Alors que resurgit le coronavirus, Israël doit libérer tous les enfants palestiniens détenus

Publié le 29 07 2020 sur agencemediapalestine.fr

Ramallah, le 24 juillet 2020 – Defense for Children International – Palestine (DCIP) –  (Défense internationale des enfants – Palestine) appelle les autorités israéliennes à prendre des mesures immédiates pour libérer tous les enfants palestiniens détenus dans les prisons israéliennes en raison de la résurgence du nouveau coronavirus (COVID-19).

Cette semaine, un responsable du Service pénitentiaire de la prison israélienne d’Ofer en Cisjordanie occupée aurait été testé positif au coronavirus. Après cette annonce, les détenus palestiniens de la prison d’Ofer ont été testés au virus, selon le Club des prisonniers palestiniens. Au moins 29 enfants étaient détenus à la prison d’Ofer fin juin, selon les dernières données publiées par le Service pénitentiaire israélien (IPS).

Alors que le virus a d’abord été contenu en mai, les cas ont commencé à augmenter en juin en Israël et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza. À ce jour, Israël a enregistré au moins 59 475 cas avec un total de 32 230 cas actifs, incluant plus de 1000 nouveaux cas par jour, selon Haaretz. En Cisjordanie et dans la bande de Gaza, il y a eu au moins 12 412 cas au total, dont plus de 500 nouveaux enregistrés le 24 juillet, et 73 décès, selon le ministère palestinien de la Santé. « Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement tous les enfants palestiniens détenus » a déclaré Ayed Abu Eqtaish, directeur du programme de responsabilité au DCIP. « Les autorités israéliennes n’ont aucun moyen pour garantir la santé et le bien-être des enfants palestiniens dans un contexte de résurgence de l’épidémie du coronavirus ».

Fin juin, 151 enfants palestiniens étaient détenus dans les prisons et les centres de détention israéliens, soit une augmentation de 6 % par rapport à mai, selon les données publiées par l’IPS. 48 % des enfants palestiniens détenus ont été placés en détention provisoire, selon les données de l’IPS. 79% des enfants palestiniens détenus par les autorités israéliennes l’étaient dans des prisons et des centres de détentions qui se trouvent à l’intérieur d’Israël, ce qui équivaut à un transfert illégal en violation de la Quatrième Convention de Genève.

Les enfants palestiniens emprisonnés par les autorités israéliennes vivent tout près les uns des autres, souvent dans des conditions sanitaires compromises, avec un accès limité aux ressources pour maintenir des routines d’hygiène minimales, selon les informations rassemblées par DCIP. L’impact du COVID-19 est exacerbé par ces conditions de vie ce qui fait que les enfants palestiniens dans les prisons et les centres détention sont de plus en plus vulnérables.

Le 19 mars, Defense for Children International-Palestine a appelé les autorités israéliennes à libérer immédiatement tous les enfants palestiniens détenus dans les prisons israéliennes en raison de la propagation mondiale rapide du COVID-19.

En mai, trois responsables des Nations-Unies ont appelé les autorités israéliennes à libérer tous les enfants détenus et à mettre fin aux arrestations durant la pandémie, déclarant dans un communiqué de presse conjoint, « (le) meilleur moyen de faire respecter les droits des enfants détenus au milieu d’une dangereuse pandémie, et dans n’importe quel pays, c’est de les libérer de leur détention et de mettre un moratoire sur les nouvelles admissions en centres de détention. Nous appelons les autorités israéliennes et palestiniennes à faire ainsi immédiatement »

Lors de l’épidémie initiale plus tôt cette année, les autorités israéliennes ont interdit aux avocats de visiter les prisons et les centres de détention pour des réunions de personnes avec les enfants, et les tribunaux militaires israéliens ont utilisé une liaison vidéo entre la salle d’audience et les prisons pour les audiences du tribunal. Alors que les avocats sont actuellement en mesure d’effectuer des visites dans les prisons et de rencontrer leurs clients, la résurgence de l’épidémie du coronavirus va probablement bientôt mettre fin à l’accès des avocats qui représentent les enfants palestiniens détenus.

