UNE VISITE A PARAY, Anthony Favier (27/10/2017)

 

Une visite à Paray

27 Octobre 2017 , Rédigé par Anthony_Favier Publié dans #Courage, #Paray-le-Monial

Le 25 octobre dernier, j’ai participé, aux côtés d’Anne Soupa, à une conférence à Paray-le-Monial. Organisée par la Ligue des Droits de l’homme, elle portait sur les discriminations de genre et à l’orientation sexuelle.

Nous voulions réfléchir avec les citoyens de la ville intéressés à ces questions sur ce que la théologie, les sciences humaines et sociales ainsi que le droit peuvent dire sur les « camps » au contenu plus que douteux organisés dans la ville. Le stage « Optimum » cherche en effet à re-viriliser les hommes victimes du féminisme contemporain et la session « Courage » à imposer l’absence de vie affective et sexuelle aux personnes LGBT (1).

Il est rare que je fasse des conférences dans des petites villes, malheureusement. Les centres LGBT se trouvent souvent dans les métropoles. C’est donc avec une certaine joie que j’ai accepté cette invitation. C’est une bonne chose que toute la société cherche à comprendre les racines croisées du sexisme et de l’homophobie pour se donner les moyens de lutter contre.

La réalité de ce que j’ai découvert m’a complètement dépassé et m’a poussé à écrire ces quelques lignes.

Crédit : Germaine Lemétayer (2017), Y. D. (2017).Crédit : Germaine Lemétayer (2017), Y. D. (2017).
Crédit : Germaine Lemétayer (2017), Y. D. (2017).
L’après mariage pour tous au sud de la Bourgogne
Ce soir-là, la petite salle municipale a finalement peu à être convaincue de l’importance de la lutte contre l’homophobie et le sexisme dans leur version catho 2.0. Dans les échanges, même s’il est impossible de sonder les cœurs de chacun, je découvre une société plutôt tolérante et ouverte. Loin d’être unanime sur des questions de bio-éthique plus complexes (PMA, GPA), l’assistance n’en fait pas le motif de guerres culturelles. Comme souvent dans ce genre de situations, plusieurs personnes viennent me voir à la fin de la conférence pour me confier un témoignage sur un neveu, une belle-soeur, un petit-fils vivant positivement son homosexualité à Paray ou à proximité.

La loi Taubira sur l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe avait été révélatrice localement d’une homophobie fortement politisée. « On aurait organisé ça il y a deux ans, trois cars de la Manif pour tous seraient venus et des exaltés vous auraient empêché de parler » me confie une personne à la fin de la conférence. Le plus dur de la crise est passé et la situation est plus apaisée désormais. « Les gens se marient et sont heureux, on n’est pas différents de la ville ici sur ce point ». Plus qu’ailleurs, on a un cœur aimant à Paray.

Une autre question déroute nous autres conférenciers venus nous exprimer sur les discriminations et ce que peut en dire la Bible ou le Magistère : « dîtes-nous ce qu’on peut faire concrètement contre l’emprise de ces catholiques sur la ville qu’on aime ? Leurs idées ne nous représentent pas ! » . Les débats nous déportent vers un autre terrain auquel nous n’étions pas vraiment préparés. Nous sommes en réalité interrogés sur la coupure qu’un mouvement majeur du catholicisme d’identité français est en train de créer entre une ville et sa population.

A. Favier (2017).
A. Favier (2017).
Des habitants dépossédés de leur ville ?
Dur ne de pas voir dans cette cité bourguignonne bien des maux de la société française contemporaine où le pacte social se délite. Les gens ne parviennent plus à vivre dans un projet commun malgré leurs différences de convictions et de positions sociales. J’avais déjà lu des récits sur des villes du littoral breton où « les Parisiens » délogeaient les locaux qui occupent des emplois de salariés du tertiaire ou de l’industrie. Je n’aurais pas pensé le retrouver avec autant de force dans cette petite ville. « Regardez d’où ils viennent : ils sont tous immatriculés dans le 69, le 92, le 78 et le 75. On ne peut pas suivre pour les prix. Ils possèdent 35 % de la ville et on ne peut plus acheter ! ». Plus surprenant à Paray-le-Monial, un phénomène socio-économique connu se mêle avec la problématique spécifique des catholiques d’identité.

Depuis son installation au milieu des années 1970, un groupe charismatique a fait son trou dans cette ville située entre Moulin et Mâcon. Loin des centres d’opinion, de la presse, les forces progressistes et les lanceurs d’alerte sont peu nombreux. De surcroît avec le déclin de l’industrie. La Ligue des Droits de l’homme, la CGT, le PCF et une poignée de citoyens engagés tiennent courageusement les positions du camp républicain, laïc et humaniste. Mais il y a peu de relais localement. La presse a-t-elle peur de perdre les annonces locales ? Le monde typique des militants français, des lycéens aux étudiants, en passant par les classes moyennes engagées ou les intellectuels, est ténu localement. Et les politiques ? Ils semblent comme anesthésiés par l’argent d’une ville qui, comme Lourdes, s’est spécialisée dans le tourisme religieux. Dans l’assemblée, on relativise vite dans les échanges l’apport économique des charismatiques à la communauté locale : « Rien n’est acheté sur place, tout vient de l’extérieur en gros camions. Ils ne mangent pas en ville, tout au plus, ils prennent un pot dans les cafés. C’est un monde fermé avec sa cantine et son bivouac de type militaire ».

Les langues se délient inexorablement durant mon séjour, comme si rien ne pouvait empêcher cette vague de s’abattre sur moi. Le sentiment de dépossession domine. Les cadres moyens de la ville « en font partie » : directeurs de structures sociales ou chefs d’entreprises locales. Ils privilégieraient l’emploi entre eux et flirteraient aux limites de ce que permet la laïcité. Un trentenaire en recherche d’emploi témoigne : « l’autre fois, je tombe sur une annonce d’emploi : on demandait comme compétence une bonne connaissance de la culture chrétienne, c’est quoi ce pré-requis ? » Le quotidien est même touché. L’été, l’espace public est occupé par des personnes qui ne représentent plus le tissu social local dans sa diversité. Des traits communautaristes évidents sont visibles. Une auditrice s’emporte : « je ne vais plus dans le centre-ville : marre qu’on me tracte sur la Vierge Marie et mes péchés ! ». La ville du Sacré-Coeur serait-elle celle d’une laïcité non apaisée ? Tout porte à le croire, malgré les discours iréniques visiblement tenus sur place et la bonne entente affichée par les édiles. « Les semaines d’été, je ne viens plus : ça chante tout le temps et ils bouchent les rues ! Les croyants d’une autre religion feraient un quart de ce qu’ils se permettent de faire sur un terrain municipal, les gendarmes les sortiraient » s’emporte un Parodien.

Les personnes qui fréquentent le sanctuaire sont souvent issus de la sociologie avantageuse du catholicisme français : les professions libérales, les officiers supérieurs, les cadres des activités rémunératrices de l’économie mondialisée. Ils vivent dans les grandes villes et profitent du TGV qui place Le Creusot à 1h20 de Paris. En deux heures, il est facile de gagner Paray depuis Paris… encore faut-il avoir les moyens de s’acheter les billets qui peuvent atteindre les 200 euros pour un aller-retour durant un week-end.

