L’édito de la section :
La LDH est-elle apolitique ?
La Ligue des droits de l’Homme est un acteur civique libre et indépendant des partis politiques, des syndicats et des associations. Elle se revendique comme citoyenne, impliquée dans la vie politique, elle participe à ses débats. Elle combat les injustices, le racisme, le sexisme, l’antisémitisme et les discriminations de tous ordres. Elle s’intéresse à la citoyenneté sociale et propose des mesures pour une démocratie forte et vivante. Elle défend la laïcité, les libertés, l’égalité des droits et la fraternité comme fondement d’une société fraternelle et, donc, solidaire1. La LDH n’est donc pas apolitique, mais elle est a-partisane.
La LDH donne-t-elle des consignes de vote ?
Elle n’appelle pas à voter pour tel·le ou tel·le candidat·e, mais elle s’est de tous temps opposée aux extrêmes droites, aux nationalismes et à la xénophobie. Fondée en 1898 pour défendre un innocent, le capitaine Dreyfus, elle a œuvré, dans les années 30, au rassemblement de toutes les forces démocratiques et progressistes dans la lutte contre le fascisme. C’est au siège de la Ligue des droits de l’Homme qu’est signé le Pacte des partis de gauche, syndicats et associations antifascistes, qui fonde le Front populaire en 1935. Elle paie ensuite un très lourd tribut pendant l’occupation nazie2.
En 2024, lors de son congrès de Bordeaux, la LDH adopte une résolution qui catégorise les orientations politiques en fonction de l’accès aux droits. L’approche historiquement portée par les extrêmes droites, à laquelle des forces politiques de droite sont désormais régulièrement perméables, met au centre de toute politique la légitimité d’exclure certaines personnes de l’accès aux droits en fonction de critères « identitaires », notamment les personnes étrangères. Cela vient pleinement légitimer le racisme et les discriminations. C’est la négation absolue de l’universalité des droits, voire de toute régulation juridique.
Mais aujourd’hui, nous ne savons plus très bien où commence l’extrême droite. Ses idées sont reprises sans complexe par des membres de la droite dite républicaine, voire par certain·es macronistes. A Dijon, outre la liste du RN (dont le tract joue la carte de la « respectabilité » et se concentre sur les questions sécuritaires), le candidat de droite, avec le soutien de Reconquête !, annonce clairement des propositions racistes et islamophobes. Nous avons en mémoire certaines de ses prises de positions contre les subventions aux associations de solidarité avec les migrant·es ou attaquant la liberté associative, particulièrement en juillet 2024 quand le monde associatif s’est mobilisé pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir… Il est également très instructif de consulter les réseaux sociaux de certain·es candidat·es qui se présentent dans des communes de la métropole, dont les pages exhibent des contenus ouvertement racistes…
Il faut aussi garder à l’esprit que les résultats des municipales impacteront la future composition du Sénat. Marine Le Pen le disait en décembre : « Il est important pour nous de s’investir sur les municipales, pour continuer à faire nos preuves, préparer les élections sénatoriales et avoir des points d’ancrage pour les élections présidentielle et législatives qui viennent ».
Notre boussole : la LDH œuvre à ce que nos sociétés reposent sur le triptyque « démocratie, État de droit et effectivité des droits fondamentaux » tel qu’il est défini par le droit international, et sur un contrat social construit autour des valeurs d’égalité, de solidarité, de justice et d’inclusion.
1https://www.ldh-france.org/missions-de-la-ldh/
2https://www.ldh-france.org/de-1898-a-nos-jours/
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