Les enfants palestiniens dans les prisons et les centres de détention israéliens n’ont pas le droit de recevoir des appels téléphoniques réguliers. Cependant, à la suite d’une pétition récente adressée à la Haute Cour de justice israélienne, les autorités ont annoncé lors de l’audience du 2 avril que l’IPS avait publié une ordonnance temporaire qui autorisait les enfants palestiniens détenus à parler avec leur famille par téléphone pendant 10 minutes, une fois toutes les deux semaines, pendant la durée de la crise du COVID-19, selon HaMoked, une organisation israélienne de défense des droits de l’homme.

En dépit de cette ordonnance et depuis des semaines, les enfants dans la prison de Megiddo n’ont pu appeler leur famille qu’une seule fois, le 8 avril, et les enfants dans la prison d’Ofer n’ont jamais été autorisés à utiliser le téléphone, selon HaMoked. En mai, HaMoked a saisi la Haute Cour de justice pour lui demander que les enfants palestiniens détenus soient autorisés à contacter immédiatement leurs parents. La Cour doit émettre un avis le 26 juillet. À la fin juin, 89 enfants étaient détenus dans les prisons d’Ofer et de Megiddo en Israël, selon les données d’IPS.

À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé, le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, et des experts des droits de l’homme des Nations Unies ont tous publié des lignes directrices et des déclarations qui soulignent la nécessité d’empêcher la propagation du COVID-19 dans les lieux de détention.

Israël a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant en 1991, s’obligeant à mettre en application l’ensemble des droits et des protections inclus dans le traité, y compris le fait que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions concernant les enfants, et que la détention ne doit être utilisée que comme une mesure de dernier recours pour la durée la plus courte possible.

Israël se distingue de façon douteuse en étant le seul pays au monde à détenir et à poursuivre automatiquement et systématiquement des enfants devant des tribunaux militaires qui manquent des droits fondamentaux et de la protection d’un procès équitable. Israël détient et poursuit chaque année entre 500 et 700 enfants palestiniens devant les tribunaux militaires. Près de trois enfants palestiniens sur quatre détenus par les forces israéliennes subissent une violence physique, sous une forme ou une autre, selon les documents rassemblés par le DCIP.

Traducton : BP pour l’Agence Média Palestine

Source : DCIP

L’Assemblée nationale vote un texte qui assimile l’antisionisme à l’antisémitisme

Publié sur francetvinfo.fr

L’Assemblée vote un texte élargissant la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme

Le texte, sans valeur contraignante, a été adopté par seulement 154 voix pour, 72 contre, et 43 abstentions.

Comment définir l’antisémitisme ? L’Assemblée nationale a adopté mardi 3 décembre une proposition de résolution LREM soutenue par le gouvernement, mais qui a entraîné un record d’oppositions au sein de la majorité, certains craignant qu’elle empêche toute critique de la politique d’Israël ou « hiérarchise les haines ».

Le texte, sans valeur contraignante, a été adopté par seulement 154 voix pour (LREM et LR principalement), 72 contre (à gauche), et 43 abstentions. Vingt-six députés LREM se sont prononcés contre –du jamais vu dans le groupe majoritaire depuis l’accord de libre échange Ceta (9 contre)–, 22 se sont abstenus, tandis que 84 l’ont validé.

Une définition décriée par des intellectuels juifs

« La haine n’a pas sa place en République, l’intolérance n’a pas sa place en France », a déclaré dans l’hémicycle le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, faisant notamment référence à la profanation le même jour de tombes juives dans un cimetière du Bas-Rhin. « Cette proposition de résolution est une avancée dans notre lutte contre l’intolérance », a ajouté le ministre, qui a aussi dénoncé dans son propos « les atteintes anti-chrétiennes » et « anti-musulmanes ».

Ce texte reprend la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (Ihra), validée par plusieurs pays et appuyée par Emmanuel Macron en février devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Le président de la République avait alors affirmé vouloir élargir la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme.

Une définition « hautement problématique », a estimé pour sa part un collectif de 127 intellectuels juifs du monde entier. « Nos opinions sur le sionisme peuvent être diverses, mais nous pensons tous, y compris ceux qui se considèrent comme sionistes, que cet amalgame est fondamentalement faux. Pour les nombreux juifs se considérant antisionistes, cet amalgame est profondément injurieux », ont-il écrit dans une tribune publiée dans Le Monde (édition abonnés).


« Nous vous prions de ne pas signer et de ne pas soutenir une résolution qui assimile à tort l’antisionisme à l’antisémitisme.

