Vendredi 1er mai, dans la rue avec les organisations syndicales, 10h30 place de l’Amérique latine pour défendre le 1er Mai et les droits des travailleuses et travailleurs

En cette Journée internationale de solidarité et de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs réaffirmons avec force notre attachement aux conquêtes sociales obtenues dans les luttes, qui ont permis de donner une expression concrète aux droits économiques, sociaux et culturels.
Un projet de société solidaire passe par l’effectivité des droits pour toutes et tous et le contrat social qui nous unit en République devrait en faire sa priorité. Les organisations syndicales ont porté, avec le reste de la société civile, cette exigence ces dernières années, passant par des mesures d’urgence sociale, reconnues y compris par le centre-droit comme nécessaires dans la suite de l’échec de l’extrême-droite aux élections législatives de 2024.
Jusqu’ici, les gouvernements successifs n’en ont rien fait et ont mené des politiques régressives pour l’accès aux droits sociaux.
Pire, ces derniers mois, poussé par ses propres franges ultralibérales, le centre-droit a voulu remettre en cause le symbole même des luttes des travailleuses et des travailleurs, le repos militant du 1er Mai. Si le Premier ministre a renoncé à poursuivre la proposition de loi qui portait cette remise en cause, il a aussitôt annoncé le dépôt, dans les jours prochains, d’un nouveau projet de loi pour ouvrir le travail des salariés et ainsi revenir sur un acquis de près de 80 ans.
Dans cette attente, le Premier ministre a d’ores et déjà incité plusieurs secteurs d’activité à ouvrir leur commerce au mépris des règles d’ordre public, en méconnaissance des principes généraux de l’Etat de droit.
Encouragée par ce climat délétère, l’extrême-droite en profite pour aller plus loin et s’attaquer aux évènements associés au 1er Mai, comme en témoigne la suppression de la cérémonie dédiée aux mineurs à Liévin par le maire Rassemblement national (RN) nouvellement élu, en plus de ses traditionnels contre-évènements violemment réactionnaires.
Démocrates, refusez de donner le moindre point à l’extrême-droite et à son projet politique funeste ! Progressistes, unissons-nous pour être nombreuses et nombreux pour nos droits et contre l’extrême-droite dans les manifestations du 1er Mai !


Paris, le 30 avril 2026

Communiqué de presse : La démocratie est incompatible avec la violence politique.

Saint-Nazaire le 20 février 2026

Le local de campagne de la liste pour les élections municipales  « Ensemble soyons Saint-Nazaire », ainsi que la permanence du député de la circonscription ont subi des dégradations dans la nuit de jeudi à vendredi.
Ces dégradations semblent en lien avec à la mort tragique de Quentin Deranque suite à son agression le 12 février à Lyon. Nous appelons à une enquête impartiale et indépendante pour faire la lumière sur la mort de ce jeune homme.
Depuis, comme à Saint-Nazaire, de nombreuse attaques verbales et physiques visent, partout en France, des militant.es et des locaux syndicaux ou politiques. La LDH et le MRAP dénoncent avec force toutes formes de violences, qu’elles aient conduit à la mort de Quentin Deranque à Lyon et ou à la dégradation de locaux à Saint-Nazaire.

La LDH et le MRAP appellent à la raison, à la prudence et au respect des règles élémentaires du débat démocratique. Ni le débat démocratique, ni les règles de la vie publique ne peuvent tolérer les atteintes aux personnes ou aux biens.
La situation de grande tension que connaît en ce moment notre pays, aggravée par les nombreuses déclarations politiques irresponsables doit être regardée avec lucidité.

Nous appelons à la vigilance et à la responsabilité face à des actes qui ne peuvent qu’encourager ceux qui s’emploient à saper les bases républicaines de la solidarité et du vivre ensemble.
La LDH et le MRAP demandent que les auteurs de ces actes de malveillance soient retrouvés et jugés conformément à la loi.

