Un collectif de près de 15 organisations dépose un communiqué en Préfecture et en Mairie de Nancy

Ce communiqué rappelle les agressions commises en 2025 par des groupes d’extrême droite à Nancy, et demande l’interdiction de la commémoration de la bataille de Nancy (bataille de 1477, entre la Lorraine et la Bourgogne) qui jusqu’en 2024 se déroulait tous les 5 janvier, place de la Croix de Bourgogne à l’initiative d’un petit cercle de catholiques intégristes et de royalistes.
En 2025, des membres du RN et de Reconquête s’y sont adjoints et le ton de cet attroupement réactionnaire a changé.
LE TEXTE DU COMMUNIQUÉ
« Le lundi 5 janvier 2026, nous nous mobiliserons contre l’extrême droite. Cette année, plus encore que par le passé, nous devons être un maximum à le faire.
Contre l’insécurité et les violences de l’extrême droite, réagissons ensemble !
Pour rappel, à Nancy, un petit cercle de catholiques intégristes et de royalistes commémore, place de la Croix de Bourgogne, la bataille de Nancy (bataille de 1477, entre la Lorraine et la Bourgogne). Des membres du RN et de Reconquête s’y sont adjoints.
L’année dernière, le ton de cet attroupement réactionnaire a changé. Se mobilisant pour ce rassemblement, le groupe Aurora (groupe né sur les cendres de Génération Identitaire), connu pour son goût pour la violence, a voulu marcher aux flambeaux en centre-ville, avec tout ce que cela véhicule de symboles pour les passants et celleux qui ont accès aux images sur les réseaux sociaux.
En réaction, un champ large d’organisations politiques, syndicales et associatives a déclaré une contre-manifestation. Les deux manifestations ont été interdites tandis que le rassemblement place de la Croix de Bourgogne a été maintenu.
Une cinquantaine de jeunes fascistes ont pu de cette manière y participer avant d’investir le centre-ville. C’est ainsi que pendant plus de 4 heures, les rues de Nancy ont été abandonnées à des saluts nazis, des slogans haineux et provocateurs, des symboles hérités des pires moments de notre histoire.
Cette nuit de haine a laissé des traces et a eu des conséquences. Les fascistes locaux, ragaillardis par leurs agissements et l’impunité avec laquelle ils ont pu agir, ont commis, dans les semaines et mois qui ont suivi, plusieurs agressions. En voici quelques-unes qui ont marqué cette année 2025. L’une d’entre elle a été particulièrement violente. C’est le 17 mars que se produit cette agression sur un étudiant sortant de son cours de sport sur le campus universitaire de lettres. De nombreux coups portés par la troupe de 7/8 personnes ont plu sur l’étudiant isolé. Le 7 mai, deux membres de la CGT spectacle sont agressés et poursuivis jusqu à leur domicile. En septembre, une nouvelle tentative d’agression a lieu sur la faculté des sciences cette fois ci. En décembre, les 2 et 5, nouvelles tentatives d’agression dans la rue, présence avec une arme près d’une conférence ciblée par des individus d’extrême droite … Tout au long de l’année, ces exactions se sont multipliées et ont généré une insécurité grandissante à Nancy.
Ces agissements ne sont pas des faits isolés et propres à Nancy. L’extrême droite essaye de se déployer sur la Lorraine comme en témoignent la messe organisée en honneur à Pétain le 15 novembre à Verdun ou encore le fonctionnement d’un local accueillant des néo-nazi, la taverne de Thor à Combres-sous-les-côtes. A chaque fois, les mobilisations citoyennes et collectives sont présentes, s’organisent pour refuser et combattre les idées et la violence que portent l’extrême droite.
C’est dans ce contexte, que cette année, le 2 décembre, un premier appel à rassemblement est venu d’ »Au four et au moulin », un groupe néonazi vosgien dont le chef est un ancien d’Unité Radicale. On sait donc qu’une horde de petits nazillons, désireux de prendre leur revanche sur l’année dernière, risque de déferler dans les rues de Nancy le lundi 5 janvier.
Nous ne pouvons laisser l’extrême droite se pavaner ainsi dans les rues de notre ville. On en connait tou.tes les dégâts sur l’inconscient collectif de nos concitoyen.nes et les conséquences qui en découlent.
Dans le contexte actuel de montée de l’extrême droite, toutes les personnes éprises de libertés individuelles, collectives et défendant l’Etat de droit doivent réagir à cette ascension. Les nazillons qui veulent arpenter nos rues et les cadres d’extrême droite qui tentent de s’emparer des rênes du pouvoir sont les deux faces d’une même médaille : l’assurance des premiers s’alimente de la banalisation des seconds, et inversement. Nous connaissons les liens étroits qui lient le RN ou Reconquête à ces nervis, qui en seront sans nul doute les cadres subalternes prochainement comme d’autres avant eux.
A Nancy comme ailleurs, nous devons tou.tes être le cordon sanitaire contre l’extrême droite.
C’est pourquoi, nous demandons aux pouvoirs publics de ne pas autoriser le rassemblement fasciste du 5 janvier, dont l’idéologie de haine et d’exclusion est en soi un trouble à l’ordre public et une atteinte à la sécurité des nancéien.nes.
Nous appelons l’ensemble des organisations politiques, syndicales, et associatives qui refusent de voir l’extrême droite propager ses idées et sa violence à nous rejoindre le 5 janvier 2026, place Maginot (Nancy), à 18h. »
Assemblée antifa 57-Collectif contre la statue de Bigeard – Toul 54 – NPA l’anticapitaliste 54 – UCL Nancy – La libre Pensée 54 – CGT FERC Sup Lorraine – LDH Nancy – Les Soulèvements de la Terre 54 – Solidaires Étudiant.e.s Nancy – Indignons-nous Bloquons tout sud 54 – LFI54 – Union Locale CGT Nancy – Mouvement étudiant Lorrain pour la Palestine –