Appel de 125 universitaires juifs à l’Assemblée Nationale

Le 3 décembre sera présenté à l’Assemblée nationale une résolution LREM visant à assimiler la critique du sionisme à un acte antisémite. La Commission nationale des droits de l’homme a écrit à chaque député pour les enjoindre de ne pas le voter. Et un « appel de 125 universitaires juifs » s’est également adressé aux députés pour demander de ne signer ni voter ce texte

27 novembre 2019

Mesdames, Messieurs les députés,

Nous, universitaires et intellectuels juifs, d’Israël et d’ailleurs, dont beaucoup spécialistes de l’antisémitisme et de l’histoire du judaïsme et l’Holocauste, vous écrivons dans la perspective de la proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme que l’Assemblée Nationale a mise à l’ordre du jour des discussions pour débat et vote les 3 et 4 décembre prochains.

Nous souhaitons exprimer notre vive préoccupation concernant la montée de l’antisémitisme dans le monde, y compris en France. Nous considérons l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme et de xénophobie comme une menace réelle contre laquelle il convient de lutter avec la plus grande fermeté, et nous exhortons le gouvernement et le parlement français à le faire.

Tout en soulignant fermement cette préoccupation, nous nous opposons à la proposition de résolution sur l’antisémitisme pour deux raisons principales, et nous vous invitons à ne pas apposer votre signature et à ne pas lui accorder votre soutien.

Premièrement, l’exposé des motifs de la proposition de résolution associe l’antisionisme à l’antisémitisme. Il assimile même l’antisionisme à l’antisémitisme en précisant que « critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté́ juive dans son ensemble ».

Avant de poursuivre notre argumentation, nous déplorons que l’exposé des motifs désigne Israël comme “une collectivité composée de citoyens juifs ». Environ 20 pour cent de la population d’Israël sont des citoyens palestiniens, dont la plupart sont musulmans et chrétiens. La désignation choisie occulte et nie leur existence. Nous considérons cette approche comme hautement problématique, compte tenu également de l’engagement de votre pays en faveur d’une définition de la citoyenneté française qui n’est pas basée sur l’ethnicité.

Nos opinions sur le sionisme peuvent être diverses, mais nous pensons tous, y compris ceux qui se considèrent comme sionistes, que l’association de l’antisionisme et de l’antisémitisme est fondamentalement faux. Pour les nombreux juifs se considérant antisionistes, cet amalgame est profondément injurieux.

L’antisionisme est un point de vue légitime dans l’histoire juive, et il a une longue tradition, y compris en Israël. Certains Juifs s’opposent au sionisme pour des raisons religieuses, d’autres pour des raisons politiques ou culturelles. De nombreuses victimes de l’Holocauste étaient antisionistes. Le projet de résolution les déshonore et offense leur mémoire, en les considérant rétroactivement comme antisémites.

Pour les Palestiniens, le sionisme représente la dépossession, le déplacement, l’occupation et les inégalités structurelles. Il est cynique de les stigmatiser comme antisémites parce qu’ils s’opposent au sionisme. Ils s’opposent au sionisme non par haine des Juifs, mais parce qu’ils vivent le sionisme comme un mouvement politique oppressif. Agir ainsi témoigne d’une grande insensibilité et d’une politique de deux poids, deux mesures, sachant qu’Israël nie le droit de la Palestine à exister et mine son existence même.

Il n’y a aucun doute qu’il existe des antisémites parmi les gens qui s’opposent au sionisme. Mais il y a également beaucoup d’antisémites qui soutiennent le sionisme. Il est donc inapproprié et totalement inexact d’identifier de manière générale antisémitisme et antisionisme. En confondant ces deux phénomènes, l’Assemblée nationale compromettrait les efforts vitaux de lutte contre le véritable antisémitisme, qui est multidimensionnel et provient de différents secteurs de la société française.

Notre seconde objection est que la résolution approuve la « définition opérationnelle » de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Cette définition est hautement problématique. La résolution prétend que la définition « permet de désigner le plus précisément possible ce qu’est l’antisémitisme contemporain ». En réalité cependant, la définition est peu claire et imprécise et, par conséquent, n’est pas un instrument efficace de lutte contre l’antisémitisme. D’autre part, une législation visant à lutter efficacement contre l’antisémitisme et à le poursuivre existe déjà en France.

