Journée du refus de la misère – 17 octobre 2019

Journée mondiale du refus de la misère, 17 octobre 2019

Intervention de la section LDH Laval/Mayenne au nom du Comité mayennais du 17 octobre lors du « moment solennel » de clôture des rassemblements et présentations de témoignages sur le « parvis des Droits de l’Homme de Laval.

Mesdames, Messieurs, vous qui passez dans la rue, vous qui vous arrêtez ici un instant, élus, militantes et militants des 14 associations rassemblées dans le Comité du 17 octobre de la Mayenne, je représente la Ligue des droits de l’Homme mais c’est au nom l’ensemble de notre Comité qu’il m’a été demandé de prendre la parole ce que je fais avec plaisir.

Le temps de pause, d’échanges et de partage des expériences auquel nous venons de participer cet après midi correspond à une double circonstance:

1/ Aujourd’hui même, la 32ème journée mondiale du refus de la misère, lancée en 1987 à l’initiative de Joseph Wrézinsky,

2/ Sous peu, le 20 novembre prochain le 30ème anniversaire de l’adoption par acclamation, c’est à dire à l’unanimité, par l’Assemblée Générale des Nations Unies de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

Cette Convention repose sur des principes à valeur universelle.

Sur le plan des obligations qu’elle institue, en tant que « convention internationale » elle s’impose aux Etats qui la ratifient. Des recours sont prévus contre ceux qui l’enfreindraient.

Or la quasi totalité des Etats membres de l’ONU l’ont signée puis ratifiée, à ce jour.

Or dans la quasi totalité des Etats qui l’ont ratifiée, trop… quand ce n’est pas tout… reste à faire pour qu’elle soit respectée. Pour ce qui nous concerne, ici, chacun appréciera selon ses propres expériences…

200 ans après la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, 41 ans après la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, elle aura été l’aboutissement d’un long processus et de longues négociations pour tenir compte de la diversité des situations de départ à l’échelle de la planète.

Là où les droits sont bafoués, les inégalités et la misère prospèrent et les enfants en sont les premières victimes. Qui oserait le nier?

A l’échelle de la planète, la Convention Internationale des droits de l’enfant, c’est à dire, en règle générale des moins de 18 ans, assigne aux Etats le respect de quatre principes qu’elle décline de manière détaillée au fil de ses articles:

–1/ garantir le respect de leurs droits aux enfants, sans aucune discrimination,

–2/ prendre l »‘intérêt supérieur de l’enfant » comme critère absolu de toute décision L’enfant est affirmé comme sujet et non objet de droit,

–3/ le droit des enfants à la vie et au développement,

–4/ le respect des opinions de l’enfant sur les questions qui le concernent.

Trois protocoles l’ont complétée sur des sujets essentiels: l’exploitation sexuelle des enfants, les enfants-soldats, les possibilités de recours par les justiciables contre les Etats signataires qui ne respecteraient pas.

A l’échelle de la planète ?

Ne sommes nous pas, ici et maintenant, confrontés de plus en plus directement, en Mayenne, à cette échelle planétaire. Aucun conflit, aucun drame, aucune guerre, aucune catastrophe climatique quels qu’ils soient, où qu’ils se produisent, à côté de nous ou à des milliers de kilomètres, qui ne retentisse dans nos rues, dans nos écoles, aux urgences de nos hôpitaux, dans nos hébergements d’urgence ou solidaires. A chaque fois des enfants, des mineurs.

La mobilisation des bénévoles aux côtés des mineurs étrangers non accompagnés est là pour en attester. Elle ne doit pas occulter toutes les autres formes de violences et de déni de leurs droits dont souffrent des enfants tout près de nous, parfois de manière discrète et mal détectable.

« Tout se joue avant 6 ans », ce titre d’un livre lu il y a bien longtemps me revient en force en cette double commémoration.

Rien de plus vrai. Les enseignants, les travailleurs sociaux, les personnels soignants, les élus sensibles aux réalités, chacune de nos associations, chacune et chacun de leurs militants en font l’expérience dans leurs engagements quotidiens. Sans respect des droits de l’enfant dès sa toute première enfance, sans reconnaissance et respect des droits du futur adulte, les inégalités, les violences et la misère qui en sont le prix fort continueront de l’emporter.

Le combat ne sera jamais définitivement achevé: chaque enfant qui naît c’est une nouvelle aventure radicalement originale qui commence, parsemée d’embûches nouvelles à vaincre.

Citoyennes, citoyennes, militants de tout poil, élus de tous bords, passants qui nous écoutez, contemplons un instant ce que fut notre enfance et ce que nous sommes aujourd’hui. Notre expérience la plus personnelle ne nous le démontre-t-elle pas? :

« droits de l’enfant et refus de la misère, même combat ».

Bienvenue en Mayenne à cette 32ème journée mondiale du refus de la misère!

Alain VIGNIER

président de la section LDH Laval/Mayenne

Ne laissons pas l’antisémitisme relever la tête

La section Laval/Mayenne de la Ligue des droits de l’Homme soutient l’appel à se rassembler le mardi 19 février 2019 à 18 h 30 place de la Mairie à Laval.

Laisser faire, banaliser, c’est accepter que chacun d’entre nous puisse être menacé, insulté, agressé en raison de ses origines, de sa religion, de son sexe, de son orientation sexuelle, de ce qu’il est, de ce qu’il est supposé être…

Sans le combat au quotidien pour faire vivre la fraternité, l’égalité, la liberté, c’est la République qui est menacée.

NON l’antisémitisme ce n’est pas la France.

Laval le 18 02 2019