

Partager la publication "Contre la loi »permis de tuer », défendons le droit et la justice"


Partager la publication "Contre la loi »permis de tuer », défendons le droit et la justice"

Celui qui s’est de tout temps prétendu l’héritier du chiraquisme est en train de virer très très à droite. Ses 5 conseillers RN sont-ils contagieux ?
Rappelons que Chirac fut Premier ministre de 1974 à 1976, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, d’un gouvernement fort peu conservateur non seulement sur les questions « sociétales » (IVG, majorité à 18 ans, divorce par consentement mutuel) mais aussi dans sa politique sociale (relèvement des retraites, indemnisation généreuse des chômeurs, etc…)
En septembre 2019, Les Echos faisaient du chiraquisme une vertu.
Inutile de revenir trop longuement sur le virage à 90 degrés pris depuis peu par François Baroin. Il viserait la présidentielle qu’il ne s’y prendrait pas autrement. La campagne électorale s’annonce déjà particulièrement droitière, voire extrême droitière.
Il n’est pas difficile de s’en convaincre en se rappelant ses arrêtés municipaux récents qui s’en prenaient aux libertés publiques comme individuelles (interdiction du drapeau palestinien sur la voie publique, dans un premier temps, puis sur les seuls bâtiments du domaine public suite à la bronca des syndicats et organisations des forces progressistes troyennes – un référé liberté déposé par la LDH et le MRAP est toujours en cours d’examen), puis le fameux arrêté « couvre-feu » pour les mineurs, cet été, auquel a mis fin le tribunal administratif en réponse au référé liberté déposé par la LDH.
La démocratie en apnée, la droite radicalisée.
La droite traditionnelle, dite « classique », s’est dangereusement rapprochée de l’extrême droite à l’occasion des élections municipales de mars 2026.
Porosité entre les électorats de droite et d’extrême droite.
Au lendemain des élections municipales, l’état-major du parti Les Républicains (LR) ne s’abaissera certainement pas à remercier le Rassemblement national (RN) ; mais il peut au moins remercier son électorat. C’est sans doute grâce à lui qu’il a obtenu ses plus belles victoires, à Clermont-Ferrand et à Limoges. Dans ces deux grandes villes, comme à Brest (Finistère), le maintien du candidat d’extrême droite au second tour n’a pas empêché la droite de s’imposer face à la gauche dans une triangulaire, en raison d’une désertion des voix du RN entre les deux tours.
Quand l’extrême droite s’invitait sur les listes de droite… et inversement.
La porosité entre LR et le RN s’expose de plus en plus au grand jour. Dans des dizaines de communes, on a constaté de troubles jeux d’appareil…
La droite en quête d’un nouveau souffle.
Dans la capitale, où la gauche plurielle esp[érait] bien reconquérir la mairie, la droite classique [était] en pleine déroute stratégique. Le candidat LR, un ancien ministre controversé, a dû faire face à une fronde interne après avoir laissé entendre qu’une collaboration avec l’extrême droite pourrait être envisagée en cas de score insuffisant. Mais sous la pression de la base militante et des élus locaux, il a finalement jeté l’éponge : « Nous ne pactiserons pas avec les ennemis de la République », a-t-il déclaré lors d’une réunion houleuse en présence de figures du parti.
Cette fermeté, bien que tardive, s’inscri[vai]t dans un contexte où l’électorat parisien se montr[ait] de plus en plus réticent aux compromis. Les sondages récents indiqu[ai]ent un glissement des intentions de vote vers les écologistes et la NUPES, tandis que le RN stagn[ait] autour de 15 %. Une configuration qui pouss[ait] les stratèges de LR à reconsidérer leur doctrine, au risque de perdre une partie de leur base historique.
Les municipales 2026 à peine finies, la droite se projette déjà sur la présidentielle.
Que ce soit dans les discours qui ont suivi les résultats du second tour des municipales ou dans les interviews matinales, la droite tente de tirer les leçons de ces élections pour se projeter sur l’ère post-Macron.
Le patron des LR ne manque pas de rivaux, de Laurent Wauquiez à David Lisnard en passant par Michel Barnier. Xavier Bertrand, aux rêves d’Élysée brisés par la primaire des Républicains en 2021, se verrait bien porter l’étendard de la droite.
Et pourtant, il est loin d’être exclu de voir sortir du chapeau de Retaillau un sixième ou septième lapin… De Cazeneuve à Ciotti, en passant par Dupond-Moretti : tout le monde se lève pour François Baroin.
RD
Partager la publication "Le dernier espoir de la droite : se radicaliser"
par Agnès

« Après le massacre commis par le Hamas près de Gaza le 7 octobre 2023, ayant causé la mort de 1 140 personnes, la guerre menée par Israël a fait plusieurs dizaines de milliers de victimes chez les Palestiniens et déplacé par la force 80 % d’entre eux, suscitant des plaintes internationales pour crimes « de génocide » et « contre l’humanité ». Ce livre explique en quoi les agissements de l’armée israélienne sont l’aboutissement d’une longue maturation.
Imagine-t-on en France une loi qui établirait deux catégories de citoyens : par exemple, les « Français de souche » et les autres, qui ne bénéficieraient pas de droits égaux ? Une telle loi a été votée par le Parlement israélien en 2018, au bénéfice des seuls citoyens juifs. De par le monde, les dirigeants « illibéraux » plébiscitent désormais Israël, fascinés par sa capacité à imposer une idéologie « identitaire », où xénophobie et islamophobie bénéficient d’un large soutien populaire. Avec quelles conséquences, pour les Palestiniens comme pour les Israéliens ?
En France, le CRIF, représentant du judaïsme et lobby pro-israélien, promeut un soutien sans faille aux actions des gouvernants d’Israël. Mais, aux Etats-Unis, des responsables juifs et plus encore la jeunesse juive dénoncent l’occupation indigne des Territoires palestiniens. Va-t-on vers un divorce irrémédiable entre Juifs israéliens, engoncés dans le tribalisme, et Juifs américains, qui redécouvrent les attraits de la diaspora ? »
Sylvain CYPEL a été directeur de la rédaction du Courrier international et rédacteur en chef au Monde. Il a couvert la seconde intifada en 2001-2003 et a été correspondant du Monde aux Etats-Unis de 2007 à 2013.
L’État d’Israël contre les Juifs – Après Gaza – Nouvelle édition augmentée (Ed. La découverte – mars 2024 – 334 pages – 13€)

Bouleversé par le 7 octobre et la tragédie endurée depuis par les Gazaouis, les Libanais mais aussi les Israéliens gouvernés par l’hubris guerrière, Gérard Haddad, traducteur des livres de Yeshayahou Leibowitz (1903-1994), adresse douze lettres enflammées à son mentor disparu. Elles disent toute la tristesse d’un sioniste repenti face aux massacres en cours et sa colère devant les discours de clercs et intellectuels juifs médiatisés, alignés sur les positions d’un gouvernement fascisant.
Pour seule réponse à son désarroi, l’auteur se souvient d’un enseignement de son maître : » Je veux qu’on me considère comme traître à toutes les valeurs qui dominent en ce pays. » Autour de cette éthique, il développe un chant funèbre sur l’avenir d’Israël et de l’Occident complice, et atteste : vive la trahison quand elle est l’ultime bouffée d’oxygène d’une cité devenue folle et meurtrière !
Gérard HADDAD – Eloge de la trahison – Lettres enflammées sur le devenir d’Israël (Ed. Le Passeur – Janv. 2025)
Partager la publication "Suggestions de lectures"
Le traitement subi par des militants de Greenpeace pour une action à la centrale de Gravelines jugé « profondément préoccupant » par l’ONU.
Dans son courrier, Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, alerte sur l’arrestation, le traitement abusif présumé en garde à vue et la condamnation pénale de l’ONG et des militants, ainsi que des « demandes d’importants dommages-intérêts ».
« On relève un certain nombre de nullités » : condamnés dans l’affaire Lafarge, ces Normands se pourvoient en cassation.
Lundi 24 août 2026, la cour d’appel de Rouen a condamné quatre militants à des peines de prison avec sursis pour des faits commis en décembre 2023 sur un site du cimentier Lafarge. Trois Ornais comptent parmi les prévenus. Tous ont décidé de se pourvoir en cassation.
« Faire la peau aux écolos » : le patron de la Coordination rurale devant la justice.
« Débat d’idées » ou « discours de haine » ? Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, un syndicat agricole, avait appelé lors d’un congrès à « faire la peau aux écolos ». Jeudi 3 septembre 2026, il a dû se défendre devant un tribunal.
Œufs, insultes, pétards contre les écolos : le procès du président de la Coordination rurale vire à l’intimidation.
Partager la publication "« Faire la peau aux écolos »"
Mercredi 16 septembre
LA FRANCE ETERNELLE, une enquête archéologique par l’UPOP Aube

https://upopaube.over-blog.com/2026/09/la-france-eternelle-une-enquete-acheologique.html
Dimanche 20 septembre

Rassemblement populaire avec le collectif aubois de lutte contre les extrêmes droites contre le « Permis de tuer ».