L’exposé des motifs de la proposition de résolution indique que la définition de l’IHRA « ne reconnaît pas comme antisémite la critique des politiques de l’État d’Israël ». En réalité cependant, plusieurs « exemples contemporains d’antisémitisme » ont été joints à la définition, qui assimilent intentionnellement la critique et l’opposition aux politiques de l’État d’Israël à l’antisémitisme. Ces exemples sont présentés et considérés comme partie intégrante de la définition.

D’après les exemples et la manière dont ils sont appliqués, il suffit de critiquer Israël d’une manière perçue comme différente de ce qui se fait pour d’autres pays, pour être considéré antisémite. Il suffit d’être en faveur d’une solution binationale ou démocratique au conflit israélo-palestinien, pour être considéré comme antisémite. Il en va de même, quand on blâme Israël pour son racisme institutionnalisé. On peut certainement ne pas être d’accord avec ces énoncés. Mais ces opinions sont considérées comme légitimes et protégées par la liberté d’expression dans tout autre contexte politique. Ainsi, la résolution crée un double standard injustifiable en faveur d’Israël et contre les Palestiniens.

La définition de l’IHRA est déjà utilisée pour stigmatiser et réduire au silence les critiques de l’État d’Israël, notamment les organisations de défense des droits humains et des experts respectés. Cette situation a été condamnée par d’éminents spécialistes de l’antisémitisme. Kenneth Stern, l’un des rédacteurs originaux de la définition de l’IHRA, a également mis en garde contre l’utilisation de cette définition pour saper la liberté d’expression.

La question clé est la suivante: pourquoi tout cela se produit-il ? Nous ne pouvons pas considérer cela comme déconnecté de l’agenda politique principal du gouvernement israélien visant à enraciner son occupation et son annexion de la Palestine et à faire taire toute critique à l’égard de cet agenda.

Depuis des années, le gouvernement israélien du Premier ministre Benjamin Netanyahu dénonce comme antisémite toute opposition à sa politique. Netanyahu lui-même a défendu avec force l’équivalence de l’antisionisme et de l’antisémitisme, ainsi que la définition de l’IHRA. Cela illustre la manière dont la lutte contre l’antisémitisme a été instrumentalisée pour protéger le gouvernement israélien.

C’est avec inquiétude que nous constatons que ces efforts du gouvernement israélien trouvent un soutien politique, jusqu’en France. Le 28 mai 2019, le député Sylvain Maillard avait participé à une conférence aux côtés de Yossi Dagan, un leader militant des colons, qui préside une autorité de l’État Israélien en charge des colonies en Cisjordanie occupée. Comme vous le savez, le député Maillard a initié la résolution en présence sur l’antisémitisme, quelques jours avant cet événement.

Nous vous demandons donc de lutter contre l’antisémitisme et contre toutes les formes de racisme, mais sans aider le gouvernement israélien dans son programme d’occupation et d’annexion.

Cette proposition de résolution n’est pas un moyen crédible et efficace d’y parvenir. L’antisémitisme doit être combattu sur des bases universelles, au même titre que d’autres formes de racisme et de xénophobie, pour lutter contre la haine. L’abandon de cette approche universaliste conduira à une polarisation accrue en France, ce qui nuirait également à la lutte contre l’antisémitisme.

Dans ce contexte, nous notons que la proposition de résolution est également en contradiction avec la position de la CNCDH, la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Dans son rapport de 2018 sur la lutte contre le racisme, la CNCDH a averti que la définition de l’IHRA risque d’affaiblir l’approche universelle française de la lutte contre le racisme et a insisté « sur la vigilance pour ne pas confondre racisme et critique légitime d’un État et de sa politique ».

Nous vous prions de ne pas signer et de ne pas soutenir une résolution qui assimile à tort l’antisionisme à l’antisémitisme. Ne signez pas et ne soutenez pas une résolution qui approuve la définition politisé de l’antisémitisme de l’IHRA, d’autant plus si elle le fait sans se distancier des exemples problématiques de la définition qui concernent Israël.
Nous vous prions d’accepter, Mesdames, Messieurs les députés, l’expression de nos sentiments distingués.

