État d’urgence : de l’exception à la permanence… (La quadrature du net)
État d’urgence : de l’exception à la permanence, les parlementaires au pied du mur
Paris, le 5 juillet 2017 — Douze organisations, des avocats et des universitaires (liste ci-dessous) appellent les députés à ne pas voter la loi de prorogation de l’état d’urgence et tous les parlementaires à rejeter la loi renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure. Elles dénoncent la dangereuse logique du soupçon qui imprègne les deux textes. Les parlementaires ne doivent pas se laisser abuser par l’idée que la France va sortir d’un régime d’exception alors même qu’il s’agit de l’inscrire dans le marbre de la loi permanente.
Photo Vox Public
Le discours du Président de la République, lors du Congrès à Versailles, a été l’occasion d’un nouveau tour de passe-passe : prétendre à une sortie de l’état d’urgence, quand, en même temps, le Sénat examinait une sixième loi de prorogation de ce dispositif d’exception, suivie du projet de loi antiterroriste qui pérennisera l’état d’urgence pour l’inscrire dans le droit commun.
Le 30 juin, lors d’une rencontre avec le Président de la République, notre collectif « état d’urgence / antiterrorisme » s’est employé à mettre au jour ces incohérences entre les annonces et les faits. Face à ces contradictions, le Président de la République n’a pas montré d’ouverture pour modifier le fond de ces projets de loi. Les perquisitions et assignations administratives, mesures phares de l’état d’urgence, aussi inefficaces qu’excessives, ne disparaîtront ainsi pas en novembre 2017. Elles seront pérennisées ; les assignés et perquisitionnés de l’état d’urgence d’aujourd’hui seront, sans nul doute, les assignés et perquisitionnés de la loi antiterroriste de demain.
En prétendant aujourd’hui réserver aux seuls terroristes ces mesures, le gouvernement reconnaît en creux l’usage arbitraire et dévoyé de l’état d’urgence. Autre preuve de duplicité du discours officiel : les interdictions dites « de séjour » (valant interdiction de se déplacer pour participer à une manifestation), censurées par le Conseil constitutionnel, ont été réintroduites par le gouvernement et aussitôt adoptées en commission des Lois du Sénat. Cette disposition spécifique pourra être utilisée contre des manifestants ou militants, sans lien avec le terrorisme, comme cela été le cas ces derniers mois.
Nos organisations alertent les parlementaires sur la nouvelle loi antiterroriste qui vise à normaliser la logique du soupçon. L’objectif fondamental, subjectif et donc potentiellement arbitraire, demeure la neutralisation d’individus dont on pourrait anticiper les « comportements non conformes » et la « radicalisation » supposée. Le texte ambitionne ainsi de pérenniser des dispositifs qui accuseront les personnes sur la base de critères flous (notamment d’appartenance à l’entourage de personnes ou d’organisations, l’adhésion, même privée, à des idées ou doctrines religieuses…) et bien en amont de toute preuve de la commission ou la préparation d’un acte de terrorisme, laquelle, rappelons-le, est d’ores et déjà prise en charge au plan pénal. La nature de la contrainte demeure elle aussi inchangée. Le contrôle par un juge, fût-il judiciaire, exercé selon des critères vagues et sur la base de notes blanches fournies par les services de renseignement, ne sera, par essence, pas plus effectif que sous l’état d’urgence.
Entre l’état d’urgence qu’on s’apprête enfin, nous dit-on, à quitter, et l’état de soupçon permanent dans lequel il s’agirait d’entrer, il n’y a pas de différence de nature. Tandis que l’état d’urgence se voulait temporaire et ses mesures exceptionnelles, les fouilles indifférenciées, les assignations et les perquisitions de la loi à venir seront permanentes. Les atteintes aux libertés d’aller et de venir, de se réunir et de manifester, la stigmatisation des personnes de confession musulmanes ou supposées telles, et avec elles, la division de la société, prendront, elles aussi, un tour permanent, par l’effet de cliquet propre aux législations antiterroristes, comme le montre l’expérience de celles accumulées, presque sans débat, ces dernières années.
Le réseau « état d’urgence / antiterrorisme » est composé :
- des organisations suivantes : ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), Action Droits des Musulmans, Amnesty international – France, Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), European Prison Litigation Network, Greenpeace France, Human Rights Watch, La Quadrature du Net, Ligue des Droits de l’Homme, Observatoire international des Prisons (section française), Syndicat des Avocats de France et Syndicat de la Magistrature.
