Mineurs non accompagnés : 3e condamnation de la France

Mineurs non accompagnés : 3e condamnation de la France par le Comité des droits de l’enfant

Le 19 janvier 2026, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a, une nouvelle fois, condamné la France pour ses pratiques en matière de prise en charge et de détermination de l’âge des mineurs non accompagnés.

Le Comité a été saisi par cinq jeunes exilés dont la minorité a été contestée dans les départements de Haute-Garonne, de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire. Leurs parcours révèlent des pratiques administratives et judiciaires défaillantes : évaluations sommaires basées sur l’apparence physique, rejet de documents d’état civil pourtant authentiques, et recours systématique à des tests osseux pourtant unanimement critiqués.

L’un d’entre eux a même fait l’objet d’une réévaluation de son âge alors qu’un autre département l’avait reconnu mineur. Privés de représentant légal, ces enfants ont été remis à la rue sans recours suspensif, les exposant durablement à des situations de danger.

Il s’agit de la troisième condamnation de la France, après celles de janvier 2024 et mai 2025, visant les mêmes défaillances structurelles. La répétition de ces constats souligne le caractère persistant et systémique des violations, malgré les alertes réitérées des associations intervenant auprès des mineurs isolés.

Dans cette décision, le Comité relève à nouveau que les procédures françaises de détermination de l’âge ne respectent pas les garanties procédurales prévues par la Convention internationale des droits de l’enfant. Il constate notamment :

  • une remise en cause injustifiée de documents d’état civil sans vérification auprès des autorités compétentes ;
  • la persistance de l’usage des examens médicaux d’âge osseux pourtant dénoncés de longue date ;
  • des évaluations de minorité non conformes à l’intérêt supérieur de l’enfant ;
  • une absence de représentation légale dès l’ouverture de la procédure ;
  • le caractère non suspensif des recours conduisant de nombreux mineurs à vivre plusieurs mois à la rue.

Le Comité rappelle que la date de naissance d’un enfant fait partie de son identité et que les États parties sont tenus de respecter le droit de l’enfant de préserver son identité, et de ne le priver d’aucun des éléments qui la constituent.

Les précédentes décisions dénonçaient déjà le caractère non conforme des évaluations sociales réalisées par les départements. Le Comité précise désormais qu’une évaluation conduite par un seul évaluateur, sur un temps limité, sans prise en compte du parcours migratoire ni de la vulnérabilité du jeune, ne répond pas aux exigences de la Convention. Elle ne peut se réduire à des considérations liées à l’apparence physique ou à la cohérence du récit : elle doit être pluridisciplinaire, intégrant des dimensions sociales, psychologiques et éducatives.

Le Comité rappelle, par ailleurs, qu’un ou une représentante légale qualifiée doit être désignée sans délai, gratuitement et être habilitée à assister le ou la mineure tout au long de la procédure, y compris dans le cadre des demandes de protection internationale ou de séjour.

En jugeant, dans sa décision du 1er juillet 2025, que les constatations du Comité des droits de l’enfant n’avaient pas de caractère contraignant et en les privant ainsi de toute effectivité, le Conseil d’État a exposé la France à cette condamnation – et à toutes celles qui pourraient suivre. Le dispositif d’accueil des mineurs non accompagnés demeure contraire aux engagements internationaux de notre pays (voir le communiqué interassociatif du 1er juillet 2025 « Mineurs isolés : le Conseil d’État refuse de reconnaître la valeur des condamnations du Comité des droits de l’Enfant »)

Cette nouvelle condamnation doit agir comme un signal d’alerte clair. Il appartient désormais au législateur de prendre ses responsabilités et d’engager une réforme ambitieuse et conforme au droit international, afin que chaque enfant en danger, où qu’il se trouve sur notre territoire, puisse enfin bénéficier de la protection à laquelle il a droit.

Le 3 février 2026

Associations nationales signataires : Aadjam, ADDE, Cofrade, Droit à l’école, Gisti, InfoMIE, La Cimade, La Ligue des droits de l’Homme, La Voix de l’Enfant, Le Comede, Médecins du Monde, Médecins sans frontières, Secours catholique Caritas France, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, UNICEF France, Utopia 56

Associations locales signataires : AIME Annecy, ASAJIE, Association TIMMY Soutien aux jeunes exilés, Collectif AMIE Lyon, Collectif soutien/migrants Croix Rousse, Collectif Chabatz d’Entrar 87, Collectif des habitants indignés et solidaires des bois blancs Lille, Comité Citoyen pour l’Accueil des Réfugiés en Uzège, KOTOLI Maisons solidaires, La Casa Paris, Médecine et droit d’asile, Permanence ADJIE, Réseau Solidarité Migrants Rouen, RESF 1234 Paris Centre, RESF 27, RESF 30, RESF 34, RESF 51, RESF MIE 92, Réseau Hospitalité Hautes-Alpes, Rosmerta, Solmiré Landes, Sous le même ciel, Soutien 59 St Just Marseille, STAPE Asso