Prof. Howard Tzvi Adelman, Associate Professor of History and of Jewish History,
Queen’s University, Kingston, Ontario
Dr. Karin Adelman, physician
Prof. Ofer Aharony, Faculty of Physics, Weizmann Institute of Science
Prof. (emeritus) Mateo Alaluf, Institute of Sociology, Université Libre de Bruxelles
Prof. Gadi Algazi, Professor of Medieval History, Department of History, Tel Aviv University; associate fellow at Re:Work: International Research Center Work and Human Lifecycle in Global History at Humboldt University, Berlin
Dr. Hila Amit, writer, researcher
Prof. Gil Anidjar, Middle Eastern, South Asian, and African Studies Department, Columbia University
Dr. Seth Anziska, Department of Hebrew and Jewish Studies, University College London
Prof. Yonathan Anson, Department of Social Work, Ben-Gurion University of the Negev
Prof. Jean-Christophe Attias, Professor and Chair of Medieval Jewish Thought, École pratique des hautes études, Université PSL, Paris
Prof. (emerita) Elsa Auerbach, English Department, University of Massachusetts Boston (daughter of German Holocaust refugees)
Prof. (emeritus) Joel Beinin, Donald J. McLachlan Professor of History and Professor of Middle East History, Stanford University,
Prof. Avner Ben-Amos, Department of History, Tel Aviv University
Dr. Ayelet Ben-Yishai, Department of English Language, University of Haifa
Prof. Andrew Stuart Bergerson, History Department, University of Missouri-Kansas City
Prof. Michael Berkowitz, Professor of Modern Jewish History, Department of Hebrew and
Jewish Studies, University College London
Prof. Louise Bethlehem, English and Cultural Studies, Hebrew University of Jerusalem
Prof. David Blanc, Department of Mathematics, University of Haifa
Prof. Daniel D. Blatman, Head of Avraham Harman Research Institute of Contemporary Jewry, Max and Rita Haber Chair in Contemporary Jewry and Holocaust Studies, The Hebrew University Jerusalem
Prof. Hagit Borer, Fellow of the British Academy; Fellow of the Linguistics Society of America; Chair in Linguistics, SLLF, Queen Mary University of London
Prof. Daniel Boyarin, Taubman Professor of Talmudic Culture, University of California at Berkeley, Fellow American Academy of Arts and Sciences, Von Humboldt Senior Laureate
Dr. Rony Brauman, physician, Professor at University of Manchester
Prof. (emeritus) Jose Brunner, Cohn Institute for the History and Philosophy of Science and Ideas and Buchmann Faculty of Law, Director, Eva & Marc Besen Institute for the Study
of Historical Consciousness, co-founder of Israel’s first legal clinic for the rights of Holocaust survivors, Tel Aviv University
Prof. Judith Butler, Maxine Elliot Professor of Comparative Literature and Critical Theory,
University of California, Berkeley
Prof. (emerita) Jane Caplan, Professor of Modern European History, University of Oxford; Emeritus Fellow, St Antony’s College, Oxford; Marjorie Walter Goodhart Professor
Emeritus of European History, Bryn Mawr College; Visiting Professor, Birkbeck, University of London
Dr. Nina Caputo, Associate Professor, Department of History, University of Florida
Prof. Michael Chanan, Professor of Film and Video, University of Roehampton, London
Prof. Stephen Clingman, Distinguished University Professor, Department of English, University of Massachusetts, Amherst
Dr. Eyal Clyne, unaffiliated
Prof. James Cohen, Institut du monde anglophone, University of Sorbonne Nouvelle Paris 3
Prof. Alon Confino, Pen Tishkach Chair of Holocaust Studies, Director of The Institute for Holocaust, Genocide and Memory Studies, Department of History, University of Massachusetts
Mike Cushman, research fellow, London School of Economics and Political Science
Dr. Hilla Dayan, Department of Sociology, Amsterdam University College
Prof. (emerita) Sonia Dayan-Herzbrun, Faculty of Social Sciences, University Paris Diderot Paris 7
Prof. Sidra DeKoven Ezrahi, Professor of Comparative Literature, Hebrew University of
Jerusalem
Dr. Tal Dor, adjunct researcher, Experice, Université Paris 8
Prof. (emeritus) Tommy Dreyfus, Mathematics Education, School of Education, Tel Aviv University, Awardee of the Felix Klein Medal
Prof. David Enoch, Faculty of Law and Department of Philosophy, Hebrew University of
Jerusalem
Prof. (emerita) Judith Ferster, English Department, North Carolina State University
Dr. Cynthia Franklin, Department of English, University of Hawaii