“Joyeuses Luttes !” – Repas partagé et journée festive aux Adelphes
🎉 Une journée pour se retrouver, partager… et célébrer nos luttes !
📅 Dimanche 20 septembre, les Adelphes vous donnent rendez-vous pour une journée placée sous le signe de la joie, de la convivialité et du collectif !
🍽️ 11h30 — Accueil
Venez rencontrer les bénévoles, (re)découvrir notre local et faire connaissance !
🥗 12h — Repas partagé
Ramenez ce qui vous fait plaisir et mettons tout en commun ! Parce qu’un bon moment, ça se partage aussi autour d’une table 💛
🎤 13h — Micro ouvert
Un texte à lire ? Une chanson ? Une envie de crier, rire ou partager ? Le micro est à vous !
💃 14h15 — Atelier danse
Venez danser avec Lola, vous amuser et lâcher prise ensemble !
🎨 15h — Atelier cyanotype
Découvrez cette technique d’impression avec Inès et repartez avec votre création !
🎶 16h — Chorale féministe
On écoute, on chante, on fait raisonner nos voix avec la chorale des Adelphes !
🎤 17h — Micro ouvert
Deuxième chance de prendre le micro et de faire entendre votre voix !
🎬 18h — Séance cinéma
On termine la journée avec la projection de Freaks de Tod Browning.
✨ Et tout au long de l’après-midi : expo participative de pancartes de lutte, coin fanzines & surprises ! N’hésite pas à ramener tes pancartes préférées pour les exposer
📍 Parvis de l’Art Déco à Sainte-Savine
🕦 11h30-20h
🎟️ Entrée libre
Jeudi 24 septembre

Samedi 26 septembre : marche pour le climat, le vivant, pour la Paix, et la justice sociale à Troyes

Jeudi 8 octobre :


Samedi 10 octobre : mobilisation nationale pour la Palestine, contre le génocide à Gaza.
Dimanche 18 octobre : village associatif de la Chapelle Saint-Luc.
Partager la publication "A ne pas manquer"
Vidéo. Le RN dans la tourmente après les propos racistes d’un policier municipal de Carcassonne, membre de son service d’ordre.
Après la révélation par « Midi libre » des images de la caméra-piéton d’un policier municipal de Carcassonne, membre du Rassemblement national et de son service d’ordre, le parti a annoncé son exclusion et le maire sa suspension. Une enquête judiciaire avait été ouverte en début d’année.

UNE IMAGE QUI DIT TOUT
A gauche, César R, le chef de la police municipale RN et chef de la sécurité RN qui n’aime pas les « bougnoules », « bicots », « nègres », « singes », comme il le dit dans un enregistrement.
A droite, le maire (RN) de Carcassonne, son patron, Christophe Barthès (déjà condamné pour harcèlement), celui qui arrose au jet les syndicalistes qui défendent la Bourse du travail.
Au centre, le chef : Jordan Bardella (poursuivi dans plusieurs enquêtes judiciaires).
Dans le fameux enregistrement, on les entend défendre Marcel Bigeard contre les accusations de torture dont ils menacent l’auteur de l’accusation et de rendre visite à leurs copains paras du 3e RPIma, ancien régiment de Bigeard, basé à Carcassonne.
Et puis sur le Linkedin du policier raciste en question, ses idoles : assassins et tortionnaires en Algérie, barbouzes en Afrique, Paul Aussaresses (condamné pour apologie de la torture), Bob Denard (condamné pour coups d’Etats), Pierre Chateau Jobert (condamné à mort par contumace pour avoir été un responsable de l’organisation terroriste OAS), Jean Sassi (condamné à deux ans de prison et rayé des cadres de l’armée), Bob Maloubier (agent secret)….
Le terreau du FN/RN !
En 2019, Louis Alliot, alors député RN des Pyrénées-Orientales déposait à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à étendre les pouvoirs de la police municipale…
En 2022, Marine Le Pen Marine souhaitait rendre obligatoire la création de polices municipales dans les villes de plus de 10 000 habitants.
En mars 2026, 62% des policiers municipaux étaient équipés d’une arme à feu.
Cela ne facilite pas pour autant la réforme promise par l’Etat.
Né du feuilleton à rebondissements du « Beauvau des polices municipales », le projet de loi sur l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres connaît un parcours parlementaire tumultueux. Présenté en conseil des ministres le 29 octobre 2025, il a été adopté au Sénat le 10 février 2026. Mais les chances d’un examen à l’Assemblée avant les élections présidentielles s’amoindrissent après le refus du chef du gouvernement de convoquer une session extraordinaire en septembre.
Il y a pourtant urgence. Les municipalités RN nouvellement élues, suivies par d’autres de la droite traditionnelle, embauchent à tout va des policiers municipaux.
Bien qu’elles peinent à recruter, alors que ce fut l’un des chevaux de bataille du RN lors de la campagne des municipales de 2026. Et les offres d’emploi sont encore pléthoriques.
Pour devenir gardien-brigadier de la police municipale (catégorie C), il faut au minimum le brevet des collèges, un CAP, un BEP ou un diplôme équivalent (niveau 3 ou niveau V).
Allant jusqu’à utiliser l’argument de l’armement pour attirer les amateurs de sensations fortes.
Alors que d’autres cherchent à les désarmer.
Les plus grandes polices municipales
Dans ces grandes villes, on observe de fortes disparités.
Exemple local dans des communes périphériques du Grand Troyes
La Police Municipale mutualisée de Rosières, Saint-Julien-les-Villas, Saint-Parres-aux-Tertres, Pont-Sainte-Marie et Bréviandes est composée de 10 agents dont un chef de service, 8 policiers municipaux et une secrétaire.
Le bureau de la police municipale est situé dans les locaux de la mairie de Saint-Julien-les-Villas.
Rosières-Près-Troyes : nombre d’habitants de la commune : 4414 – Superficie : 6 km2
Nombre d’agents de police municipale : 1
Saint-Julien-Les-Villas : nombre d’habitants de la commune : 6801 – Superficie : 5 km 2
Nombre d’agents de police municipale : 3
Saint-Parres-Aux-Tertres : nombre d’habitants de la commune : 3136 – Superficie : 12 km2
Nombre d’agents de police municipale : 1 + 1 ASVP
Pont-Sainte-Marie : nombre d’habitants de la commune : 5161 – Superficie : 4 km2
Nombre d’agents de police municipale : 2
Bréviandes : nombre d’habitants de la commune : 3 219 – superficie : 6 km2
Nombre d’agents de police municipale : 1
Si on se livre à quelques calculs, on s’aperçoit que la zone couverte par cette police mutualisée concerne 22731 habitants sur 33 km2. Soit 1 policier pour 2841 habitants (on ne compte que 8 policiers, le chef de service et la secrétaire n’étant pas a priori sur le terrain).
La moyenne en France est de 4 à 5 policiers municipaux pour 10000 habitants soit 1 pour 2000 à 2500.
Contrairement à ce qui est annoncé, les effectifs y sont donc un peu plus réduits dans ce secteur de la périphérie troyenne que dans la moyenne des villes françaises.
La police utlise de plus en plus les technologies et tout particulièrement les caméras de surveillance, qui se multiplient à une telle vitesse qu’il est impossible d’en faire le décompte. Estimation 1.5 à 2 millions (publiques et privées dont 850000 professionnelles) pour la France entière.
On note là encore de grosses disparités, Nice battant, là également, des records avec 5000 caméras publiques (soit 1/71 habitants) alors que Paris n’en compte que 4000 à 5000 (1/410 à 512 habitants).
Les policiers et gendarmes français ont accès à un logiciel de reconnaissance faciale sur leur téléphone professionnel depuis 2022. Relié au TAJ, le fichier d’antécédents judiciaires, l’outil permet d’obtenir des informations personnelles sur 9 millions de personnes grâce à une photo prise sur le vif. Des fonctionnaires ont recours à cette pratique hors de tout cadre légal, en particulier lors de contrôles d’identité, révèle Disclose, témoignages et documents à l’appui. Jusqu’à présent, le ministère de l’Intérieur laisse faire.
Les agents de police municipale ne disposent pas des habilitations judiciaires ni des accès aux fichiers nationaux d’antécédents de la même manière que les forces de la police nationale. Les polices municipales n’ont donc aucun cadre légal pour pratiquer la reconnaissance faciale sur le terrain. Ce qui n’empêche pas l’utilisation parfois excessive par ceux-ci de leurs téléphones professionnels lors des contrôles d’identité.
Au constat du niveau des conversations des policiers municipaux s’étant eux-mêmes piégés par cette vidéo décomplexée mais très compromettante, on imagine que toute cette technologie renforcée par l’intelligence artificielle pourra sans mal relever le degré d’analyse de certains d’entre eux.
Toutefois, celle-ci n’ ayant jusqu’alors pas toujours fait ses preuves en la matière, on peut aussi redouter le pire…
Mais, ce qu’il nous faut craindre le plus, dans l’immédiat, c’est ce racisme qui devient systémique dans la police.

