Contre le racisme et la xénophobie, mobilisons-nous !

Quand des représentant·es de la Nation tiennent des discours racistes,

Quand tant de personnes aujourd’hui, du fait de leur origine, de leur couleur de peau, de leur religion, sont victimes de comportements racistes et xénophobes dans leur quotidien,

Quand de nombreux médias se font les porte-voix de la haine contre les étranger·ères et leurs enfants, installant et construisant des discours de haine qui se banalisent dans la société,

Quand des manifestations d’extrême-droite expriment la haine de l’Autre et arborent des saluts nazis,

Quand le nombre d’actes racistes et antisémites augmente dans des proportions alarmantes,

Quand les discriminations à caractère raciste restent massives dans l’accès à l’emploi et au logement, dans les rapports avec les institutions, notamment la police et la justice, quand les crimes racistes se multiplient

Quand des juif·ives vivent dans l’inquiétude,

Quand des musulman·es se demandent si la haine qui les cible témoigne de l’impossibilité de notre pays de les accepter pleinement un jour, et que l’islamophobie s’exprime de manière toujours plus violente dans certains médias comme au sein de formations politiques,

Quand les restrictions drastiques des conditions d’accueil pour les demandeur·euses d’asile attentent à leurs droits et à leur dignité,

Quand les conditions de recours devant la Cour Nationale du Droit d’asile ne garantissent plus pleinement le droit à un procès équitable,

Quand les refus de régularisation et de renouvellement de titres de séjour détruisent des vies, que les préfectures « fabriquent » des sans-papiers,

Quand les obligations de quitter le territoire français (OQTF) deviennent systématiques afin d’agiter des chiffres visant à créer un « problème étranger »,

Quand la remise en cause des allocations logement (APL) pour les étudiant·es étranger·es précarise de nombreux jeunes,

Quand des dizaines de milliers de personnes étrangères perdent tout ce qu’elles ont construit à cause de la loi immigration du 26 janvier 2024, et de la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, et des autres lois xénophobes qui les ont précédées,

Nous ne voulons pas d’une société raciste. Ensemble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de solidarité, de justice, et de respect des libertés.
Nous appelons, en toute indépendance vis-à-vis des formations politiques, à une large mobilisation de la société, dans toute sa diversité, pour les mobilisations autour de la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale du 21 mars. Défendons le projet d’une société antiraciste, c’est-à-dire une société humaniste, solidaire et égalitaire.

Premiers signataires : Collectif de soutien aux demandeurs d’asile et migrants (ACAT Dijon ; Action Catholique Ouvrière ; AFRANE Bourgogne ; AGIR abcd 21 ; AIDES Bourgogne Franche Comté ; Amis de la Confédération Paysanne ; Amnesty International Dijon ; APF France Handicap ; ATTAC 21 ; ATMF Dijon ; CFDT 21 ; CGT 21 ; Club Unesco Dijon ; CCFD-Terre Solidaire ; Cent pour un toit ; CNT 21 ; Collectif du lycée d’accueil international Le Castel ; Confédération Paysanne ; Confédération Syndicale des Familles ; Espace autogéré des Tanneries ; Euphorbe en Illabakan ; FCPE ; FSU 21 ; LVN personnalistes et citoyens ; LDH Ligue des Droits de l’Homme ; Maison Phare ; MAN ; OXFAM Dijon ; Mouvement de la Paix ; MRAP ; Pastorale des Migrants ; PNS Bourgogne Mali ; RESF 21 ; SAF ; SNES-FSU ; SOS Refoulement ; SOS Racisme ; Solidaires ; Solidarité afghane ; Sud santé sociaux ; UJFP ; UNEF); Cimade ; Collectif soutien asile nord 21 ; Solidaires étudiant·es Dijon.

Journée internationale contre le racisme

Samedi 21 mars, à 17h, Salle Lucie et Raymond Aubrac, quartier de la Fontaine d’Ouche (place André Gervais)

Dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, les associations Attac 21, LDH Dijon et agglomération, MRAP 21, SOS racisme 21 et Un livre, une vie vous invitent au spectacle : Des bêtises de rien du tout, par le Théâtre des Turbulences.