Prof. (emeritus) Gideon Freudenthal, The Cohn Institute for the History and Philosophy of Science and Ideas, Tel Aviv University
Prof. (emeritus) Chaim Gans, Faculty of Law, Tel Aviv University
Prof. Amos Goldberg, Department of Jewish History and Contemporary Jewry, Hebrew University of Jerusalem
Katharina Galor, Hirschfeld Visiting Associate Professor, Program in Judaic Studies, Brown University
Prof. Shai Ginsburg, Department of Asian and Middle Eastern Studies, Duke University
Prof. Rachel Giora, Department of Linguistics, Tel Aviv University
Prof. (emeritus) Steve Golin, History Department, Bloomfield College
Prof. Neve Gordon, Department of Politics and Government, Ben-Gurion University of the Negev
Prof. Joel Gordon, The Department of History, University of Arkansas Fayetteville
Prof. Nir Gov, Department of Chemical and Biological Physics, Weizmann Institute of Science
Dr. Yann Guillaud, lecturer at Sciences Po and the Catholic University of Paris
Dr. Gérard Haddad, psychiatrist, psychoanalyst, writer
Dr. Ilana Hammerman, writer, winner of the Yeshayahu Leibowitz Prize (2015)
Prof. David Harel, Department of Computer Science and Applied Mathematics, The Weizmann Institute of Science; winner of the Israel Prize (2004) and of the EMET prize
Prof. Elizabeth Heineman, Department of History, University of Iowa
Dr. Shir Hever, Political Science, Free University of Berlin
Prof. Eva Jablonka, Cohn Institute for the History and Philosophy of Science and Ideas, Tel Aviv University
Michal Kaiser-Livne, psychoanalyst, Berlin Institute for Group Analysis
Dr. Brian Klug, senior research fellow and tutor in Philosophy, University of Oxford, honorary fellow of the Parkes Institute for the Study of Jewish/non-Jewish Relations, University of Southampton
Prof. (emeritus) Yehoshua Kolodny, Institute of Earth Sciences, Hebrew University of
Jerusalem, winner of the Israel Prize (2009)
Dr. Hubert Krivine, physician
Pascal Lederer, physician, honorary research director at the French National Centre for Scientific Research (CNRS)
Prof. (emeritus) Micah Leshem, Department of Psychology, University of Haifa
Dr. Les Levidow, Faculty of Arts and Social Sciences, The Open University, United Kingdom
Dr. Mark Levene, emeritus fellow, Department of History, University of Southampton UK; Parkes Centre for Jewish/non-Jewish Relations; winner of the Institute for the Study of Genocide, New York; Lemkin prize (2015)
Prof. Joseph Levine, Professor of Philosophy, University of Massachusetts, Amherst
Dr. R. Ruth Linden, President Tree of Life Health Advocates, San Francisco; founder of the Holocaust Media Project
Adi Liraz, interdisciplinary artist, instructor relating to the history of Jews in Greece and in
Germany
Dr. Rachel Livne-Freudenthal, Leo Baeck Institute, Jerusalem
Prof. (emeritus) Moshé Machover, Professor of Philosophy, University of London
Joëlle Marelli, independent scholar, former program director at the College International de Philosophie, Paris
Dr. Anat Matar, Philosophy Department, Tel Aviv University
Dr. Yehoshua Mathias, senior lecturer, School of Education, Hebrew University of Jerusalem
Prof. David Mednicoff, Associate Professor of Middle Eastern Studies and Public Policy,
University of Massachusetts, Amherst
Dr. Oded Na’aman, The Martin Buber Society of Fellows, Hebrew University of Jerusalem
Dr. Sheryl Nestel, independent scholar
Prof. Isaac Nevo, Associate Professor, Philosophy
Prof. (emerita) Benita Parry, English and Comparative Literary Studies, Warwick
University
Hadas Pe’ery, lecturer at the The Buchmann Mehta School of Music, Tel Aviv University;
laureate of the Israeli Prime Minister’s Award for Composers
Prof. Nurit Peled-Elhanan, School of Education, Hebrew University of Jerusalem; The
David Yellin Academic College of Education; co-winner of the Sakharov Prize (2001)
Prof. (emeritus) Roland Pfefferkorn, Professor of Sociology, University of Strasbourg
Dr. Yael Politi, Center for Molecular and Cellular Bioengineering, Technische Universität Dresden
Dr. David Ranan, Birkbeck University, London
Prof. (emerita) Ada Rapoport-Albert, Professor of Hebrew and Jewish Studies, University College London
Ben Ratskoff, University of California, Los Angeles
Prof. (emerita) Shlomith Rimmon-Kenan, Departments of English Literature and Comparative Literature, Hebrew University of Jerusalem; member of the Israel Academy of
Sciences and Humanities