RD
Partager la publication "Les heur(t)s et malheurs des polices municipales"
Pourquoi la victoire de l’AfD lors des élections en Saxe-Anhalt est un séisme politique en Allemagne.
Le parti d’extrême droite, qui s’est radicalisé ces dernières années, a récolté près de 44% des voix dans le petit Land de l’est de l’Allemagne. De quoi inquiéter les autres formations politiques.
En Saxe-Anhalt, le piège de l’alternative.
44 % des voix pour l’AfD en Saxe-Anhalt, dans l’est de l’Allemagne. Ce séisme électoral raconte plus que la progression de l’extrême droite : immigration, séquelles de la réunification et désir de changement se mêlent dans un Land vieillissant qui doit se transformer à nouveau. Mais vouloir une alternative ne signifie pas qu’on en ait une.
Victoire de l’AFD : quand BFMTV fait mine de s’étonner.
Après des années de dédiabolisation de l’extrême droite en France, les médias s’emparent du « séisme » de la victoire allemande, semblant oublier le principe des conséquences de tout acte.
En France, la Justice républicaine parviendra-t-elle à résister longtemps à la vague ?
Meurtre de Federico Aramburú : deux militants d’ultradroite jugés, quatre ans après la mort de l’ex-rugbyman.
Loïk Le Priol et Romain Bouvier, deux anciens militants du GUD, sont jugés à partir de lundi. Le premier est poursuivi pour avoir assassiné l’ancien rugbyman Federico Aramburú, le deuxième est jugé pour tentative d’assassinat.
Extrême droite : une violence de plus en plus décomplexée.
Les agressions de la part de groupuscules identitaires et néofascistes augmentent en France. Touchant des militants ou des citoyens ordinaires, elles sont le reflet d’une idéologie radicale et mortifère qui gagne en visibilité. Inquiétant.
A Londres, les déçus du Brexit se tournent vers l’extrême droite.
L’extrême-droite anglaise n’est pas en reste en matière de violence. Les anti-immigration se lâchent sans vergogne et s’en prennent même à la police.
Partager la publication "La bête immonde n’est pas morte"
Interdiction du voile : les femmes musulmanes, oubliées du débat.
À l’aune de l’élection présidentielle, le Rassemblement national n’a, une nouvelle fois, pas manqué de reprendre en main le débat public en relançant son obsession : le voile.

On se demande bien où Pierre Brochet a vu que « les meurtres sur fond (soupçonné) de trafic de drogue font désormais régulièrement « la une » à Troyes ».
Cette hypothèse a pu être émise un certain nombre de fois ces dernières années dans la presse que lit Pierre Brochet (on épargnera au lecteur le palmarès de la honte de la presse française) mais pas plus d’une ou deux dans la presse locale. Pierre Brochet prend d’ailleurs la précaution de préciser la mention « (soupçonné) ».
De là à pondre un peu plus de 400 mots pour faire une affaire d’État d’un sordide fait divers, il n’y a qu’un pas pour Pierre Brochet.
Ces quelque 400 mots ne sont hélas pas anodins, car tout y est : des poncifs discriminatoires, xénophobes, racistes, islamophobes, au mépris et à l’accusation gratuite et totalement infondée des petits commerçants étrangers qui sont parfaitement en règle avec l’administration, paient leurs loyers, leurs charges, leurs impôts, sont particulièrement attentifs aux règles commerciales, d’hygiène, aux normes sanitaires, de sécurité, d’accessibilité, de traçabilité, de l’affichage des mentions obligatoires, des horaires d’ouverture, de diffusion musicale et de l’absence de toute nuisance pour le voisinage, du fait des contrôles répétés et poussés dont ils sont régulièrement l’objet, sur dénonciation calomnieuse, la plupart du temps, et des risques de fermeture immédiate au moindre manquement.
Iraient-ils dans ces conditions fourguer de la drogue, sachant parfaitement que le client potentiel est susceptible d’appartenir aux forces de police ou des douanes grimées en civil ?
Pierre Brochet prend-il un minimum de temps pour réfléchir avant d’énoncer de telles énormités ?
Ce n’est pas ce que dit soupçonner Pierre Brochet qui « détruit aussi le commerce, fausse la concurrence et contribue à l’infiltration des réseaux criminels au cœur de notre ville.» C’est l’extrême-droite qui est déjà infiltrée dans la ville, celle dont la délinquante favorite, plus seulement soupçonnée mais condamnée deux fois pour détournement de fonds publics, compte faire campagne avec un bracelet électronique à la cheville.
Comment un organe se réclamant de la presse municipale d’information et son directeur de la publication, le maire de Troyes, peuvent-ils accepter de laisser paraître, sous couvert d’expression libre, de telles contrevérités, qui vont conduire les Troyens et les touristes à déserter les rues de la cité pour en faire ce que prisent tout particulièrement les membres des partis d’extrême droite : une ville gentrifiée, sans commerce, sans badaud, sans chaland, sans vie : une ville morte ?
Organisons la peur pour dresser les uns contre les autres. On aura beau jeu, alors, d’instaurer des couvre-feux.
RD
Partager la publication "Le RN se surpasse en matière de discrimination"

« Le préfet est un haut fonctionnaire nommé en conseil des ministres, par décret du président de la République, sur proposition du Premier ministre et du ministre de l’intérieur.Il est dépositaire de l’autorité de l’État qu’il représente dans les territoires. Il a la charge des intérêts nationaux et du respect des lois.
Il assure le contrôle administratif du département, des communes et des établissements publics implantés dans le département. Il a le pouvoir de déroger à certaines normes en les adaptant aux spécificités locales. »
Ce « pouvoir de déroger à certaines normes en les adaptant aux spécificités locales » autorise-t-il un préfet à se mettre hors la loi ?
L’association Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE) a initié en juillet dernier, devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), une procédure juridique inédite contre le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère (à ne pas confondre avec le juge Jean-Louis Bruguière).
Il s’agit d’une action de groupe « en cessation de manquement ».*
L’ADDE dénonce l’obstruction et les manquements généralisés des services de la préfecture de Nanterre concernant la délivrance des titres de séjour :
Des délais excessifs : Il faut compter environ 8 mois dans les meilleurs cas (et jusqu’à un an) pour obtenir le renouvellement d’un titre « vie privée et familiale ».
Une rupture de droits : Le renouvellement d’un simple récépissé de 3 mois, qui ne présente aucune particularité ni complexité dans la procédure peut prendre jusqu’à 2 mois, maintenant indûment les usagers dans la plus grande des précarités alrs qu’ils avaient un emploi qu’ils sont amenés à perdre .
Des statistiques révélatrices : Les requérants s’appuient sur un taux de contentieux anormalement élevé par rapport à d’autres départements. Nanterre (Seine-Saint-Denis) génère beaucoup plus de contentieux de plus que Bobigny (au delà de 50% en plus), et le taux de décisions favorables aux étrangers y est nettement supérieur.
Pour forcer l’administration à corriger ces défaillances et réduire l’attente, l’ADDE et les avocats réclament une astreinte financière de 300 000 euros par mois de retard. L’audience pour examiner cette affaire devant la justice administrative devrait se tenir courant 2027.
« La préfecture renvoie [comme toujours] la responsabilité sur les usagers, évoquant des dossiers incomplets ou des « vérifications sécuritaires » qui justifieraient les délais. Un argument que les statistiques de la préfecture elle-même viennent contredire. Entre mai 2025 et mai 2026, la justice administrative a tranché plus de deux mille fois contre les services du préfet Brugère par la voie des référés « mesures utiles », ce mécanisme qui permet de forcer l’administration à agir quand elle refuse de répondre. Cela représente près d’un quart de l’ensemble de ces référés rendus dans tout le pays, et plus de 60 % concernent précisément des demandes de renouvellement. En mars 2026 seul, 280 décisions ont été rendues contre la préfecture, qui ne semble bouger que sous la contrainte du juge. »
« Ancien bras droit de Gérald Darmanin place Beauvau, il [le préfet Brugère] a présenté dès son arrivée un plan d’action fondé sur la fermeté, promettant une « guerre totale » contre le trafic de stupéfiants et affichant sans détour sa volonté de durcir le sort des étrangers, y compris ceux en situation régulière. Il a lui-même déclaré que les personnes étrangères auteures de troubles n’avaient, selon ses mots, pas leur place dans le département. Une petite musique qui, mise en regard des chiffres de l’ADDE, prend un tout autre sens : quand un haut fonctionnaire théorise publiquement le tri et la fermeté envers les personnes étrangères, faut-il vraiment s’étonner que les guichets de sa préfecture se grippent précisément pour elles ? » ( L’Encre Libre)
Les services de l’Etat indiquent que pour une première demande, il faut compter entre 4 et 6 mois d’instruction. Un récépissé de 4 à 6 mois est en principe remis pour patienter.
Pour un renouvellement, compter entre 2 et 3 mois. Il est recommandé de déposer la demande entre 4 et 2 mois avant l’expiration du titre actuel sur le portail de l’Administration Numérique des Étrangers en France (ANEF).
Une fois la décision accordée, il faut ajouter une moyenne de 21 jours pour la fabrication matérielle de la carte par le ministère de l’Intérieur.
Force est de constater que le préfet Brugère est loin d’être le seul à pratiquer ce genre de blocage intentionnel des procédures. Dans notre département de l’Aube, nous avons accompagné des demandeurs de titre de séjour qui ont dû attendre 18 mois, voire 2 ans avant d’obtenir le sésame qui les sortait enfin de la précarité et leur donnait un statut d’être humain libre. Nous constatons que depuis la publication des circulaires Retaillau, la durée d’attente a été considérablement augmentée.
Si l’ADDE a gain de cause, les associations ne manqueront pas de faire valoir cette jurisprudence pour que les procédures ne soient plus arbitrairement bloquées, comme on peut le constater aujourd’hui, malgré le plan global lancé en avril 2026 par le ministre de l’Intérieur afin d’accélérer le traitement des titres de séjour en préfecture et qui n’a eu strictemment aucun effet à ce jour.
Pour l’ADDE, ces retards ne sont pas un hasard malheureux : c’est l’administration elle-même qui fabrique la rupture de droits qu’elle prétend prévenir.
* Une action de groupe peut être exercée lorsque plusieurs personnes, placées dans une situation similaire, subissent un dommage causé par une même personne, ayant pour cause commune un manquement de même nature à ses obligations légales ou contractuelles (L. n° 2016-1547, art. 62). Seules les associations agréées et les associations régulièrement déclarées depuis cinq ans au moins dont l’objet statutaire comporte la défense d’intérêts auxquels il a été porté atteinte peuvent exercer cette action (L. n° 2016-1547, art. 63). Au stade de l’introduction de l’action, seule l’association a la qualité de demandeur, car le groupe dont celle-ci défend les intérêts n’est pas encore constitué. Il s’agit d’une exception au principe selon lequel « nul ne plaide par procureur ».
RD
Partager la publication "Préfet de la République ?"