Communiqué de presse : Quatre ans de guerre d’agression totale menée par la Russie

Saint-Nazaire, le 16 février 2026

Rassemblement solidaire à Saint-Nazaire mardi 24 février 2026 à 17h30, place de l’Amérique Latine. Rassemblement organisé par l’association Droujba (Amitié Saint-Nazaire – Ukraine)

POUR UNE PAIX JUSTE ET DURABLE EN UKRAINE

Le 24 février 2022, Vladimir Poutine ordonnait l’invasion générale de l’Ukraine pour que la Russie en prenne le contrôle. Depuis lors, la LDH (Ligue des droits de l’Homme) dénonce cette guerre d’agression. Avec nombre de partenaires, elle a appelé la communauté internationale à intervenir pour obtenir le retrait total des forces russes, en utilisant tous les outils du droit international et de pressions économiques et diplomatiques, en donnant à l’Ukraine les moyens nécessaires pour résister militairement. Quatre ans après, bien davantage peut être fait, doit être fait. Tout au long des derniers mois, l’offensive militaire de la Russie s’est élargie et se traduit depuis ces dernières semaines par la destruction des infrastructures énergétiques essentielles à la population. De surcroît, avec l’arrivée de Donald Trump, l’Ukraine est mise sous pression par les Etats-Unis pour, d’une part, abandonner à la Russie les territoires ukrainiens qu’elle occupe, ainsi que les territoires où se situent des lignes de défense essentielles et pour, d’autre part, lui céder le contrôle de ses ressources en matières premières. Dans ce contexte profondément inquiétant, la dénonciation de l’agression doit s’amplifier, là-bas et ici. Il est important à cet égard que, le 17 mars 2023, la Cour pénale internationale (CPI) ait émis des mandats d’arrêt contre Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova, commissaire russe aux droits de l’enfant, pour leurs responsabilités dans les expulsions et transferts illégaux d’enfants d’Ukraine vers la Russie. En juin 2024, la CPI a également délivré des mandats d’arrêt à l’encontre de Viktor Sokolov, Sergueï Kobylach, Sergueï Choïgou et Valeri Guerassimov accusés de crime contre l’humanité. Ces responsables de premier plan d’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU ne sont plus assurés de leur impunité, même si certains Etats refusent d’appliquer ces mandats. En Ukraine, le peuple poursuit son combat avec des soutiens internationaux, dont ceux de l’Union européenne, loin hélas, d’assurer les conditions nécessaires pour mener à une paix juste et durable, au respect de ses frontières internationalement reconnues. C’est pourquoi, et afin de renforcer notre solidarité, la LDH appelle, aux côtés de nombreuses associations ukrainiennes et françaises, des syndicats et des partis politiques engagés aux côtés de l’Ukraine résistante, à participer aux initiatives en soutien au peuple ukrainien qui auront lieu partout en France. A Saint-Nazaire le mardi 24 février à 17h30, place de la République de l’Amérique latine Pour une paix juste et durable Arrêt des bombardements Troupes russes hors d’Ukraine Solidarité avec la résistance ukrainienne Pas de conditions imposées à l’Ukraine

CP : Danger : l’expression d’actes racistes, antisémites, nazis ou identitaires se propage sur Saint-Nazaire et toute l’agglomération. Il faut agir maintenant !


Saint-Nazaire, le 1er février 2026


Danger : l’expression d’actes racistes, antisémites, nazis ou identitaires se propage sur Saint-Nazaire et toute l’agglomération. Il faut agir maintenant !
En février 2025, ce sont sur les murs d’un collège privé nazairien que des tags antisémites ont été retrouvés.
En juin 2025, des tags nazis ont maculé une cage d’escalier d’un immeuble de St-Nazaire.
En décembre 2025, des tags racistes et antisémites étaient inscrits sur la commune de Montoir de Bretagne.
En décembre 2025, l’arbre de la laïcité à Saint-Nazaire a été déterré, acte revendiqué par un groupe identitaire se disant de l’identité catholique française.
En janvier 2026, une croix gammée et des injures ont été taguées sur un collège de Montoir de Bretagne.
Ces actes ne relèvent pas du hasard. Ils témoignent de la banalisation de la parole raciste et antisémite qui se déverse de façon de plus en plus ouverte dans les médias et le débat public, alimentée depuis des années par l’extrême droite.
Face à cette situation, la section LDH de St Nazaire Estuaire Presqu’île appelle les citoyennes et les citoyens et toutes les organisations démocratiques, qu’elles soient syndicales, associatives ou politiques, à très largement se mobiliser.
Il n’est plus possible de détourner le regard. Avec ou sans cravate, l’extrême droite n’est jamais respectable. Les paroles de haine, de racisme, d’antisémitisme doivent être combattues pied à pied.
Nous demandons également que la police et la gendarmerie aient les moyens de conduire des enquêtes pour retrouver les auteurs de ces actes ignobles.
En cette période trouble où les forces réactionnaires mondiales et impérialistes expriment leur rejet de nos valeurs démocratiques, ici sur Saint-Nazaire, affirmons l’égalité des droits et luttons contre toutes les formes de racisme.