Jan Sokol, Wikicommons.Jan Sokol, Wikicommons.
Jan Sokol, Wikicommons.
Une cité oublieuse de son histoire ?
Paray a construit sa popularité autour de la dévotion au Sacré-Cœur. La genèse de ce culte est complexe. Les visions d’une mystique aux mortifications édifiantes au 17e siècle (2), la phrase plus ou moins apocryphe du Christ à cette voyante : « voilà ce cœur qui a tant aimé les hommes » et les jésuites ont fait le succès d »un pèlerinage qui s’est constitué autour d’un monastère des Visitandines. Cela s’est greffé sur un noyau historique plus ancien qui donne à la ville son plus beau monument : une basilique en style roman clunisien construite au Moyen-Age pour abriter les tombeaux des comtes de Châlons.

Avant de devenir le petit Lourdes de la Bourgogne, la ville a connu une relative prospérité proto-industrielle. A la veille de la Révolution, outre les importants revenus que génèrent les biens agricoles de l’abbaye, on trouve au bord de la rivière de la Bourbince des tanneries et des filatures. Elles exportent vers Lyon et Paris de nombreuses productions. Ce passé riche ne manque pas de donner au centre-ville de jolis édifices et un pittoresque de carte postale.

Je dois reconnaître que, jusqu’à présent, j’avais une connaissance fort sommaire de ces événements. En tant qu’historien contemporanéiste, je voyais surtout dans le culte du Sacré-Cœur la dévotion par excellence du catholicisme intransigeant. De la pieuse histoire de Louis XVI montant à l’échafaud en consacrant son royaume au cœur de Jésus à la construction de la basilique du Sacré-Coéur sur la colline de Montmartre à Paris après la guerre de 1870, en passant bien sûr par le symbole rouge des Chouans en Vendée, le culte, à mes yeux, s’est surtout constitué comme en emblème du conservatisme politique français. Ceci même malgré des tentatives plus spiritualisantes pour le faire vivre à l’époque contemporaine. Je pense par exemple à Madeleine-Sophie Barrat et aux « dames » du Sacré-Coeur.

Sous la conduite de Germaine Lemétayer, docteure en histoire et spécialiste de la ville à l’époque moderne (3), je découvre une tout autre récit. Paray-le-Monial, avant la révocation de l’édit de Nantes à la fin du règne de Louis XIV (1685), peut être tenu comme une bourgade « multi-culturelle » (si on assume l’anachronisme). Catholiques et protestants, malgré leurs différences confessionnelles, vivaient et collaboraient ensemble en relative harmonie. Les moines faisaient par exemple gérer leurs biens par des familles protestantes, alors que ces dernières prospéraient dans le négoce. Ils partageaient certains éléments de piété en commun qui combinent les influences d’Erasme, de François de Sales voire des Lumières plus tardivement.

On trouve même une dévotion au cœur de Jésus chez des visitandines d’origine protestante. Pas vraiment celle des monarchistes et des catholiques intransigeants nostalgiques du régime que la Révolution engloutira avec elle. Plutôt une piété simple sur le coeur de Jésus qui aime tous les humains… sans s’arrêter aux étiquettes confessionnelles. Le Sacré-Coeur, emblème de la reconquête chrétienne, contre les idées modernes, est en quelque sorte une interprétation restrictive et ultérieure.

Le parti dévot puis, ensuite, ceux qui ne supportent pas la présence des réformés, décortiqueront, morceau par morceau, et non sans acrimonie, cette expérience inédite. La tolérance reste, en effet, rare dans une société d’Ancien Régime où la liberté d’opinion et de conscience ne s’est pas encore nationalement organisée.

Dans les années 1660-1670 (à Paray), catholiques et protestants enclenchent une dynamique irénique aménagée sur une série d’innovations : la prévalence d’un théocentrisme ou d’un christocentrisme réduisant les différends théologiques à la question eucharistique, la suppression des marqueurs confessionnels de la presque totalité des testaments, la liberté de conscience concernant les dévotions particulières, la mixité confessionnelle (…), une éthique commune fondée sur la charité et, enfin, l’unanimitas, une union de cœur proche de l’amour d’amitié de François de Sales (…) Engageant (…) les bénédictins, le monastère de la Visitation, le pasteur, le notaire protestant, le notaire catholique (…) et la grande majorité des familles, cette expérience induit le ralliement des catholiques à un humanisme chrétien, qui, à Paray-le-Monial comme au Parlement de Bourgogne, rassemble les familles fidèles à la tradition salésienne et opposées à l’autoritarisme de certains évêques et aux nouvelles exigences belliqueuses (…) du rigorisme. »

Germaine Lemétayer, Les Protestants de Paray-le-Monial, 2016, p. 808
A. Favier (2017).
A. Favier (2017).
A vrai dire la ville possède quelques traces de cette histoire pour qui sait les lire comme Germaine : les restes d’un temple, des façades de maisons de familles réformées où sont inscrites des sentences pieuses, des petits éléments architecturaux et patrimoniaux.

Force est d’avouer que ce passé de tolérance n’est pas du tout valorisé. La mise en tourisme des sites ne prend pas en compte la profondeur de l’histoire de la ville. Le visiteur déambule surtout, sans mise à distance, dans une ville de pèlerinage catholique sans avoir accès aux autres éléments nécessaires à la compréhension du site. Un congressiste nous aborde avec sourire alors que nous devisons surement trop librement à son goût : « regardez la vidéo ! ». Il nous désigne alors un document pieux, réalisé à des fins d’édification, diffusé dans une vitrine d’un office religieux…

Le catholicisme d’identité conduit même à un révisionnisme de type historique. La ville est comme vidée de son identité, dans sa complexité, pour devenir, avec sa bimbeloterie et ses infrastructures de pèlerinage, une sorte de parc d’attraction des dévotions catholiques les plus caricaturalement sulpiciennes. Tout atteste de la force d’un projet politique ancien qui, sans vergogne, se déploie aujourd’hui sur la ville.

Paray, la base arrière d’une reconquête catholique identitaire ?
Visiter Paray-le-Monial, plus que renouer avec un passé chrétien, c’est se plonger dans le grand bain du catholicisme d’identité d’aujourd’hui. Sous cette catégorie, on désignera ici des militants qui, outre des pratiques « restitutionnistes » autour des dévotions et de la liturgie, ont ré-investi le terrain politique et idéologique (4). Particulièrement visibles au moment des polémiques sur le genre et l’opposition au Mariage pour tous, ces identitaires en religion développent désormais une mentalité de « forteresse assiégée » et s’organisent dans l’espace politique.

les catholiques d’identité qui à tort ou à raison se pensent comme minoritaires, ont développé une nouvelle forme de présence au monde. Ils ont de fait rompu radicalement avec la stratégie d’enfouissement de leurs aînés et cultivent volontiers leur visibilité. Souvent issus des milieux bourgeois, ils accordent une réelle importance aux signes religieux (…) Ils dénoncent une société sécularisée qui, selon eux, les ignore, voire les méprise (…) ces « catholiques virtuoses » ne sont pas seulement des pratiquants mais également des militants dont l’engagement s’est déployé dans l’espace public et le réinvestissement du politique. Ils sont présents dans les principaux champs d’intervention qui sont les leurs (bioéthique, famille, genre, culture, caritatif et humanitaire…) et recourent à un vaste répertoire d’actions (manifestations, pétitions, blogs, réseaux sociaux, lobbying parlementaire, savoir-faire événementiel).