Dr. Noa Roei, Assistant Professor, Literary and Cultural Analysis, University of Amsterdam
Prof. (emerita) Lisa Rofel, University of California, Santa Cruz
Prof. Dana Ron, Faculty of Engineering, Tel Aviv University
Prof. (emeritus) Steven Rose, Professor of Biology and Neurobiology, The Open University, United Kingdom
Prof. (emeritus) Jonathan Rosenhead, Professor of Operational Research, Department of
Management, London School of Economics and Political Science
Prof. David M. Rosenthal, Cognitive Science Concentration Graduate Center, City
University of New York
Prof. Michael Rothberg, 1939 Society Samuel Goetz Chair in Holocaust Studies, Department of Comparative Literature, University of California; specializes in Holocaust studies
Dr. E. Natalie Rothman, Department of Historical and Cultural Studies, University of Toronto Scarborough
Prof. Catherine Rottenberg, Department of American and Canadian Studies, University of Nottingham
Dr. Sara Roy, Senior Research Scholar, Center for Middle Eastern Studies, Harvard University
Dr. Hannah Safran, Haifa Feminist Research Center
Dr. Ariel Salzmann, Department of History, Queen’s University, Ontario
Catherine Samary, economist (ret.), Paris Dauphine University
Prof. (emeritus) Donald Sassoon, Professor of Comparative European History, Queen Mary, University of London
Prof. (emerita) Naomi Scheman, Philosophy and Gender, Women, & Sexuality Studies,
University of Minnesota
Sir Stephen Sedley, former Lord Justice of Appeal, England and Wales; former UK Judge
ad hoc at European Court of Human Rights; former visiting professor of law, Oxford University
Prof. (emeritus) Graeme Segal, Mathematics, All Souls College
Prof. Gershon Shafir, Department of Sociology, University of California, San Diego
Prof. (emerita) Alice Shalvi, English Departments, Hebrew University Jerusalem and Ben- Gurion University of the Negev; former Rector Schechter Institute of Jewish Studies; winner of the Israel Prize (2007), co-winner of the Leibowitz Prize (2009), winner of the Bonei Zion Prize (2017)
Dr. Dimitry Shevchenko, Postdoctoral Research Fellow, Department of Asian Studies, The
Hebrew University, Jerusalem
Prof. (emeritus) Avi Shlaim, Department of Politics and International Relations, St.
Antony’s College and University of Oxford; Fellow of the British Academy
Prof. David Shulman, Department of Asian Studies, Hebrew University of Jerusalem, member Israel Academy of Sciences and Humanities, winner of the EMET Prize (2010) and of the Israel Prize (2016)
Dr. Dmitry Shumsky, Department of Jewish history and Head of the Cherrick Center for the Study of Zionism, The Hebrew University of Jerusalem
Robert Yerachmiel Sniderman, Simon Fraser University
Dr. Lisa Stampnitzky, lecturer in Politics, Department of Politics and International Relations, University of Sheffield
Prof. Marc Steinling, physician, biophysicist, honorary Professor of Universities (son of French resistants FTP-MOI)
Prof. Sacha Stern, Head of Department, Hebrew and Jewish Studies, University College London
Prof. (emeritus) Zeev Sternhell, Léon Blum Professor emeritus, Hebrew University of Jerusalem; Israel Prize Laureate in Political Science; Member of the Israel Academy of Sciences and Letters; International Honorary member American Academy of Arts and Sciences
Howard Rechavia Taylor, Columbia University
Prof. Barry Trachtenberg, Michael R. and Deborah K. Rubin Presidential Chair of Jewish History, Department of History, Wake Forest University
Prof. (emeritus) Rolf Verleger, psychologist, member of the Central Council of Jews in
Germany 2005-2009
Dominique Vidal, historian and journalists
Prof. Roy Wagner, Department of Humanities, Social and Political Sciences, ETH Zürich
Dr. Yair Wallach, Head of the Centre for Jewish Studies, Department of the Languages and Cultures of the Near and Middle East, SOAS, University of London
Daphna Westerman, MA Fine Arts Bauhaus-University, Weimar
Prof. Diane L. Wolf, Department of Sociology, University of California, Davis
Prof. (emeritus) Niza Yanay, Department of Sociology and Anthropology, Ben-Gurion University of the Negev,
Prof. (emeritus) Moshe Zimmermann, former director of the Richard Koebner Minerva Center for German History, Hebrew University of Jerusalem, Prof. (emeritus) Moshe Zuckermann, The Cohn Institute for the History and Philosophy of Science and Ideas, Tel Aviv University