Pour le bureau de la section,
Vincent Rebérioux, Président

CP : Mise en demeure d’AIRBUS ATLANTIC

Saint-Nazaire, le 19 octobre 2025

La loi française du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre instaure des obligations contraignantes à la charge desdites entreprises. Cela s’inscrit en prolongation des principes directeurs adoptés à l’unanimité par le Conseil des Droits de l’Homme en juin 2011 ainsi que des principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales.

AIRBUS ATLANTIC n’a pas élaboré de plan de vigilance au titre de l’exercice 2025. L’analyse des risques apparaît disséminée dans plusieurs sections du rapport annuel 2024. Cette présentation fractionnée et non identifiée comme un plan de vigilance ne satisfait pas aux exigences légales.

Il ressort que l’utilisation de substances préoccupantes comme le Chrome VI, substance cancérogène, ne respecte pas toujours les seuils autorisés notamment ceux prévus dans le règlement REACH. Nous déplorons l’absence d’un dispositif de filtration conforme sur l’ensemble des cabines de peinture des sites de Saint-Nazaire, Montoir-de-Bretagne, alors que la réglementation impose une efficacité de filtration de 99 %.

Malgré la gravité de ces constats, la société AIRBUS ATLANTIC n’a entrepris aucune démarche d’information du public alors qu’un dépassement des seuils fut constaté à plusieurs reprises cette dernière année.

Des doutes persistants existent sur la fiabilité des mesures et analyses réalisées par les exploitants dans leurs rejets de Chrome VI. 

La LDH a donc décidé, conformément au devoir de vigilance prévu dans la loi de mars 2017, de mettre en demeure AIRBUS ATLANTIC à se conformer à ses obligations légales.

A défaut de régularisation, nous nous réservons le droit de saisir le tribunal judiciaire afin de solliciter une injonction de mise en conformité, le cas échéant assortie d’une astreinte journalière.

Plus globalement, nous pensons qu’il manque un plan de surveillance environnementale pérenne sur les communes de la Carène pour mesurer les concentrations respirées par la population. En priorité, ce plan devrait concerner les communes de St Nazaire, Trignac et Montoir-de-Bretagne pour mesurer en continu les polluants rejetés dans l’air et dans l’eau. L’activité en hausse aux Chantiers de l’Atlantique impose que les industriels mettent tout en œuvre pour respecter les réglementations environnementales. Ils doivent se doter de dispositifs à la hauteur des enjeux sanitaires.

Le bureau de la section LDH St Nazaire Estuaire Presqu’île

Edito : d’un déni démocratique vers une crise institutionnelle ?

Si la France s’installe dans l’instabilité alors que le déficit public atteint des sommets, que la charge de la dette augmente car les taux d’intérêt se tendent, notre Président de la République ose un affront en parlant de partis antirépublicains pour certains partis qui ont voté la censure en raison d’une proposition de budget d’austérité sociale et en décidant seul des partis qui sont dans l’arc républicain.

Faut-il lui rappeler qu’il a nommé un Premier Ministre venant de la 4ème composante politique du Parlement. Rappelons-lui qu’au 2ème tour des élections législatives, si un miracle républicain s’est produit, on le doit à l’ensemble des forces progressistes et de gauche, les leaders du parti dont notre Premier Ministre vient s’étant montrés insensibles au risque de voir l’extrême-droite majoritaire en ne donnant pas de consignes de vote.