Ce matin, plus de 2300 enfants se sont réveillés dans la rue avant de faire, pour ceux qui en ont l’âge (plus de 500 d’entre eux ont moins de trois ans), leur rentrée scolaire. La nuit prochaine, ils dormiront à la rue. Il en sera ainsi pour toutes les nuits à venir.
« Plus un enfant à la rue » : la promesse d’Emmanuel Macron pour 2027 est loin d’être tenue. La rentrée 2026 est marquée par un nombre record d’enfants sans abri. Depuis cinq ans, le sans-abrisme des enfants ne cesse de progresser témoignant d’une pauvreté qui s’aggrave. Près de 3 millions d’entre eux vivent désormais sous le seuil de pauvreté.
Comble de cynisme de la part des autorités, des familles ont été expulsées de leur hébergement d’urgence la veille de la rentrée.
Les circulaires Retaillau de janvier 2025 font pleinement leur effet. Avec le durcissement des procédures, les conditions d’accueil se sont considérablement dégradées. Les expulsions se multiplient chaque année à la « belle saison » mais il semble que l’été 2026 n’ait pas vu la tendance s’infléchir malgré les conditions climatiques extrêmes.
Le nombre de demandes d’hébergement non pourvues bondit de 42 % depuis 2022.
En juin dernier, le Samu social de Paris, et notamment les écoutants du 115, initiaient un mouvement de grève pour s’opposer à une décision de la Préfecture et de sa direction : la suppression de 850 places en hôtels sociaux. Autant de familles, d’enfants ou de personnes vulnérables rejetés à la rue, qui ont campé sur le parvis du Samu social – avec les grévistes – avant d’en être évacués le 13 août par la police.
Les associations déplorent un « échec collectif ». Ce chiffre de 2355 enfants à avoir dormi la nuit du 18 au 19 août 2026, est en hausse de 9% par rapport à l’année dernière. « Derrière ce chiffre, conséquence d’un échec collectif, il y a des enfants dont le quotidien est rythmé par l’insécurité et l’instabilité », déplore Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France.
Il est rappelé, comme les années précédentes, que ce nombre est sous-estimé puisqu’il correspond aux enfants restés sans solution d’hébergement à la suite d’un appel de leurs parents au 115 – certains appels ont pu ne pas être décrochés, des parents n’appellent pas le numéro d’urgence et ces données « ne disent rien de la situation des mineurs non accompagnés (MNA) ».
« En juin 2025, la Coordination nationale jeunes exilé·e·s en danger recensait au moins 1.087 MNA en attente de reconnaissance de leur minorité par un juge, contraints de vivre dans la rue, dans des squats ou des campements », indiquent l’Unicef France et la FAS.
Les mesures de couvre-feu pour les mineurs mises en place par des mairies de droite et d’extrême droite dans leur commune ont, pour certaines, été annulées ou suspendues par la Justice. On se demande bien comment elles ont pu être appliquées dans les villes où elles ont été maintenues pour ces mineurs non accompagnés condamnés à dormir dans la rue… Ont-ils tous été conduits dans les Centres Départementaux de l’Enfance ?
La promesse du 31 décembre 2017 non tenue d’Emmanuel Macron a peu de chances de l’être avant 2027. Le sera-t-elle enfin un jour par l’un ou l’une de ses successeurs ? Il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent…

RD
Partager la publication "Rentrée scolaire : 2355 enfants dorment dans la rue"
Après le triomphe de la Révolution cubaine en 1959, trois guérilleros ont suivi Che Guevara dans sa tentative d’étendre le soulèvement au-delà de l’île. En 1967, après leur dernière bataille en Bolivie et l’exécution du Che, ces guerriers de l’ombre se lancent dans un périple extraordinaire de 2 400 km à travers la Bolivie, poursuivis par 4 000 soldats en territoire ennemi dans l’espoir de rejoindre Cuba.
Soixante ans plus tard, les derniers camarades survivants du Che racontent cette histoire inédite, faite d’endurance et de loyauté, dans laquelle les destins individuels ont été façonnés par les grands courants géopolitiques de la Guerre froide. Mêlant des images d’archives rares, des animations et des interviews exclusives, le film fait revivre un chapitre oublié de l’Histoire.
Réalisé par : Christophe Dimitri RÉVEILLE
Année de production : 2026
Pays : France
Durée : 98 minutes
Date de sortie : 09.09.2026

Partager la publication "Ciné-débat : Les Survivants du Che"

Alors que Marine Le Pen recule, selon Frédéric Dabi, directeur général de l’institut de sondage IFOP (« Du jamais vu depuis 10 ans ! » – TFI – 24h Pujadas, l’info en questions du 28/08/2026) la radio en ligne d’extrême droite Sud Radio, relayée par BFM, proclame le contraire, continuant sa désinformation à coups d’estimations hasardeuses et d’interprétations pour le moins mythomaniaques et schizophrènes du même IFOP.
Est-il utile de rappeler que les principaux instituts de sondage sont détenus par Pierre-Edouard Stérin (qui détient Hexagone, commanditaire d’Opinion Way et de l’IFOP – tiens donc), Bernard Arnault (qui détient Opinion Way) et Vincent Bolloré (qui détient Havas et l’institut CSA ainsi que des parts dans le groupe américain Harris Interactive) ?
Quant à IPSOS, il est détenu par une myriade de fonds institutionnels (tel BLackRock, récemment soupçonné de vouloir imposer la retraite par capitalisation en France) et de fonds communs consacrés aux énergies fossiles ou à la gestion d’importants portefeuilles de dettes d’États et d’entreprises).
Le propriétaire d’Elabe est l’ancien PDG de CSA.
Cluster17, partenaire de l’hebdomadaire Le Point, se définit comme un « laboratoire d’étude de l’opinion », selon les termes de son site internet. Il a été épinglé en 2022 par la Commission des sondages pour sa fiabilité plutôt contestée et des doutes sur la représentativité des panels utilisés. Il classe les Français en groupes idéologiques (ses fameux clusters).
On a vu les fiascos qu’ont connu lesdits instituts de sondages à l’occasion des élections municipales de mars 2026. Leurs publications au caractère artificiel, frauduleux et nuisible s’apparentaient plutôt à des fake news qu’à des enquêtes sérieuses.
Ils ont beau jeu de surfer sur la perte de confiance des Françaises et des Français envers les partis et l’exécutif, sur leurs jugements très négatifs du personnel politique, leur sentiment d’improvisation permanent autant que sur leur besoin de services publics, de protection, de soin, leur envie de démocratie directe et participative.
Au lieu de proposer une photographie de l’opinion, ils la produisent en façonnant l’essentiel des enquêtes qui rythment le débat public en France.
« Au regard de la place occupée par les sondages dans notre système politique, il est crucial de renoncer à cette course à la baisse des coûts et d’inventer collectivement un système qui permette aux journalistes et aux sondeur·ses de jouer pleinement le rôle qu’ils et elles entendent défendre dans le fonctionnement des démocraties : la production de données rigoureuses, au service de la formation de citoyen·nes éclairé·es. »
A ce stade, il ne s’agit plus d’incompétence. Le jeu est truqué d’avance.
Sur les 5000 à 10000 sondages réalisés chaque année en France, 50% d’entre eux sont faux. Heureusement, seuls 20% d’entre eux sont rendus publics. Toutefois les 80% non publiés sont utilisés à leur convenance par les différentes institutions.
Pourquoi alors s’étonner que tous les partis ne soient pas proposés aux choix des sondés dans les enquêtes d’opinion à visée politique ? Ce qui a le don d’énerver un peu ceux qui sont évincés.

N’oublions pas que ces sondages désignent avant tout les favoris… qui ne sont pas nécessairement les vainqueurs.
En vue de l’élection présidentielle de 2027, nous allons être matraqués de sondages. Quelle confiance accorder à ces chiffres ?
Continuer à présenter ces projections comme des résultats scientifiques et fiables, c’est entretenir une « confiance collective dans une erreur collective ».
Un chiffre n’est pas un destin, c’est une mesure ; et en démocratie, le destin n’appartient qu’au vote, une fois les hypothèses, les méthodes, les estimations et les projections remises à leur juste place.
Le CNRS conclut une étude sur la qualité des études politiques ainsi : « Enfin il n’y a pas de fatalité à voir les enquêtes politiques, même quand elles sont bien faites, démenties par la réalité. »
On sait fort bien que publier des sondages trop longtemps avant un scrutin a une valeur prédictive très faible et, ce qui est plus grave, influence artificiellement le débat public.
Quoi qu’il en soit, le sondage n’est décidément pas un bon outil pour comprendre la société.
En 2018, Frédéric Micheau publiait La prophétie électorale. Les sondages et le vote.
Il nous amenait à la conclusion que « les sondages ont toujours raison, sauf dans les cas où ils se trompent…«

Une consultation de Mme Irma revient finalement moins cher pour le même résultat.
Les sondages sont avant tout des outils de propagande. Ils n’ont de valeur que pour les banquiers qui se basent dessus comme garanties pour accorder des prêts aux partis. Il se trompent et ils nous trompent.
Le vote demeure au final la seule façon de s’approcher au plus près de l’état de l’opinion.

RD
Partager la publication "Pour en finir avec les sondages"

En novembre 2025, Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice, annonçait le remplacement des centres éducatifs fermés (CEF, gérés par l’Etat) et ses unités éducatives d’hébergement collectif (UEHC) par des unités judiciaires à priorités éducatives (UJPE) sans toutefois abandonner les CEF du secteur habilité (confiés au privé). Il confirmait la concrétisation de cette transformation en février 2026.
Sa seule ambition était de « renforcer l’intervention en milieu ouvert », c’est à dire privilégier le répressif au détriment de l’éducatif. Les CEF avaient encore une vocation éducative, du moins dans leur appellation. Mais il s’est agi bien évidemment de faire également des économies. (Voir plus bas le communiqué du syndicat de la magistrature.)
Au début de cette année, les habitants de Sainte-Maure se mobilisaient pour rejeter l’implantation d’une telle UJPE dans leur commune.
Nous en rendions compte dans ces colonnes.
Aujourd’hui, l’abandon du projet est officiellement confirmé.

Il n’est pas inutile de rappeler le soutien ouvert du RN à ce rejet .

Adrien Mora, porte-parole du collectif d’opposition à l’UJPE, auteur d’une pétition ayant recueilli 1 200 signatures contre le projet, s’en expliquait au micro de Sud Radio.
« Ce site est à 200 mètres d’une crèche, 500 mètres d’une école maternelle et primaire »
La pétition d’un collectif a recueilli 1200 signatures contre le projet. Pourquoi s’y opposer ? « Ce projet n’a pas du tout été réfléchi, explique Adrien Mora, porte-parole du collectif. L’État veut juste faire des économies en nous imposant cet établissement à côté de chez nous. Personne n’est venu voir sur site l’emplacement, à 200 mètres d’une crèche, 500 mètres d’une école maternelle et primaire. Il n’a absolument rien à faire dans la commune. Il serait à 150 mètres d’un nouveau lotissement, ce n’est absolument pas indiqué. »
« Ce sont des jeunes, certains sous bracelets électroniques, pas forcément des enfants de chœur… »
« Ce n’est pas un centre fermé ! Les anciens centres, les CEF, l’étaient. Par contre, les UJPE (Unités Judiciaires à Priorité Educative) que Monsieur Darmanin veut créer sont ouverts. Ce sont des jeunes, certains sous bracelets électroniques, pas forcément des enfants de chœur. Ils seraient en semi-liberté à côté de nos enfants, prendraient les mêmes bus, seraient dans notre quartier. Ce n’est pas du tout acceptable. Deux sites de ce genre existent, des CEF. Mais ils ont été réfléchis en amont, l’un d’entre eux se trouve à 4 km de toute habitation. »
Soit Adrien Mora n’a pas bien réfléchi avant d’énoncer de telles contre-vérités, soit il l’a fait en toute conscience et c’est encore plus grave.
En effet, les UJPE se caractérisent par une forte dimension coercitive, une restriction des ouvertures sur l’extérieur, au détriment de l’action éducative.
Bien plus, le Garde des Sceaux enjoint aux Procureurs de la République de privilégier dans leurs réquisitions, s’ils envisagent un placement contraignant dans le cadre d’un contrôle judiciaire, que celui-ci s’exerce prioritairement dans le cadre d’un CEF du secteur habilité et non en UJPE qui ne permet pas, en cas de non-respect, une incarcération immédiate.
Ainsi, au lieu d’aller au terme de la démarche annoncée, de se donner les moyens d’une action éducative effective et efficiente, il est anticipé que tout jeune puisse ne pas respecter son placement, et donc qu’il faudrait le placer en CEF du secteur habilité, pour pouvoir – si nécessaire – révoquer et permettre l’incarcération en cas de non-respect du placement.
Aujourd’hui, les locaux actuels de Troyes étant inadaptés pour l’implantation nouvelle d’une UJPE, ceux-ci l’étant déjà depuis longtemps en réalité pour la seule UEHC actuelle, l’Etat est toujours à la recherche d’un lieu où la PJJ pourrait exercer sa mission dans des conditions correctes et où la population ne s’opposerait pas à son installation dans sa commune.

La tristement célèbre Ile du Diable est aujourd’hui totalement déserte. Interdite au public en raison de sa dangerosité du fait du climat et des espèces qui y pullulent (moustiques, fourmis, araignées-crabes…) et des courants marins qui l’environnent. La réhabilitation du bagne pour y caser ces jeunes qui ne sont « pas forcément des enfants de chœur », permettrait aux Mauraciennes et Mauraciens de continuer à dormir sur leurs deux oreilles et à leurs filles de grandir en toute sécurité…
RD
Partager la publication "Et si nous réhabilitions le bagne et les galères"

Acrimed décrypte inlassablement le traitement de l’actualité par les médias. Celle-ci fut bien évidemment largement consacrée cet été aux conditions climatiques extrêmes que nous avons connues et à leurs conséquences. Après la fin de cette cinquième vague, la température redevenue normale permet à nos neurones de tenter, sans risque de surchauffe, un bilan (hélas peut-être pas encore définitif) sur cet été de tous les dangers…
Canicule, sécheresse, incendies : dans les médias, le climat sans la politique.
Du climatoscepticisme au climato-présentisme.
Comme en 2022, l’été 2026 condense les manifestations les plus tangibles et les plus extrêmes du réchauffement climatique, avec des températures record et des phénomènes traumatiques, comme les canicules à répétition, la sécheresse qui dure et les incendies qui se propagent. Devant une telle crise, les rédactions n’ont pas pu faire l’impasse sur la question écologique. Avec leurs biais habituels : couverture événementielle et racoleuse, informations silotées d’une rubrique et d’un sujet à l’autre, dissonance discursive entre le traitement des catastrophes et la promotion du business as usual.
L’économie mondiale est effectivement directement impactée par cette actualité. Bien sûr il s’agit de s’interroger sur les causes et les conséquences directes de ces événements.
Il est donc maintenant fortement question de s’adapter en adaptant l’économie.
L’éternelle opposition croissance/décroissance revient en force sur le tapis.
D’aucuns n’en démordent pas.
« Étrangler la prospérité, comme en rêvent les décroissants, reviendrait à débrancher la machine qui fabrique nos solutions. » disent-ils.
En 2021, Oxfam prévenait que, pour les pays à faible revenu, le changement climatique pourrait avoir des conséquences beaucoup plus graves encore. Selon une étude récente de la Banque mondiale, entre 32 millions et 132 millions de personnes vont basculer dans l’extrême pauvreté d’ici à 2030 en raison du changement climatique.
La chaleur provoquée par le dérèglement climatique devrait provoquer dix fois plus de morts dans les pays pauvres que dans les pays riches en 2050.
Près de 90 % de cette mortalité supplémentaire surviendront dans les pays à revenu faible ou intermédiaire inférieur. Des résultats qui éclairent d’un jour nouveau les inégalités massives liées au changement climatique.
En France, pourtant pas encore un pays « à revenu faible ou intermédiaire inférieur », le rapport d’Oxfam a révélé que la chaleur tue chaque année plus de 5 000 personnes en France. A l’été 2025, la mortalité liée à la chaleur a été 31 % plus élevée dans les 10 départements les plus pauvres que dans les 10 départements les plus riches.
Le 8e rapport du Haut Conseil pour le Climat a été publié en juillet dernier ! Intitulé “Dangers climatiques : la France face à ses responsabilités”, un titre sans appel sur l’impréparation de la France face au changement climatique, tant sur la baisse des émissions (atténuation) que sur l’adaptation. En 2025, le HCC alertait sur la politique du gouvernement Macron qui mettait les Français en danger.
Pour la LDH, combattre les changements climatiques passe par la justice sociale ! Les décisions qui s’imposent en matière de préservation de l’environnement, dans des conditions assurant la santé et la vie humaines, ne peuvent être prises au détriment des droits socio-économiques, notamment des plus fragiles. Inversement, la protection des écosystèmes est la condition de l’exercice des droits de toutes et tous. C’est avec ces exigences écologiques que la LDH œuvre pour la justice sociale et l’accès à la justice climatique.
Partager la publication "L’économie victime ou cause du réchauffement climatique ?"