Journée internationale des migrants

Appel national de la LDH

Restrictions drastiques des conditions d’accueil pour les demandeurs d’asile, refus de régularisation, refus de premier titre de séjour, refus de renouvellement de titre de séjour, remise en cause des APL pour les étudiant-es étranger-es, obligations de quitter le territoire français (OQTF) systématiques et généralisées, placements en rétention, cette politique migratoire, véritable fabrique de sans-papiers, attentatoire aux droits et à la dignité des personnes étrangères doit cesser.
La loi immigration du 26 janvier 2024 et la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, ont des conséquences humaines catastrophiques pour les personnes étrangères qui souhaitent travailler, étudier, se marier, avoir une vie familiale en France. (…)
Cette politique fait le jeu de l’extrême droite, alimente le racisme et la surexploitation des travailleuses et des travailleurs migrant-es, avec ou sans papiers, faisant du traitement inégalitaire et stigmatisant des personnes étrangères la norme. Tout ceci permet aux médias détenus notamment par le groupe Bolloré de déverser chaque jour leur haine et leurs affirmations mensongères suscitant la peur et la division, pour se placer en protecteurs contre des dangers fictifs.

Ce n’est pas la France que nous souhaitons !

Des nouvelles de Kélé

La préfète n’a pas fait appel du jugement du Tribunal Administratif du 01 juillet qui annule l’OQTF du mois d’avril. Ce jugement donne l’obligation à la préfecture de délivrer à Kélé un titre de séjour d’1 an renouvelable : une carte de séjour « vie privée et familiale », lui donnant en elle-même l’autorisation de travailler.
Pour la remise de cette carte de séjour, Kélé a un rendez-vous la 2ème quinzaine de septembre. 
Sans attendre, comme le lui autorise aussi son Autorisation Provisoire de Séjour, il peut travailler dès à présent. Il a ainsi démarré un nouveau travail dans une entreprise commerciale avec un CDI à temps plein dès ce lundi 25 août. Tous les éléments d’intégration que Kélé a accumulés, malgré les fortes embûches, par ses propres qualités humaines depuis 11 ans de (sur)vie dure à Lyon, et avec notre aide à tous et toutes ; ainsi que la ténacité, l’humanisme et le professionnalisme de M° Guérault son avocat dans  le contenu de ses plaidoiries, ont enfin été reconnus par la justice, après l’avoir été aussi par la Commission du titre de séjour qui avait rendu un avis favorable à sa régularisation. Notre Collectif de soutien, qui existe depuis 8 ans, se félicite de ce pas en avant qui en appelle d’autres pour la régularisation définitive de Kélé puisqu’il s’agit-là du premier pas, avec un titre de séjour d’un an.
Nous espérons que Kélé va enfin pouvoir construire sa vie et son avenir paisiblement et sereinement à nos côtés ici à Lyon qui est devenue sa ville. Il est peu probable que l’appel pour le moment toujours en cours contre l’annulation de l’avant-dernière OQTF puisse contrecarrer l’évolution positive en cours.Kélé et tous les membres de notre collectif vous remercient sincèrement de votre soutien que ce soit au travers de vos signatures de tribune et pétition, prises de parole, médiatisation de la situation, participation aux soirées de soutien et rassemblements, lettres à la préfète, aide technique et financière, etc. Nous ne manquerons pas de faire à nouveau appel à vous « au cas où… »Cette avancée positive pour Kélé nous rappelle à quel point il est nécessaire de rester mobilisé·es contre les OQTF iniques de la Préfecture du Rhône. Nous sommes solidaires de plusieurs autres cas en cours, concernant des jeunes intégré·es depuis de nombreuses années en France recevant de nouvelles OQTF.
Salutations solidaires, Le Collectif de Soutien à Kélé
soutenez.kele@gmail.com contact : Armand Creus – 06 80 40 52 26
Le Collectif RESF Jeunes 69 resfjeunes69@gmail.com
contact : Michèle François – 06 23 85 17 70
Facebook : Soutenez Kélé
Instagram : soutenezkeleSite internet : https://www.soutenezkele.fr/

Recours de Kélé contre sa dernière OQTF

L’audience pour le recours de Kélé (Keletigui Sylla) contre sa dernière OQTF et son assignation à résidence aura lieu le 24 juin à 14h au Tribunal Administratif de Lyon (184 Rue Duguesclin, Lyon 3). 

Nous alertons tous les réseaux de soutiens : proches, ami·es, familles, élu.es, associations, syndicats, collectifs citoyens, en les invitant à venir par leur simple présence devant le Tribunal, exprimer un large soutien pour la régularisation de Kélé.

Pour rappel : Alors que son OQTF de mars 2024 a été annulée par le Tribunal Administratif en décembre 2024 et que la Commission du Titre de séjour a donné un avis favorable à sa régularisation en février 2025, Kélé a reçu une nouvelle OQTF en avril 2025 et une assignation à résidence en mai 2025 !

Le Collectif de Soutien à Kélé
soutenez.kele@gmail.com
contact : Armand Creus – 06 80 40 52 26

Le Collectif RESF Jeunes 69
resfjeunes69@gmail.com
contact : Michèle François – 06 23 85 17 70

Facebook : Soutenez Kélé
Instagram : soutenezkele
Site internet : https://www.soutenezkele.fr/

Pétition : http://chng.it/nFP6nts9gp