Bruno Dumons et Frédéric Gugelot, Catholicisme et identité, 2017, p. 7
A Paray, il ne me semble pas qu’on soit dans une situation conjoncturelle mais bel et bien devant un phénomène structurant pour la société française. Il ne s’agit pas d’un simple lieu de pèlerinage d’une vieille chrétienté en décomposition qui aurait, çà et là, des accents nostalgiques. Nous sommes plutôt face au ré-armement d’un catholicisme intransigeant qui s’est doté d’une base arrière loin des grands centres et à l’abri des regards indiscrets.

La ville est un laboratoire. Une stratégie pastorale, dont il faudrait évaluer le degré de conscience chez ceux qui l’ont mis en place, est adoptée par les cadres locaux du mouvement. Elle consiste à édifier une société religieuses aux liens serrés entre des semblables. Ces derniers sont appelés à avoir des pratiques virtuoses tant dans le domaine de la piété que celui des mœurs. Ils tendent à se positionner comme différents dans un monde où ils deviennent minoritaires et dont ils ne supportent pas le caractère sécularisé, le nécessaire pluralisme que cela induit et son devenir multi-culturel.

Cela dépasse désormais la sphère des pratiques spirituelles pour accéder à celui de la vie politique. Le scénario que René Rémond esquissait à l’orée de l’an 2000 dans le Christianisme en accusation ou Mgr Dagens dans sa Lettre aux catholiques de 2009 semble s’accomplir de manière sinistre. En devenant minoritaire, le catholicisme français retomberait dans ses penchants qui le poussent à se constituer en contre-société. Il est à craindre qu’à Paray mitonne une bien amère potion anti-républicaine.

Durant la conférence, Anne Soupa prend ses distances avec le devenir identitaire du catholicisme français, rappelant que l’Evangile appelle à habiter le temps tel qu’il est et ne pas figer la foi dans une expression historiquement construite à une époque. Espérons qu’elle soit entendue. Que des personnes, au nom de la liberté de conscience et d’opinion, aient des pratiques liturgiques émotionnelles et des dévotions aux accents doloristes, peu m’importe, c’est leur liberté absolue. Mais qu’elles instrumentalisent les fractures de territoire national, qu’elles participent au détricotage du pacte laïque et républicain dans les territoires et qu’elles prétextent de l’histoire pour le faire, c’est insupportable. Cela demande une réaction forte, sereine et collective.

***

De cet événement, qui se poursuit avec l’action que continue de mener la Ligue des Droits de l’homme, je garderai deux choses :

La première c’est l’importance qu’il faut accorder aux sciences historiques. Ce sont elles qui nous protègent des appropriations abusives de mémoires, des simplifications identitaires et des maltraitances patrimoniales de notre passé commun.
La seconde c’est que, certes j’ai rencontré beaucoup de catholiques identitaires mais également de vrais humanistes. Ces derniers ne se font pas piéger dans le révisionnisme historique, ni la nostalgie mortifère ni le marketing lénifiant des religions de l’émotion.
Qu’il leur soit rendu modestement ici hommage. Ce sont eux.elles qui ont un coeur qui aime vraiment tous les hommes.

hommemodel.blogspot.co.uk via Pinterest.
hommemodel.blogspot.co.uk via Pinterest.
Notes :

(1) « la Ligue des Droits de l’homme, n’a eu de cesse de dénoncer les discriminations de genre, homophobie et anti-féminisme promues par les Parcours homosexualité et les Camps optimum organisés à Paray par la Communauté de l’Emmanuel », « Conférence-débat autour des discriminations de genre », Journal de Saône-et-Loire (version Charolais-Brionnais), 25 octobre 2017.

(2) Jacques DUBOIS, « Marguerite-Marie ALACOQUE, sainte (1647-1690) », Encyclopædia Universalis, site : universalis.fr, adresse URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/marguerite-marie-alacoque/ (page consultée le 29 octobre 2017).

(3) Germaine LEMETAYER, Les Protestants de Paray-le-Monial, de la cohabitation à la diaspora (1598-1750), Paris : Honoré Champion, 2016, 888 p.

(4) Bruno DUMONS et Frédéric GUGELOT (dir.), Catholicisme et identité, regards croisés sur le catholicisme français contemporain (1980-2017), Paris : Karthala, 2017, 331 p.

REUNION PUBLIQUE SUR LES DISCRIMINATIONS DE GENRE (25/10/2017), INTRODUCTION

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Pourquoi un tel sujet, ici, à Paray-le-Monial ?
Le développement à Paray d’un militantisme homophobe, viriliste et antiféministe est lié à la présence de la Communauté de l’Emmanuel et à la mise en place, dès 2011, du premier Camp optimum à l’initiative de Dominique Rey, évêque de Toulon -Fréjus et chef de cette communauté d’où est issue la Manif Pour Tous. Depuis, trois camps ont été implantés à Paray entre 2014 et 2016 tandis que la Sainte Baume s’affirme comme un lieu de formation d’animateurs virilistes et antiféministes autour des thèses de l’américain John Eldredge et du français Tony Anatrella. Contre la loi sur le Mariage pour tous, c’est en 2015 qu’a été installé à Paray le premier « Parcours homoxexualité » autour des thématiques de « blessures et de guérison » et dans la ligne idéologique de l’association américaine Courage.
Par ailleurs, l’organisation dans la ville, de conférences lors des sessions d’été de la Communauté de l’Emmanuel, de retraites non mixtes qui s’échelonnent toute l’année constitue avec les parcours et les camps précités, un impressionnant dispositif destiné à la reconstruction des identités sexuelles diffusé aussi par ses clercs, ses séminaristes, ses conférenciers, ses écoles, ses associations (Teenstar, Courage…), ses journaux, ses livres et ses videos.
A la pointe de la dynamique, depuis les années 70, d’un catholicisme d’identité identifié par les travaux des historiens des religions au colloque de l’EPHE de novembre 2014, sous la direction de Philippe Portier et Céline Béraud, ce mouvement s’inscrit d’abord -contre Vatican II- dans la restauration d’un catholicisme tridentin normatif, intégraliste, visible, virtuose et politiquement promoteur du « rêve de Compostelle » à savoir la reconstruction d’une Europe catholique . Dans ce projet, la gestion des corps de la conception à la mort qui échappe désormais, grâce aux progrès de la biologie et aux nouvelles lois, à l’ordre de la nature mais aussi au magistère de l’Eglise, occupe une place centrale. En passant, selon Denis Pelletier, du registre du salut à celui de la santé, de l’intime et du contrat, le corps qui est devenu un enjeu capital de l’émancipation collective… signe la déprise de l’Eglise , voire, selon Danièle Hervieu-léger, une forme « d’exculturation » . En réaction à cette révolution familiale de type libérale qui fait prévaloir l’autonomie des individus et des familles, les principes de liberté et d’égalité, les catholiques d’identité diabolisent les lois votées successivement en faveur de l’IVG, du PACS et du Mariage pour tous en les associant à l’immoralité, à la déconstruction et à la décadence d’une société qu’ils n’hésitent pas à représenter par le Titanic ou la figure de l’homosexuel . A Paray-le-Monial s’élabore donc un modèle de chrétien mais aussi de société qui n’est pas seulement d’essence religieuse mais politique. Depuis 2012 en effet, on assiste à une montée en puissance des engagements politiques anti-libéraux des identitaires catholiques à travers un « cadrage populiste » qui considère -selon Thomas Jefferson- cité par Marie Balas, au colloque de l’EPHE, que « quand l’injustice devient loi, la rébellion devient devoir » . Tandis que Sens Commun est créé en 2013, que Marion Maréchal Le Pen est invitée par les Veilleurs de Versailles et au colloque de Dominique Rey à la Sainte Baume en 2015, la Manif Pour Tous se transforme en parti politique la même année. Aux élections présidentielles de 2017, les Primaires de la Droite présentent Jean Michel Poisson et François Fillon qui investissent une partie de leurs idées, tandis qu’Hervé Mariton est écarté en dernière minute. Aujourd’hui , en proposant une plate-forme commune avec le courant identitaire du FN, Sens commun participe à l’extrême-droitisation de LR.
Face à des prises de position subversives et clivantes, notre section fait un travail militant de terrain visant à rassembler, dans ses cercles de silence, ses tractages, ses communiqués, ses manifestations publiques, des associations partenaires, telles que Solidarité laïque, les Femmes solidaires, Rainbow, la CFDT, la CGT et aujourd’hui David et Jonathan et Le Comité de la Jupe. Sur le plan idéologique, elle identifie le courant parodien à travers les travaux des historiens des religions, elle informe et alerte les dirigeants de la LDH responsables des groupes de travail laïcité, extrêmes-droites, Femmes et genre. Enfin, elle publie des communiqués pour dénoncer ses dérives et montrer les convergences, dans le Charolais-Brionnais, entre les composantes des courants mentionnés par André Déchot dans son article publié dans Hommes et Libertés en juin 2014 « Intégristes catholiques : le grand retour ? ». : en effet, qu’il s’agisse de la Communauté de l’Emmanuel et de la Fraternité Saint Pie X à Paray, de l’association « Genèse » constituée par Yves Meaudre à Charolles, de« Terre et Familles » de Stéphanie Bignon à Briant, la section a démontré, preuves à l’appui, que par delà les différences existant entre intégristes, traditionnistes, et conservateurs radicalisés, ces mouvements font cause commune sur de nombreux points mais en particulier sur la question du genre.
• Face à la contestation radicale de lois républicaines, la Ligue des Droits de l’Homme affirme un engagement de longue date en faveur de l’égalité des droits avec la création en 1920 d’une commission féministe qui œuvrera notamment pour la reconnaissance du droit de vote des femmes et plus globalement pour l’extension des droits juridiques, politiques et sociaux. Elle a accompagné toutes les lois féministes depuis la reconnaissance du planning familial (1956), de la contraception ( loi Neuwirth en 1967), de l’autorité parentale (1970), du droit à l’IVG (loi Veil en 1975), de l’égalité professionnelle (1983), du PACS (1999), du mariage pour tous (2013) jusqu’à l’égalité réelle et la parité (2014)
Comme pour le Pacs, elle se réjouit de l’égal accès au mariage et milite maintenant pour la pleine adoption. Elle combat toutes les discriminations en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, recourant si nécessaire à l’action judiciaire. Enfin, elle considère la laïcité comme le socle des valeurs communes qui transcendent les appartenances individuelles ou collectives.

Comme nous l’avons fait en novembre 2016, lors de notre table-ronde sur le vivre ensemble qui rassemblait les représentants des cultes bourguignons, nous aimons aussi affirmer la vocation de la LDH à recréer un vivre ensemble qui se décline aujourd’hui avec nos invités en « militer et penser ensemble ». Nous sommes heureux d’accueillir Madame Anne Soupa, Présidente du Comité de la Jupe, association féministe catholique, Monsieur Anthony Favier, Vice président de l’Association LGBT David et Jonathan, Madame Caroline Amberger, journaliste-stagiaire à Protestinfo et militante LDH de la section de Paray ; nous excusons l’absence, pour raisons professionnelles ,de Madame Nadja Djerrah et je passe la parole à Monsieur Daniel Boitier, philosophe particulièrement mobilisé sur la question identitaire qui nous intéresse aujourd’hui et responsable du groupe de travail sur la laïcité à la LDH.

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«A PARAY-LE-MONIAL, C’EST VIRIL ! DES ASSOCIATIONS CHRETIENNES ET LA LIGUE DES DROITS DE L’HOMME CONTRE LES DISCRIMINATIONS DE GENRE (25/10/2017) avec Caroline Amberger, Anne Soupa , Anthony Favier et Daniel Boitier.

 

CONFERENCE-DEBAT organisée par la LDH Paray : « LES ASSOCIATIONS CHRETIENNES ET LA LDH CONTRE LES DISCRIMINATIONS DE GENRE A PARAY-LE-MONIAL (25/10/2017) avec Caroline Amberger, Anne Soupa , Anthony Favier et Daniel Boitier.

A Paray-le-Monial, ce 25 octobre 2017, les Parodiens présents au Centre de Culture et de Congrès pour entendre les invités à la conférence-débat de la Ligue des Droits de l’Homme ont eu la surprise de participer à un réquisitoire en règle contre les dérives de genre (homophobie, revirilisation, antiféminisme) d’un catholicisme d’identité incarné par la communauté de l’Emmanuel. Caroline Amberger , étudiante à la faculté de théologie de Genève et journaliste- stagiaire à la plate-forme protestante Protest info, ouvre la soirée par le compte-rendu de sa participation au « Parcours homosexualité » de Paray organisé en août. Elle évoque l’inspiration américaine d’un grand show…les discours stéréotypés, mais aussi l’ambiguité des propos tenus par l’organisateur, Louis-Marie Guitton et un littéralisme de la lecture biblique dont elle donne un exemple, bible à la main.
Puis, dans un langage clair et net, Anne Soupa, Présidente du Comité de la Jupe et de la Conférence catholique des baptisé(e)s) francophones, qui se présente comme « catholique d’ouverture » entre dans le vif du sujet : « Le visage normal du catholicisme, ce n’est pas un conglomérat de personnes en quête d’identité…la Manif Pour Tous et Sens Commun sont impliqués sur les questions morales et sociétales, ce n’est pas ça, la carte génétique du christianisme …Le christianisme, c’est le fait de suivre le Christ… Etre chrétien, c’est « compagnonner avec tout le monde ». Les trois intervenants portent plus particulièrement leurs critiques sur l’interprétation littéraliste de la Bible qui fait fi de la longue tradition de l’exégèse et de la pensée historico-critique présente depuis plus de 450 ans au sein du christianisme pour penser la foi : « l’Emmanuel a une lecture fondamentaliste de la Bible : on prend tout au pied de la lettre, alors que la Bible s’interprète… Le christianisme, ce n’est pas une contre-culture…. Ce n’est pas chrétien et c’est une dérive …En ce qui concerne le mariage et la famille, il y a 36 modèles de familles dans la Bible »(AS) « Le littéralisme de l’Emmanuel est inspiré des pentecôtistes américains qui imposent une théologie morale d’influence puritaine d’origine nord-américaine et qui exagère le contenu du catéchisme de l’Eglise catholique » « (AF).

L’épiscopat et les medias, dont La Croix, ne sont pas ménagés : « l’épiscopat est demeuré silencieux, globalement, il ne prend pas position,…il y a un aplatissement des références médiatiques : on ne s’intéresse qu’à ce qui est majoritaire » (AS). Anthony Favier, Co-Président le l’association LGBT David et Jonathan, cite un exemple d’ « enfumage » dans un article de la Croix …qui mobilise une prétendue « psychothérapeute », en réalité…conseillère conjugale. Il remarque aussi qu’un important changement s’est produit dans les années 90 avec le durcissement de la doctrine catholique sur les homosexuels, dont les actes sont considérés comme « intrinsèquement désordonnés » : en 2005, les séminaristes gays sont interdits de sacerdoce. Mais il note aussi que depuis 2015, à travers la promotion d’une chasteté qui conditionnerait la conformité des homosexuels à l’Eglise, l’association Courage, apostolat américain importé par Louis-Marie Guitton et vitrine de l’Emmanuel, est en totale rupture avec les pratiques d’inclusion en cours dans la plupart des diocèses, surtout depuis le texte Amoris Laetitia du Pape François. Louis-Marie Guitton, second de Dominique Rey dans la création des Parcours, est présenté comme « un pompier pyromane » alternant des propos exclusifs et rassurants significatifs pouvant potentiellement conduire à une emprise de type sectaire. Il joue, dans son discours, des clivages caractéristiques de la perversion narcissique oscillant en permanence entre accueil chaleureux et réprobation forte de l’homosexualité. Enfin, sur le plan théologique et politique, « Courage va contre la longue tradition catholique du discernement, contre l’esprit des évangiles et les valeurs du catholicisme qui a accepté la république et la laïcité ».

Anthony Favier, -Président le l’association LGBT David et Jonathan, cite un exemple d’ « enfumage » d’Arte et de la Croix …qui mobilise une prétendue « psychothérapeute », en réalité…conseillère conjugale. Il remarque aussi qu’un important changement s’est produit dans les années 90 avec le durcissement de la doctrine catholique sur les homosexuels, dont les actes sont considérés comme « intrinsèquement désordonnés » : en 2005, les séminaristes gays sont interdits de sacerdoce. Mais il note aussi que depuis 2015, à travers la promotion d’une chasteté qui conditionnerait la conformité des homosexuels à l’Eglise, l’association Courage, apostolat américain importé par Louis-Marie Guitton et vitrine de l’Emmanuel, est en totale rupture avec les pratiques d’inclusion en cours dans les 2/3 des diocèses. Louis-Marie Guitton, second de Dominique Rey dans la création des Parcours, est présenté comme « un pompier pyromane » alternant des propos exclusifs et rassurants significatifs d’une emprise de type sectaire et de clivages de l’ordre de la perversion narcissique. Enfin, sur le plan théologique et politique, « Courage va contre la longue tradition catholique du discernement, contre l’esprit des évangiles et les valeurs du catholicisme qui a accepté la république, la laïcité ». Daniel Boitier, responsable du Groupe de Travail laïcité à la Ligue des Droits de l’Homme, anime le débat en faisant remarquer que ce qui, au regard de la loi de 1905, rend complexe une prise de position sur ce qui se passe à Paray , c’est que les autorités catholiques semblent ne pas avoir vu d’un mauvais oeil cette affaire, et que l’article 4 de la dite loi assure l’autonomie du culte. Depuis longtemps, on dit « l’Eglise chez elle, l’Etat chez lui ». Reste que nos amis de Paray semblent avoir le sentiment de ne plus être chez eux dans leur ville! Sur le plan d’une analyse politique, les propositions des invité.e.s, et cela jusque dans leurs approches religieuses, nous ont permis de réfléchir sur les résistances, parmi les catholiques et plus largement, à une dérive identitaire et anti féministe à dimension politique. Dans notre pays, pris de diverses paniques morales et identitaires, les propositions législatives allant dans le sens de la sécularisation de la société et des moeurs semblent avoir réveillé des réflexes sectaires potentiellement porteurs d’homophobie. Mais ce soir le « compagnonnage avec tout le monde » d’Anne Soupa et le « vivre ensemble » de la section de Paray ont fait fort bon ménage. Le public présent a participé largement au débat en mentionnant d’autres dérives locales de la politique municipale et de la communauté de l’Emmanuel. Les conversations se sont poursuivies tardivement autour d’un pot. La LDH Paray remercie Caroline Amberger, Anne Soupa, Anthony Favier pour cette dénonciation publique courageuse de l’imposture sectaire mise en œuvre par l’Emmanuel. Présent, le Journal de Saône-et-Loire a censuré l’information.

Ldh Paraylemonial a ajouté 8 photos à l’album Conférence-débat: « A Paray-le-Monial, c’est viril! »(25/10/2017).https://www.facebook.com/312178878991627/photos/a.703087839900727.1073741902.312178878991627/703088176567360/?type=3&theater

« A PARAY-LE-MONIAL, C’EST VIRIL ! » : DES ASSOCIATIONS CHRETIENNES ET LA LIGUE DES DROITS DE L’HOMME CONTRE LES DISCRIMINATIONS DE GENRE (25/10/2017)

Au Centre de Culture et de Congrès de Paray-le-Monial, le mercredi 25 octobre 2017 à 19 heures.

Avec la participation de:

Caroline AMBERGER, Journaliste-stagiaire à Protestinfo et militante de la section LDH de Paray-le-Monial.
Anne SOUPA, Présidente de l’association féministe catholique « Le Comité de la Jupe ».
Anthony FAVIER, Vice-Président de l’association LGBT catholique « David et Jonathan ».
Nadja DJERRAH, Responsable du Groupe de travail « Femmes, genre, égalité » à la LDH (sous réserve)

Daniel BOITIER, co-responsable du groupe de travail « Laïcité »
à la LDH, animateur du débat.

Depuis sa fondation, en avril 2014, la section de Paray-le-Monial n’a eu de cesse de dénoncer les discriminations de genre, homophobie et antiféminisme, promues par les « Parcours homosexualité » et les « Camps optimum » organisés à Paray par la Communauté de l’Emmanuel. Qu’il s’agisse de la « revirilisation » d’ hommes jugés trop « softies », de l’identité féminine réduite à la séduction et au maternage, ou encore de la conversion des homosexuels à la chasteté, l’idéologie de l’américain John Eldredge et de l’association Courage sera passée au crible par des spécialistes de la Bible, de la philosophie et du droit. Elle sera aussi associée aux perspectives politiques identitaires qu’elle promeut activement.
La section LDH paray vous invite à venir participer à un débat qui éclairera au grand jour les ressorts idéologiques influents de catholiques d’identité tout-puissants à Paray-le-Monial.
Aucun texte alternatif disponible.

Le méga festival où le sexe hors mariage est un péché, Caroline Amberger, 28 septembre 2017

La communauté du renouveau charismatique catholique de l’Emmanuel à Paray-le-Monial (9000 habitants) en Bourgogne accueille plus de 200’000 pèlerins durant l’année. Six sessions d’une semaine ont lieu l’été et rassemblent à elles seules 30’000 participants. Accompagnement spirituel pour les homosexuels, camps Optimum destinés à la revirilisation masculine ou semaines de la bioéthique sont des thèmes proposés.

Il est 8h30 du matin et la petite ville de Paray-le-Monial semble déjà en effervescence. D’énormes barnums ont pris place sur le parc du Moulin Liron attenant à la basilique. Un parking de voitures et de camping-cars orne l’entrée de ce festival religieux. Louanges, messes et veillées rythment les longues journées. Au choix des carrefours abordant des thématiques comme éducation, bioéthique, famille, sexualité, engagement chrétien dans la société. Des familles bon chic bon genre en shorts et mocassins à glands déambulent, beaucoup de jeunes et d’enfants sont sur le site. Les louanges, chants des missions évangéliques commencent à 9h. Chauffage de la salle digne d’un concert pop, l’ambiance monte rediffusée sur écrans géants. Les bras se lèvent, certains parlent en langue.

Derrière cette apparente bonhomie le petit groupe du parcours homosexuel se trouve à l’écart du site principal. Ils sont une quarantaine à s’être inscrits. Certains sont là pour trouver des réponses parce que «leur entourage est concerné». D’autres sont eux-mêmes homosexuels. Un leitmotiv est scandé aux participants: l’Eglise vous accueille tels que vous êtes, qui suis-je pour vous juger? Mais le discours glisse très vite sur «une histoire marquée par nos fragilités, il faut donc se guérir des blessures du passé en suivant l’appel de Dieu dans la chasteté». Le père Louis-Marie Guitton responsable du groupe et fondateur de Courage, version française importée de Courage international s’explique: «parler des homosexuels c’est une abstraction je ne connais que des personnes créées à l’image de Dieu. Je prends la parole telle qu’elle est: Dieu a créé les hommes et les femmes et les a voulu sexués. Ce qui importe c’est le plan de Dieu sur la sexualité et le comportement homosexuel oublie ces distinctions. La guérison n’est pas notre débat. Nous accueillons ces personnes qui se sentent souvent jugées par l’Eglise».

L’après-midi je retrouve le groupe qui assiste à un enseignement: «inutile de s’en référer aux études scientifiques, aux sexologues ou aux travailleurs sociaux. Le seul à qui il faut poser la question c’est Dieu», commente Louis-Marie Guitton. Enjoué et d’une assurance déconcertante les participants ont même droit à une petite parodie de Louis de Funès. «Oh non pas la chasteté! Si la chasteté!»

S’appuyant sur la Bible qui est présentée comme un livre de morale sexuelle la recette est simple: Genèse 1 est la parole de Dieu. La sexualité ne peut être dissociée de la procréation dans le cadre du mariage. Puis application stricte du catéchisme de l’Eglise catholique, le sixième commandement («Tu ne commettras pas d’adultère») est exposé comme le remède à tous les maux des participants.

Démonstration faite, «les actes homosexuels ne conduisent pas au bien de la personne. Mais les personnes homosexuelles vivent de grands combats spirituels. C’est une grande souffrance et leur désir du Christ est bien plus présent que chez la plupart des chrétiens», conclut le père Louis-Marie Guitton.

Si cette version française à peine édulcorée se défend de toute tentative de guérison, le discours de son homologue américain est largement moins policé et pourtant véhiculé par le blog français de Courage. Selon le prêtre Paul N. Check certaines circonstances familiales seraient récurrentes: «des familles éclatées ou troublées, une aliénation du parent de même sexe (…), et un choc sexuel». Le constat fantaisiste va plus loin encore: «Beaucoup d’hommes avec un SSA (same sex attractions – attirance pour le même sexe) ont un déficit de coordination main/œil et de ce fait ont été rejetés ou été sujets de dérision pour leurs pères ou pour les garçons du voisinage, parce qu’ils ne pouvaient pas jouer avec aisance à certains sports» On y apprend également que «L’attirance vers le même sexe est un désordre développemental qui est à la fois soignable et évitable», étant entendu non comme un problème sexuel, mais comme un déficit dans l’identité au genre.

A Paray-le-Monial cette association se calque sur un modèle proche de celui des alcooliques anonymes. Cinq piliers sont proposés, chasteté, prière et consécration, camaraderie, soutien et bon exemple. Un sous-groupe «Encourage» est au service des familles dont un proche est touché par l’homosexualité.

L’œcuménisme des tranchées

Philippe Gonzalez, maître d’enseignement et de recherche en faculté de sciences sociales et politique de l’Université de Lausanne souligne la convergence qui existe entre évangéliques et catholiques conservateurs. Particulièrement féconde aux Etats-Unis, le sociologue décortique une genèse. «Cet œcuménisme des tranchées s’est fédéré sur une vision bourgeoise et patriarcale qui pointe l’homosexualité comme une menace de la famille ou l’islam comme une menace culturelle. Certains évêques américains ont été chercher un auditorat chez les évangéliques qu’ils n’auraient pas trouvé chez leurs coreligionnaires. Il s’agissait de produire un front commun afin de s’opposer au postulat de la décadence de la société et ceci malgré des différences d’ordre doctrinales».

En France, l’acclimatation de ce phénomène théoconservateur a utilisé la brèche ouverte par le mariage pour tous. Une alliance s’est faite entre différentes franges du catholicisme qui se sont senties ostracisées par la proposition de loi de François Hollande malgré des divergences dogmatiques.

