11 novembre 2020 Rassemblement à l’invitation de la Libre Pensée 53, arbre de la liberté, Jardin de la Perrine, Laval.

Au nom de la section de Laval et de la Mayenne de la Ligue des droits de l’Homme, je tiens à remercier la Libre Pensée 53 de nous permettre de nous retrouver chaque année autour de l’arbre de la liberté, dans ce jardin magnifique par tous les temps, pour dire notre refus commun de la guerre, de toute guerre.

Cette fois-ci, c’est dans un contexte où toutes les tensions dont nous nous alarmions les années précédentes connaissent un regain d’intensité dont il suffit moins que jamais de se contenter de s’en indigner par quelques coups de gueules côté jardin, fussent-ils bien sentis et bien dits.

Dans un contexte où, en premier lieu et nous sommes ici ensemble pour le rappeler et le dénoncer, la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de la guerre de 14-18 semble délibérément vouée à un oubli que nous n’acceptons pas et n’accepterons jamais. Les abandonner à leur mort abjecte, c’est s’accommoder de ce qu’est la guerre, un carnage total des femmes, des hommes et des civilisations, qu’ils en périssent ou qu’ils en réchappent. C’est donner raison à la guerre…

Or la guerre est là. Tous les jours. En tant que Ligue des droits de l’Homme, ligue de défense des droits de l’Homme et du Citoyen, nous insistons plus que jamais sur l’importance du droit, des droits, du droit international qui, s’il était respecté en tous temps et en tous lieux, ferait de notre village planétaire le seul vrai paradis, le paradis sur terre où nous nous abreuverions de lait et de miel (sauf peut-être les Végan…).

La guerre est là,

La guerre déclarée à la terre entière par les climato-sceptiques aux ordres de mécanismes financiers aveugles, Combien de puissants, publics ou privés ne devraient-ils pas comparaître pour crime d’écocide?

La guerre déclarée depuis beaucoup plus longtemps qu’on ne le pense par l’idéologie de l’Etat islamique dont Daesh n’est qu’un avatar. Elle avait commencé à déchirer et à  ravager les pays dits musulmans bien avant de se propager ici et de ronger nos démocraties et notre « vivre ensemble ». Sa nature exacte reste, avec les armes de la raison, à décrypter et à combattre.

La guerre déclarée par les tenants apeurés de l’Etat autoritaire contre les citoyennes, les citoyens, les lanceurs d’alerte, les journalistes, les mille expressions organisées ou non des attentes et des volontés populaires.

La force au lieu d’être mise au service de la protection des libertés publiques et des libertés individuelles devient l’usage arbitraire ou disproportionné de la force. Cela s’appelle la violence, la violence policière que certains ont la folie de dire qu’elle n’existe pas en tant que violence, étant celle de l’Etat.

La guerre alimentée de manière explosive par les déferlements de mensonges et de haine sur la toile, le web, les réseaux sociaux. Ils échappent encore et pour combien de temps à toute mise sous contrôle par la volonté populaire éclairée et relayée par les forces politiques démocratiques au niveau national et international.

La guerre ne règle rien. Là, sous nos yeux, elle ne règle rien ni en Syrie, ni au Yémen, ni au Haut Karabakh, avec des dégâts humains et écologiques irréversibles. Tout au plus remplit-elle les poches des trafiquants d’armes, publics ou maffieux. Tout au plus remplit-elle les caisses des industries d’armement, sur lesquelles, lorsqu’elles sont françaises et assurent tant d’emplois, nous hésitons encore à porter des regards trop insistants.

Mais si, il y a une guerre juste…à condition de le rester. Elle ne sera victorieuse que si elle reste juste. La guerre pour venir à bout de la pandémie de coronavirus.

Sans le respect des libertés fondamentales, sans le respect de la liberté d’information, elle ne sera pas juste.

Elle ne sera pas juste si elle s’accompagne, sous couvert des confinements, du détricotage des droits sociaux, du droit du travail.

Elle ne sera pas juste si elle ne respecte pas la liberté et l’indépendance de la recherche scientifique, et si les énormes intérêts financiers associés à la mise au point et à la production de vaccins ne sont pas mis, là aussi, sous contrôle politique démocratique au niveau national et international.

Sans justice elle ne sera jamais gagnée.

2020: nous en avons terminé avec les commémorations du centenaire de la première guerre mondiale. N’oublions pas les combats du passé et leurs leçons, mais n’oublions surtout pas de mener ceux du présent.

C’est pourquoi, pour conclure, permettez nous, ne nous en veuillez pas chers amis de la Libre Pensée, de nous interroger sur la tournure à donner à l’avenir à ce rendez vous du 11 novembre. Son caractère traditionnel est bien sympathique. A force d’être trop confidentiel et dans l' »entre soi », et il faut reconnaître que cette année le Covid n’arrange rien, à force d’être trop confidentiel sert-il encore la cause qui nous réunit: notre refus partagé de la guerre, de toute guerre?