Un spectacle qui nous prend à témoin : Madame Meunier vit dans son pavillon avec son petit chien et son mari. Son enfer, c’est les autres et surtout la fille de ses voisins. Madame Meunier se sent envahie par ces Étrangers, dans sa maison, son jardin public, son pays. Elle est touchante et drôle dans son désarroi car malgré toute sa volonté, elle se laisse envahir par une pensée qui la submerge. Cette pièce met en lumière les mécanismes du racisme ordinaire pour mieux les dénoncer.

Bus : Corol et L3 (arrêt Chanoine Kir)
Prix libre. Réservation conseillée (places limitées) au 06 17 79 87 94

Communiqué unitaire suite à la tentative d’incendie d’un lieu de prière

Les organisations LDH, MRAP, Sos racisme de Côte-d’Or tiennent à exprimer leur indignation après la tentative d’incendie d’un lieu de prière musulman à Châtillon-sur-Seine. Nous tenons aussi à exprimer notre solidarité aux croyant.es agressé·es comme à tout·es les habitant·es de cette ville attaché·es aux droits humains. Profondément laïcs, nous défendons le pilier de la laïcité qu’est le respect du droit de toutes et tous à pratiquer la religion de son choix comme de ne pas en avoir.

Nous nous inquiétons de l’augmentation des actes islamophobes comme des actes racistes en général. Ceux-ci sont alimentés notamment par les campagnes de l’extrême droite et de la presse Bolloré. Si nous prenons acte de la dénonciation de cet acte par le ministre de l’intérieur, nous ne pouvons pas passer sous silence ses multiples actes et déclarations hostiles aux musulman·es et à la liberté de conscience.

Face au racisme, à la xénophobie et à toutes les discriminations, nous appelons à une mobilisation de tout·es les humanistes, de tout·es les démocrates pour s’engager pour une société de fraternité.

Dijon, le 15 août 2025

Projection du film FANON

À l’occasion de la sortie du film de Jean-Claude Barny, soirée dédiée à Frantz Fanon

Ce film évoque la période algérienne et tunisienne de Frantz Fanon, psychiatre originaire de la Martinique. Son expérience de psychiatre auprès des travailleurs immigrés en métropole, puis des Algériens engagés dans la lutte pour leur indépendance en Algérie, l’a amené à  travailler avec des méthodes contrastant avec celles des autres médecins dans un contexte de colonisation. Et à écrire deux livres, Peau noire, masques blancs et Les damnés de la terre, où il analyse les conséquences de la colonisation sur les colonisés et les colonisateurs.

Dans un contexte où les tensions entre l’armée française et le FLN sont de plus en plus palpables, Frantz Fanon fait figure de traître. Avec sa femme Josie, ils sont pris dans un tourbillon de violence qui les conduit à prendre fait et cause pour l’indépendance de l’Algérie. Un biopic au cœur de la guerre d’Algérie où se livre un combat au nom de l’Humanité.

Projection du film, puis rencontre avec Stathis Kouvélakis, professeur de philosophie, théoricien politique, membre de la rédaction de la revue Contretemps.

« J’aurais dû m’appeler Aïcha »

Un mois avant ma naissance, la mère de mon père décède. La tradition veut que la première fille née après ce décès hérite du prénom de la défunte. Ma grand-mère s’appelait Aïcha, elle était Algérienne. Pourtant, je m’appelle Nadège.

Trois quarts Algérienne, un quart Française. Algérienne de sang, Française de sol. Pas tout à fait Française, pas vraiment Algérienne. Pour les descendant·es d’Algérien·nes, il y a comme une zone d’ombre : une histoire coloniale mise sous silence, une guerre faite « d’événements », des représentations racistes et des inégalités qui perdurent. Intégrée par l’école républicaine, bercée par le mythe national, j’ai joué le jeu de l’intégration. En m’assimilant, j’ai refoulé une partie de mon héritage. Je fais aujourd’hui marche arrière en prenant bien soin de ramasser un à un tous les indices et reformer le puzzle de mon histoire, de notre histoire pour mieux la déconstruire.