Avoir servi la soupe au RN et s’être montré irrespectueux de la majorité qui par son vote a tenu l’extrême-droite hors du pouvoir conduit à la crise politique actuelle.

Aujourd’hui, si le Président de la République s’entête à nommer à la tête du gouvernement une personnalité politique du centre qui s’appuiera sur les forces de droite et d’extrême-droite, il ne faudra pas s’étonner d’une nouvelle censure dans quelques semaines.

Evidemment, les marchés financiers, les autres pays de l’Europe et le monde regardent notre pays avec beaucoup d’inquiétude. Qu’en sortira-t-il de cette crise si notre Président de la République s’évertue à ne pas s’appuyer sur les forces politiques qui ont défait l’extrême-droite en votant très majoritairement contre une politique raciste et liberticide ?

La société civile, dont la LDH, s’est très largement mobilisée face à l’extrême-droite. Nous continuons à dire que rien ne sera possible pour sortir notre pays du chaos dans lequel il s’engouffre sans s’appuyer sur cette société civile progressiste.

Si le futur gouvernement est une pâle copie du gouvernement Barnier, nos idéaux d’égalité des droits et de justice sociale risquent de tomber dans les oubliettes.

Faudra-t-il que la société civile, les syndicats se coalisent pour dire stop à ce déni démocratique et réclamer le respect de ce qui est sorti des urnes le 7 juillet ?

Faire des compromis, faire des coalitions, coconstruire des politiques publiques qui ne sacrifient pas sur l’autel du néolibéralisme nos valeurs progressistes et notre volonté de justice sociale et fiscale apparait pour les militants de la LDH l’issue à cette crise si nous ne voulons pas que l’extrême-droite prenne le pouvoir. Il en va de la responsabilité des partis politiques républicains !

Notre président doit sortir de son déni !

Jean-Luc Boero, président de la section

Le 07 décembre 2024

Edito : L’inflation législative et règlementaire sur l’immigration

La situation politique en France à la suite des élections législatives et de la constitution d’un gouvernement dirigé par un Premier Ministre venant d’une formation politique minoritaire au parlement fait surgir les vieilles rengaines d’une offensive dangereuse confondant l’Etat des lois et l’Etat des droits, et ce en raison de la porosité idéologique entre certains membres du gouvernement et l’Extrême-Droite.

La LDH comme d’autres organisations a fait savoir sa totale réprobation aux déclarations de Bruno Retailleau qui a été très mollement recadré par le Premier Ministre.

Un autre projet emblématique porté par cette droite xénophobe et marquée par l’exploitation politicienne d’un faits divers criminels va être présenté toujours par Bruno Retailleau : celui du rallongement des délais en centres de rétention administrative (CRA) pour les criminels de droit commun, comme s’il était facile d’obtenir des laisser- passer consulaires pour expulser des étrangers sous OQTF !

La sureté qui est un droit de l’Homme essentiel ne peut se confondre avec un affichage politique et une communication politicienne qui n’aura que très peu d’effets sur la réalité de la sécurité pour tous car, comme l’a bien dit la Cour des comptes, les services des étrangers manquent cruellement de moyens et si un laisser-passer consulaire n’est pas donné aux autorités françaises même pour un criminel ayant commis un acte particulièrement grave, le rallongement des délais de rétention ne changera rien à une remise en liberté de celui-ci sauf à mettre en œuvre à terme une rupture totale de l’Etat des lois qui consisterait à bannir à tout jamais de la vie sociale tout ex-criminel.

Faire croire qu’en rallongeant les délais en CRA favorisera la prévention du crime, c’est vraiment prendre nos concitoyens pour des imbéciles.

