« Il est grand temps qu’on fasse fermer cette chaîne nauséabonde » : l’initiateur de la pétition contre CNews se réjouit d’avoir dépassé les 500 000 signatures



Lancée par un simple citoyen, le 10 juin 2026, la pétition a rassemblé plus de 500 000 signatures, soit le seuil pour qu’elle soit, éventuellement, étudiée dans l’hémicycle.

Elle a obtenu 750 277 signatures à l’heure où nous publions cet article, le nombre augmentant aujourd’hui en moyenne de 1000 toutes les 30 minutes, bien que le serveur dédié aux pétitions de l’Assemblée Nationale soit particulièrement surchargé.



Les accusations contre CNews ont redoublé après l’attentat raciste de Trappes le 23 octobre, dans lequel un Français de 39 ans, Kévin T., soupçonné d’avoir tiré délibérément sur «des personnes […] de type musulman ou africain ou nord-africain » selon le procureur national antiterroriste Olivier Christen. Une partie de la gauche, à l’instar du maire de Trappes, Ali Rabeh, a accusé certains médias, en particulier CNews, d’avoir une responsabilité dans cette attaque, en accordant trop de place aux discours stigmatisant les immigrés ou leurs descendants.


La fermeture de la chaîne n’est pour l’heure pas d’actualité.

La fermeture d’une chaîne de la TNT relève du régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom, qui n’a pas fait de commentaire lundi. L’autorité administrative indépendante attribue aux chaînes et radios le droit d’émettre moyennant des obligations, comme le respect de la diversité des opinions ou l’interdiction de diffuser des propos discriminatoires. Si elles sont enfreintes, l’Arcom agit graduellement : mise en demeure, sanction financière, réduction temporaire du droit d’émettre, et, enfin, le retrait de l’autorisation. Après lui avoir infligé des millions d’euros d’amende, l’Arcom avait décidé en 2024 de ne pas reconduire la fréquence TNT de C8, propriété comme CNews de Canal+, où officiait l’animateur Cyril Hanouna.

Déjà mise à l’amende pour des séquences de nature à inciter à la haine ou à la discrimination, CNews a été mise en demeure en juin dernier par l’Arcom de corriger un «déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion « sur son antenne, notamment » sur la menace que représenteraient l’immigration et l’islam pour la société française ». La chaîne a contesté devant le Conseil d’État.



CNews dénonce une « pétition politique »; Pascal Praud dénonce une “gauche sectaire”, « une volonté d’intimidation et de censure, dans un contexte de tensions entre La France insoumise et plusieurs médias ». Il prend également la défense des journalistes, qu’il estime « de plus en plus ciblés par des responsables politiques et des manifestants ».


Les soutiens de CNews

On dénombre sur le net pas moins de 4 autres pétitions qui ne recoivent pas tout à fait le même succès.

https://www.mypetition.org/petition/medias/maintien-cnews/288857

https://www.mypetition.org/petition/medias/soutien-a-cnews-stop-aux-menaces/288727

https://www.change.org/p/opposons-nous-%C3%A0-la-fermeture-de-cnews

https://damocles.co/non-censure-cnews



Les précédents


En mars 2024, une précédente prétition de soutien à CNews, prônant la liberté d’expression et l’impartialité des traitements, dénonçait : « Les censeurs lancent une vaste offensive pour vous empêcher de regarder CNEWS. » Elle a obtenu 65 signatures.

A l’automne 2025, une nouvelle pétition de soutien à CNews visant à « empêcher la censure de CNews, qui ose aborder les sujets qui fâchent », a reçu royalement 5101 signatures.



En octobre 2026, une pétition annonciatrice de la suite, « Pour la fermeture de BFM TV et CNews : pour une information plus transparente et pluraliste », a reçu 4270 signatures.

Une autre pour la fermeture de CNews a recueilli 3686 signatures avec un argument incontestable: « Fermer une chaîne qui viole la loi n’est pas censurer. C’est faire respecter l’État de droit. »



On est fort heureusement passé maintenant à la vitesse supérieure.

A présent, la question ne se pose plus. L’ARCOM a retiré en juillet 2024 les fréquences TNT à C8 et NRJ 12. Cette décision faisait suite à de nombreux rappels à l’ordre et sanctions financières cumulées au cours des années précédentes.

Ne serait-ce pas le cas de CNews ?



RD

A noter dans vos agendas du mois de novembre

  • Lundi 2 novembre : rentrée scolaire et reprise des blocus dans les lycées.
  • Mardi 3 novembre : journée de grève dans les lycées et universités.
  • Jeudi 5 novembre : grève générale et manifestation intersyndicale pour le pouvoir d’achat, contre les plans de licenciements et les restrictions budgétaires dans les services publics à10h30 (lieu à déterminer).
  • Samedi 7 novembre : acte IV « pour l’égalité réelle ».
  • Mardi 10 novembre à 18h : au Centre Sportif de l’Aube 5, rue Marie Curie à Troyes : rencontre avec Rabia Safa Rafat, arrivée en France en 2022 après avoir, avec sa famille, fui les talibans et autrice des Ponts Brisés, organisée par la CFDT retraités. Inscription obligatoire sur https://soireelespontsbrises.sitew.org
  • Du 13 novembre au 13 décembre:


  • Samedi 14 novembre à partir de 14h00 / 15h00 : mobilisation contre les violences faites aux enfants et aux adolescent·es.
    • Parvis de l’Art Déco à Sainte-Savine (pour le rassemblement/animations).
    • Salle Chaussin à Sainte-Savine (pour la fête).
    • Entrée libre et gratuite.
    • Stands d’information dès 14h, animations, déambulation, goûter festif et contributions pensées par et pour les enfants (écoles, périscolaire, club ados de Sainte-Savine).
    • Mot d’ordre national : « Pas de présidence sans droits pour l’enfance ».
    • (le programme, pensé par et pour des enfants est consultable sur : https://urls.fr/ZkU5vB)


  • Dimanche 15 novembre : Rassemblement à 10 h au monument aux morts des Noës pour honorer la mémoire des fusillés pour l’exemple. 
  • Samedi 21 novembre à 10h 30 :   Manifestation pour la Paix ; départ place Jean Jaurès.


• Vendredi 27 novembre: Manifestation à l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes.   Départ place de la Libération à 17h30. Prises de paroles autour de la loi intégrale.

    

A venir

  • Date à préciser : Projection du film NAZA par le Collectif aubois pour la Paix.
  • Lundi 7 décembre : AG statutaire de la section LDH de l’Aube + conférence avec Patrick Canin : « La justice, garante de l’Etat de droit ? » à La Chapelle Saint-Luc.
  • Vendredi 18 décembre : journée des migrants.

Retour sur les manifestations d’hier




Mobilisation importante mais en baisse, heurts en marge de certains cortèges, centres-villes sous haute protection… Ce qu’il faut retenir de la journée de mobilisation du 31 octobre.

Ce troisième samedi consécutif de cortèges en France a réuni entre 320 000 et près d’un demi-million de manifestants selon les sources. 565 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre.