Rebondissement dans un feuilleton fleuve: la justice française a ordonné mercredi la remise à l’Allemagne du militant antifasciste albanais surnommé « Gino », que la France avait refusé précédemment de remettre à la Hongrie par crainte pour ses droits fondamentaux.
La LDH s’est toujours opposée à l’extradition du militant « Gino » vers l’Allemagne. Elle craint qu’il soit remis aux autorités hongroises où les conditions de détention sont incompatibles avec toute notion de dignité humaine. La France doit continuer à protéger les droits fondamentaux de toutes les personnes se trouvant sur son territoire.
Les risques d’atteintes aux droits qui avaient conduit la justice française à s’opposer l’année dernière à ce que soit remis à la Hongrie le militant antifasciste albanais Rexhino Abazaj, alias « Gino » sont toujours d’actualité. Et la France n’a pas à se soumettre, en utilisant l’intermédiaire allemand, aux exigences d’un pays qui a réhabilité le fascisme en Europe.
« Il y a d’autres antifascistes recherchés par la Hongrie, d’autres en prison, mais la France a montré aujourd’hui qu’elle ne doit pas être soumise à la demande d’un pays comme la Hongrie, autoritaire et néofasciste », a-t-il estimé, ajoutant que les autres pays européens « peuvent décider de suivre l’exemple des juges français ». 09/04/2025
L’extradition consiste, pour un État, à remettre une personne recherchée à un autre État afin qu’elle y soit jugée ou qu’elle y purge une peine. En France, les règles applicables varient selon l’État demandeur : qu’il s’agisse d’un pays membre de l’Union européenne, d’un État lié à la France par une convention d’extradition bilatérale ou multilatérale, ou d’un autre État.
La France n’en est pas à son coup d’essai mais la justice et l’Etat de droit demeurent incontournables et inébranlables.
L’extradition de dix militants italiens d’extrême gauche rejetée par la Cour de cassation.
L’Etat italien avait relancé en 2019 des demandes d’extradition visant dix de leurs ressortissants condamnés pour des faits de terrorisme et réfugiés en France. Malgré le soutien du gouvernement français, la justice a définitivement rejeté ces demandes. 28/03/2023
Libéré en décembre 2024 après cinq mois de détention au Groenland, le militant écologiste Paul Watson vit en France. Il a bénéficié d’un titre de séjour et d’une protection politique accordés par les autorités françaises, mais le mandat d’arrêt émis par le Japon reste actif, ce qui limite ses déplacements internationaux.
Ça se complique parfois un peu quand les personnes mises en cause ne sont pas perçues comme « toutes blanches » aux yeux d’autres militant.e.s. ou organisations.
Et la justice peut être appelée parfois à connaître de bien cruels dilemmes pour trancher sans tomber dans le « deux poids deux mesures »…
RD
Partager la publication "La justice française ordonne la remise à l’Allemagne de « Gino », militant antifasciste albanais"

La société française est une société riche, au sein de laquelle la population est très soucieuse du sort des plus démunis (lire notre article). La pauvreté préoccupe huit Français sur dix, selon le baromètre annuel du ministère des Solidarités (données 2025). Seuls 3 % ne s’en soucient « pas du tout » et 15 % « peu ».
En France, le taux de pauvreté s’établit à 15,4 % de la population en métropole, selon les chiffres de référence de l’Insee. Ce sont les chômeurs et les familles monoparentales qui sont les plus touchés.
Cela représente environ 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté monétaire (fixé à 60 % du niveau de vie médian). Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis 1996.
La fabrique des travailleurs pauvres.
La France compte, en 2026, 2,3 millions de travailleurs vivant sous le seuil de pauvreté.
De nombreuses personnes en emploi, dont une majorité de femmes, même employées en CDI, n’arrivent plus à faire face aux dépenses du quotidien et font appel à l’aide des organisations caritatives qui se retrouvent submergées par la demande.
Le nombre de travailleurs pauvres augmente en France depuis 2020.
La pauvreté au travail augmente en France depuis le début des années 2020. En 2023, le taux de travailleurs pauvres a atteint 4,4 % au seuil de 50 % du niveau de vie médian et 8,3 % à celui de 60 %. Entre 2020 et 2023, on a enregistré une hausse comprise entre + 200 000 et + 400 000 travailleurs pauvres supplémentaires, selon les deux définitions.
Travailleurs pauvres : quand le travail n’est plus un rempart contre la précarité hygiénique.
Depuis toujours, le travail est présenté comme le meilleur rempart contre la précarité. Comme la meilleure façon de s’en sortir, d’être protégé. Mais cette réalité est en train d’être remise en question. Pour une part croissante de la population active, avoir un emploi ne suffit plus à couvrir ses besoins essentiels. Et les conséquences de cette réalité sont multiples.
54 % des travailleurs pauvres ne mangent pas à leur faim.
Face à la hausse persistante du coût de la vie, l’alimentation s’impose comme la première variable d’ajustement budgétaire des ménages modestes. La deuxième édition du baromètre national réalisé par Ipsos bva pour l’Association Nationale des Épiceries Solidaires (Andès) révèle une intensification de la précarité alimentaire des travailleurs pauvres en 2026. Entre sacrifices parentaux, sentiment d’abandon institutionnel et freins au recours aux aides, découvrez les résultats factuels de cette enquête sur la pauvreté en France.
Retraités: voici la pension minimum à toucher en 2026 pour les Français nés avant 1964 afin d’éviter la pauvreté.
Entre le logement, les courses, l’énergie ou encore les dépenses de santé, le budget des retraités peut rapidement devenir serré. Une fois la vie professionnelle terminée, la pension devient pour beaucoup la principale source de revenus. Et quelques centaines d’euros de différence chaque mois peuvent complètement changer le quotidien.
Taxer les retraités ?
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a rouvert jeudi dernier l’hypothèse d’un gel partiel des pensions de retraite pour générer des économies dans le budget 2027. À huit mois de la présidentielle, dans la classe politique, tous bords confondus, la défense des retraités s’organise.
Avoir 20 ans en 2026 : une précarité étudiante marquée par des vulnérabilités extrêmes et cumulées.
Quels sont les chiffres réels de la précarité étudiante en France ? Linkee Entraide Etudiante dévoile les résultats d’une enquête exclusive menée auprès de plus de 25 000 étudiants précaires en partenariat avec la Fédération des Acteurs de la Solidarité, et dont les données ont été traitées par Ipsos bva pour dresser un état des lieux de la situation économique de cette population. Du reste à vivre mensuel moyen aux taux de renoncement aux soins, ce dossier examine les mécanismes de fragilité financière et les freins administratifs rencontrés par les étudiants précaires dans l’accès aux dispositifs d’aide.
Le coût de la vie étudiante atteint 1 300 euros mensuels dans toutes les villes. Il a augmenté de 1,66 % sur un an, et de 37 % depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017 (enquête Unef)
En France, 21,9 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté, soit près de trois millions de mineurs. Il s’agit du taux le plus élevé depuis 1996. En dix ans, la pauvreté infantile a progressé de 2,6 points. Ces données, déjà préoccupantes, le sont d’autant plus dans un contexte socio-économique instable qui laisse entrevoir une possible aggravation de la situation.
Selon le recensement annuel du collectif les Morts de la Rue, 38 enfants sans domicile sont décédés en 2024. Le plus jeune avait moins d’une semaine.
Partager la publication "La pauvreté, préoccupation majeure des Français, mais ça ne résout pas le problème"

On se souvient du procès contre ce qui a été qualifié de traite d’êtres humains, dans le vignoble champenois, l’année dernière et de la lourde condamnation de la gérante de la société Anavim, prestataire de service fournissant de la main d’oeuvre bon marché, recrutée porte de la Chapelle à Paris plutôt qu’à Pôle emploi, et traitant ces membres de son personnel comme des bêtes de somme dans l’illégalité totale et des conditions absolument indignes.
Nous évoquions dans ces colonnes la constatation des faits par les gendarmes et une inspectrice du travail en septembre 2023 à Nesle-le-Repons dans la Marne et l’audience du 26 mars 2025 au tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne, au cours de laquelle l’avocat de la première mise en cause avait sollicité le renvoi.
Le 19 juin suivant, le parquet de Châlons-en-Champagne requérait des peines de prison ferme à l’encontre des prestataires de service, accusés d’avoir logé des travailleurs saisonniers dans des conditions insalubres et pour « traite d’êtres humains ». Nous assistions à l’audience pour apporter notre soutien aux victimes.
Le 21 juillet 2025, le tribunal condamnait la gérante de la société Anavim à quatre ans de prison dont deux ferme, peine assortie de l’exécution provisoire. Elle est incarcérée depuis le 4 août 2025.
Les autres protagonistes de l’affaire, à qui elle avait confié le recrutement, écopaient de trois ans de prison, dont un ferme et 3 000 € d’amende.
Le client, gérant de la Sarl Cerseuillat de la Gravelle, qui avait eu besoin de 80 cueilleurs sans trop se soucier de leur situation, était condamné à 75 000 € d’amende.
En appel, les 21 et 22 janvier 2026 à Reims, la gérante de la société prestataire a vu sa peine de quatre ans de prison dont deux ferme confirmée. Pour ces faits « d’une exceptionnelle gravité », puisqu’ils ont été qualifiés de « traite d’être humains », elle a en outre été sanctionnée de 20 000 € d’amende et sa maison, lieu des délits, a été confisquée. Anavim a été dissoute, conformément aux termes du jugement.
Anavim et sa gérante répondaient aussi de travail dissimulé, emploi d’étrangers sans permis de travail, soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes, rétribution inexistante et non déclaration d’un local à des fins d’hébergement.
Le 4 mars, la cour d’appel de Reims confirmait la condamnation de la gérante d’Anavim, qui retournait en prison et se voyait confirmée dans l’obligation de rembourser 315 137 € à la Mutualité sociale agricole d’Île-de-France, au titre du préjudice économique. Les associations parties civiles étaient également entendues dans leurs demandes d’indemnisation. L’arrêt confirmait le montant des sommes dues en réparation du préjudice de 53 victimes : la société Anavim, sa gérante et ses coprévenus condamnés à verser solidairement 4 000 € à chacun des vendangeurs.
Par contre, ses deux recruteurs bénéficiaient d’une réduction de peine, à un an avec sursis et le client, gérant de la Sarl Cerseuillat de la Gravelle, était miraculeusement dispensé du paiement des 75 000 € d’amende.
En 2025, également, à Mourmelon-le-Petit (Marne toujours), au moins une quarantaine de saisonniers ukrainiens avaient été hébergés dans un bâtiment décrit comme vétuste et insalubre. Les enquêteurs avaient notamment relevé l’état très dégradé des sanitaires, un défaut général de nettoyage et des risques liés aux installations électriques. Le responsable de l’entreprise concernée a été condamné, en janvier 2026, à trois ans de prison, dont deux ferme, ainsi qu’à une interdiction de diriger une société.
Il n’aura pas fallu longtemps pour que, quelques mois plus tard, certaines maisons de champagne, qui ne se soucient pas plus des conditions de travail et d’hébergement de leurs vendangeurs, s’affranchisssent des règles élémentaires du code du travail et qu’une nouvelle affaire d’hébergement indigne soit signalée.
Des vendangeurs logés sous tente : un hébergement indigne fermé en Champagne.
Il n’avait fait l’objet « d’aucune déclaration préalable auprès des services de l’État », et présentait des non-conformités. Les inspecteurs ont constaté que les vendangeurs étaient logés sous tente, que l’aménagement des « locaux sanitaires et des cabinets d’aisances » était « défaillant » et que l’hygiène générale des lieux était « insuffisante ».
Le comité Interprofessionnel des Vins de Champagne (CIVC) met à disposition des vendangeurs un livret d’accueil dans lequel sont clairement mentionnés leurs droits concernant leurs conditions de travail, de rémunération et d’hébergement, hélas en seule langue française. Il est par ailleurs loin d’être assuré que chaque vendangeur en reçoive un.
Le CIVC et les diverses organisations de viticulteurs seraient bien inspirées de commencer par fournir à leurs adhérents employeurs une formation sur leurs obligations… Cela pourrait contribuer à la valorisation du terroir bien plus efficacement que leurs nombreux événements oenotouristiques ou autres opérations commerciales de promotion…
RD
Partager la publication "« Vendanges de la honte » : même pas peur"

Le festival d’Uzeste devait se tenir du 17 au 22 août et a été annulé en raison du risque d’incendie. La mairie et les organisateurs travaillent avec d’autres communes pour tenter de déplacer une partie de la programmation.
« Alors que les camarades d’Uzeste Musical préparent depuis des mois une fête de résistance et de solidarité, malgré les nombreuses coupes budgétaires qui ont déjà imposé de nombreuses contraintes, à quelques jours du début de l’hestajada de las arts, la préfecture de Gironde a décidé d’arrêter toute vie sur les 159 communes dites « forestières » (le mot d’ordre du mois d’août : « il faut aller sauver le commerce des plages».
L’arrêté préfectoral a été suivi d’un arrêté municipal, détaillant les mesures qui rendent impossible la tenue de la rencontre. À ce jour, la 49e hestajada de las arts d’Uzeste musical est, de fait, impossible sur la commune d’Uzeste. La seule vie sociale autorisée sur la commune ? Les cérémonies religieuses… Sous la protection de Dieu, vous pouvez venir brûler un cierge dans la collégiale d’Uzeste pour que les foudres de l’enfer arrêtent de s’abattre sur la terre !
L’équipe d’Uzeste Musical travaille jour et nuit à une solution de déplacement vers une commune voisine et voir ce qui peut être sauvé du programme, pour ne pas s’avouer vaincus et parce que la lutte ne fait que commencer. Nous serons là pour les soutenir et improviser avec eux, une nouvelle version de l’hestajada. Si vous aviez prévu de venir, le nouveau programme et lieux de retrouvailles sont à suivre sur uzeste.org
Cette situation met encore à l’épreuve nos capacités d’adaptation, d’imagination et de résistance à ce qui nous tombe dessus subitement, à chaque crise, depuis la pandémie Covid, qui a été le premier grand choc de cette nouvelle ère, faite d’incertitudes et de peurs, où la restriction des libertés est la réponse systématique aux choix politiques antérieurs, dont ceux de ne rien anticiper dans le domaine de la vie humaine ici-bas.
L’état d’urgence est de maintenir ce qui peut l’être.
Plus que jamais, résister, c’est créer.
Résister, c’est aussi savoir improviser… »
Dès la première vague de canicule de juin, Solidays, Chambord Live, Garorock mais aussi des plus petits festivals de musique comme Just for you, dans l’Orne, ou encore Perche en rock ont été annulés pour des raisons climatiques. Le Son continu, qui devait se tenir du 10 au 14 juillet au château d’Ars, à Lourouer-Saint-Laurent (Indre), et le concert de clôture du festival de Chambord de musique classique ont subi le même sort. Un coup dur pour les organisateurs, les artistes, les techniciens, les prestataires, les bénévoles tout comme pour les festivaliers privés de ces rendez-vous.
Le phénomène est mondial. On annonçait la couleur dès janvier de cette année.
L’IA et les plateformes de streaming jouent un rôle considérable dans les modications du paysage musical et ça n’est pas le retour en force nostalgique des CD, lecteurs MP3, vinyles et supports non numériques qui vont enrayer cette véritable mutation technologique de l’industrie musicale. Toutefois, ceci n’explique pas tout.
En février 2026, des annulations étaient déjà annoncées en France alors que rien ne laissait encore présager ces canicules à répétition que connaît la France depuis juin, avec leurs conséquences. On s’attendait alors à un été très chaud, comme tous ceux à venir mais pas à un tel emballement du climat et pourtant, les annonces de reports à l’année suivante ou d’annulation pure et simple pour des raisons essentiellement financières ou de mise à disposition d’emplacements adéquats, faute de soutien des collectivités, se multipliaient.
Si le changement climatique était déjà largement en marche, au cours de la décennie précédente, ça n’est pas pour ces seules raisons que l’hécatombe était déjà engagée.
Plus d’une centaine de festivals ont été supprimés ou annulés en France en 2015, conséquence principalement des baisses de subventions à la culture, cible privilégiée des mesures d’austérité. Mais certains festivals, notamment dans le milieu des musiques électroniques, ont été annulés par décision purement arbitraire de la part d’élus qui voient les cultures alternatives d’un mauvais œil.
Cette année-là, à Troyes, l’association Aube Musiques Actuelles célébrait son 20ème anniversaire par 2 ultimes concerts avant de rendre les armes, faute de moyens humains et surtout financiers. Les amateurs de jazz et de musiques improvisées en sont encore terriblement désappointés.
En 2020, ce fut la pandémie qui justifia l’annulation de tous les festivals estivaux.
En juin 2025, Sigma Mag, magazine dédié à l’évènementiel dans les secteurs des jeux et des technologies, écrivait :
Le secteur événementiel en crise ? Plus de 40 festivals déjà annulés cette année.
La scène musicale internationale est sous pression :
44 festivals de musique ont déjà été annulés cette année. Les raisons sont principalement liées aux difficultés financières face la hausse des coûts de production, l’inflation des cachets d’artistes et un marché de plus en plus saturé.
C’est en effet le terrible constat que présente Music Festival Wizard dans son dernier rapport, mis à jour quotidiennement.Dans son communiqué, MFW partage également les déclarations d’annulation officielles des organisateur.ices, dans lesquels on retrouve toujours un point commun : des ventes de billets imprévisibles, une concurrence plus rude et pour beaucoup, l’incapacité à surmonter les défis auxquels sont confrontés les festivals indépendants.
Parmi ces 44 festival annulés, on retrouve I Love Techno en France, Balaton Sound en Hongrie, Full Force en Allemagne, Sundown festival et MADE festival en Angleterre, Sudoeste au Portugal ou encore ION Festival en Albanie.
Aujourd’hui, on incrimine la canicule, et on en arrive à se demander si celle-ci ne serait pas en fait une véritable aubaine pour les subventionneurs traditionnels, ou leurs successeurs, pour attribuer ces fonds à d’autres priorités plus matérielles ou plus populistes (caméras de surveillance, police municipale, spectacles plus consensuels…) en vue d’attirer des voix à leur parti dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.
Il y a effectivement de quoi s’inquiéter.
Face au risque d’annulation de festivals en raison de la canicule, « notre syndicat a alerté le ministère de la Culture », déclare le directeur des Eurockéennes de Belfort.
Invité de France Inter, Jean-Paul Roland dit redouter « l’automatisation des annulations » « par principe de précaution » et les conséquences sur les politiques d’assurance.
A plus forte raison quand les annulations interviennent dans les jours qui précèdent l’événement.
Et en particulier quand elles ne sont pas vraiment justifiées ou quand les organisateurs proposaient un protocole de sécurité renforcé en consentant à un raccourcissement de l’événement, comme à Uzeste, précisément, où le festival aura finalement lieu dans deux communes proches…
On met en cause le climat du point de vue météorologique, mais il faut également regarder du côté du climat politique.
Des bars aux petites salles de concert, les acteurs des musiques actuelles alertent sur les difficultés croissantes pour maintenir une scène culturelle vivante au centre-ville de Toulouse. Entre contraintes acoustiques, normes de sécurité, plaintes de riverains et pression administrative, plusieurs lieux emblématiques ont dû réduire leurs activités ou renoncer à certains événements.
Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest de l’hexagone, les rave parties, à quoi l’on prête toutes les mauvaises intentions du monde, ne recueillent pas l’unanimité dans les campagnes, c’est le moins que l’on puisse dire.
Free parties, protoxyde d’azote, permis de conduire: le Conseil constitutionnel valide l’essentiel de la loi Ripost.
Depuis les dernières élections municipales, les décisions polémiques des nouvelles mairies Rassemblement national se multiplient. En deux mois, les nouveaux maires RN ont ciblé les drapeaux européens, les syndicats et la culture, notamment dans le sud de la France.
Salles de cinéma sans chauffage, retrait d’œuvres artistiques qui dérangent, suppression ou baisses de subventions aux associations culturelles, aux radios locales, aux MJC, suppression d’accréditations, annulations pures de festivals, d’événements et de spectacles ou réduction de leur durée, fermetures de lieux d’échanges et de rencontres culturelles, interventions dans les programmations d’actions culturelles et l’affichage relatifs à celles-ci, mise en place de « romans locaux » réécrivant l’histoire, promotions d’événements religieux, augmentation des tarifs des programmations culturelles, arrêt de projets éducatifs et culturels, évictions d’associations lors d’événements culturels, accueil de concerts d’artistes multi condamnés ou mis en examen, dotations de bibliothèques et médiathèques diminuées, déprogrammations de spectacles, opposition de « culture populaire » et « culture de gauche élitiste », convocations de gérants de cinéma diffusant des films « trop politiques », arrêt des travaux de reconstruction de salles de spectacles en rénovation pour mises aux normes ou incendiées…
Il faut dire que la culture n’est pas la priorité du RN.
C’est plutôt son problème.