Les prisons françaises regorgent de détenus, les CRA sont saturés, les peines prononcées par les tribunaux sont de plus en plus lourdes et pourtant, bon nombre de nos concitoyens vivent dans des quartiers où le sentiment d’insécurité lié aux trafics de drogue ou d’êtres humains prédomine en raison d’une relégation sociale, d’un manque de moyens éducatifs, d’une absence de police de proximité et d’un engorgement des tribunaux qui empêchent malheureusement un traitement des délits et crimes parfois dans des délais raisonnables.

Œuvrer pour un monde plus sûr, c’est aussi s’attaquer aux causes profondes de la misère, des guerres et des ravages du sous-développement dans le monde et celui du réchauffement climatique qui va renforcer les migrations.

Il ne peut y avoir en France et en Europe de politique migratoire juste sans prendre en compte les effets de notre développement et de nos rapports avec les pays sub-sahariens ou nos ex-colonies. Créer des voies sûres de migrations, promouvoir un accueil digne et une intégration de qualité sont des principes que la LDH et bien d’autres prônent depuis fort longtemps. Le business des passeurs et de celles et ceux qui exploitent la misère humaine cessera beaucoup plus fortement qu’un renforcement des fermetures des frontières ou une inflation des OQTF.

Une nouvelle loi sur l’immigration ne changera en rien la sécurité de nos concitoyens mais mènera encore à plus d’arbitraire administratif, de désespoir, de situations de souffrances humaines et nourrira encore plus l’exploitation éhontée des sans-papiers.

Une autre politique est possible, nous le savons et notre section, avec bien d’autres organisations dont le collectif UCIJ, continuera inlassablement sa lutte pour le respect des droits des étrangers car cela conditionne l’effectivité des droits pour tous.

Jean-Luc Boero, président de la section, le 14 octobre 2024

Edito : Un fond d’air brun …

Par cette rentrée si triste et endeuillée pour la LDH, je reprendrai à mon compte les propos prémonitoires d’Henri Leclerc lors du 100ème anniversaire de la LDH : « Ils sont toujours là, nos vieux adversaires. Nous les connaissons bien. Ils s’appellent l’arbitraire qui menace les libertés, l’intolérance qui détruit la fraternité, le racisme qui nie l’égalité, l’individualisme qui tue le citoyen. Elle est toujours présente, la misère, cette insulte à la dignité. Et devant nous, dressés, tous les pouvoirs dont on abuse. »

Plus de 2000 enfants dorment à la rue en ce début septembre, en Loire-Atlantique, le nombre d’enfants et de famille en attente d’aide éducative est pharaonique (plus de 300 placements et 800 mesures en milieu ouvert non-exécutés).

En Loire-Atlantique, plus de 1000 enfants handicapés sont sans solution adaptée, en attente d’inclusion scolaire.

Et sur St Nazaire, le CCAS a accueilli plus de 31 000 personnes en 2023 contre 26 800 en 2022.

Ainsi, je pourrais continuer jusqu’à la nausée la litanie de tous les indicateurs de l’accroissement de la misère et de la non-réponse à la dignité et la protection humaine.

On retrouve très régulièrement cette vertigineuse situation désespérante dans les résultats électoraux : vote populiste en hausse, montée de la xénophobie, rejet de l’autre, rejet des forces politiques sociaux-démocrates, montées des souverainistes, de la droite radicale et de l’extrême-droite

L’individualisme nourrit la haine de l’autre et les politiques publiques austéritaires et défaillantes creusent les inégalités et minent notre démocratie.

Nous étions ragaillardis de voir la gauche s’unir et proposer un programme politique de rupture d’avec le néolibéralisme sociétal et le capitalisme économique. Nous allions sortir du discours de division, de stigmatisation des pauvres et des étrangers pour refonder la fraternité et conforter nos libertés publiques.

Avec la tripartition de l’assemblée nationale et l’absence de majorité absolue ainsi que la pratique autocratique du pouvoir par notre Président conjuguée avec sa ferme intention de ne pas changer de cap économique ; l’atteinte à la pratique républicaine de nommer un Premier ministre issu de la coalition parlementaire disposant du plus grand nombre de député-es ; la lecture spécieuse  des positions politiques de certains groupes parlementaires par le locataire de l’Elysée et surtout  sa surdité au message des urnes où deux tiers des électeurs ont fait barrage à l’extrême-droite, nous en arrivons à ce que le  Rassemblement National est faiseur de roi !