Alors que les débats identitaires grondent en France et qu’il y a comme une injonction à choisir son camp, comment s’émanciper d’identités qu’on voudrait nous imposer et trouver sa propre voie ?

Soirée organisée par ATTAC 21, la LDH Dijon et agglomération, le MRAP 21 et SOS racisme Dijon (dans le cadre du Mois de l’égalité de la Ville de Dijon).

Avec le soutien de : l’AFPS, les Amis de la Terre, l’APF, la CGT 21, Le Fil, la FRMJC-BFC, la FSU 21, Greenpeace Dijon, La Maison phare, le Mouvement de la Paix 21, Oxfam, Solidaires 21, l’UJFP, la Vapeur

Salle Devosge, 5bis rue Devosge à DIJON – Tram 1 et 2 – Bus L3 et B10

Né·es ici ou venu·es d’ailleurs, uni·es contre le racisme !

Rendez-vous place de la Libération à 14h30


Appel collectif dans le cadre de la Journée internationale contre le racisme :

Le 18 décembre 2024, lors d’un meeting pour la Journée internationale des migrants, nos organisations et collectifs ont déclaré : « Nous ne voulons pas d’une société raciste. Ensemble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de tous les droits pour toutes et tous, une société de solidarité, de fraternité, de justice, et de respect des libertés » .

Cette déclaration commune est plus que jamais d’actualité face aux attaques renouvelées contre les personnes étrangères avec ou sans papier, d’origine étrangère ou présentées comme telles.

Nous voulons, pour nous comme pour nos voisin·es, collègues de bureau, d’atelier, nos camarades d’amphi, pour notre médecin, notre boulangère, pour la copine ou le copain de classe de nos enfants… une réelle égalité des droits.

Nous ne concevons pas la société autrement que dans la fraternité qui est marquée sur le fronton des édifices publics, aux côtés de la liberté et de l’égalité. Nous ne concevons pas la société autrement que rassemblée par l’accès effectif à tous les droits, pour toutes et tous.

Les comportements racistes et xénophobes sont le quotidien pour tant de personnes aujourd’hui, du fait de leur origine, de leur couleur de peau, de leur religion. Les actes violents se multiplient, faisant vivre dans la peur, la souffrance, l’injustice d’un quotidien de discriminations.

Le quotidien, ce sont aussi les discours de haine désinhibés, les propos mensongers de responsables politiques et de médias contrôlés par des acteurs économiques disposant de moyens considérables, qui stigmatisent des populations et des quartiers et manipulent les chiffres.

La circulaire Retailleau s’inscrit pleinement dans cette approche, repoussant les personnes sans-papiers dans la clandestinité et la surexploitation dans l’emploi, imposant un durcissement des conditions de la régularisation de leur droit au séjour, et ouvrant des possibilités supplémentaires d’expulsions.

Le même ministre ainsi que des médias d’extrême droite s’en prennent aux associations et syndicats qui soutiennent les personnes étrangères, mettant en péril leur rôle crucial pour la démocratie, l’État de droit et l’inclusion sociale.

Le Premier ministre lui-même reprend les formulations stigmatisantes de l’extrême droite, faisant des personnes d’origine étrangère les boucs émissaires de tous les maux la société.

Ces discours publics, allant jusqu’à remettre en cause le droit du sol, cherchent à nous opposer les un·es aux autres alors que nous partageons les mêmes aspirations au bien-être, à la justice économique et sociale, et à l’égalité des droits. L’absence d’accès aux droits des uns n’a jamais donné plus de droits à d’autres !

Toutes et tous ensemble, agissons uni·es et rassemblons-nous, le samedi 22 mars 2025, pour la Journée internationale contre le racisme, pour un autre projet de société, humaniste, solidaire et égalitaire.

A Dijon, nous sommes aussi particulièrement mobilisé·es cotre le projet de construction d’un CRA (centre de rétention administrative ) où sont enfermé·es des étranger·es sans même avoir commis un délit ou encouru une condamnation. Cela est d’autant plus choquant que des centaines de places d’hébergement d’urgence sont en cours de suppression dans la région.