- des cabinets d’avocats suivants : Cabinet Arié Alimi, Cabinet Bourdon, Cabinet VIGO (Emmanuel Daoud)
- et d’universitaires (membres, notamment, Centre de recherche et d’études sur les droits fondamentaux (CREDOF) de l’Université Paris Nanterre, engagés dans un programme de recherche sur l’état d’urgence 2015-17).
https://www.laquadrature.net/fr/etat_urgence_permanent
rencontre avec le poète syrien Omar Youssef Souleimane le 18/10 à La musardière – Saintes
Foire aux livres et aux vieux papiers Saintes le 21/10/17
Village des Associations Saintes les 2 et 3 septembre 2017
Conférence-débat « Numérique et libertés » 23/09/17 Libourne
Être différents, vivre ensemble
ÊTRE DIFFÉRENTS, VIVRE ENSEMBLE Samedi 23 septembre 2017
des films de Denys Piningre de 14h30 à la nuit… au Centre Social Belle Rive 3 rue du Cormier, à Saintes
(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)
Fichier pdf : invit 3SF 23 9
Demande de rendez vous au Député : Suite
A ce jour Jeudi 10 Août, toujours aucune réponse de notre Député, Mr Jean Philippe ARDOUIN. !
Une demande semblable faite par nos amis de la section de La Rochelle au député Rochelais Olivier FALORNI a eu plus de succès. Rendez vous pris et déjà réalisé…
Quelques difficultés pour notre Député a se mettre en marche ???
A suivre….
Soutien de la section LDH Angoulême pour la Marche pour la Paix en faveur de la Syrie du 11 au 16 aout 2017 à Cognac
demande de rendez vous au Député
Le 22 juin 2017, nous avons demandé audience à notre nouveau Député, Mr Jean Philippe ARDOUIN.
A ce jour, 20 Juillet 2017, nous n’avons pas eu de réponse.
A suivre.
Jacques Toubon : le projet de loi antiterroriste est « une pilule empoisonnée »
ARGUMENTAIRE Etat d’urgence 6 2017
Le conseil des ministres a examiné, jeudi 22 juin, le projet de loi prorogeant l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre ainsi que celui « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme ».
Pour Jacques Toubon, Défenseur des droits, le gouvernement est dans « un piège » auquel il apporte une mauvaise réponse. Selon lui « l’état permanent » du droit proposé pour remplacer « l’état exceptionnel » comporte une « pilule empoisonnée » : le risque de dissoudre la cohésion nationale en stigmatisant une partie de la population au nom de sa religion.
Le gouvernement a approuvé, jeudi, la sixième prorogation de l’état d’urgence. Est-ce une erreur ?
La question n’est pas de savoir si la prorogation est une bonne chose ou pas, la politique en décide. A partir du moment où l’on proroge, il faut décider soit de ne jamais en sortir, soit d’y mettre fin. C’est le piège dans lequel se trouve le gouvernement. Il répond en remplaçant le texte « état exceptionnel » par un texte « état permanent » de la législation. C’est le projet de loi censé remplacer l’état d’urgence. Il laisse entendre qu’après l’état d’urgence, les mesures perdraient en efficacité ce qu’elles gagneraient en garantie des droits…
En réalité, ce nouvel « état permanent » du droit n’offre pas plus de garanties mais ne pourra plus être justifié par le caractère exceptionnel et temporaire. Ainsi la France va se retrouver fragilisée devant la Cour européenne des droits de l’homme et le Conseil constitutionnel. Et enfin il n’est pas démontré que le fait d’être sorti pendant l’état d’urgence des dispositifs antiterroristes judiciaires mis en place depuis 1986, ou de vouloir définitivement en sortir avec ce projet de loi est plus efficace ; en tout cas ce sera moins protecteur des libertés.
LE MONDE | 23.06.2017 Propos recueillis par Jean-Baptiste Jacquin
L’état d’urgence : « En marche » et sans changement !
Communiqué LDH
Le président de la République a changé mais ni l’état d’urgence ni la méthode.
A peine installé, usant, comme ses prédécesseurs, de l’émotion légitime provoquée par l’attentat de Manchester, le nouveau pouvoir propose de renouveler l’état d’urgence et l’adoption d’une nouvelle loi pour y inscrire de nouvelles mesures d’exception.
Sans mener aucune réflexion sur la pertinence d’une législation qui n’a pas prouvé son utilité mais qui a restreint nos libertés, créé des situations arbitraires et, énième réflexe pavlovien, qui voit chaque événement suivi d’un nouveau projet répressif.
La LDH déplore cette continuité dans le peu d’intérêt consacré à la protection des libertés, le mépris affiché des avis des plus hautes autorités judiciaires et administratives et l’ignorance des conséquences d’un état d’urgence qui autorise bien autre chose que la lutte contre le terrorisme, et qui continue de stigmatiser une partie de la population.
« Il faut que tout change pour que rien ne change » avait écrit un auteur italien.
La LDH poursuivra ses efforts pour qu’il soit mis un terme au seul état d’urgence appliqué au sein de l’Union européenne.
Paris, le 24 mai 2017
Nous vous invitons à prendre connaissance sur ce sujet du rapport établi par Amnesty International
cf lien ci-dessous
https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/droit-de-manifester-en-france
La gauche va-t-elle disparaître ?
Historien, Directeur d’études à l’EHESS et saintongeais de coeur à la belle saison.