Et nous nous retrouvons dans une situation surréaliste après plus de 50 jours avec un gouvernement démissionnaire : ce sont les partis les moins bien élus dont LR qui n’a pas appelé au front républicain qui vont très probablement massivement former le prochain gouvernement !

La fonction présidentielle est salie. Les intransigeances politiciennes et l’absence de culture du compromis politique discréditent aussi une classe politique déjà bien peu reluisante aux yeux de nos concitoyens qui tous les jours vivent les dégâts de ce libéralisme débridé.

Rien ne garantit que le front républicain fonctionne en 2027 et pourtant, nous avons besoin de construire un pacte démocratique social et écologique pour lutter contre les maux et les défis de notre société.

Oui la LDH continuera inlassablement à chercher à rassembler pour une société plus juste et un Etat de droit au service de tous. La résolution votée au dernier congrès est plus que jamais d’actualité. Et n’oublions jamais le message laissé par Henri Leclerc ! 

Dressons-nous contre tous les pouvoirs abusifs qui menacent nos libertés et rongent nos droits.

Jean-Luc Boero, président de la section, le 07 septembre 2024

Edito : Violence des jeunes : les solutions démagogiques

Ces dernières semaines, au regard de faits-divers crapuleux ou criminels, le gouvernement s’est une fois de plus montré à la hauteur de la vox populi, à savoir pointer du doigt la violence de la jeunesse. Répondre aux sirènes de la décivilisation vaut mieux que comprendre les causes et remédier aux drames vécus par bon nombre de jeunes.

N’oublions pas que depuis la crise de la Covid, la souffrance psychosociale des jeunes s’est considérablement accrue. Rajoutons que l’éco anxiété n’est pas un symptôme uniquement des enfants vivant dans les beaux quartiers parisiens. Vivre dans un quartier relégué ou dans une zone périurbaine mal desservie en transports en commun et services publics, se voir relégué dans un collège ou lycée professionnel reproducteur des inégalités sociales comme le dirait Bourdieu ou être pris en charge par un système en faillite, celui de la protection de l’enfance très régulièrement montré du doigt par ses graves défaillances, ne peut que conduire au concours Lépine de la plus absurde solution pour encore mieux répondre à une fracture générationnelle ou désavouer celles et ceux qui quotidiennement consacrent leur énergie à éduquer nos jeunes.

Parmi les idées les plus bêtes, il y a celle de la suppression de l’excuse de minorité, et sur le podium, la première place mise en avant par le gouvernement est celle des 40 000 places en internat scolaire pour les sauvageons. Où a-t-il trouvé ces 40 000 places soi-disant disponibles, notre très cher jeune Premier Ministre ? On peut jouer avec les mots, avec les concepts, avec les peurs, et véhiculer l’idée d’une justice laxiste vis-à-vis des mineurs, mais qu’est devenue cette politique de la famille et de l’enfance depuis 2017 ?

La Protection Judiciaire de la Jeunesse, l’Aide Sociale à l’Enfance, la médecine scolaire, la pédiatrie, la pédopsychiatrie et l’Education Nationale sont des institutions qui croulent sous des difficultés systémiques, un manque de moyens et une définition de politiques publiques de plus en plus déconnectées des réalités de terrain.

Restaurer l’autorité va donc de pair avec une volonté d’une justice de plus en plus expéditive et de moins en moins éducative. Les différentes réformes de l’ordonnance de 1945 se sont traduites par une fermeture de places dans les foyers éducatifs et par la création de coûteuses mesures d’enfermement comme les centres éducatifs fermés à plus de 600 € par jour ou les établissements pénitenciers pour mineurs. Comme il se doit, on a diminué les crédits concernant la prévention spécialisée, fermé des services éducatifs, pressurisé encore plus les juges pour enfants qui croulent sous les dossiers. En Loire Atlantique, aujourd’hui, en mai 2024, 1 500 enfants dits en danger sont en attente de mesure d’Assistance Educative en Milieu Ouvert, 300 mineurs sont en attente de placement mais M. Gabriel Attal n’a pas d’autre chose que de nous proposer un énième plan pour sanctionner encore plus.

