11 novembre 2018 Rassemblement à l’invitation de la Libre Pensée 53, arbre de la liberté, Jardin de la Perrine, Laval.

Ce 11 novembre 2018 pourrait être un bien triste anniversaire car ce n’est pas du tout celui de la fin de la guerre. Il aura fallu un deuxième conflit encore plus abominable pour que l’Europe se constitue en espace de paix… aujourd’hui à nouveau menacé…

Car l’hydre destructrice qu’est la guerre n’a pas cessé d’être à l’œuvre ; elle est à l’œuvre en tant de lieux, attisée par le business et la rapacité incontrôlée d’un désordre financier mondialisé pour qui les nationalismes, les racismes et la guerre sont des instruments de ravage de la planète avec la mise en péril de millions de femmes et d’hommes, avec des morts par centaines de milliers, par millions.

Mais n’en sommes-nous pas, « quelque part » comme on dit, complices et profiteurs ?

Ce 11 novembre 2018 doit être le moment de réaffirmer haut et clair les convictions qui nous réunissent et de renouveler notre engagement de les faire partager pour que nous n’en soyons pas réduits à un rôle de cymbales résonnant dans le vide :

sans la paix, pas de liberté, sans la paix pas d’égalité, sans la paix pas de fraternité. Là où la justice et la liberté de conscience, indissociable de la laïcité à commencer par celle de l’école, sont bafouées, l’ignorance, la cupidité, l’esprit de revanche et la haine font le lit de la guerre.

Il y a un an, un communiqué de la LDH lu ici même déclarait :

« le centenaire de la Grande Guerre doit, pour le Ligue des droits de l’Homme, être l’occasion de réintégrer pleinement dans la mémoire nationale les fusillés pour l’exemple, les mutins de 1917, les volontaires étrangers engagés dans l’armée française et les soldats originaires des colonies. ».

La LDH demandait au président de la République, Emmanuel Macron, de marquer ce centenaire « par un acte fort vis à vis de tous ceux qui n’ont pas encore été réhabilités, qui ont été victimes d’ordres arbitraires et injustes alors qu’ils voulaient, comme l’avait demandé Jaurès, être traités comme des citoyens sous l’uniforme. Leurs noms doivent être tous transcrits sur les monuments aux morts, leurs sépultures doivent être identifiées et dignement traitées, le transfert de leurs restes dans les communes dont ils étaient originaires doit contribuer à leur rendre justice ».

L’ « acte fort » on l’a attendu, il n’est pas venu. On l’attend, on l’attendra sans relâche,

Un travail est également nécessaire, poursuivait le communiqué, sur :

les « mutineries de 1917, qui ont affecté les deux tiers des divisions d’infanterie engagées sur le front, et leur répression dans les bagnes coloniaux, compagnies de discipline et bataillons d’exclus, qui ont concerné des dizaines de milliers de soldats et provoqué beaucoup plus de morts que les fusillés pour l’exemple »

les « engagés volontaires étrangers européens victimes de traitements brutaux dans les régiments de marche de la Légion Etrangère, »

les « soldats coloniaux victimes de recrutements forcés, de promesses non tenues, d’un quasi-abandon après la guerre, »

le « recrutement pour les usines d’armement, de dizaines de milliers d’indigènes coloniaux militarisés qui ont connu une mortalité très élevée ».

L’ « acte fort », on l’attend encore et le chiffre rond des 100 ans ne peut pas nous autoriser à tourner tout simplement la page.

Tant que nous n’aurons pas réhabilité, réintégré dans leur dignité et leur honneur tous ceux que la mémoire nationale ose ignorer…

une grande page nous restera à écrire…

Alain Vignier

Président de la section Laval/Mayenne de la LDH