C’est d’abord en historien qu’André Burguière analyse les fondements de la gauche, mais aussi en intellectuel engagé dans la cité. Son objectif n’est pas d’en départager les différentes tendances, mais de dégager leur socle commun. Il montre que le partage idéologique, hérité directement de la Révolution française et indirectement d’une longue histoire de la démocratie, continue à structurer nos représentations politiques. Mais il constate combien la « passion noble » de l’égalité a cédé du terrain.
Sur le long cours, l’évolution du système représentatif, le pouvoir des élus et leur professionnalisation ont disqualifié la parole des citoyens. Étatisme, constitution monarchique, faiblesse du syndicalisme, les maux, nombreux, se sont accumulés. Sans compter, récemment, la façon dont le gouvernement socialiste a cédé aux pressions du libéralisme économique et des politiques sécuritaires.
Inquiet, mais non résigné, André Burguière jalonne ses analyses de propositions. Rendre la société plus juste, plus protectrice et plus démocratique, tel est, rappelle-t-il, le véritable projet de la gauche. À lire d’urgence !
Collecte livres CAE
Appel à voter contre Le Pen et le Front National
La Ligue des droits de l’Homme invite les citoyens français à voter contre Le Pen et le Front National
Le vote pour Le Pen et le Front National n’est pas une option. Pourquoi ? Parce qu’il est un parti aux tendances fascisantes utilisant les institutions démocratiques pour ensuite les supprimer une fois arrivé au pouvoir. Un parti raciste, sexiste, xénophobe, antisémite, islamophobe, à l’idéologie identitaire et totalitaire.
Le Front National possède une histoire archaïque où le culte du chef, le mépris du système républicain, le goût de la violence sont masqués aujourd’hui par une attention apparente à l’inquiétude des citoyens et le souci affiché de proposer des solutions sociales et politiques qui transformeraient leur vie.
Pour ce faire, Le Pen et le Front National distillent un discours démagogique dont les pierres angulaires sont la préférence nationale (renommée priorité nationale), la recherche de boucs émissaires (les étrangers, les immigrés, les réfugiés), la référence au peuple, entité républicaine complexe où les droits de Homme sont les nerfs de la Nation, mais outrageusement déformée par l’officine Le Pen en l’expression absurde « eux non-blancs/nous les blancs », la glorification du nationalisme, « antidote » à la mondialisation, appelée « mondialisme » dans le jargon frontiste.
En réalité, cette politique correspond à une remise en cause radicale des valeurs républicaines (liberté, égalité, fraternité, solidarité, laïcité) en développant une mécanique d’opposition de tous contre tous et en instituant un socle de comportements où dominent les sentiments de haine et de mépris.
Voter pour Le Pen et Le Front National, c’est assurément voter contre les libertés privées et publiques, sociales et politiques. C’est voter contre l’égalité de toutes et tous. C’est voter pour la défaite de l’intelligence, de la dignité humaine, et de la démocratie.
Votons pour l’épanouissement de chaque personne et l’accomplissement de chaque citoyen dans une République où les femmes et les hommes pourront jouir intensément des droits civils et politiques, économiques, sociaux et culturels.
Soyons acteurs-actrices de notre profonde humanité ! Votons contre Le Pen et sa clique !
Châtellerault, le 1er mai 2017 Arbre des Libertés
Saintes -Dimanche 30 avril – Journée du souvenir des victimes de la déportation
– Le programme « officiel » de la journée du souvenir :
Programme (cliquer sur lien pour acceder au texte)
-un texte rappelant qu’à l’issue des cérémonies, les citoyens saintais
sont invités à se retrouver comme lors des années précédentes au square
ANGEL, SIDELIO et SARABESSE – Prise de parole et dépôt d’une gerbe .
Précision étant apportée que la section de Saintes de la Ligue des
Droits de l’Homme se joint à cet appel.
Journée de la déportation (cliquer sur lien pour acceder au texte)
Conférence-débat de Rosa Ould Ameziane dit Florent « Le vrai visage du Front National » le mardi 4 avril à Châtellerault
La section LDH et la Maison pour Tous à Châtellerault
invitent à la CONFÉRENCE-DÉBAT
de ROSA OULD AMEZIANE DIT FLORENT
(groupe de travail « Extrêmes Droites » LDH)
« LE VRAI VISAGE DU FRONT NATIONAL »
Mardi 4 avril à 20h 30
Maison pour Tous
69 rue Creuzé (Quartier Châteauneuf)
Festival Hexagone : 3000 nuits
Dans le cadre de la « 41e Journée de la Terre », le Collectif Palestine 86 dont fait partie la section LDH
vous invite à la projection du film de Maï Masri « 3000 nuits » lundi 20 mars à 20h 30 aux 400 coups.
La projection sera suivie d’un débat avec la réalisatrice – via Skype – celle-ci résidant au Liban.
Venez nombreux !
Journée Mondiale de l’Eau Jeudi 23 Mars 2017 Lycée Chadignac Saintes
Bonjour à tous,