Retrait d’Alstom du projet colonial de tramway de Jérusalem : il faut que la Caisse des Dépôts et Consignations se retire aussi!

Communiqué commun signé par la Ligue des Droits de l’Homme

A l’issue d’une intense campagne de mobilisation, nos organisations se félicitent aujourd’hui du retrait d’ALSTOM de l’appel d’offre pour l’extension du réseau de tramway à Jérusalem Est, outil de la politique de colonisation et d’annexion israélienne à Jérusalem.

Après le retrait en juin de Systra, filiale de la SNCF et de la RATP, nous demandons à la dernière entreprise française historiquement impliquée dans le projet : la Caisse des Dépôts et Consignations via sa filiale EGIS, de s’en retirer pour ne pas se rendre complice de violations du droit international. Nous demandons à l’État de jouer son rôle au titre de ses responsabilités en matière de relations internationales comme d’investisseur.

La situation de Jérusalem, avec l’annexion illégale de Jérusalem-Est, le développement galopant de ses colonies et les transferts forcés de sa population palestinienne, est un concentré des violations du droit international par Israël. La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Trump et le déplacement officiel de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem le 14 mai 2018, en contradiction avec les engagements de la communauté internationale, ont encore accéléré la dégradation de la situation sur le terrain.

La ligne de tramway existante et les extensions en projet visent à relier Jérusalem Ouest à ces colonies israéliennes implantées sur le territoire palestinien occupé de Jérusalem Est et à favoriser le développement de colonies illégales en violation du droit international. C’est pour cette raison que, le 13 juin 2018, huit organisations (L’Association France Palestine Solidarité, la CFDT, la CGT, la FIDH, AL-HAQ, la LDH, l’Union syndicale Solidaires et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine) ont publié le rapport « Tramway de Jérusalem : des entreprises françaises contribuent à la colonisation israélienne du territoire palestinien occupé», et lancé officiellement la campagne pour le retrait de ce projet des entreprises françaises qui y sont impliquées.

Le retrait de Systra, filiale commune de la SNCF et de la RATP, a été annoncé dès le 20 juin 2018 par la voix du président de la SNCF. C’est maintenant au tour d’Alstom de se retirer de ce projet : ce retrait a été annoncé par les deux sociétés israéliennes qui étaient ses partenaires dans un consortium qui devait soumettre son offre au plus tard le 13 mai. L’argument initial d’Alstom présenté aux deux entreprises dans ce contexte était que « l’appel d’offres et le projet lui-même sont ostensiblement nuisibles, ou pourraient potentiellement nuire aux droits de l’Homme. En outre, selon Alstom, la participation à l’offre est contraire au droit français ».

Le nombre de consortiums candidats à la construction de la phase 2 du projet est passé de sept à deux. Nous appelons maintenant les consortiums restants à se retirer de ce projet, pour marquer qu’ils ne peuvent pas cautionner l’annexion de territoires par la force, la colonisation de territoires occupés et la violation constante du droit international par Israël.

Au moins une société française reste impliquée dans le projet du tramway colonial de Jérusalem. Il s’agit de Egis Rail, dont l’actionnaire majoritaire est la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), et donc majoritairement à capitaux publics. Nous demandons d’urgence au gouvernement et à la direction de la CDC qu’au nom de l’éthique de l’entreprise, qui ne doit souffrir aucune exception, ils exigent d’Egis Rail son retrait immédiat de ce projet.Après la belle victoire pour le droit que constitue le retrait d’Alstom du projet de tramway, il est indispensable que le gouvernement français et l’ensemble des gouvernements européens prennent clairement position contre toute implication des entreprises dans le déni du droit que constitue la politique israélienne d’annexion, de colonisation et d’occupation.

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L’Association France Palestine Solidarité, la CFDT, la CGT, la FIDH, AL-HAQ, la LDH, l’Union syndicale Solidaires et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine