Communiqué de presse : Dépôt de plainte

Communiqué de presse : Plainte de la LDH suite aux distributions d’un tract appelant à la provocation à la haine et à la discrimination raciale en raison de l’implantation d’un Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA) à St Brévin 

L’article 48-1 de la loi du 29 juillet 1881 prévoit que toute association, déclarée depuis au moins cinq ans, se proposant (…) de combattre le racisme ou d’assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse peut exercer les droits reconnus à la partie civile sur les incriminations à la discrimination, à la haine ou à la violence.

Ainsi, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) en date du 20 février 2023 a déposé plainte auprès du procureur de la République de St Nazaire pour provocation à la haine et la discrimination raciale.

Nous sommes attachés au respect des valeurs d’accueil et de solidarité.

Nous apportons notre soutien aux personnes (élus, enseignants, parents d’élèves ou membres d’associations) qui reçoivent des menaces inacceptables des anti-CADA.

Soyons très nombreux le 25 février à 10h place Henri Baslé (place du Marché) à St Brévin pour manifester notre soutien à l’implantation du CADA.

La section LDH, le 23 février 2023

Edito du 21 février 2023 : Guerre en Ukraine : une mobilisation et une solidarité nécessaires

Dans un communiqué de la LDH Nationale, en date du 17 février 2023, il est noté en conclusion : « De nombreuses voix soulignent un « deux poids, deux mesures » entre les engagements pour l’Ukraine et les solidarités limitées des pays riches face à d’autres conflits et aux crises globales (pandémie, climat, crise économique …). Certains en déduisent que le soutien à l’Ukraine serait illégitime ou que Poutine serait dédouané.

La mobilisation pour l’Ukraine montre au contraire ce qu’on est en droit d’attendre des pays du Nord en termes de solidarité globale face aux crises majeures dans notre monde globalisé et interdépendant ».

Ce communiqué co-rédigé avec Vincent Rebérioux, membre du Bureau National et adhérent de St Nazaire, met bien en avant la position de la LDH. Celle-ci exige le retrait immédiat et sans condition des troupes russes de l’ensemble du territoire ukrainien.

C’est une guerre d’agression. La résistance armée est légitime au regard du droit international et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le soutien militaire au peuple ukrainien est légitime et doit être proportionné à l’agression subie.

La résistance du peuple ukrainien ne s’apparente aucunement à un nationalisme mais reflète les aspirations à une société plus fraternelle, plus égalitaire, à l’image de ce qu’il y a eu à Maïdan en février 2014. Cette guerre ne doit pas nous faire oublier que les impérialismes et les tentations totalitaires se sont renforcés avec les dominations économiques et les sentiments nationaux exacerbés.

Poutine, dans sa rhétorique contre l’OTAN, n’en est pas moins un nostalgique de l’ex URSS. Il dénonce nos modes de vie, notre soi-disant culture dévoyée et nos libertés individuelles. Il est important de soutenir tous les Russes et les Biélorusses qui sont poursuivis et condamnés pour leur opposition à la guerre. L’exigence de la liberté d’expression des libertés publiques montre que la communauté internationale ne doit rien céder face au rouleau compresseur totalitaire, violent, des empires du XXIème siècle.

Cette guerre nous montre une fois de plus toute l’horreur des conflits armés : assassinats, viols, tortures, bombardements sur les réseaux d’approvisionnement énergétiques, sur les installations de santé et sur les populations civiles sont perpétués au quotidien par l’armée russe en Ukraine. Les lois de la guerre sont violées. Les médias, depuis quelques semaines, nous parlent des enlèvements et de la déportation d’enfants. Les sanctions internationales sont nécessaires et doivent être dirigées d’abord sur les plus hauts responsables russes. Il sera indispensable que tous les génocides, les crimes contre l’Humanité et les crimes de guerre soient l’objet de condamnation sans faille des tribunaux internationaux.

Nous avons été sourds et aveugles à l’agression menée en Tchétchénie, nous n’avons quasiment rien dit au bombardement des populations syriennes par l’aviation russe, et quoi que l’on pense des Américains et de leur modèle capitalistique, il n’empêche qu’aujourd’hui, ce ne sont pas les Américains qui sont les agresseurs.

Nous ne sommes pas dupes d’une réalité diplomatique européenne morcelée. Nous avons su en février 2022 accueillir dignement les Ukrainiens grâce à la protection temporaire, cette guerre en Ukraine nous oblige à encore plus de solidarité internationale et de construction d’un modèle européen encore plus social.

Jean-Luc BOERO, président de la section

Communiqué de presse : Soutien au maintien d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile à St Brévin

Le Collectif des Brévinois Attentifs et Solidaires (CBAS), la municipalité de St Brévin à l’unanimité de ses élus, défendent la construction d’un CADA à la Pierre Attelée.

Cette démarche fait suite à l’accueil réussi de plus de 400 réfugiés à St Brévin depuis 2016.

Pour la LDH, accueillir l’Autre, recevoir dignement, permettre l’intégration, ne pas stigmatiser, refuser l’essentialisation des étrangers, lutter contre la xénophobie et le racisme sont consubstantiels de notre démocratie et aussi de nos principes républicains.

Nous ne laisserons pas la cause des étrangers, des exilés et des réfugiés entre les mains des extrêmes droites qui brandissent des peurs, des haines ancestrales pour asseoir leur fonds de commerce électoral ou leur influence dans la construction des lois.

Nous ne céderons pas aux sirènes de la haine. La France est un pays de mélanges, de culture black-blanc-beur, etc., de religions variées, n’en déplaise aux révisionnistes de l’Histoire.

Le grand remplacement n’existe pas sauf comme argument électoral si cher à M. ZEMMOUR.

Ne cédons rien aux haines raciales.

Saluons le travail des bénévoles et des professionnels qui accueillent ces migrants ; soutenons les brévinois solidaires et venons nombreux, à l’appel du CBAS, à la marche matinale et pacifique le :

Samedi 25 février 2023 de 10h à 12h30

Place Henri Baslé (Place du marché) à St Brévin

Saint Nazaire, le 20 février 2023

Edito : Lutte contre les discriminations et le racisme : il faut plus qu’un plan, il faut une véritable volonté politique et une forte mobilisation citoyenne

L’activité de la section est particulièrement chargée en raison de la grogne sociale alimentée par des projets de loi injustes. Nous appelons tous nos adhérents et nos sympathisants à manifester pacifiquement contre le projet de réforme des retraites, plusieurs communiqués ont d’ailleurs été diffusés en ce sens. Les 1er et 4 mars, nous appelons à une réunion débat et à un rassemblement contre le projet de loi Asile et Immigration (voir tract joint).

Le 24 mars, avec ATTAC et le CCFD Terre Solidaire, une projection du film « La (très) grande évasion » suivie d’un débat avec un spécialiste de la question de l’évasion fiscale aura lieu au cinéma Tati à St Nazaire.

Le 28 mars, une réunion publique organisée par la section, aura pour thème : Dans quelle mesure l’expansionnisme chinois est-il un danger pour l’universalité des droits humains ? C’est Yves, ancien président de section, qui se charge de son organisation. Pierre Antoine Donnet, journaliste, spécialiste des minorités chinoises, animera cette réunion publique.

Nous allons organiser une conférence de presse pour le triste anniversaire de la 1ère année de guerre en Ukraine, en partenariat avec l’association Droujba. Vous recevrez les informations prochainement.

Le gouvernement a présenté dernièrement un plan en 80 points de lutte contre les discriminations et le racisme. La situation est de plus en plus tendue sur St Nazaire. Nous savons que certains employeurs dans la restauration utilisent des étrangers sans papiers  dans des formes d’exploitation renvoyant à l’esclavage moderne. Nous savons que les discriminations concernant l’accès au logement sont nombreuses. Le racisme à l’égard des étrangers est une vraie préoccupation pour bon nombre d’élus et pour nos associations.

Actuellement, le parti d’extrême droite d’Eric Zemmour, Reconquête, a une stratégie de pilonnage de tous les projets d’installation d’étrangers sur les territoires. Après Callac, ce week-end, c’est au château de Thiverval-Grignon dans les Yvelines qu’il va organiser une manifestation contre l’installation d’un centre d’hébergement pour personnes à la rue ou sans domicile fixe.

Sur St Brévin, en vue de l’arrivée en septembre prochain de migrants dans un CADA situé dans un ancien centre de vacances, Reconquête manifestera le 25 février prochain. Gilbert Collard et d’autres personnalités d’extrême droite y seront présents. Lors du dernier conseil municipal de St Brévin, une trentaine d’opposants au projet ont voulu impressionner les élus qui ont voté unanimement une motion favorable à l’implantation de ce CADA.

Nous savons par le Collectif des Brévinois Attentifs et Solidaires que les parents d’élèves de l’école publique située en face du futur CADA reçoivent des pressions et des menaces de la part de ces nervis de l’extrême droite aux idéaux fascistes et racistes.

La section LDH, en lien avec le Bureau National, se mobilisera lors d’une contre-manifestation, comme il y en a déjà eu lieu dernièrement. La présence d’élus du Bureau National et de représentants nationaux d’organisations telles que le MRAP ou Les Verts sont attendus. Avec nos collègues de Nantes, nous nous mobilisons fortement pour soutenir le Collectif des Brévinois Attentifs et Solidaires.

Il faudra que nous soyons très nombreux à venir manifester notre soutien à ce projet d’installation de ce CADA.

Jean-Luc Boero, Président de la section, le 11 février 2023

CP : Lutter contre la réforme des retraites c’est lutter contre l’autoritarisme galopant !

Le pouvoir n’entend pas la rue et rejette les arguments pour  une autre réforme des retraites sauf ceux qui ne remettent pas en cause le cœur de leur projet : nous faire travailler plus longtemps !

Pour le Président de République et son gouvernement, il n’y a pas d’autres solutions que l’allongement de l’âge de départ à la retraite qui pénalisera les femmes et ceux qui ont commencé à travailler tôt et très souvent dans des métiers difficiles.

Le déni de démocratie avec l’usage du 47-1 ou peut-être du 49-3 montre bien que nous ne sommes pas dans une démocratie usant du dialogue et du compromis mais dans une imposition maquillée par une façade parlementaire.

La section de la LDH ne peut que redire que le régime présidentiel favorise ce type de comportement jupitérien !

Il n’y aura pas de réforme acceptée et acceptable sans dialogue, écoute et prise en compte des propositions des syndicats et des manifestants.

Il n’y a pas de démocratie politique en caricaturant et verrouillant le débat parlementaire, en refusant d’entendre qu’il y a d’autres politiques à conduire pour que justice sociale et fiscale soient aux rendez-vous d’une réforme des retraites par répartition.

Il ne faut pas croire que le combat contre le projet de réforme des retraites est un mouvement social comme un autre. C’est une mobilisation de tous les citoyens, jeunes, salariés et retraités. La présence nombreuse de manifestants dans des villes rurales et sous-préfectures nous le montre.

Nous devons gagner ce combat aussi pour que l’avenir de notre pays ne soit pas uniquement entre les mains de la puissance des marchés financiers ou celui de démagogues de l’extrême droite qui nieront les droits des  travailleurs et conduiront une politique de préférence nationale.  

De nouveau, la section LDH appelle très largement à se mobiliser avec les syndicats et à venir nombreux manifester contre cette réforme injuste des retraites.

Saint-Nazaire, le 05 février 2023

CP : Hébergement d’urgence, il faut en finir avec la politique de la poussière sous le tapis !

Depuis des années,  les associations et militants ne cessent de dire qu’ils manquent de solutions de logement très social, d’hébergement d’urgence ou de stabilisation et de mise à l’abri pour les personnes et familles sans logements personnels ou sans abris sur Saint-Nazaire.

Des initiatives citoyennes et des remontées de situations sont régulièrement faîtes. Il a fallu la réquisition de maisons par le Collectif Urgence Sociale et leur expulsion pour que la municipalité propose l’organisation d’une table-ronde des différents acteurs locaux de l’hébergement d’urgence.