Romain Carnac, doctorant et chargé de recherches à l’EESP (école d’études sociales et pédagogiques) souligne quant à lui «un conflit interne dans l’église française sur l’opportunité ou pas d’entrée en politique». Relevant une pluralité de mouvements misant sur l’aura de la manif pour tous, le doctorant constate qu’il n’y a finalement aucune stratégie globale ayant fait l’unanimité au sein de l’Eglise catholique. Selon son analyse, l’accompagnement spirituel des homosexuels tels qu’il est proposé à Paray-le-Monial a pour objectif de se couvrir de la stigmatisation en laissant prioritairement le message d’aider des gens qui seraient en souffrance.
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https://protestinter.ch/201709288635/8635-le-mega-festival-ou-le-sexe-hors-mariage-est-un-peche.html

« JE SUIS CHARLIE »: RASSEMBLEMENT ORGANISE A PARAY-LE-MONIAL A L’INSTIGATION DE LA LDH (10 janvier 2015)

Chers amis,
« Nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre hommage aux 17 victimes de l’attentat qui s’est produit le 7 janvier contre Charlie Hebdo : Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Jean Cabut, Elsa Cayat, Stéphane Charbonnier, Philippe Honoré, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Bernard Verlhac, Georges Wolinski. Par cet attentat, la République a été frappée à travers deux de ses valeurs fondamentales, la liberté et la fraternité. La liberté qu’on a voulu tuer, c’est la liberté d’expression, et plus précisément celle de blasphémer, celle de rire des religions, celle qui induit l’esprit critique et l’indépendance d’esprit. Contestée par les fondamentalistes de tout bord -Charlie Hebdo a subi 14 procès en 20 ans de la part des catholiques-, cette liberté est depuis quelques années plus fortement associée par les mêmes au rejet des Lumières, de la République, de la démocratie et de l’Etat de droit, bref tout l’héritage de la Révolution Française et de plus de 200 ans de conquêtes politiques et sociales. Liés aux populismes les plus radicaux, les fondamentalistes s’attaquent aux hommes libres par des menaces, des insultes et un harcèlement qui sèment la haine au quotidien sur les réseaux sociaux et visent à tuer, par la peur, l’esprit créatif et satirique, la critique historique et politique, l’impertinence, le rire et le goût de la vie qui les anime. Dans ce climat délétère, malgré la conscience qu’ils avaient du danger, malgré leur peur, Charb, Cabu, Philippe Honoré, Tignous et Wolinski ont gardé le cap. Et c’est cet esprit de résistance investi par ces héros des temps modernes qui a suscité l’escalade finale de la violence. Quand les mots échouent à tuer Charlie Hebdo, la violence bascule alors dans celle, radicale, des armes, qui, croit-on, vont terroriser et éradiquer définitivement les contestataires rieurs des religions, des politiques et de leurs dérives.
Face à ce drame, nous exprimons d’abord notre tristesse et notre compassion à l’égard des familles et des amis des journalistes, des gendarmes, d’un agent d’entretien et d’un directeur de cabinet d’un maire. Pour rendre hommage aux victimes, pour honorer leur mémoire, nous, section de Paray-le-Monial de la Ligue des droits l’homme, voulons dire aujourd’hui, ici, avec vous, que nous avons entendu le message transmis de leur résistance pour défendre la liberté d’expression, et avec elle, un vivre ensemble inducteur de tolérance, en référence aux valeurs de la République et sous la protection de ses lois. Et parce que nous traversons une grave crise marquée par un retour du terrorisme et par la montée des populismes, elle réitère d’abord solennellement, ici, ses appels à la vigilance contre tous les propagateurs de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme et d’islamophobie, ses appels au courage pour les dénoncer partout et ses appels à la raison pour résister à leur propagande insidieuse.
Face à ce drame, nous exprimons aussi notre fraternité à l’égard de nos amis plus particulièrement stigmatisés en ce moment. Et nous voulons les mettre en garde fraternellement de ne pas tomber dans le piège de l’amalgame : les fondamentalistes ont beaucoup plus de points communs entre eux qu’ils n’en ont avec leurs propres congénères confessionnels. Nous, citoyens français, devons nous efforcer de nous considérer d’abord en qualité de citoyens et d’arrêter de faire prévaloir des différences identitaires en particulier religieuses. C’est cela la fraternité : la citoyenneté qui fonde la République nous unit par delà tous les particularismes, elle nous donne en partage les mêmes droits, les mêmes valeurs et les mêmes devoirs à faire vivre et à faire progresser. Nous devons reconnaître par ailleurs que nous partageons maintenant le sort qui a frappé les Algériens des années 1990 et aujourd’hui les Tunisiens et que cela fonde une autre fraternité, élargie à nos amis du Maghreb. Face aux risques de nouvelles violences, c’est par la force de la raison que nous pourrons nous saisir de la mort de l’équipe de Charlie Hebdo pour nous élever, pour regagner du terrain sur la peur, pour réarmer notre citoyenneté et exprimer notre colère pour dire NON. NON, nous ne lâcherons rien ! Nous continuerons plus que jamais à défendre les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité qui sont au cœur de notre république. Parce qu’elles ont relevé le défi de la liberté au prix de leur vie, les victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo nous donnent aujourd’hui le sentiment, par delà notre tristesse, d’être fiers de la France qui a pu générer des personnes de leur qualité. Ne les oublions pas…et soyons attentifs, chacun d’entre nous, à renforcer les valeurs et les principes qui les ont vivre libres. C’est ainsi que nous, dans les temps de confusion et de violence où nous sommes, nous ferons vivre la république. » Germaine Lemétayer, présidente de la section LDH de Paray-le-Monial.

Article du Point, 11/5/2016: « Eugénie Bastié, Jamais les filles n’ont autant été traitées de putes et de salopes »

http://www.lepoint.fr/societe/eugenie-bastie-jamais-les-filles-n-ont-autant-ete-traitees-de-putes-et-de-salopes-11-05-2016-2038452_23.php

DERRIERE WAUQUIEZ, L’OFFENSIVE DES NOUVEAUX CONSERVATEURS (8/10/2017)

Bellamy, Wauquiez, deux piliers de la Manif Pour Tous, le premier ayant fait son coming out en juin 2017 à l’occasion des élections législatives auxquelles il s’est présenté à Versailles. Mais c’est le 3 juin 2014 que la LDH paray a fait sa connaissance lors de sa conférence au forum Zachée de la Communauté de l’Emmanuel. Promoteur de l’engagement des catholiques en politique, il y traçait les grandes lignes d’un programme de reconquête par la culture (il rêvait alors d’un film ou d’un feuilleton catho, genre « Plus belle la vie » qui allait illuminer les Français); par l’éducation à repenser sans pédagogie et pour soumettre les esprits; par la guerre sainte dans les banlieues où il fallait bien se résoudre à aller au martyre; et enfin par le combat contre la démocratie, mère de tous nos malheurs, vu que le suffrage universel ne véhicule que des idées à la mode. A sa place, « un pouvoir fort ». En janvier 2015, François-Xavier Bellamy n’était pas Charlie et laissait publier sur son site Facebook un violent pamphlet antilaïque dans le pur style de l’Action Française. Le 22 mai 2015, nous avons retrouvé ses Veilleurs de Versailles en compagnie de Marion Maréchal Le Pen. Puis il a fait le tour de la France, des radios et des journaux de droite pour vendre son oeuvre, « Les Déshérités », ouvrage fondamentalement hostile à l’école de la république. Enfin au printemps 2017, violemment anti-Macron, il se présente aux Législatives sous l’étiquette « Les Républicains » avec la devise républicaine en bandoulière et les banlieues en promotion à travers l’évocation d’une expérience d’enseignant dans un lycée professionnel …Terminons en signalant que sa page Facebook a disparu en mars 2015 pour réapparaitre vierge.. Disparue aussi la video du Forum Zachée de 2014 qui a été privatisée et n’est plus accessible sans permission. Ainsi va François-Xavier Bellamy, de métamorphose en métamorphose au fil de ses amnésies successives. Mais ne nous y trompons pas. Sous les traits de l’enfant de choeur angélique et défenseur de la veuve et de l’orphelin, le croisé de la Reconquista s’affirme dans la détestation de l’Autre: le migrant, le musulman, la femme sui défend ses droits, l’homosexuel non chaste, le militant laïque…