Manifestations du 31 octobre : hormis des tensions à Reims, un « acte III » calme en Champagne-Ardenne.

Dans le cadre des quelque 150 mobilisations attendues en France, le 31 octobre, pour le troisième samedi de rang, des cortèges ont arpenté les rues de Reims (Marne), où 23 personnes ont été interpellées, Châlons-en-Champagne et Charleville-Mézières (Ardennes), où cet acte III s’est déroulé sans incident.



« Même manifester, cela devient difficile » : partout en France, des cortèges inquiets pour les libertés.

Contrairement aux espoirs du gouvernement, la mobilisation n’a pas faibli pour cette troisième journée de manifestations. Les revendications contre la vie chère et pour la défense de l’éducation nationale demeurent, mais une sourde colère monte contre le pouvoir, qui se barricade derrière la répression.



Troyes : 350 personnes dans la rue

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Lettre d’amour aux 2010

La productrice et autrice Shanice Mendy rend hommage à la jeunesse mobilisée depuis plus d’un mois : la génération 2010, « les enfants des adultes trop fatigués pour crier encore ». « Les vivants, c’est vous. Ceux du présent. Ceux du 17 octobre, du 24 et du 5 novembre », écrit-elle dans une chronique inédite pour « Mediapart ».

31 octobre 2026 à 11h35

Jusqu’ici, 2026, c’était l’année des sensations de rien. Les moments congelés des êtres figés. L’année des dénis de démocratie et des espoirs perdus. Des regards vides malgré les sourires qui comptent. L’année des enfants de 30 ans devenus adultes déjà. Plongés trop tôt dans la diagonale du vide qui les sépare de leurs aînés quadragénaires, qui rêvent toujours de trouver la France qu’on leur a promise. Unie et indivisible, pleine et comblée, juste et viable. Viable surtout.

Et puis, comme un miracle auquel on ne croit plus, il y a eu vous. Les 2010. Les 16 ans. Les enfants des adultes trop fatigués pour crier encore. Une relève à qui on a tant dit, et qui porte tous les jours le miroir de nos êtres incapables. Incapables de vous protéger, alors vous l’avez fait vous-mêmes.

À chaque époque ses heures de gloire, dit-on ? Les années 2000 se souviendront de celles-ci. Les vôtres. Celles qu’on s’approprie, nous, tant c’est dur de vous voir meurtris. La Gen Z déjà consommée dans sa chair. Celle qui fait déjà l’expérience des bavures, des mains perdues et des yeux crevés.

Lors d’une manifestation parisienne, pour l’« acte 5 » de la mobilisation lycéenne, le 13 octobre 2026. © Photo Ophélie Loubat pour Mediapart

Cette phrase qu’on lit partout : « Le sang et les larmes des jeunes jamais conviés, qui donnent des leçons de courage à ceux qui prétendaient leur apprendre à militer. » Les petits-enfants des soixante-huitards, tout près de ceux qu’on a noyés dans la Seine. Les courageux·euses forcé·es. La violence d’un système, toujours, qui vous dicte les nouvelles règles qu’on n’applique qu’à vous. Le nom d’un·e avocat·e sur le bras gauche, sérum phy dans le sac sur l’épaule droite.

Sur vos pancartes, nous, on cherche des mots qui n’existent pas. Ceux qui viendront panser les maux, peut-être. Guérir de Macron. Comment ?

En réponse au maintien de l’ordre, on vous voit maintenir l’amour. Garder nos têtes hors de l’eau. On lit dans les livres d’histoire que pour contempler la beauté, il faut regarder du côté des révolté·es. Ces résistants et résistantes à qui on attribue les lauriers qu’ils et elles méritent sans jamais douter. La justesse-ice qui nous pousse du côté des opprimés, et qui nous rend plus humains. Plus vivants.

Protégez vos cœurs – c’est de ceux-là que doivent être faits ceux de demain. De ce bois-là.

Pourtant, les vivants, c’est vous. Ceux du présent. Ceux du 17 octobre, du 24 et du 5 novembre. Ceux de Paul-Éluard et ceux de Montaigne, qui voudraient qu’on laisse la place, enfin, à l’égalité qu’on a gravée sur les murs. Les enfants qu’on gronde mais à qui on rendra hommage parce qu’ils auront été les seuls, au fond, à comprendre la devise. Liberté retrouvée. Dans le creux de toutes les luttes qui n’avançaient plus. Fraternité enfin. Par les courageux qui courent, et s’émeuvent ensemble.

Pour qu’on n’oublie jamais que celle-là était particulière. Cette jeunesse qui se soulève, boude et bout. Peut-être la plus précaire des dix dernières années. Peut-être la plus triste, aussi. La plus fragile, la plus déprimée. C’est irréel de vous voir debout, quand on vous abandonne tous les jours.

C’est vous le front. Celui devant les mères puissantes et les pères indignés. C’est vous le front, le dernier rempart d’une démocratie française vivante.

En 2026, on se rappellera que ce sont les 2010 qui sauvent. Les 2010 qui crient, qui courent et qui s’attellent à toutes les tâches qu’on a laissées. Alors, vous lirez aussi les mauvais papiers. Ceux qui ne vous prêteront pas leurs éloges, et qui vous maltraiteront aussi bien que la police.

Protégez vos cœurs – c’est de ceux-là que doivent être faits ceux de demain. De ce bois-là. Cette identité française, nouvelle ou renouvelée, qui porte en elle la réponse à la culture violente dominante. Refusez, jusqu’à ce que l’amour gagne encore. Restez en colère du lycée cassé, et des fractures qui séparent le juste du bon. Dans la France de Macron, vous ne comblez rien mais vous remplissez tout. En guérir, c’est vous suivre et vous, survivre. C’est n-votre devoir citoyen.

Shanice Mendy 

Manifestations: communiqué de la LDH de l’Aube



A l’instar des syndicats, la LDH de l’Aube soutient ce samedi 31 octobre le mouvement citoyen aubois de revendications pour une véritable politique en faveur des lycéennes et lycéens, étudiantes et étudiants, pour les libertés fondamentales, contre la vie chère, contre le racisme et les discours mortifères des extrêmes droites.



On ne sait plus où donner de la tête :

Préfet de l’Aube 

il y a 17 heurest͏p͏n͏r͏o͏e͏s͏S͏d͏o͏g͏8͏0͏t͏g͏m͏2͏8͏1͏3͏m͏8͏4͏8͏a͏0͏t͏6͏5͏4͏4͏l͏h͏3͏8͏h͏a͏0͏ ͏2͏1͏9͏7͏g͏a͏l͏4͏3͏2͏a͏g͏0͏2͏1͏f͏u͏m͏u͏0͏l͏ ·

#SÉCURITÉ | Interdiction de manifestations et rassemblements à Troyes 🔴

📆 A l’occasion de la journée du 31 octobre et de la nuit d’Halloween, le préfet de l’Aube, Pascal GAUCI, a pris deux arrêtés portant interdiction de manifestation, rassemblement ou défilé sur la voie publique dans certains secteurs de la ville de Troyes.

