Ce régime politique hybride, mis en place par étapes, qui justifie son existence par le danger terroriste, est pernicieux à plusieurs titres. Le premier est qu’il reste invisible pour une majorité de la population — celle qui ne correspond pas aux critères de dangerosité terroriste établis aujourd’hui — et le second, qu’il parvient à légitimer aux yeux des citoyens, des actes, procédures, comportements et attitudes de l’Etat, de ses fonctionnaires, absolument anti-démocratiques et donc liberticides.

La démocrature est mouvante, glissante, s’adapte en permanence aux événements, avec plusieurs constantes : les libertés individuelles ne sont plus centrales, l’indépendance judiciaire est mise entre parenthèses sur ordre du politique, qui finalement applique le vieil adage : « la fin justifie les moyens »

 

Le pouvoir politique déjà soumis au règne de l’algorithmie

En 2016, l’Etat français se vante déjà d’utiliser l’algorithmie et les big data, pour « améliorer le fonctionnement collectif, garantir plus de sécurité, économiser les budgets publics ». La chasse aux fraudeurs sociaux via les algorithmes a commencé, la reconnaissance faciale a été testée, la détection des comportements terroristes ou de radicalisation sur Internet, etc (Lire l’article reflets.info : « Nous vous scrutons, bien que ce ne soit pas vous la cible« ). Combien de domaines sont déjà sous gestion algorithmique ? Jusqu’à quel point la liberté de l’individu peut-elle rester compatible avec un traitement statistique et mathématique des comportements par l’administration ? Le Darpa (Département de recherche technologique de La Défense américaine), ne s’embarrasse pas de précautions puisqu’il fait la publicté de ses systèmes de détections d’anomalies au public américain avec son programme Adams : Anomaly Detection at Multiple Scales  sans aucun complexe.

Les responsables politiques actuels ont, en 2016, fermement établi une nouvelle règle implicite mais centrale pour justifier leurs actions : ils ne gouvernent plus, mais gèrent le pays. La différence entre gouvernance et gestion est très importante et directement reliée à l’algocrature en cours de constitution. Gouverner politiquement un pays c’est avant tout soumettre à une population un projet, basé sur une vision de la société. Gouverner c’est se donner les moyens d’atteindre — au moins partiellement — l’objectif que l’on a soumis à la sagacité des électeurs. Gouverner est mettre en œuvre des idées, des idéaux. A l’inverse, gérer ne requiert aucun idéal politique, ni idées à accomplir : gérer un pays, une société est une activité quotidienne technique. Technocratique dans le cas d’un gouvernement. La gestion requiert des outils, et des techniciens qui les utilisent afin d’optimiser toutes les activités censées être optimisées, maintenues.

Quoi de mieux, dans une société technocratique dont les gouvernants sont des gestionnaires, que la modélisation statistique ? Qu’elle soit prédictive ou non, l’application des théories mathématiques dans le traitement des données à des fins statistiques ou de contrôle, est le rêve de tous les individus de pouvoir. Les sensations de maîtrise, de vision globale, de capacité à anticiper, stopper les évènements défavorables qu’offre l’algopolitique sont grisantes pour le politicien en charge des affaires : un problème trouve toujours une réponse directe que la statistique et l’observation des formes générales couplée à la détection des anomalies font surgir.

Il est ainsi probable que dans un futur très proche, nos vies soient entièrement traitées et analysées, voire accompagnées par l’agorithmie, et contrôlées administrativement. Les véhicules autonomes (donc géolocalisés) vont se généraliser, tout comme les calculs de vitesse de nos déplacements routiers par caméra (pour ceux qui seraient encore avec des véhicules anciens), les objets connectés les plus anodins renverront des informations sur nos modes de vie, les assurances calculeront automatiquement les montants de nos cotisations en fonction de nos données médicales.

Nous laissons tous une empreinte numérique unique, et le machine learning — en perpétuelle amélioration  — au service de la gestion administrative du pays, ne peut que pousser les responsables  politiques à les utiliser de plus en plus. Au point que chacun d ‘entre nous ne sera plus, au final, qu’une partie d’une forme générale, une tendance ou… une anomalie scrutée de façon intrusive et invisible. Que fera l’administration des anomalies déclarées « dangereuses » ?