Face au pouvoir qui a préempté le libéralisme et la « modernité », certains à droite estiment que leur famille doit se reconstruire dans le conservatisme. Laurent…
mediapart.fr

QUAND LE PAPE DENONCE L’ALLIANCE, AUX USA, ENTRE LES FONDAMENTALISTES EVANGELIQUES ET LES INTEGRISTES CATHOLIQUES..IL VISE AUSSI, EN FRANCE, LES IDENTITAIRES CATHOLIQUES D’EXTREME-DROITE.

https://fr.zenit.org/articles/civilta-cattolica-un-oecumenisme-surprenant-texte-integral/

QUAND LE PAPE DENONCE L’ALLIANCE, AUX USA, ENTRE LES FONDAMENTALISTES EVANGELIQUES ET LES INTEGRISTES CATHOLIQUES..IL VISE AUSSI, EN FRANCE, LES IDENTITAIRES CATHOLIQUES D’EXTREME-DROITE. Les auteurs de « Un oecuménisme surprenant », article de la Civilta cattolica paru le 18 juillet 2017, le jésuite Antonio Spadaro, et le bibliste protestant Marcelo Figueroa mettent en garde contre un « oecuménisme de la haine » impliquant « influence forte et déterminée sur les processus démocratiques et sur leurs résultats ». Parmi les thèmes évoqués dans cet article, un certain nombre convergent avec ceux, certes beaucoup moins médiatisés mais présents dans les livres, discours, videos diffusés par les catholiques d’identité français et en particulier par les éditions des communautés charismatiques nées dans les années 70 ( Editions de l’Emmanuel, des Béatitudes…). Quelques exemples:
– « le désir d’avoir la possibilité d’exercer une influence dans la sphère politique, parlementaire, juridique et éducative, pour soumettre les normes publiques à la morale religieuse »;  » la nécessité théocratique de soumettre l’État à la Bible »; « Il cherchait à répondre à la « menace » représentée par les idées modernistes de l’époque »;
– « Dans cet exposé des faits, ce qui pousse au conflit n’est pas banni. Il n’est pas tenu compte du lien existant entre capital, profit et la vente des armes. Au contraire, la guerre est elle-même souvent assimilée aux héroïques entreprises de conquête du « Dieu des armées » de Gédéon et de David. Dans cette vision manichéenne, les armes peuvent donc revêtir une justification à caractère théologique »;
– « la « théologie de la prospérité », promue principalement par des pasteurs millionnaires et médiatiques et par des organisations missionnaires qui exercent une importante influence religieuse, sociale et politique. Ils annoncent un « évangile de la prospérité », selon lequel Dieu désire que les croyants soient physiquement en bonne santé, matériellement riches et personnellement heureux »
-Combat contre la laïcité: une manière particulière de proclamer la défense de la « liberté religieuse ». L’érosion de la liberté religieuse est clairement une grave menace au sein d’un sécularisme déferlant. Il convient cependant d’éviter que sa défense se fasse au rythme des fondamentalistes de la « religion en liberté », perçue comme un défi virtuel direct opposé à la laïcité de l’État. »
– Cette rencontre autour d’objectifs communs a lieu sur le terrain de thèmes comme l’avortement, le mariage entre des personnes de même sexe, l’éducation religieuse dans les écoles et d’autres questions considérées comme génériquement morales ou liées à des valeurs. Les évangélistes aussi bien que les catholiques intégristes condamnent l’œcuménisme traditionnel, et soutiennent au contraire un œcuménisme du conflit qui les réunit dans le rêve nostalgique d’un État aux caractéristiques théocratiques ».
-« La perspective la plus dangereuse de cet étrange œcuménisme est à attribuer à sa vision xénophobe et islamophobe, qui réclame des murs et des déportations purificatrices. L’expression « œcuménisme » se traduit ainsi en un paradoxe, en un « œcuménisme de la haine ». L’intolérance devient une marque céleste de purisme, le réductionisme devient une méthodologie d’exégèse, et l’ultra-littéralisme en est la clef herméneutique. »
-« Aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire de dépouiller le pouvoir de son accoutrement confessionnel, de ses cuirasses, de ses armures rouillées. Le schéma théopolitique fondamentaliste veut instaurer le règne d’une divinité ici et maintenant. Et cette divinité est évidemment la projection idéale du pouvoir établi. Cette vision engendre l’idéologie de la conquête. »
Ce texte a soulevé les protestations de « Riposte catholique », défenseur des positions de la Manif Pour Tous, dont il est intéressant de lire l’argumentaire .https://www.riposte-catholique.fr/n…/oecumenisme-de-la-haine.

« CONCEPTION RETROGRADE ET MACHISTE DE LA PLACE DES FEMMES PAR RAPPORT AUX HOMMES »

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/csa-condamne-france-2-reportage-stages-masculinite-jt/#.WY7Q0NYy5hE.facebook

« CONCEPTION RETROGRADE ET MACHISTE DE LA PLACE DES FEMMES PAR RAPPORT AUX HOMMES » : C’est en ces termes que le CSA a condamné le 31 juillet, un reportage sur un camp de revirilisation des hommes (Camp Optimum) organisé par la Communauté de l’Emmanuel-Manif Pour Tous et semblable à ceux de Paray-le-Monial. Rappelons que c’est à l’initiative de Dominique Rey, évêque de Toulon-Fréjus et de son adjoint Pierre-Marie Guitton que de tels camps se répandent actuellement pour « corriger » une identité masculine considérée comme trop « soft » face à des femmes fortes de leurs droits nouveaux.
 » Le 29 mars dernier, France 2 diffusait au cours de son Journal de 20 heures un reportage intitulé « Stages : c’est quoi un homme ? ». Soit cinq minutes d’immersion dans l’un des stages de masculinité catholiques qui fleurissent en France − introduites par David Pujadas, qui nous apprenait que le patriarcat est fini depuis les années 1960…
Suivait une présentation du camp comme s’il s’agissait du dernier concept sympa de colonie de vacances, ces messieurs expliquant tranquillement leur vision rétrograde et sexiste du couple hétérosexuel. Dans cette séquence misogyne sans aucun recul, un jeune participant, venu en famille, expliquait par exemple ceci : « L’homme va être plus dans la force brute. L’image de la maison, c’est bien : l’homme va monter les murs, les trucs physiques, la femme va rendre ça beau et habitable. »
Le CSA a estimé qu’en proposant ce sujet sans davantage le contextualiser et sans commentaire critique explicite, que ce soit dans le cadre du reportage ou lors de son lancement, la chaîne avait diffusé une séquence présentant une conception rétrograde et machiste de la place des femmes par rapport aux hommes. »
Ci-dessous, notre communiqué du 20 octobre 2016 concernant le Camp Optimum de Paray-le-Monial: « Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ».
https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=536097333266446&id=312178878991627