🔹 Samedi 31 octobre, de 11h à 18h :

– interdiction des manifestations, défilés et rassemblements à caractère revendicatif dans un périmètre défini du centre-ville.

🔹 Du samedi 31 octobre à 18h au dimanche 1er novembre à 7h :

– interdiction de toute manifestation, défilé et rassemblement sur la voie publique dans un autre périmètre du centre-ville, à l’occasion des festivités Halloween.

📌 Les périmètres concernés sont précisés dans les arrêtés préfectoraux consultables sur le site de la préfecture: https://www.aube.gouv.fr/…/Recueil-des-Actes…/RAA-2026

Ces mesures visent à garantir la sécurité des personnes et des biens et à préserver l’ordre public.

#PréfectureDeLAube#Troyes#SécuritéPublique#Halloween


Le rassemblement serait donc bien maintenu à 14h mais devant la préfecture…


Désormais, les arrêtés préfectoraux et municipaux contradictoires tombant au même rythme que les feuilles des arbres et étant annoncés sur les réseaux sociaux, nous annoncerons les rassemblements et manifestations au conditionnel…

Atteintes aux libertés, démocratie en danger




Après les mobilisations récentes et toujours en cours qui ébranlent la sérénité du gouvernement, une question se pose : vont-ils arrêter tout le monde ?

En un mois de mobilisation lycéenne, le nombre de gardes à vue a déjà dépassé celui du mouvement des Gilets jaunes, qui avait duré huit mois. Nos invités reviennent sur la répression judiciaire sans précédent du mouvement social en cours.

Depuis la mi-septembre, 12 000 personnes ont été placées en garde à vue d’après les chiffres communiqués par le ministère de la Justice. Depuis les pillages de magasins et dégradations de bâtiments publics du 17 octobre, le gouvernement réclame la plus grande fermeté, qui se traduit parfois par des peines lourdes, prononcées dans l’urgence en comparution immédiate : des peines de prison ferme, des interdictions de manifester, parfois même de voter. Quel effet cette répression judiciaire du mouvement social a-t-elle sur notre démocratie et nos libertés publiques ?



La France glisse-t-elle vers des pratiques autoritaires ? 7 signes d’alerte 

Partout dans le monde, les pratiques autoritaires progressent. Les États-Unis en sont le dernier exemple le plus frappant : dans cette démocratie ancienne, qui se présentait comme un modèle, les droits humains se sont dégradés à une vitesse fulgurante. À l’approche d’échéances électorales cruciales en France, Amnesty International livre ce que nos chercheurs observent dans le monde entier : comment les fondements d’un État de droit et de la protection des droits humains peuvent être affaiblis, petit à petit, par l’adoption de pratiques autoritaires. Ces pratiques contaminent même les démocraties, et la France n’est plus à l’abri de cette tendance mondiale. Notre analyse des sept signes des pratiques autoritaires montre pourquoi notre État de droit est aujourd’hui en état d’alerte.



Traitement des manifestations du 24 octobre : le doigt dans l’engrenage de l’illibéralisme

Dans les jours précédant les manifestations, le gouvernement et le président de la République ont multiplié les annonces visant à renforcer la réponse pénale et restreindre la liberté de manifester. Leur concrétisation amorce un tournant vers l’illibéralisme.



La mort lente de la démocratie : du danger de la comparaison avec les années 30

Face à la crise de la démocratie libérale en France et partout dans le monde, on invoque souvent le retour des années 1930. Mais l’analogie nous place dans la position de l’enfant du conte qui applique les consignes de la situation antérieure et se trouve toujours en décalage avec les besoins de l’heure. Par Renaud Meltz, historien et contributeur de « Vichy : Histoire d’une dictature, 1940-1944 ».





La police, pilier de la République ?




Lettre ouverte à Laurent Nuñez : si la police protège les milices fascistes, qui protège les manifestant·es ?

Après les attaques de milices fascistes du 24 octobre et face aux soupçons de complicité policière, Attac interpelle Laurent Nuñez pour exiger la fin de l’impunité et des réponses avant les mobilisations du 31 octobre et du 5 novembre.



Depuis le début du mouvement lycéen, 83 enquêtes ont été confiées à l’IGPN et l’IGGN

Le ministère de l’intérieur donne à l’Agence Radio France un nouveau bilan du nombre d’enquêtes confiées à la police des polices et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale depuis le début de la mobilisation des organisations lycéennes et étudiantes mi-septembre.





Existe-t-il vraiment des « policiers casseurs », en civil et infiltrés dans les manifestations, qui commettent des dégradations ?

Cette accusation, qui revient à chaque grande mobilisation sociale émaillée d’incidents, est alimentée par plusieurs vidéos filmées le 17 octobre ou lors de rassemblements des lycéens. Mais aucune ne permet d’attester que des policiers attiseraient volontairement les violences.

« Un vrai et gros problème de confiance ».

Plutôt qu’une stratégie orchestrée, il pourrait s’agir « d’ordres à un niveau infra », sur le terrain, « de policiers qui se montent le bourrichon et se disent ‘on va salir le mouvement’, et prennent alors des initiatives », avance cet ancien proche du ministère de l’Intérieur. Mais les hypothétiques participations ou incitations des policiers aux actions des casseurs sont « très difficiles à prouver », rappelle Sebastian Roché, qui « n’y croit pas trop ». « On ne peut être sûr de rien », poursuit Arnaud-Dominique Houte. « Mais il y a un vrai et gros problème de confiance, alerte l’historien. Et quand les gens n’ont plus confiance en la police, ils peuvent la soupçonner, à tort ou à raison, des pires pratiques. »







Policiers infiltrés parmi les manifestants : une « tradition » selon le préfet du Rhône

Le préfet du Rhône affirme qu’il s’agit d’une pratique courante. Il a toutefois demandé l’ouverture d’une enquête.



Le Canard Enchaîné

Le nouvel arrêté anti-jeunes de François Baroin

Claire Brétécher



Décidément, les jeunes sont dans le collimateur de François Baroin. Après l’arrêté anti-drapeau palestinien sur l’espace public (référé liberté en cours), l’arrêté « couvre-feu » d’interdiction aux mineurs non accompagnés de sortir entre 11h et 6 h cet été (largement retoqué), l’arrêté anti-bruit : interdiction d’appareils de diffusion sonore de 0 h à 6 h 30 et en permanence à moins de 50 m de certains lieux du centre-ville, c.a.d. quasiment dans tout le centre-ville (référé-liberté à l’étude), voici l’interdiction des vélos en libre-service pour les moins de 16 ans.

Car c’est bien connu, à 14 ou 15 ans, on casse tout…

A noter que, si ces arrêtés sont signés par le directeur général des services de la mairie de Troyes ou de Troyes Champagne Métropole (TCM), c’est toujours au nom du maire de Troyes ou du président de TCM qui n’est autre que François Baroin.

Il est vrai qu’il a apporté son soutien à Bruno Retaillau dont on sait pertinemment qu’il a une idée particulière de la jeunesse d’aujourd’hui. « Il y a une jeunesse à la dérive et des jeunes à rééduquer», « De plus en plus de jeunes sont des tueurs » selon lui.

Mais lui, François Baroin… On pourrait se demander s’il a jamais eu des enfants. Eh bien oui il en a eu : 3 enfants issus de son premier mariage avec la journaliste et présentatrice Valérie Broquisse, épousée en 1991. Il a sans doute manqué un peu de temps pour s’en occuper. Ses 2 petits enfants (ceux de sa fille qu’il a mariée cet été) sont encore très jeunes et n’auront pas à trop subir les foudres de leur grand-père, puisque fort heureusement pour eux, ils ne vivent pas à Troyes.

A croire qu’en vieillissant, leur grand-père est de plus en plus aigri. Je ne les envierai pas quand ils auront 15 ans…


RD

La haine raciste est au cœur du projet de l’extrême droite



Le rassemblement d’hier soir, organisé dans l’urgence un lundi et après la manifestation de samedi par le Collectif aubois de lutte contre les extrêmes droites a réuni plus de 200 personnes (selon un décompte sérieux) venues rendre hommage à Pengo Bossio Wangi, tombé sous les balles d’un raciste obnubilé par la haine de l’autre, attisée sans relâche depuis des décennies par les extrêmes droites. On a pensé également aux autres victimes blessées par ce fanatique et dont les jours, fort heureusement ne sont plus en danger mais qui en conserveront des séquelles toute leur vie. Toutes ont été prises pour cibles en raison de leur origine, de leur couleur de peau ou de leur appartenance réelle ou supposée à une communauté.



Le 23 octobre 2026, à Trappes et La Verrière, la haine raciste a tué Pengo Bossio Wangi, un homme de 26 ans, parce qu’il était noir ; et elle a blessé gravement cinq personnes dont une enfant de douze ans.

Cette fusillade ne peut être interprétée comme un simple fait divers, comme l’acte isolé d’un déséquilibré.

Les victimes ont été prises pour cibles en raison de leur origine, de leur couleur de peau ou de leur appartenance réelle ou supposée à une communauté.

Notre Collectif met en cause la responsabilité politique et morale des médias et responsables politiques qui, par leurs discours, leurs amalgames et leurs prises de position, attisent et banalisent la haine raciste.

Les mots ne sont jamais anodins lorsqu’ils désignent des populations à la vindicte, légitiment les préjugés ou alimentent la peur de l’autre.

Les propos racistes, xénophobes, islamophobes, toujours plus haineux et stigmatisants, se diffusent dans notre société, portés par une part croissante des acteurs politiques, et relayés par de puissants médias. Ils instillent violence et exclusions identitaires, et nourrissent des passages à l’acte meurtriers.

Cette haine raciste est au cœur du projet de l’extrême droite, celui d’une société fondée sur de pseudo-identités qui légitimeraient de rejeter comme fondamentalement différents et dangereux celles et ceux qui sont réduits à leur religion, leur couleur de peau, leur origine perçue comme « étrangère ».

Il appartient aux forces républicaines qui entendent respecter les principes fondamentaux d’égalité et de solidarité qui structurent notre Etat de droit, de prendre la mesure du risque qu’elles font peser sur notre société et notre démocratie lorsqu’elles jouent, parfois par stratégie électorale, avec ces idées dangereuses.

Toute indulgence, toute ambiguïté, toute alliance, toute complaisance avec les forces, les partis et les idées d’extrême droite est une compromission inacceptable.

Face à une haine qui cherche à diviser la communauté nationale, notre force sera l’unité de toutes et tous, quelles que soient nos convictions et croyances, autour de la défense des valeurs d’égalité, de liberté, de fraternité/sororité.

Nous appelons à une lutte ferme et résolue contre le racisme et les préjugés qui le nourrissent. Nous l’exigeons de la part des pouvoirs publics, des responsables politiques et des médias.

Ensemble, dressons-nous contre les extrêmes-droites, partout, en tout lieu et dans toutes les circonstances de nos vies quotidiennes. Ensemble, élevons nos voix contre les paroles racistes qui tuent.

Collectif aubois de lutte contre les extrêmes-droites

Troyes, le 26 octobre 2026









Manifestations du 24 octobre

MAD



En Champagne-Ardenne, « agitation » et « tensions à Reims avec mille manifestant.e.s et des blessés, « calme » à Troyes avec un demi-millier et deux arrestations dont une musclée.


La deuxième grande journée de mobilisation lycéenne et contre la vie chère a eu lieu ce samedi 24 octobre 2026. Les manifestations se sont déroulées à Reims (Marne), Troyes (Aube), et Charleville-Mézières (Ardennes).




A Troyes, les journalistes « papier » en ont vu 100 de moins que leurs consoeurs et confrères de la TV régionale, « d’après un dernier décompte ». Ils ont assisté, à la toute fin de la manifestation, à l’interpellation musclée d’un manifestant qu’ils ont désigné comme « coordinateur » pour avoir emporté un drapeau tricolore.



Les forces de l’ordre accusées de protéger l’ultradroite en marge des manifs, Nuñez conteste.



Des violences impliquant des groupuscules d’extrême droite ont été signalées dans plusieurs villes de France samedi 24 octobre, en marge de manifestations. À Rouen, un homme a été violemment agressé. À Clermont-Ferrand, des individus ont fait des saluts nazis sur la terrasse d’un café. À Nice, onze militants d’ultra-droite ont été interpellés.



En marge des mobilisations du 24 octobre, plusieurs milices d’ultradroite sont sorties dans les rues de plusieurs villes en France pour frapper des manifestants. Parmi les 59 personnes placées en garde à vue à la suite des manifestations, 11 font partie de cette mouvance et cinq sont connues des services de police. Plusieurs élus de gauche ont dénoncé ces attaques.

Face à l’horreur raciste, un tournant politique s’impose !





« Pour que le destin partagé puisse encore s’écrire » : lettre sur la lutte de la jeunesse



En dépit du tapage réac quotidien, du magma d’idées confuses, hargneuses, les énergies du mouvement de la jeunesse font crépiter la vie. Elles attisent le désir de vivre avec les autres, d’agir ensemble, de rêver de concert, de vouloir que le destin partagé puisse encore s’écrire. L’heure est à la lutte pour le droit de cette jeunesse, qui nous prolonge, de ne pas être accablée. Grâce à elles et eux, la France reste la France. Lettre de Cayenne, par Christiane Taubira. 


La LDH conteste plusieurs arrêtés d’interdiction de manifestation le 24 octobre 2026



Dans le cadre des mobilisations sociales annoncées pour ce samedi 24 octobre 2026, la LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains) dénonce la multiplication d’arrêtés préfectoraux interdisant tous rassemblements dans de nombreuses villes de France.

Ces arrêtés quotidiens portent atteinte à plusieurs libertés fondamentales : la liberté d’aller et venir, la liberté de réunion pacifique, la liberté d’expression collective des idées et des opinions, sans oublier le droit au recours effectif mis à mal par des publications tardives. En conséquence, la LDH a entrepris de contester plusieurs arrêtés d’interdiction de rassemblement notamment au Mans, à Brest, à Quimper, à Marseille, à Caen, à Lille, à Avignon et à Montpellier.

Elle poursuivra son action pour garantir le respect de l’État de droit et défendre l’exercice effectif des libertés fondamentales pour toutes et tous.



L’armée contre la jeunesse : la LDH demande à l’ONU une mission d’observation en France.

Après un maintien de l’ordre particulièrement chaotique et incohérent samedi 17 octobre 2026, et alors que quatre jours plus tard, aucune réponse aux revendications des mouvements lycéens, étudiants, sociaux n’est apportée par le gouvernement (qui n’a toujours pas rencontré les organisations de la jeunesse), ses seules annonces concernent une escalade dans le déploiement de moyens de répression non formés au maintien de l’ordre. Alors que le weekend prochain sera une nouvelle étape dans les mobilisations, il y a là de quoi inquiéter toutes celles et tous ceux qui attendent du gouvernement une stratégie de désescalade politique.



« C’est sans doute la semaine la plus répressive de l’histoire de la Ve République », dénonce l’avocat Romain Boulet.

Romain Boulet, coprésident de l’ADAP (Association des Avocats Pénalistes), avocat chez Cabinet B&S revient sur la politique « répressive » de la France après les manifestations du 17 octobre. Il dénonce par ailleurs les conditions de détention des mineurs interpellés.

17 octobre: notre compilation

Le seul magasin troyen à s’être barricadé le 17 octobre



RD

Troyes: retour sur le 17 octobre



Alors que la majorité des médias ont décrit une France à feu et à sang ce samedi 17 octobre, il nous semble utile de ramener les choses à leur juste proportion.

Le pays traverse une crise qui ne devrait surprendre personne, tant, ces derniers mois, les signaux d’alarme ont été nombreux mais sans les effets escomptés, en direction du gouvernement, qui s’est montré particulièrement dépassé par les événements, en cette journée particulière, à tel point qu’a été évoquée puis écartée la possibilité de l’état d’urgence.

Les médias ont, chacun à sa façon, tenté de rendre compte de ce qui importait à leurs yeux en matière d’informations. Les chaînes d’info continue n’ont pas manqué de stimuler leur audience en étalant ce qu’on trouve généralement au fond du tonneau quand il n’y a plus rien à en soutirer.

Et pourtant, dans de nombreuses villes françaises, les mobilisations du 17 octobre, qui ont rassemblé un nombre inattendu par le gouvernement, en particulier, de participants de tous âges et d’horizons divers, se sont déroulées dans le calme, la bonne humeur, la joie et le plaisir sans doute, pour beaucoup d’entre eux, de se retrouver autour de revendications partagées : celles des lycéennes et des lycéens qui n’en peuvent plus de crever de froid l’hiver, de chaud l’été dans leurs établissements construits au siècle dernier, voire au précédent, sans que les travaux de maintenance nécessaires n’aient été entrepris et encore moins ceux d’amélioration; le manque de personnel enseignant et d’encadrement; l’obligation de mettre en jeu leur avenir par le biais de Parcoursup dont on sait qu’il s’agit de la pire des solutions.

Celles des étudiants qui voient les financements de leurs universités réduire régulièrement et leur frais d’inscription augmenter, leurs conditions pour étudier et vivre régresser et leur avenir s’assombrir.

Celles de leurs parents qui peinent à boucler les fins de mois, se retrouvant à découvert le 10 et se demandant comment ils vont passer l’hiver si celui-ci est aussi froid qu’a été chaud l’été…

Celles de toutes les citoyennes et tous les citoyens attendant depuis des années un peu plus de justice sociale mais constatant le démantèlement des services publics, l’arrogance d’un président préférant la veille aller écouter Céline Dion et partant dès le lendemain en visite diplomatique à l’étranger, pour négocier quelques tonnes de diesel au meilleur prix à, l’image de Donald Trump, l’incurie de son gouvernement et le recours systématique à la violence sous prétexte du maintien de l’ordre.

A Troyes, notamment, la manifestation ne connut aucun incident notable, hormis quelques poubelles renversées et aussitôt ramassées. « Au total, les policiers ont interpellé deux personnes sur l’ensemble de l’après-midi : un homme majeur pour un feu de poubelle devant la cathédrale et une femme mineure pour un tag sur le commissariat. »


Le lendemain, 18 octobre, la presse écrite locale dénombrait près de 3000 personnes pendant que la TV locale en comptait plus de 2000 dans les rues de Troyes.



FR3 Champagne-Ardenne, de son côté, signalait dans son JT du 19/20 des tensions et des dégradations à Reims, le calme à Troyes, Charleville-Mézières et partout ailleurs dans la région.

Sur les chaînes nationales, privées comme publiques, il ne fut question que de Reims et des violences extrêmes qui y ont été perpétrées, ville dans laquelle se résume pour elles sans doute la Champagne-Ardenne.


Ce 18 octobre, FR3 Champagne-Ardenne ouvrait son 19/20 sur les pillages et dégradations en marge des manifestations à Reims. A Troyes, on ne parlait déjà plus que des Nuits de Champagne.


Le 19 octobre, L’Est-Eclair titrait sur les raisons du calme observé à Troyes lors des manifestations du 17 octobre, tout en dénonçant néanmoins, comme pour signifier une certaine déception, un feu de poubelle éteint, des poubelles renversées et ramassées, le hall de L’Est-Eclair et de Libération-Champagne investi par des dizaines de manifestants « qui souhaitaient faire entendre leurs revendications aux médias », une présence discrète des forces de l’ordre, quelques pétards et mortiers, deux interpellations.

Sur la même page, était précisé que « Choqués, les maires de l’Aube appellent à une réponse rapide et ferme. » en concluant, citant François Baroin, que « l’impunité ne peut être une réponse ».

Sur le site internet de L’Est-Eclair était publiée une vidéo des élus locaux rassemblés, à l’instar d’élus d’autre communes, sur le parvis de la mairie de Troyes à l’appel de l’association des maires de France, suite aux dégradations commises sur des bâtiments publics dans plusieurs villes françaises lors des manifestations du samedi 17 octobre. Face à eux, 150 citoyens et commerçants venus communier avec eux ne pouvaient qu’opiner à l’insistance du premier adjoint Marc Sebeyran pour rappeler l’état de « délitement de la société ».

Décidément, on se demande si tout ce beau monde n’aurait pas apprécié qu’aient eu lieu à Troyes quelques petits pillages et dégradations, pour avoir à les condamner fermement et justifier la mise en place d’un cessez-le feu et de l’état d’urgence en France ?

En fin d’après-midi, L’Est-Eclair informait ses fidèles lecteurs que la ville de Troyes serait épargnée d’un couvre-feu et de l’interdiction de manifester, au grand dam de Marc Sebeyran, qui tenait à préciser que « Pour l’instant, à Troyes, nous sommes épargnés par cette violence, nous en sommes très contents. Mais bien sûr, nous sommes très vigilants. »

Pour sa part, FR3 Champagne-Ardenne présentait le sommaire de son 19/20: « Unité des élus et citoyens ; rassemblements devant les mairies ; commerces pillés en France ; reportage dans un village de Haute-Marne (Dommartin-le Franc, situé sur la « diagonale du vide », 250 habitants) sur les impressions des habitants…

On se demande de quelles exactions ils ont bien pu être victimes, à Dommartin-le-Franc.

Et on se pose vraiment la même question en ce qui concerne Troyes, tout comme les 34800 et quelques autres communes françaises où il ne s’est rien passé de grave ce 17 octobre et où on a au contraire pu voir souvent de très belles choses et partager de très beaux instants…




RD

17 octobre : le lexique limité de l’AFP



Nous avons relevé, parmi les dépêches publiées par l’AFP, qui font référence pour l’ensemble de la presse hexagonale, une certaine singularité. Il semblerait que le vocabulaire dont disposent les rédacteurs de notre agence nationale d’information, qui « couvre et vérifie l’actualité avec indépendance et rigueur », soit limité à un nombre de plus en plus restreint de mots de la langue française. On pourra bien sûr mettre en cause l’usage excessif de l’IA…



En effet, en ne considérant que les seuls titres des 104 dites dépêches publiées entre le vendredi 16 octobre à 9h35 et le 19 octobre à 12h10, relatant les mouvements sociaux initiés par celui des lycéens, un mois plus tôt, on relève l’usage exclusif d’un vingtaine de mots, à une fréquence impressionnante pour certains. Jugeons-en:

  • Manifest(ation) (ants) : 68
  • Violence(s) : 64 – Violences urbaines : 8 (dont 6 dans la bouche de Lecornu)
  • Pillage, pilleurs : 35
  • Polic (e) (iers) : 28
  • Ordre : 25
  • Chaos : 24
  • Macron : 17
  • Lecornu : 17
  • Saccag(é)es : 16
  • Incendie(é) : 15
  • Vie chère : 15
  • Gauche (ultra)  (extrême) : 12
  • Jeunes : 10
  • Affrontements : 9
  • Lycéen(s) : 9
  • Casseurs : 8
  • Lycéens : 5
  • LFI : 4
  • Mélenchon : 4
  • Nuñez : 4 (à propos de sa démission refusée : 0)
  • Heurts : 2
  • France insoumise : 2

La phrase du Premier ministre  » Le mouvement s’est transformé en « un mouvement de violences urbaines » y trouve une place de choix, puisqu’elle y est répétée ad nauseam.

« La probabilité que l’ultragauche fasse dégénérer les cortèges de l’après-midi (de samedi) est très forte », phrase fétiche de l’entourage du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, tout autant.

La gauche, qu’elle soit ultra ou extrême est nommée 12 fois. Il ne vient donc à l’esprit de personne que les groupuscules d’ultra droite pourraient très bien n’être pas restés à la maison…

La palme revient au terme « violences » (64) , comme s’il était le seul à devoir être retenu, avec « pillage-pilleurs » (35), « chaos » (24), « saccage.ées » (16).

Le mot « revendication » est le grand absent, alors qu’il semblait pourtant qu’il fut à l’origine de l’ensemble du mouvement.

On notera toutefois que le terme de « vie chère » est cité 15 fois, à égalité avec « incendie.é », alors que celui de « lycéens » ne l’est que 9 fois.


Sur les chaînes TV d’info en continu, les caméras et envoyé.e.s spéciaux.ales ont apparemment, toute la journée du 17 jusque très tard dans la nuit, traqué les « casseurs » et autres « black blocs », « pilleurs », « saccageurs »… On a même vu des filles parmi ceux-ci !…




Mais quid des manifestant.e.s déterminée.e.s mais calmes et respectueux de leurs semblables, des institutions et du mobilier urbain, protégeant les passants en les aidant à traverser le cortège et les mettant à l’abri des gaz lacrymogènes ?



Quid des cortèges s’écartant à l’approche de véhicules de secours ou déblayant les chaussées des divers obstacles et barrages laissés par les manifestants pour leur faciliter le passage ?


#CommuniquéDePresse | 🗞️ d’Émilie Abrantes, procureur de la République à #Limoges

Une vidéo circule actuellement sur les réseaux sociaux, filmant deux policiers du commissariat de Limoges devant le magasin Lacoste, prétendument en train de dérober des chaussures provenant de ce commerce préalablement dégradé et pillé. Le parquet de Limoges entendant fermement démentir ces allégations mensongères. Les deux policiers filmés agissaient alors dans le cadre d’une intervention judiciaire, ayant reçu l’ordre de l’officier de police judiciaire d’appréhender les effets immédiatement accessibles depuis la vitrine pour être exploités dans l’enquête initiée pour vol aggravé. Ces effets, saisis dans ce cadre strict, ont d’ailleurs pu depuis être restitués au gérant du commerce. Une enquête judiciaire va être initiée contre le ou les auteurs de cette vidéo, du chef de dénonciation calomnieuse, faits punis et réprimés d’une peine de 5 ans d’emprisonnement. Le parquet de Limoges tient à apporter son soutien à ces deux policiers illégitimement mis en cause dans l’exercice de leur mission au service de l’autorité judiciaire.

Les images peuvent être trompeuses. Toutefois, de nombreux internautes émettent des doutes quand à cette intervention du procureur, de la police et du commerçant qui a afirmé que tout lui avait été restitué. La confiance en la police est sérieusement compromise.




Quid des policiers grimés en black blocs, ceux qu’on nomme « appariteurs », lancant des projectiles sur les forces de police ?



Et surtout, quid des manifestant.e.s défilant dans la bonne humeur et la joie ?

Quid des 2 morts à Paris, l’un d’un « probable malaise cardiaque », aux abords du cortège parisien dans le quartier de Château d’eau, situé dans le 10e arrondissement de la capitale, l’autre retrouvé au sol, dans le quartier de Châtelet, probablement victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ? Le parquet de Paris a dit qu’il vérifierait.

« Il n’y a pas eu de personne tuée et c’est un miracle » a affirmé Sébastien Lecornu.

Qui a ajouté : « les préfets pourront mettre en place des couvre-feux qui pourront être partiels et très localisés. »

Certains maires n’ont pas attendu et les décisions de couvre-feu fleurissent en métropole (Denain…) et outre-mer (Ile Maurice, Guadeloupe…)

Quand Emmanuel Macron, dans son discours de 8 minutes d’hier soir, a prudemment et à plusieurs reprises parlé de « délinquants » en évoquant les pillages, les journalistes des chaînes publiques autant que privées l’ont commenté en traduisant par « membres d’ultra ou d’extrême gauche ».

De son côté, l’extrême droite réclame l’état d’urgence (Marion Maréchal) en se frottant les mains et prétend incarner « le parti de l’ordre ». Marine Le Pen dénonce « une crise profonde de confiance et d’autorité ». Bardella reprend le slogan nazi de l’affiche rouge en dénonçant « l’armée du crime »…


Demain, nous reviendrons sur la manifestation troyenne qui semble avoir étonnamment détonné par rapport à celles des autres villes.



RD

Mobilisations du 17 octobre



Laurent Nuñez prévoit des centaines de « rassemblements spontanés », « manifestations » et « blocages » dans toute la France.

Environ 500 actions sont « envisagées » et plus de 90 manifestations sont « en cours de structuration », selon l’entourage du ministre de l’intérieur. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué une cellule interministérielle de crise.



Manifestations du 17 octobre : c’est le grand flou en France et dans l’Aube.

Une dizaine de rassemblements sont annoncés dans le département de l’Aube pour la journée de mobilisation du samedi 17 octobre qui pourrait signer le retour des Gilets jaunes.



D’après les données du site Manif’Est, le rassemblement est prévu à

14 h place Jean-Jaurès à Troyes




Droits des manifestant.e.s



 Le Conseil d’État pose des réserves à l’interdiction des équipements de sécurité en manifestation.

Saisi par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Syndicat des avocats de France (SAF) de l’interdiction faite par le préfet de l’Hérault de porter des équipements de sécurité en manifestation dans le cadre du blocus des lycées, le juge des référés confirme la légalité de cette interdiction, mais avec des réserves.



Mouvement lycéen, violences policières, droits fondamentaux et justice

« Marianne – Pietà contemporaine » par NaCle



Blocus des lycéens : Le Conseil d’État saisi de l’interdiction des équipements de protection individuelle.

La Ligue des droits humains et le Syndicat des avocats de France ont contesté en vain devant le TA de Montpellier un arrêté du 1er octobre de la préfète de l’Hérault interdisant les équipements de protection individuelle dans le cadre d’une manifestation non déclarée aux abords des établissements scolaires. Ils ont décidé de contester cette ordonnance devant le CE ce mercredi.



Le préfet de l’Aube avait pris le 5 octobre un arrêté qui interdisait le port de cagoules, foulards et équipements de protection aux abords des lycées jusqu’au mardi 6 octobre au soir. Le délai était trop court pour que nous engagions une action judiciaire mais nous restons prêts à agir dès que l’occasion se représentera.



Pour Les Surligneurs, Jean-Paul Markus, Professeur de droit public à l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines/Paris Saclay, co-directeur scientifique des Surligneurs a écrit:

« Il faut faire payer les parents des lycéens casseurs », entend-on par-ci par-là.

Pourquoi pas… après tout c’est le droit commun de la responsabilité civile (article 1242 du code civil) : aux parents de payer les portes cassées, les portails détruits, les poubelles brûlées, et autres dégâts. Et s’agissant des lycéens majeurs et des étudiants, c’est leur responsabilité propre qui doit être engagée en raison des mêmes dégâts (article 1240 du code civil).

Reste un paradoxe curieux : on n’entend guère les mêmes voix réclamer le remboursement par les agriculteurs des frais occasionnés par leurs propres manifestations. Les articles 1240 et 1242 du code civil sont tout aussi applicables aux saccages de préfectures et bureaux de l’Office pour la biodiversité à l’aide de tracteurs, aux déversements de purin dans les enceintes d’édifices publics, les milliers de panneaux de signalisation détruits ou renversés, les camions de

marchandises espagnoles arrêtés et leurs marchandises détruites, les saccages de supermarchés, etc.

Et pourtant, où est la différence entre agriculteur casseur et lycéen casseur ?

Politiquement, elle semble énorme : « nos agriculteurs » sont en colère, ils sont « en détresse », mais « les jeunes » sont des privilégiés qui doivent seulement « être en classe et se taire » (il y a des politiciens qu’on n’aimerait pas avoir eus comme parents !). Autre différence, quand on débloque quelques millions pour les lycées, ce sont des centaines de millions voire des milliards qui partent vers les agriculteurs ou les pêcheurs. Et ce sont les lycéens qui plus tard paieront la dette publique. Un portail de lycée coûte 100 000 euros selon Valérie Pécresse, mais combien coûte une préfecture saccagée ou incendiée ?

En réponse aux lycéens qui manifestent, on envoie la police et les LBD. En réponse aux agriculteurs, on envoie les millions. Réclamer l’application intégrale du code civil aux uns au pas aux autres ne tient pas juridiquement. C’est une rupture caractérisée de l’égalité devant la loi.

Édition du 15 octobre 2026.



Blocage d’un lycée : que dit la loi ?

Empêcher l’accès aux salles de classe, bloquer les entrées ou occuper un établissement : ces actions peuvent-elles conduire à des poursuites pénales ? Si la loi prévoit plusieurs infractions et sanctions, leur application dépend des circonstances et doit être conciliée avec l’exercice des libertés fondamentales.



Lycéens mutilés : la justice accélère, le ministre ne cède rien.

Depuis le début de la mobilisation lycéenne, les autorités sont sommées de rendre des comptes sur les blessures les plus graves causées par la police. Certaines enquêtes ont vite avancé mais l’IGPN, aux effectifs réduits, croule sous les saisines.

Devant le Sénat, mardi 13 octobre, le ministre de l’Intérieur a indiqué que trente-six enquêtes judiciaires ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement lycéen. « Quatre affaires portent sur des blessures mutilantes » et six sur des « blessures significatives », a détaillé Laurent Nuñez. Les autres concernent des violences de moindre gravité, des agressions sexuelles ou des injures.

L’ampleur des manifestations lycéennes pousse les autorités à publier quasi quotidiennement le nombre d’enquêtes dont est chargée l’IGPN (aux dernières nouvelles, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale n’en a été saisie d’aucune). Des journalistes, des parlementaires et des associations les interrogent tous les jours sur ce bilan évolutif.

À Lens, une plainte avec constitution de partie civile.

Mercredi 14 octobre, la Ligue des droits humains (LDH) a organisé une conférence de presse – neuf jours après la mutilation d’Evan S. Cet adolescent de 15 ans a été victime d’une grenade assourdissante lancée par la police devant le lycée Auguste-Béhal à Lens (Pas-de-Calais), où il est scolarisé en seconde menuiserie. Il a perdu sa main gauche, arrachée par l’explosion. 


À Tours, un policier mis en examen.

Le policier soupçonné d’avoir éborgné Maël, 16 ans, par un tir de LBD réalisé le 30 septembre à Tours (Indre-et-Loire), a été mis en examen pour « violences aggravées » mardi 13 octobre. Son contrôle judiciaire lui interdit de porter un LBD. L’un de ses collègues, qui a aussi fait usage de cette arme « à une minute d’intervalle », selon la procureure de Tours, a été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté. 


Le tir de lance-grenade à Saint-Ouen-l’Aumône. 

Le 5 octobre, un policier a été mis en examen à Pontoise pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente », des faits criminels passibles de quinze ans de prison. Son contrôle judiciaire lui interdit d’exercer. 