RD
Partager la publication "Vers la fin des festivals ?"

Nous évoquions il y a peu dans ces colonnes la vague de complotisme venue d’outre-Atlantique et qui s’enracine profondément également sur le territoire français.
Le complotiste en chef, apprenti carabin à ses heures et spécialiste de l’autisme, en rajoute une couche. Il vient de signer un décret, sans aucune caution scientifique, pour réduire le nombre des vaccins pour les enfants. Après le paracétamol, c’est aujourd’hui la vaccination qui serait à l’origine de l’autisme.
Pourtant, ce ne sont pas les études approfondies et largement validées par le monde scientifique qui manquent, pour contredire ces dangereuses prises de position.
On rappellera qu’il est important de ne pas confondre la science et ceux qui s’en réclament pour remettre en cause l’apport des chercheuses et chercheurs et servir des intérêts bien éloignés de ceux du public. Il ne suffit pas d’énoncer des contre-vérités, avec une propension à privilégier les plus grosses, pour défaire tout ce que la science, la vraie, a bâti depuis des siècles. On pourrait invoquer les maladies fabriquées par l’homme, le fameux « décalage de 14 jours », la manipulation du virus ou les puces électroniques glissées dans les vaccins, la modification du code génétique, les remèdes secrets cachés par l’industrie pharmaceutique parce que trop efficaces… et les nombreuses théories toutes plus fantaisistes les unes que les autres qu’on trouve sans même chercher sur les réseaux sociaux, dans les médias ou la littérature ? Ce serait à se tordre de rire s’ils n’avaient pas leurs adeptes…
Ils publient même des livres qui peuvent tromper les esprits les plus éclairés et qui se vendent hélas plutôt bien.
En 2021, la LDH s’opposait au passe vaccinal. Elle estimait que conditionner l’accès aux lieux publics et aux activités quotidiennes à un schéma vaccinal complet privait les citoyens non vaccinés de droits fondamentaux. Elle dénonçait une politique préférant la contrainte et la sanction (comme la suspension du contrat de travail) à la pédagogie et au consentement éclairé. Elle s’inquiétait de la privatisation des contrôles du passe (qui portait atteinte au secret médical) ainsi que de la protection des données de santé lors des campagnes de réservation.
Elle demandait la levée des brevets sur les vaccins afin que la vaccination soit accessible à toutes et tous dans le monde.
Face au risque d’effondrement imminent du système public hospitalier, et plus largement de notre système de santé, la LDH appelait une nouvelle fois le gouvernement à adopter un plan d’urgence pour l’hôpital, assorti des moyens, humains, matériels et financiers à la hauteur des enjeux.
La situation des hôpitaux ne s’est guère améliorée depuis et si l’IA peut être d’une grande utilité pour les soins techniques, ça n’est pas elle qui va résoudre les problèmes de financement, le manque de lits et de personnel et les conditions de travail.
La marchandisation de la santé ne va rien apporter à la qualité des soins et si Doctolib cherche à s’implanter davantage encore dans les parcours de soins, ça n’est pas dans un but d’intérêt général.
La LDH, qui s’est déjà opposée aux pratiques de cette entreprise monopolistique soutenue par le gouvernement, notamment lorsque ce dernier lui a confié le monopole des rendez-vous de vaccination contre le Covid, ne peut qu’encourager toutes les patientes et tous les patients à refuser l’utilisation de leurs données dans ce cadre. La santé doit demeurer dans le giron de l’Etat et doit s’inscrire dans un cadre de service public.
Les données des patients ne doivent pas être utilisées à des fins mercantiles.
Nous combattons toute désinformation, tout complotisme, tout conspirationnisme. Entre eux et la contestation de crime contre l’humanité, il n’y a qu’un espace infime, très facilement et fréquemment franchi. C’est l’IA elle-même qui s’en charge…

RD
Partager la publication "Complotisme, suite : Dr Donald et Mr Trump"
Une suggestion de lecture, par Agnès

À Gaza, un génocide est en cours, orchestré par le gouvernement de Benjamin Netanyahou, qui poursuit parallèlement une politique de nettoyage ethnique et d’annexion en Cisjordanie, avec le soutien de Donald Trump et la passivité complice de la majorité des gouvernements européens.
Au Liban, la population est tiraillée entre aspirations à des réformes, menaces de nouvelles crises, occupation et attaques israéliennes dans le sud du pays. En Syrie, après quatorze années de révolution, de guerre et d’interventions étrangères, le régime des Assad a été renversé, ouvrant la voie à une transition marquée par la violence dans un pays morcelé, ravagé et amputé de nouveaux territoires occupés par les Israéliens. L’Iran, puissance régionale dominante depuis 2003, voit son influence vaciller à la suite des revers subis par ses alliés et d’un affrontement direct avec Israël et les États-Unis.
Comment appréhender cette brutale accélération de l’histoire ? En quoi les bouleversements du Proche-Orient révèlent-ils les lignes de fracture d’un ordre mondial en recomposition, où logiques impériales, replis identitaires et héritages coloniaux supplantent les principes universels et les normes juridiques issus de l’après-1945 ?
Cet ouvrage propose des clés de lecture pour comprendre ces transformations. À travers l’examen rigoureux de huit moments fondateurs entre 1915 et 2025, il retrace un siècle de luttes, d’ingérences et de reconfigurations, et rend accessible l’histoire contemporaine d’un Proche-Orient plus que jamais miroir du monde.
Version papier : 18.50 €
Version numérique : 13.99 €
Ed. La Découverte
Ziad Majed est un politiste franco-libanais. Il est professeur à l’Université américaine de Paris où il dirige le programme des études du Moyen-Orient, et l’auteur, chez Actes Sud, de Syrie, la révolution orpheline (2014) et Dans la tête de Bachar Al-Assad (avec S. Hadidi et F. Mardam Bey, 2018 et 2025).
Partager la publication "Le Proche-Orient, miroir du monde"