Au delà de toutes les problématiques concrètes en termes de liberté et de droit à la vie privée, de droit à la confidentialité, gardons à l’esprit que nos activités et nos comportement traitées par les systèmes « intelligents », même anonymes, nous transforment — dans tous les cas — d’individus, de sujets, en une vulgaire matière statistique binaire. Une partie du code. Un point sur une carte. Un numéro.

Nous relayons un texte de reflets.info « Bienvenue en algocrature » : https://reflets.info/france-2016-bienvenue-en-algocrature/

R.André

Des tas d’urgence quant à filmer sur la voie publique les violences, mêmes policières cela peut sauver une vie !

 

Le droit de filmer la police Documents et articles relatifs au droit de filmer les fonctionnaires de police dans l’exercice de leurs fonctions. Article 11 de la Déclaration Des Droits De L’Homme Et Du Citoyen De 1789. « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Article 10 de la Convention Européenne Des Droits de L’Homme. 1. Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n’empêche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations. 2. L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire. Cour de Cassation – 9 juillet 2003. « Les droits au respect de la vie privée et à la liberté d’expression, revêtant, eu égard aux articles 8 et 10 de la Convention européenne et 9 du Code civil, une identique valeur normative, font ainsi devoir au juge saisi de rechercher leur équilibre et, le cas échéant, de privilégier la solution la plus protectrice de l’intérêt le plus légitime » Saisine n°2005-29 Avis de recommandations de la Commission nationale de déontologie de la sécurité. A la suite de la saisine, le 23 mars 2005 par Mme Marie-Christine Blandin, Sénatrice du Nord. Constatant une nouvelle fois l’inobservation manifeste par des services de police des instructions relatives à la dignité des personnes en garde à vue, la Commission, trois ans après l’entrée en vigueur de la circulaire du 11 mars 2003, estime ainsi constitué un manquement à la déontologie. Elle recommande également, ainsi que le prescrit le code de procédure pénale, que les services enregistrent sans délai les plaintes fondées sur des violences policières, quel qu’en puisse être le bien-fondé apparent. Il paraît opportun à la Commission qu’il soit rappelé aux forces d’intervention, notamment aux CRS, qu’elles doivent considérer comme normale l’attention que des citoyens ou des groupes de citoyens peuvent porter à leur mode d’action. Le fait d’être photographiés ou filmés durant leurs interventions ne peut constituer aucune gêne pour des policiers soucieux du respect des règles déontologiques. Conformément à l’article 7 de la loi du 6 juin 2000, la Commission a adressé son avis à M. Nicolas Sarkozy, ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire Réponse de Nicolas Sarkozy : Filmer un policier dans l’exercice de ses fonctions n’est donc pas une atteinte à l’article 226 – 1 du Code Pénal. Ces articles et documents sont confortés par une circulaire du ministère de l’intérieur en date du 23 décembre 2008.

infos relayées par ldh91-R.André

Des tas d’urgence quant aux « enchainements» de mal-vivre la Démocratie et « déchainements » de l’état des Droits de l’Homme !

 

Un récent rapport de la commission parlementaire signifie que l’état d’urgence n’a eu qu’un effet très limité malgré les forces déployées jusqu’à 10.000 hommes. Des hommes à bout de nerf tant la tâche qui leur incombe est hors limite humaine ; ceci parait-il pourrait expliquer ce regain de violences policières envers les manifestants citoyens contre la loi El Khommeri. Nos agences du renseignement sont « minées » bien avant 2012 par l’ex-président & ex-ministre de l’intérieur. Le Bataclan était en ligne de mire depuis 2 à 3 ans selon des sources égyptiennes  pourtant nos forces policières ont besoin de 2 heures pour entrer en action ; alors que nos forces politiques mettront à peine ½ heure pour paraître aux écrans avec en toile de fond les lieux du drame. Autre anomalie, les grenades à dé-encercler ne sont pas utilisées au niveau du sol sur les jambes comme le prévoit le règlement d’usage fourni avec l’arme, la tête et le dessus pour un groupe sont ciblés expressément. Pour finir mon coup de gueule, il y a une forte ressemblance entre une grenade à dé-encercler de nos forces de police et la grenade à dé-encercler le 49.3 à l’assemblée nationale, utilisé par notre premier ministre & ex-ministre de l’intérieur. Toutefois, il  reste toujours la question en suspens quant aux inconséquences désastreuses des enchainements & déchainements de mal-vivre  et ces impunités quant à la gouvernance hors la démocratie, hors les droits de l’Homme / ldh91-R.André du 05/07/16.