À Argenteuil, un lycéen touché à l’œil.

Peu d’informations ont filtré sur la quatrième affaire de « blessure mutilante » évoquée par Laurent Nuñez, survenue à Argenteuil (Val-d’Oise), le jeudi 1er octobre. Un lycéen de 16 ans a déposé plainte après avoir été touché à l’œil gauche par ce qu’il décrit comme une munition de LBD. 


Les moyens limités de l’IGPN.

D’après son dernier rapport annuel, l’IGPN ne compte que 112 enquêteur·ices, dont 11 font partie de la «délégation nationale anticorruption». La centaine d’agent·es restant·es sont réparti·es dans plusieurs antennes régionales, basées à Paris (la plus fournie, avec 41 enquêteur·ices), Marseille, Rennes, Lille, Bordeaux, Lyon, Fort-de-France, Metz et Nice. Selon ce rapport, l’IGPN « a été saisie de 1 007 enquêtes judiciaires en 2025 contre 914 en 2024, soit une hausse de plus de 10 % ». Environ un tiers concernent des suspicions de violences.



Les observateur.trice.s de la LDH sont présent.e.s autant que possible sur les lieux de blocages et manifestations des lycéen.ne.s.

I.els distribueront dès demain des tracts (reproduction recommandée) proposant aux lycéen.ne.s comment signaler en toute sécurité et avec garantie d’anonymat toute violence policière dont i.els seraient victimes ou témoins et être accompagné.e.s dans leurs démarches.


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Dernière minute:

Nous apprenons ce soir que des militants de la LDH de Nancy en position d’observateurs ont été repoussés et fortement bousculés par les forces de l’ordre, lors de la manifestation lycéenne du 8 octobre dernier à Nancy.

Ils étaient alors parfaitement identifiables avec casques, chasubles blanches siglées LDH avec la mention « Observateurs de la LDH ». Il s’étaient par ailleurs présentés à l’officier en charge du maintien de l’ordre avant la manifestation, en vue de documenter les pratiques policières comme les éventuels débordements des manifestants.

La section LDH de l’Aube s’associe au communiqué qui va être publié au nom de toutes les sections du Grand Est et affirme sa solidarité et son soutien aux membres de la section LDH de Nancy.

Le budget du Rassemblement national fait l’unanimité contre lui



Ce mardi 13 octobre, l’examen du projet de loi de finances commence à l’Assemblée nationale. Une semaine plus tôt, lors d’une conférence de presse, Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient présenté le contre-budget concocté par le RN. Ce dernier a été largement commenté dans les colonnes de la presse internationale.

Un projet “peu crédible”



« Ce n’est pas du tout crédible » : le budget de Marine Le Pen et ses 140 milliards d’économies sous le feu des critiques.



Entre incohérences et calculs magiques, le budget du RN réinvente l’austérité et la politique de l’offre.



Contre-budget RN : l’amorce d’une politique antisociale.



«La règle d’or est en contreplaqué» : David Amiel étrille le contre-budget du Rassemblement national.



Les mauvais comptes d’un budget dopé à l’IA.


Brutal, confus et hors-sol.



Entre incohérences et calculs magiques, le budget du RN réinvente l’austérité et la politique de l’offre.



Le RN va la jouer solo et ne servira que ses seuls intérêts.



L’addition RN : un budget « cour de récré » opposant les « méchants » aux « gentils ».



Des économies surestimées, des dépenses sous-estimées.



La tromperie de l’austérité sans douleur.



Face à « l’illusion du sérieux », un plan « bancal et très fragile ».



Les économies promises peuvent-elles préserver les services publics et le pouvoir d’achat ?



Brouillard sur les retraites et désendettement magique.


« Fragile et discutable », selon des économistes.



Le “contre-budget” du RN vise les associations culturelles.


Trahis par leur propre powerpoint. Ce mardi au siège du parti, le RN présentait son contre-budget pour 2027. Mais les chiffres n’étaient pas bons (12 vs 15.1 milliards)…

C’est Jean-Philippe Tanguy, en bon soldat, qui s’est sacrifié en endossant la responsabilité de cette bévue, non sans bégayer.

Elle est décidément bien difficile cette rentrée pour le RN.



Trump veut la mort de la CPI



Les sanctions des États-Unis contre la CPI mettent en danger la justice internationale.

Les États membres doivent réaffirmer leur soutien à la Cour et limiter les conséquences néfastes.

La décision de l’administration Trump d’imposer des sanctions à la Cour pénale internationale (CPI) constitue une attaque sans précédent contre la justice internationale et l’état de droit, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Le 9 octobre 2026, le secrétaire d’État des États-Unis, Marco Rubio, a annoncé l’imposition de sanctions à l’encontre de la CPI. 





Troyes : manifestation pour la Paix


Ce samedi matin, le Collectif aubois pour la Paix appelait à se rassembler à nouveau et manifester pour que soient prises des sanctions réelles contre Israël, l’arrêt du génocide et la levée du blocus à Gaza.

Cette journée fut également l’occasion de rendre hommage au camarade Joël Sohier, emporté par la maladie le 3 octobre 2026 et dont les obsèques ont eu lieu hier.

Bonjour à toutes et à tous,

Avant de débuter cette manifestation, le Collectif pour la paix en Palestine souhaite vous faire part d’une triste nouvelle : celle de la disparition de notre camarade Joël, emporté par la maladie.

Au nom du Collectif, je vous propose de dire quelques mots en sa mémoire.

Militant de la IVᵉ Internationale, engagé dans les luttes associatives, syndicales et politiques, Joël était attaché à la défense des acquis sociaux, syndicaux et démocratiques, ainsi qu’aux enjeux plus larges de la lutte contre l’impérialisme. Toujours, il œuvrait pour le bonheur commun.

C’est à travers son engagement au Parti Ouvrier Indépendant qu’il a participé à la création de ce Collectif, pour la défense de la Palestine, la fin du génocide et la libération du peuple palestinien. Ferme sur ses positions, il était un pilier de ce Collectif, toujours là pour défendre ses analyses et dénoncer l’action de l’état, souvent à l’œuvre pour l’écriture des prises de paroles et apporter ses idées. Pour animer les manifestations bien sûr. 

Ces dernières semaines, même s’il n’était plus en mesure de mener des actions sur le terrain, Joël tenait à rester actif et à poursuivre ses activités militantes, ainsi qu’à participer à la vie du Collectif. Récemment encore, il continuait à participer à nos fils de discussions.

Lui rendre hommage, c’est poursuivre la lutte, en particulier celle pour la libération du peuple palestinien. Plus que le silence, il aurait voulu que l’on ne cesse de clamer nos slogans. Qu’aujourd’hui encore, les échos de sa voix se mêlent aux nôtres. Je vous propose qu’il nous accompagne en pensée tout au long de cette manifestation.

Voici un slogan, qui je crois était important à ses yeux :  Arrêt ! arrêt des livraisons d’armes Cessez le feu immédiat !

DD