Lors de la première réunion, à la mairie de Saint Nazaire, le 12 décembre dernier, en l’absence notable des services de l’Etat, les associations unanimes ont dit qu’il fallait sortir de la politique du thermomètre en cas de grand froid.

La réponse des pouvoirs publics est empreinte d’un déni de réalité.  Le 115 ne peut être un outil de mesure des besoins. Toutes les associations peuvent attester que nombre de personnes s’en détournent car elles savent que, trop souvent, elles n’obtiennent pas de correspondants ou  on leur dit qu’il n’y a pas de solutions.

Minorer les phénomènes du mal logement et du sans-abrisme conduit à des situations de cohabitations forcées, d’habitats de fortunes, de squats, de sur occupation de logements, de couchage dans des voitures, d’hébergement dans des bois, etc. qui sont humainement très lourdes de conséquences.

Il nous est renvoyé que des efforts supplémentaires sont faits avec des renforts de places d’hébergement d’urgence et des nuits hôtelières supplémentaires en cas de grand froid, etc… Et pourtant, à chaque période de grand froid, les associations d’accueil, d’accompagnement et de solidarité sont débordées et se posent, au quotidien, la question de la survie des personnes sans-abris.

Pour nos associations le constat est là, lutter contre le mal logement sur Saint Nazaire est une impérieuse nécessité.

Nous refusons que les associations soient instrumentalisées par les pouvoirs publics. Il est faux de dire qu’elles ne seraient pas en mesure de se mobiliser avec la Protection civile, qu’elles seraient en incapacité de soutenir un accueil digne, propre  et sécurisé dans un gymnase.

Les associations sont révoltées par le discours institutionnel sur la responsabilité. S’il est vrai que l’Etat est le premier responsable de l’hébergement d’urgence, l’incarnation de ce discours, ce sont des personnes qui dorment à la rue. Des personnes, par défaut d’hébergement, trouvent des solutions inadaptées et dangereuses pour leur santé et sécurité. Nous ne pouvons pas continuer dans cette spirale qui nie les droits de l’Homme les plus essentiels.

Des solutions peuvent exister. Il faut entendre les associations, ne pas les laisser sans informations ou les reléguer sur des strapontins pour faire croire à un semblant de dialogue. Il faut construire avec elles des solutions.

Que ce soit au niveau du mal logement, du sans-abrisme ou du grand-froid, les associations de terrain avec leurs équipes sont porteuses de nombreux projets qui vont de la sous-location avec garantie et accompagnement, de baux précaires à des associations pour des locaux et logements vides appartenant aux collectivités, de tiny house, d’ouverture de locaux en cas de grand froid sans attendre le feu vert  de la préfecture, ou en passant, si nécessaire, par la réquisition.

La section LDH de Saint-Nazaire Estuaire Presqu’île demande que les associations et militants des droits des personnes soient entendus ! Il est temps de s’atteler aux problématiques soulevées avec une approche pragmatique et à la hauteur des difficultés rencontrées par les personnes concernées, les associations et les professionnels.

 Un toit est un droit !

Saint Nazaire, le 26 janvier 2023

Communiqué de presse : Retraites : non à une nouvelle régression des droits sociaux

Alors qu’inégalités et précarisation s’aggravent sans cesse, la LDH (Ligue des droits de l’Homme) ne peut que s’inquiéter de voir le gouvernement s’entêter à faire passer en force une réforme des retraites que l’ensemble des organisations syndicales et l’immense majorité des Françaises et Français rejettent.

Après les réformes du Code du travail, de l’assurance chômage, dans un contexte de détérioration continue des services publics, cette réforme du système général des retraites constitue une nouvelle étape vers la remise en cause de l’Etat social, avec l’obsession de réduire à la portion congrue le système de répartition afin que les compléments soient assurés par les mécanismes privés de capitalisation pour celles et ceux qui le peuvent. N’oublions pas que d’ici quelques années, le taux de remplacement va dégringoler à environ 37 % selon le COR contre une moyenne actuelle de 52 % de l’ancien salaire.

Cette réforme, dont la nécessité économique est loin d’être avérée, aggravera les injustices sociales au détriment de celles et ceux ayant des carrières longues, pénibles et précaires, et notamment des femmes qui constituent l’immense majorité des précaires. Elle réduira également la possibilité d’arriver à la retraite et de la vivre en bonne santé. Ici, sur le bassin nazairien, la notion de pénibilité n’est pas un vain mot. Les salariés du bassin nazairien seront les victimes du rallongement de l’âge de départ à la retraite. Le gouvernement fonde sa réforme entre autre sur l’allongement de la durée de vie. Mais ce propos est à nuancer car sur le bassin nazairien, la surmortalité est de 28% de plus que la moyenne nationale chez les moins de 65 ans. Devra-t-on passer de l’emploi au cercueil ?

Inacceptable dans son contenu, cette réforme interroge également en termes de méthode, la procédure annoncée constituant un véritable déni de démocratie si le gouvernement va jusqu’au bout de ce qu’il a annoncé.

En effet, après une réforme du Code du travail par ordonnances, celle des retraites esquive tout débat public en utilisant une procédure législative accélérée (article 47-1 de la Constitution1) et en s’appuyant non sur un projet de loi ordinaire mais sur un projet de loi de financement de la sécurité sociale rectificatif.

Ce choix n’a rien d’anodin car il permet au gouvernement de s’affranchir d’un véritable débat et de passer outre les droits du Parlement. Moins connu que l’article 49-3, dont le gouvernement a fait un usage abusif à l’automne, l’article 47-1 alinéa 2 de la Constitution permet de dessaisir l’Assemblée nationale au bout de 20 jours à compter du dépôt du projet de loi. Ensuite, le Sénat doit statuer dans un délai de quinze jours. Et, à défaut d’un vote dans un délai de cinquante jours, le projet peut être mis en œuvre par ordonnance.

Conjuguer de telles méthodes avec des mesures d’injustice sociale ne peut qu’accentuer la crise de confiance actuelle, qui met en péril notre démocratie et favorise les dérives vers l’extrême-droite.

C’est pourquoi la section LDH appelle de nouveau les citoyennes et citoyens à se mobiliser et à manifester le 31 janvier à 10H, Place de l’Amérique latine à St Nazaire aux côtés des organisations syndicales.

Saint-Nazaire, le 26 Janvier 2023

1« Si l’Assemblée nationale ne s’est pas prononcée en première lecture dans le délai de vingt jours après le dépôt d’un projet, le gouvernement saisit le Sénat qui doit statuer dans un délai de quinze jours. Il est ensuite procédé dans les conditions prévues à l’article 45. Si le Parlement ne s’est pas prononcé dans un délai de cinquante jours, les dispositions du projet peuvent être mises en œuvre par ordonnance. »

Edito : Résistance ou résignation face à une réforme injuste

Les cabinets de conseil (comme Mckinsey), les conseillers auprès des principaux ministres et ceux du président de la république parient sur la résignation face à une réforme des retraites que l’ensemble des organisations syndicales et la grande majorité de nos concitoyen.ne.s refusent.

Le mouvement social doit savoir exploiter la communication brouillonne et la frilosité d’un certain nombre de partenaires non négligeables d’Emmanuel Macron. François Bayrou n’a de cesse de demander des améliorations sur le fond ; Edouard Philippe, qui pourtant en 2019 souhaitait une réforme avec une mesure d’âge, se montre bien aphone et distant ; l’aile gauche de Renaissance, Barbara Pompili et Patrick Vignal, menacent de voter contre ; des députés plus ou moins opportunistes sont attentistes. Du côté de LR, une quinzaine de députés sont frileux et ne veulent pas prendre un risque politique ; le groupe centriste LIOT et ses 20 députés manqueront à l’appel pour adopter cette réforme.

L’opinion publique se laissera-t-elle retourner par Gabriel Attal, Bruno Lemaire ou Olivier Dussopt ? En effet, le gouvernement et Emmanuel Macron ne semblent pas imposer leur récit d’une réforme juste. Il faut dire que la nécessité financière de cette réforme est loin d’être avérée. Le président du COR, Pierre-Louis Bras, déclarait le 21 janvier 2023 que « les dépenses ne dérapent pas ». Nous avons entendu que l’objectif de cette réforme était de participer au rétablissement des comptes publics puis de ne financer que le déficit des régimes de retraite. Face à un président entouré de technos qui dit tout et son contraire (rappelons-nous qu’en 2017 il était contre une mesure d’âge jugée injuste), et avec une surface politique réduite, sans réel ancrage dans la société, son projet de réforme, malgré des éléments de langage soi-disant rassurants (réforme juste, sauvegarde du régime par répartition, etc.) a entrainé une très forte mobilisation le jeudi 19 janvier.

Pourtant, la résignation et la morosité font partie des éléments pesant dans le choix du gouvernement et du président. Les chiffres alarmistes sur le ratio de cotisants et de retraités, le mur de dettes, la guerre à la porte de l’Europe, la flambée des prix, la dépendance énergétique et ses conséquences quotidiennes, une transition écologique qui sera fortement coûteuse, une éco anxiété auraient dû amoindrir la mobilisation.

Le gouvernement espère toujours une fissure dans le mouvement syndical. Entre ceux qui souhaitent à mots couverts des manifestations violentes pour aller vers un retournement de l’opinion et ceux qui aimeraient un blocage de l’économie dont les premières victimes seraient les salariés des territoires périphériques ou ruraux, il y a une nécessité à ce que les organisations syndicales soient très ajustées dans la stratégie.

La section LDH appellera à se mobiliser et à manifester au côté des organisations syndicales tout au long des journées de manifestation. Un prochain communiqué en soutien à la manifestation du 31 janvier paraitra prochainement.  

Jean-Luc BOERO, Président de la section LDH St Nazaire Estuaire Presqu’île

le 22 janvier 2023

Edito : Les théocraties ne font pas bon ménage avec les droits de l’Homme

En Iran, le 16 septembre dernier, la mort de Masha Amini, décédée après avoir été arrêtée par la police des mœurs pour infraction au code vestimentaire à savoir un voile mal porté, a conduit à une révolte qui se poursuit au cri de « Zan, Indegui, Azadi » c’est-à-dire « Femmes, Vie, Liberté ».

L’accroissement de la pauvreté, les privations continues des libertés collectives et individuelles, un peuple iranien qui pâtit du blocus imposé par l’Occident et une oppression patriarcale du régime amènent une grande partie de la population, particulièrement chez les jeunes, à mettre leur vie en danger face à la répression terrible menée par le régime de l’ayatollah Ali Khamenei. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées. Les cours révolutionnaires ont condamné à mort une cinquantaine de personnes dans des jugements lapidaires, sans avocat et souvent avec des aveux obtenus sous la torture.

Déjà, 4 manifestants ont été exécutés.

En Afghanistan, l’un des pays les plus théocratiques au monde, les droits des femmes depuis le retour des Talibans sont aussi gravement bafoués. Le pouvoir politique aux mains de chefs religieux applique la charia islamique. Tous les jours, les femmes sont les premières victimes des lois islamiques. L’interdiction d’étudier et de travailler, le port de la burqa, l’obligation d’être accompagnée d’un homme dans la rue les privent de libertés essentielles.

Depuis la prise du pouvoir par les Talibans en août 2021, les 41 millions d’Afghans subissent une catastrophe humanitaire. Les défenseurs des droits de l’Homme, les journalistes, les magistrats, des artistes, des avocats craignent pour leur vie et celle de leurs proches. Ne les oublions pas dans le tumulte informationnel et les priorités médiatiques.

Sur St-Nazaire, la LDH comme d’autres associations soutient le peuple iranien en lutte et le droit d’asile pour les Afghans-es.  

Notre section a interpellé en 2021 et 2022 les autorités publiques sur la situation de ressortissants afghans. Nous avons relayé la campagne du MRAP sur la mosaïque de photos « Femmes, Vie, Liberté ». Nous serons toujours aux côtés de celles et ceux qui dans leurs droits et libertés vivent cruellement l’oppression de régimes fondamentalistes théocratiques et du patriarcat qui en découle.

Les réactions de la communauté internationale face à la terrible répression qui s’abat sur le peuple iranien sont malheureusement bien trop timides. Le peuple iranien a besoin de marques de solidarité et nous devons renforcer nos pressions à l’égard de notre diplomatie.

Ne soyons pas dupes sur les opérations cosmétiques menées par Emmanuel Macron et son gouvernement. Ce ne sont pas des gesticulations humanitaires et morales qui feront plier   l’ayatollah Ali Khamenei.

Nous invitons le gouvernement à renforcer ses initiatives diplomatiques et à œuvrer sur le plan international pour que les autorités de la République islamique d’Iran honorent les conventions internationales dont le pays est signataire, à l’image du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 23 mars 1976.

Les propositions d’actions de solidarité du peuple iranien en lutte sont aussi une piste à ne pas négliger. La demande de démocratie doit être notre boussole d’actions.

Nous devons, à travers nos contacts avec nos élus et dans une action inter associative, poursuivre notre soutien.

Jean-Luc Boero, Président de la section, le 15 janvier 2023

Soutien de la section LDH aux manifestations du 19 janvier

Notre pays est à la veille d’un mouvement revendicatif puissant qui voit l’ensemble des organisations syndicales unies et déterminées pour refuser un projet de réforme des retraites qui n’a pas l ‘assentiment d’une majorité de la population.

La LDH n’est ni une organisation syndicale, ni un parti politique et ne se positionnera pas sur le bienfondé d’une réforme des retraites

 Pour autant, la LDH s’inquiète de la remise en cause, depuis plusieurs années, de pans entiers des droits sociaux sans qu’un réel débat démocratique puisse avoir lieu.

Que ce soit, hier, des ordonnances pour réformer le Code du travail au détriment des salarié.e.s ou, aujourd’hui, une réforme des retraites qui esquive un véritable débat public en utilisant une procédure législative accélérée (Article 47-1 de la constitution) par la voie d’un Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale rectificatif (PLFSS).

Il est aussi anormal que soit déjà annoncée la date d’application de la réforme, sans que les objections à ce projet ne soient sérieusement prises en compte.

De telles méthodes ne font que renforcer un sentiment d’injustice et accentuer une crise de confiance qui met en péril notre démocratie.

Cette réforme qui concerne chacun de nous doit donner lieu à un large débat national et nous ne pouvons accepter cette précipitation et cette tentative de passage en force.

La LDH tient à dire  que les retraités ne sont pas qu’un enjeu d’équilibre financier. Les retraités sont aussi producteurs de richesses et de cohésion sociale. Sans eux, le tissu associatif serait bien en difficulté et notre solidarité serait aussi en difficulté au quotidien. Cette valorisation du bénévolat ne doit pas uniquement apparaître dans nos bilans comptables associatifs mais aussi dans celui de notre richesse nationale. 

Le droit au respect des  âges de la vie basé sur une solidarité nationale qui ne vise pas uniquement à contenir les coûts de la protection sociale mais qui  doit repenser son financement en élargissant ses recettes serait un chemin bien plus juste que d’essorer encore plus les travailleurs.

Face à l’urgence sociale et à l’urgence démocratique, la Ligue des droits de l’Homme rappelle que toute évolution des droits sociaux doit amener plus de justice sociale et être conduite en respectant réellement le dialogue social.

La LDH réaffirme que face aux périls qui la menacent, la démocratie a tout à gagner à une mise en débats exigeante des voies et moyens de la justice et de l’égalité.

C’est pourquoi la LDH Saint-Nazaire, Estuaire, Presqu’île soutient l’intersyndicale et appelle à une très marge mobilisation le jeudi 19 janvier à 10h place de l’Amérique Latine.

Saint-Nazaire, le 13 janvier 2023