Parmi les autres mesures que l’on nous a beaucoup surinées après les révoltes urbaines de l’été 2023, il y a celles voulant responsabiliser les parents par des sanctions pénales et financières. Doit-on rappeler à nos gouvernants que ces dispositifs existent déjà et qu’ils ont très peu souvent montré leur efficience ?

Faudra-t-il d’autres condamnations de la Cour Européenne des Droits de l’Homme concernant les défaillances de protection de l’enfance par l’Etat ou les collectivités territoriales ? Faut-il que les associations de parents d’enfants handicapés et la défenseure des droits fassent de nouvelles alertes concernant les carences criantes de prise en charge des enfants handicapés et voir l’Etat une fois de plus condamné par les tribunaux pour dire : de qui se moque-t-on ?

S’il est courant de dire que l’état d’une société se juge à la manière dont sa jeunesse et sa vieillesse sont traitées, point n’est besoin de vous dire que notre pays dégrade de plus en plus sa note et que les agences de notation mériteraient bien de dire symboliquement à l’Etat la dette qu’il doit à ses jeunes et ses vieux.

Mais il n’y a pas d’agence de notation internationale sur ces questions qui valent bien peu de choses par rapport à l’économie ou à la sphère financière.

Jean-Luc Boero, président de la section, le 13 mai 2024

Edito : Un prochain congrès sous le signe de la lutte contre l’extrême-droite

Le prochain congrès de la LDH se tiendra à Bordeaux les 18, 19 et 20 mai 2024. Patrick Baudoin, le président actuel, ne se représente pas. Il avait informé le Comité National qu’il ne ferait qu’un mandat.

Vous avez reçu les documents préparatoires au congrès dont le rapport moral. Comme il est noté, l’onde de choc liée à la montée de l’extrême-droite s’est fait ressentir par l’élection à l’Assemblée Nationale de 89 parlementaires issus du Rassemblement National.

La forte montée de l’extrême-droite est une menace pour notre démocratie. L’emprunt fait aux thèses du RN et plus globalement de l’extrême-droite par le gouvernement (cas de la loi Asile-immigration ou dernièrement dans les propos tenus par Gabriel Attal concernant un fait divers ignoble impliquant des mineurs) montre bien, s’il en était besoin, que les défenseurs des libertés et de l’Etat de droit ont fort à faire.

En effet, si la gauche n’est pas rassemblée pour les échéances présidentielles de 2027, le vent froid de la démagogie et de l’autoritarisme se renforcera. Il y a tout lieu de craindre pour nos libertés et nos droits sociaux, économiques et politiques. La crise sociale, économique et environnementale n’est aucunement traitée à la hauteur des problématiques encourues. Ce ne sont pas quelques milliards mal répartis qui régleront la crise environnementale.

L’injustice fiscale entraine une défiance de plus en plus forte dans la gouvernance politique. La perte de confiance dans les institutions judiciaires est aussi frappante même si le gouvernement et le Président de la République se targuent d’avoir renforcé les moyens de la justice. Le nombre de féminicides ne diminue pas malgré les envolées narratives et les Grenelle Ad Hoc.

Nous n’avons plus d’élan politique et de perspective fédérative. Les crises au Proche-Orient et aux portes de l’Europe viennent rendre encore plus anxiogène le climat socio politique européen et français. Aujourd’hui, l’universalité des droits de l’Homme n’a plus cours du moins dans les sphères dirigeantes voire militantes car les double standards deviennent la règle. Pour autant, la LDH ne baisse pas pavillon et continuera inlassablement son combat pour l’effectivité de tous les droits.

La section sera représentée au congrès par trois membres et à l’issue de ce congrès, nous ne manquerons pas de vous tenir informés. Je vous rappelle que vous avez encore la possibilité de voter. Les votes doivent parvenir au plus tard le 17 mai au siège national.

Jean-Luc Boero, président de la section, le 21 avril 2024