
Rebondissement dans un feuilleton fleuve: la justice française a ordonné mercredi la remise à l’Allemagne du militant antifasciste albanais surnommé « Gino », que la France avait refusé précédemment de remettre à la Hongrie par crainte pour ses droits fondamentaux.
La LDH s’est toujours opposée à l’extradition du militant « Gino » vers l’Allemagne. Elle craint qu’il soit remis aux autorités hongroises où les conditions de détention sont incompatibles avec toute notion de dignité humaine. La France doit continuer à protéger les droits fondamentaux de toutes les personnes se trouvant sur son territoire.
Les risques d’atteintes aux droits qui avaient conduit la justice française à s’opposer l’année dernière à ce que soit remis à la Hongrie le militant antifasciste albanais Rexhino Abazaj, alias « Gino » sont toujours d’actualité. Et la France n’a pas à se soumettre, en utilisant l’intermédiaire allemand, aux exigences d’un pays qui a réhabilité le fascisme en Europe.
« Il y a d’autres antifascistes recherchés par la Hongrie, d’autres en prison, mais la France a montré aujourd’hui qu’elle ne doit pas être soumise à la demande d’un pays comme la Hongrie, autoritaire et néofasciste », a-t-il estimé, ajoutant que les autres pays européens « peuvent décider de suivre l’exemple des juges français ». 09/04/2025
Extradition en France : ce que dit la loi
L’extradition consiste, pour un État, à remettre une personne recherchée à un autre État afin qu’elle y soit jugée ou qu’elle y purge une peine. En France, les règles applicables varient selon l’État demandeur : qu’il s’agisse d’un pays membre de l’Union européenne, d’un État lié à la France par une convention d’extradition bilatérale ou multilatérale, ou d’un autre État.
La France n’en est pas à son coup d’essai mais la justice et l’Etat de droit demeurent incontournables et inébranlables.
L’extradition de dix militants italiens d’extrême gauche rejetée par la Cour de cassation.
L’Etat italien avait relancé en 2019 des demandes d’extradition visant dix de leurs ressortissants condamnés pour des faits de terrorisme et réfugiés en France. Malgré le soutien du gouvernement français, la justice a définitivement rejeté ces demandes. 28/03/2023
Libéré en décembre 2024 après cinq mois de détention au Groenland, le militant écologiste Paul Watson vit en France. Il a bénéficié d’un titre de séjour et d’une protection politique accordés par les autorités françaises, mais le mandat d’arrêt émis par le Japon reste actif, ce qui limite ses déplacements internationaux.
Ça se complique parfois un peu quand les personnes mises en cause ne sont pas perçues comme « toutes blanches » aux yeux d’autres militant.e.s. ou organisations.
Et la justice peut être appelée parfois à connaître de bien cruels dilemmes pour trancher sans tomber dans le « deux poids deux mesures »…
RD
Partager la publication "La justice française ordonne la remise à l’Allemagne de « Gino », militant antifasciste albanais"